L'hystérosalpingographie est un examen médical qui permet de visualiser, grâce à une radiographie, l'utérus et les trompes de Fallope. Cet examen est principalement réalisé dans le cadre d'un bilan de fertilité, mais il peut également être prescrit pour d'autres raisons. Il implique l'injection d'un produit de contraste iodé et se déroule dans un cabinet de radiologie. Bien que les complications soient rares si les contre-indications sont respectées, il est essentiel de comprendre les indications de cet examen et le suivi nécessaire, notamment concernant l'utilisation d'ovules antibiotiques.
Qu'est-ce que l'Hystérosalpingographie ?
L'hystérosalpingographie (HSG) est une radiographie de l'utérus et des trompes utérines. Elle consiste en l'instillation d'un produit de contraste iodé dans l'utérus et les trompes via une canule accolée au col de l'utérus. Cet examen permet d'évaluer l'intégrité anatomique de l'appareil reproducteur féminin ainsi que la fonctionnalité des trompes de Fallope, car elle informe sur la perméabilité tubaire.
Anatomie de l'Appareil Génital Féminin Visualisé
Pour mieux comprendre l'intérêt de cet examen, il est important de connaître l'anatomie des organes concernés :
- Les trompes de Fallope : Ce sont des conduits d'environ 10 à 12 centimètres de long, situés entre les ovaires et l'utérus. Elles permettent de transporter les ovules produits par les ovaires jusqu'à l'utérus afin qu'ils soient fécondés. Chaque trompe est composée de quatre parties :
- Une partie utérine qui traverse l’épaisseur du muscle utérin (0,2 à 0,4 centimètres).
- L’isthme tubaire (3 à 4 centimètres de long avec un diamètre compris entre 2 et 4 millimètres).
- L’ampoule tubaire où a lieu la fécondation (7 à 8 centimètres de long avec un diamètre d’environ 8 millimètres).
- L’infundibulum qui finit en diverses (entre 10 et 15) franges dont l’une d’elles, la frange ovarique, est reliée à l’ovaire.
- L'utérus : C'est un organe musculaire creux en forme de cône aplati, pesant environ 50g chez la femme adulte. Il mesure environ 5,5 centimètres de long chez la femme qui n’a jamais eu d’enfant (nullipare) contre 6,5 centimètres chez celle qui a déjà eu au moins un enfant.
Indications de l'Hystérosalpingographie
L’hystérosalpingographie est un examen médical couramment effectué dans le but de déterminer si les trompes de Fallope sont ouvertes ou non, dans le cadre d’un diagnostic de stérilité. L'examen est indiqué dans les situations suivantes :
- Bilan d'infertilité : L'hystérosalpingographie est un examen de référence pour évaluer la perméabilité des trompes, une obstruction tubaire rendant compte d’une infertilité féminine dans 35% des cas. Elle permet de déterminer si les trompes de Fallope sont ouvertes, ce qui est essentiel pour la fécondation naturelle ou l'insémination artificielle.
- Troubles menstruels et saignements anormaux : L'examen peut être prescrit lorsque la patiente souffre de troubles des menstruations (ou des règles), de saignements anormaux ou en cas d'avortement spontané.
- Détection d'anomalies utérines et tubaires : L'hystérosalpingographie permet de déceler diverses anomalies comme des fibromes (tumeurs bénignes de la paroi de l’utérus) ou des polypes. Elle permet aussi d’apprécier la forme et la perméabilité des trompes. Elle informe également sur d'autres pathologies de l'appareil reproducteur de la femme comme: du col de l'utérus col trop étroit ou large (incompétence cervicale), allongement du col de l'utérus, duplication du col de l'utérus, etc. De l'utérus orientation anormale (antéversion ou rétroversion), malformations utérines congénitales, myomes, adénomyose, synéchies, polypes, hypoplasie, hyperplasie, cancer, etc. Des trompes hydrosalpinx, salpingite, rigidité tubaire, etc.
Préparation à l'Hystérosalpingographie
Une préparation adéquate est nécessaire pour assurer le bon déroulement de l'examen et minimiser les risques de complications.
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- Période de l'examen : L'examen doit avoir lieu entre le 8ème et le 12ème jour qui suit les règles. Votre rendez-vous sera fixé dans les 12 premiers jours du cycle : après les règles et avant l’ovulation. Vérifiez que l’examen a bien lieu dans les 12 jours qui suivent vos règles.
- Désinfection vaginale : Pendant les 2 jours qui précèdent l’examen, la patiente doit procéder à une désinfection vaginale par l’insertion d’un ovule chaque jour.
- Médicaments : La veille et le jour de l’examen, des antispasmodiques (pour limiter les risques de spasmes de l’utérus pendant l’injection) et un calmant peuvent être prescrits à la patiente.
- Allergie à l'iode : Lorsqu’une allergie à l’iode existe, elle doit être signalée au personnel.
- Examen des urines : Pratiquer un ECBU (examen des urines). Si vous n’avez pas de risque de complication, un ECBU (Examen cytobactériologique des Urines) n’est pas nécessaire. Une simple bandelette urinaire avec leucocytes et nitrites fera le diagnostic.
- Autres précautions :
- La vessie doit être vide.
- Vérifiez que vous n'êtes pas enceinte ou susceptible de l'être. Un test de grossesse est nécessaire avant de vous rendre à la clinique.
- Si vous prenez des médicaments anticoagulants et/ou antiagrégants plaquettaires signalez-le également à votre interlocuteur dès la prise de rendez-vous.
- Avez-vous subi des interventions chirurgicales ?
Déroulement de l'Examen
1 / Préparation à l'examenVous serez pris en charge par un manipulateur en radiologie qui vous conduira en cabine de préparation. Le manipulateur vous posera quelques questions afin de vérifier notamment l’absence de contre-indication.
Lorsque la patiente arrive dans la salle de radiologie, elle prend position sur la table gynécologique d’examen en position gynécologique (genoux pliés et écartés avec les pieds dans les étriers). Le médecin place ensuite un spéculum afin de rendre visible le col de l’utérus, et y installe la canule d’hystérosalpingographie via laquelle le produit de contraste iodé est injecté. Le radiologue visualise le col de l’utérus afin de pouvoir placer le matériel d’instillation du produit de contraste dans l’utérus.
L'examen dure une dizaine de minutes. La durée de l’examen peut varier en fonction de votre anatomie et du nombre de clichés nécessaire.
Douleur et Effets Secondaires Possibles
L’hystérosalpingographie peut s’avérer douloureuse chez certaines patientes. A noter que la douleur ressentie lors de l’examen diffère beaucoup d’une femme à une autre, et dépend beaucoup de l’état de stress de la patiente. Les heures qui suivent l’examen peuvent donner lieu à des douleurs au niveau du bas-ventre avec de la fièvre. C’est une réaction locale au produit de contraste qui s’estompe rapidement. Parfois, la patiente peut ressentir plusieurs symptômes en lien avec une allergie à l’iode : démangeaisons, urticaire). Les risques de choc anaphylactique restent exceptionnels. Enfin, des pertes sanguines peuvent faire suite à l’examen.
- Douleurs pelviennes : Des douleurs pelviennes, à type de crampes, transitoires, peuvent survenir. Mieux ça se passera. règles et seront calmées par 2 spasfons pris après l'examen.
- Saignements : Après une hystérographie, il faut porter une protection féminine : en effet l’élimination du produit et un écoulement sanguin peuvent persister durant un jour ou deux.
Risques et Complications
Lorsque l’hystérosalpingographie est pratiquée en respectant les contre-indications, les complications liées à cet examen sont très rares. Quelques incidents liés à la technique peuvent survenir : hémorragie du col de l’utérus, malaise, des douleurs et exceptionnellement une perforation utérine. Une extravasation du produit de contraste (c’est-à-dire le passage au travers des tissus du produit au niveau péri-utérin) est possible lorsque la pression d’injection est trop forte ou lorsqu’il existe une atrophie de la muqueuse utérine. Il existe également des incidents en lien avec le produit utilisé (0,5% sur la totalité des examens pratiqués). En effet, tous les produits iodés sont potentiellement allergisants.
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- Infection : L’apparition ou le réveil d’une infection génitale peut suivre l’examen. Ainsi, il est recommandé de ne pas effectuer une hystérosalpingographie dans les deux mois qui suivent une endométrite, et les trois mois qui suivent une salpingite.
Utilisation d'Ovules Antibiotiques : Indications et Précautions
La question de l'utilisation systématique d'ovules antibiotiques après une hystérosalpingographie est un sujet de discussion.
- Prophylaxie infectieuse : L'administration d'antibiotiques avant et après l'hystérosalpingographie peut être envisagée pour prévenir les infections, surtout chez les patientes présentant un risque accru d'infection pelvienne. Il est possible que le gynécologue prescrive un antibiotique avant et après l'hystérographie pour éviter ce risque.
- Risque infectieux : Il existe aussi un risque infectieux, soit parce qu’un foyer d’endométrite (infection de l’endomètre) est répandu par le produit de contraste dans les trompes, soit parce que le produit de contraste vient « réveiller » une infection (salpingite ou infection des trompes de Fallope) latente.
- Recommandations : Il est recommandé de ne pas effectuer une hystérosalpingographie dans les deux mois qui suivent une endométrite, et les trois mois qui suivent une salpingite.
Il est crucial de suivre les recommandations spécifiques de votre médecin concernant l'utilisation d'ovules antibiotiques. L'auto-médication est déconseillée.
Interprétation des Résultats
Dès l’examen terminé, la patiente peut reprendre ses activités. Les résultats sont disponibles immédiatement. Lorsque la patiente obtient les résultats de l'hystérographie, il est recommandé qu'elle consulte son médecin pour l'interprétation car il s'agit de résultats complexes, qui utilisent une nomenclature spécifique.
L'image montre la cavité utérine comme un cumul ovale ou en forme de poire inversée et deux lignes qui ressortent de la partie supérieure qui correspondent aux trompes de Fallope.
Voici les résultats possibles:
- Hystérographie positive : Elle indique que les trompes sont perméables et le produit de contraste passe par les deux trompes et est expulsé dans la cavité abdominale.
- Hystérographie négative : Elle peut être unilatérale ou bilatérale, elle signifie qu'une ou les deux trompes sont obstruées et par conséquence, elles ne laissent pas passer le produit de contraste au travers de la structure, et sont donc gonflées. Il est aussi possible que les trompes de Fallope ne puissent pas se voir en raison d'une malformation tubaire ou utérine.
Si le résultat est positif, le couple pourrait se soumettre à une insémination artificielle pour avoir un enfant, si le reste d'examens y est favorable.
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Après l'Examen
Dès l’examen terminé, la patiente peut reprendre ses activités. Il est possible que la patiente ressente de légères gênes pendant la réalisation de l'hystérographie. Si elle ressent une douleur plus aigüe, des coliques ou des gênes après l'examen, le médecin peut lui prescrire un traitement comme Buscopan pour soulager ces douleurs. Il se peut que la patiente présente un léger saignement vaginal ou des pertes brunes pendant les jours suivant l'hystérographie. Le repos n'est cependant pas nécessaire à moins que le médecin le recommande.
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