L'allaitement maternel est une expérience naturelle et bénéfique pour la mère et l'enfant. L’allaitement maternel exclusif est recommandé pendant les six premiers mois de votre enfant. Mais même de courte durée, il reste bénéfique. Pratiquement toutes les mères peuvent allaiter. Cependant, certaines mères peuvent rencontrer des défis, notamment le réflexe d'éjection fort (REF), qui peut rendre l'allaitement inconfortable, voire douloureux, pour le bébé. Cet article vise à fournir une compréhension approfondie du REF, ses causes possibles, ses conséquences et les stratégies pour le gérer efficacement.
Qu'est-ce que le Réflexe d'Éjection Fort (REF) ?
Le réflexe d'éjection (REF) est le mécanisme par lequel le lait est libéré des seins de la mère en réponse à la succion du bébé. Il est déclenché par la libération d'ocytocine, une hormone qui provoque la contraction des cellules musculaires autour des alvéoles (petites poches contenant le lait) dans les seins. Chez certaines femmes, ce réflexe est particulièrement puissant, entraînant un jet de lait rapide et abondant. Il est défini par des jets de lait très puissants, qui vont loin et qui restent en jets forts longtemps avant de s’arrêter.
Causes Possibles du REF
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un REF prononcé :
Physiologie de la mère : Le REF peut venir simplement de la conception de la femme, par sa glande mammaire et son métabolisme unique. La capacité de stockage du lait dans les seins, les taux d'ocytocine, le nombre et la durée des réflexes d'éjection, le diamètre des canaux lactifères et la pression intra-canalaire peuvent tous influencer la force du REF.
- En fonction de la capacité de stockage de chaque mère, chaque sein.
- Cette supposition autour de la capacité de stockage peut être elle-même reliée avec les taux d’ocytocine.
- Ces taux d’ocytocine peuvent être eux-mêmes en lien avec le nombre de réflexes d’éjection variables selon les femmes en nombre (0 à 17, moyenne à 2.5 voir 4), en durée (45 sec à 3.5min) et en temps de latence, c’est-à-dire le moment où l’ocytocine est délivré et la sortie du lait (60 à 90 sec). Et impliquant donc une pression intra-canalaire différente en fonction de chaque association taux d’ocytocine-réflexes d’éjection-temps de durée et latence de ces réflexes.
- Cette association peut être elle-même en lien avec le diamètre des canaux, qui peuvent varier de 1 à 10mm. Et du diamètre de dilatation de ces canaux lorsque le lait s’éjecte. Peut-être même en lien aussi avec les sphincters qui permet de laisser sortir le lait par les trous du mamelon, les pores galactophores.Et peut-être en lien de la pression intracanalaire qui va être différente en fonction de l’ensemble ces variables.
Hyperlactation : Le REF peut venir d’une hyperlactation. Une production excessive de lait, qu'elle soit naturelle ou induite, peut entraîner un REF plus fort. Il est possible d’induire une hyperlactation durant la période de calibrage de la lactation, c’est à dire les premières semaines. Souvent à cause de tirages de lait effectués en plus des tétées, ce qui augmente la production de lait mais également la multiplication des récepteurs à la prolactine. De ce fait, tirer sont lait les premières semaines ne peut être fait qu’en remplacement d’une ou plusieurs tétées. Il pourra y avoir un risque de REF et d’engorgements du à un dysfonctionnement des fibres de collagène des muscles entourant les acini.
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Succion du bébé : D’après des hypothèses autour de la succion du bébé, le REF peut venir d’une succion compensatrice. Le bébé peut modifier sa succion en pinçant la prise au sein. Le bébé peut avoir un développement de la succion moins efficace. Lorsque la mère est encore sous l’imprégnation hormonale de la lactation, le bébé obtient le lait nécessaire en utilisant peu de mouvements de succions et probablement moins d’alternance entre les succions nutritives et non nutritives. De plus, aux alentours de 3 mois, la succion du bébé évolue. Ce qui coïncide aussi au moment où les hormones reviennent à des taux basaux comme avant la grossesse, et que les pics liés aux tétées se stabilisent pour réduire graduellement . Le bébé passe d’une succion automatique à une succion volontaire où il mobilise davantage de muscles linguaux ainsi que ses lèvres et ses joues.
Facteurs alimentaires : Il sera essentiel de limiter la prise d’aliments à effet galactogènes. Les produits laitiers consommés en quantité peuvent parfois amplifier aussi un REF.
Conséquences du REF pour le Bébé
Certains bébés gèrent parfaitement le REF. Ils vont se retirer du sein plus fréquemment pour laisser les jets trop forts se calmer en dehors de la succion. Ces bébés ne seront pas inconfortables du côté intestinal. D’autres bébé se laisseront « envahir » par ces jets puissants de lait et vont déglutir très fort, du lait peut couler de la commissure des lèvres, ils peuvent se retirer du sein en s’étouffant et toussant, ils peuvent régurgiter le trop plein après chaque tétée.
Un REF trop fort peut entraîner divers problèmes pour le bébé :
- Difficultés à téter : Parfois, le lait coule tellement rapidement au moment du réflexe d'éjection que le bébé au sein ne parvient pas à tout avaler. Il peut alors s'éloigner du mamelon ou hoqueter, crachoter et avaler de l'air.
- Inconfort digestif : Le débit de lait conséquent ne permet pas de drainer le sein en totalité. Le bébé boit beaucoup de lait avec du lactose qui provoque un passage gastrique rapide. Des concentrations de lactose dans l’intestin grêle élevés peuvent rendre l’enzymeil’enzyme lactase dépassée dans son action. La lactase est l’enzyme naturellement présente chez l’enfant pour « digérer » le lactose.
- Selles vertes et explosives : Pour les selles vertes et explosives, dès que le bébé en tétant commence à faire des "glou glou glou" en déglutissant, on peut retirer le sein de la bouche du bébé et éponger tout le lait qui s'écoule. Quand le REF est passé et qu'on a fait faire un rot au bébé, on propose le même sein.
Stratégies pour Gérer le REF
Heureusement, il existe plusieurs stratégies pour aider à gérer le REF et rendre l'allaitement plus confortable pour la mère et le bébé :
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- Positions d'allaitement : Une position inclinée et allongée semble réduire le flux de lait.
- Exprimer du lait avant la tétée : Dans le cas de la physiologie du sein lactant associée au temps de l’imprégnation hormonale, le REF va se réduire graduellement. Il suffira d’exprimer un peu de lait à la main avant la tétée ( à peine quelques jets) ou à l’aide d’un récolteur de lait comme le haaka, afin de réduire la pression du 1er réflexe d’éjection. Les deux premiers réflexes d’éjection sont ceux qui délivrent le plus de lait (au tire-lait 76 à 86% du lait maternel), d’ailleurs il a été démontré que le bébé au sein retirait 50% du lait durant les 2 premières minutes et 80% en 4 min.
- Allaitement en bloc : Dans le cas d’une hyperlactation il est possible de pratiquer l’allaitement en bloc seulement sous contrôle d’une professionnelle de l’allaitement. Le but de l’allaitement en bloc est de faire baisser la lactation pour ralentir le flux de lait mais également prévenir des engorgements et mastite à répétition.
- Adapter l'alimentation de la mère : Il sera essentiel de limiter la prise d’aliments à effet galactogènes. Les produits laitiers consommés en quantité peuvent parfois amplifier aussi un REF.
- Tisanes : À la deuxième naissance, ma sage-femme suisse m'a proposé des tisanes de menthe verte (la marocaine), et cela m'a tout de suite soulagée. Dans les premiers jours, je prenais deux à trois tisanes bien chargées, puis j'ai espacé en fonction de mon ressenti. Les autres types de menthe n'ont pas fonctionné pour moi.
Soutien Professionnel
Si le REF pose des problèmes persistants, il est important de demander l'aide d'un professionnel de la santé spécialisé dans l'allaitement. Une consultante en lactation IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) peut évaluer la situation individuelle, identifier les causes sous-jacentes du REF et proposer des solutions personnalisées.
L'Importance du Soutien Post-Natal
Après votre accouchement, vous serez accueillie avec votre nouveau-né dans le service de Suites de couches, où la surveillance est assurée par une équipe d’infirmières, sages-femmes et médecins. Toutes les chambres sont individuelles et dotées d’une salle d’eau et d’un coin nurserie. Les mamans sont accompagnées dans les soins de leur nouveau-né (bain, change, soins du cordon, etc) par des auxiliaires-puéricultrices. Un seul et unique accompagnant est autorisé en hospitalisation. Il peut être présent auprès de vous en salle d’accouchement puis de 8h à 20h dans le service de suites de naissance jusqu’à votre sortie de la maternité. Le choix d’allaiter votre enfant au sein ou non reste une décision personnelle qui doit être respectée.
Surveillance Médicale et Accompagnement
Le service de Médecine et réanimation néonatale de Port Royal dispose d’une Unité mère-enfant. Située au sein de la Maternité, cette unité d’hospitalisation est dédiée aux nouveau-nés nécessitant une prise en charge médicale et une surveillance rapprochée. Leur état de santé est considéré suffisamment stable pour rester à proximité de leur mère, le plus souvent dans sa chambre, et ainsi bénéficier de sa présence continue. Il s’agit, par exemple, de bébés présentant une prématurité modérée, un petit poids de naissance, une infection, un ictère nécessitant un traitement… Les soins sont réalisés dans la chambre de la maman ou dans l’unité centrale. Le portage en peau à peau est encouragé, particulièrement chez les enfants les plus petits.
Rééducation Post-Partum
À la maternité Port-Royal, la rééducation périnéale n’est prescrite qu’en cas de symptômes (par exemple, des fuites urinaires) identifiés lors de la consultation post-natale. Elle n’est donc pas systématiquement proposée en suite de naissance, sauf dans des cas très particuliers. Il en va de même pour la rééducation abdominale, qui n’est prescrite qu’exceptionnellement. Par ailleurs, aucun traitement de prolapsus (descente d’organes) n’est recommandé dans l’immédiat post-partum.
Retour à Domicile et Suivi
Le retour à domicile s’effectue habituellement (après accord des obstétriciens, sages-femmes et pédiatres) après 2 nuits d’hospitalisation en cas d’accouchement par les voies naturelles et 4 nuits en cas de césarienne. La surveillance s’effectue ensuite à domicile. Si vous n’êtes pas déjà en lien avec une sage-femme libérale, la Maternité vous orientera vers une sage-femme libérale du réseau Ville-Hôpital. Le séjour à la maternité étant de courte durée, il est souhaitable de prévoir une visite à domicile dès votre retour à la maison. Une consultation pédiatrique est recommandée entre le 6ème et le 10ème jour de vie de l’enfant.
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