L'arrivée d'un nouveau-né est une expérience mémorable et chargée d'émotion pour de nombreux parents. Que vous choisissiez de nourrir votre bébé au lait maternel, au lait infantile ou une combinaison des deux, la préparation du biberon est une compétence essentielle à maîtriser. Cet article vous guidera à travers les étapes de la préparation du biberon, en mettant l'accent sur l'hygiène, le dosage correct et les meilleures pratiques pour assurer la santé et le bien-être de votre bébé.
Importance de l'hygiène et du matériel approprié
Avant de commencer la préparation du biberon, il est crucial de se laver soigneusement les mains à l'eau et au savon. Vous pouvez également utiliser une solution hydro-alcoolique certifiée, car ces solutions ont fait la preuve de leur efficacité. Assurez-vous que l'endroit où vous vous installez est propre et que les biberons, tétines et ustensiles que vous utilisez sont également propres.
Vous pouvez privilégier les biberons en verre plutôt qu'en plastique, même si ces derniers ne contiennent plus de bisphénol A depuis 2010. Ce composé, autrefois utilisé comme revêtement protecteur à l'intérieur des produits en polycarbonate, pouvait être responsable d'effets endocriniens.
Étapes détaillées pour la préparation du biberon
1. Dosage précis du lait en poudre
Chaque boîte de lait infantile contient une mesurette. Il est essentiel de ne pas bomber les doses et de ne pas tasser la poudre dans la mesurette à l'aide d'une cuillère, car les quantités seraient faussées. Plongez simplement la mesurette dans la boîte de lait et passez le dos d'une lame de couteau au ras de la mesurette pour enlever le surplus de poudre. Certaines boîtes disposent d'un rebord qui permet d'araser la mesurette remplie.
En général, comptez une mesurette rase de lait en poudre pour 30 ml d'eau. Les boîtes de lait indiquent le volume d'eau et le nombre de mesurettes nécessaires en fonction de l'âge de votre bébé.
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2. Préparation et mélange
Lorsque la poudre de lait a été mise dans le biberon d'eau, il faut agiter celui-ci pour éviter la formation de grumeaux.
3. Chauffer le biberon (facultatif)
Il est actuellement conseillé de chauffer légèrement le lait dans un chauffe-biberon ou sous le robinet d'eau chaude pour qu'il soit donné aux alentours de 37 °C, comme le lait maternel. Il semble que la digestion en soit facilitée et les régurgitations moins fréquentes. Il est déconseillé de trop chauffer le biberon car certains composants du lait, comme les probiotiques ou les vitamines, vont perdre leurs qualités. L'utilisation du micro-ondes est vivement déconseillée en raison du risque de brûlures et d'altérations de certains composants du lait. Cependant, si le chauffage du lait n'est pas possible, le lait peut être bu à température ambiante, surtout en été.
4. Respecter l'appétit de bébé
Ne forcez pas votre bébé à boire tout son biberon s'il ne le veut pas. Un bébé a plus ou moins d'appétit selon les jours et les heures.
5. Ne pas conserver les restes
Un biberon préparé ne se garde pas plus d'une heure. Il est donc inutile et totalement déconseillé de mettre de côté la fin du biberon (même au réfrigérateur) pour la tétée suivante. Jetez le reste de lait.
Nettoyage et stérilisation du biberon
Après utilisation, nettoyez le biberon avec un écouvillon (brosse allongée) à l'eau additionnée de liquide vaisselle. Faites de même avec les tétines et les bagues, puis rincez abondamment le tout. Le séchage doit se faire à l'air, sans utiliser de torchon, puis on rangera biberons et tétines dans un endroit propre. Le biberon doit être lavé dès qu'il a été bu, sans attendre, car les bactéries vont se multiplier rapidement dans les résidus de lait. L'écouvillon doit être lavé et rincé après chaque utilisation.
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La stérilisation n'est pas obligatoire, mais elle peut être réalisée pendant les premiers mois, soit avec un appareil électrique, soit dans le four à micro-ondes, soit en faisant bouillir dans de l'eau.
Choix du lait infantile
Si vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas allaiter votre bébé au sein, il est important de lui donner un substitut du lait maternel, et non du lait de vache. Ces substituts sont réglementairement appelés « préparations » et non « lait ».
- Les « laits 1er âge », aussi appelés « laits pour nourrissons », sont destinés à remplacer le lait maternel pendant toute la période où votre enfant n'a qu'un seul aliment : le lait. Ils couvrent bien tous les besoins nutritionnels de votre bébé.
- Les « laits de croissance », proches des « laits 2ème âge », conviennent aux enfants à partir de 1 an et jusqu'à 3 ans. Avant 1 an, il vaut mieux ne pas donner de lait de vache à un bébé, car il n'est pas adapté à ses besoins nutritionnels et risquerait de lui donner des troubles digestifs.
Positions pour donner le biberon
Donner le biberon à son bébé est un moment privilégié d'échange et de complicité entre parents et enfant. Pour que tout se passe au mieux, il est essentiel de choisir une position adaptée qui garantisse à la fois le confort de bébé et une bonne prise du biberon.
- La position de la madone ou de l'embrassade : La mère tient le bébé sur son bras tout en soutenant sa tête avec sa main. Le bébé est placé en position ventrale, face à la poitrine de la mère.
- La position du ballon de rugby : La mère tient le bébé sur le côté, sous son bras, en soutenant sa tête avec sa main. Le bébé est placé à la hauteur du sein de la mère.
- La position allongée : La mère et le bébé sont couchés côte à côte, en position semi-allongée. Le bébé est placé sur le côté, face à la poitrine de la mère.
- La position en chaise ou assise : La mère s'assoit confortablement, en utilisant des oreillers ou un coussin d'allaitement pour soutenir son dos. Le bébé est placé sur les genoux de la mère, en face de la poitrine.
Quelle que soit la position choisie, veillez toujours à respecter les règles d'hygiène liées à la préparation du biberon et à privilégier un endroit calme.
Conseils supplémentaires pour une tétée réussie
- Utilisez un biberon conçu spécialement pour réduire les coliques, avec une tétine dotée d'un système anti-colique.
- Maintenez votre bébé en position semi-verticale pendant la tétée. Cela signifie que sa tête et son dos sont légèrement inclinés vers le haut.
- Optez pour des tétines à débit lent ou moyen, qui permettent au bébé de contrôler la succion et d'éviter les excès d'air.
- Faites des pauses régulières pour permettre à votre bébé de digérer et de faire éventuellement des éructations.
- Encouragez le contact peau à peau en retirant le haut de votre vêtement et en plaçant le bébé en contact direct avec votre peau.
- Laissez bébé guider la tétée en inclinant légèrement le biberon pour que le lait remplisse la tétine, mais évitez de forcer le bébé à boire plus rapidement que son rythme naturel.
- Évitez de coucher bébé immédiatement après le biberon.
- Surveillez le rot après biberon en prenant le temps de faire éructer votre bébé en le maintenant en position assise ou semi-verticale, en tapotant doucement son dos.
- Soyez vigilant et gardez un œil sur votre bébé après le biberon pour vous assurer qu'il se sent bien.
- N'hésitez pas à essayer différentes positions et inclinaisons afin de trouver celle qui convient le mieux à votre enfant et qui vous met également à l'aise.
Conservation du lait infantile
La conservation d'un biberon de lait en poudre reconstitué est une étape cruciale pour la santé de votre bébé.
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- À température ambiante : 1 heure maximum. Un biberon préparé (mais non chauffé) doit être consommé dans l'heure qui suit sa préparation.
- S'il a été réchauffé : 30 minutes maximum. La chaleur accélère la prolifération des bactéries.
- Au réfrigérateur (exceptionnellement) : Si vous devez préparer un biberon à l'avance, vous pouvez le conserver au réfrigérateur à une température de 4°C maximum et le consommer dans les 24 heures.
La règle d'or : ne jamais conserver un biberon entamé. Dès que bébé a commencé sa tétée, des bactéries de sa salive entrent en contact avec le lait.
En cas de sorties ou de déplacements, vous transporterez de préférence le lait en poudre et l'eau séparément.
Les boîtes de lait infantile se conservent pendant plusieurs mois à condition de les conserver dans un endroit sec et à l'abri de la lumière.
Besoins nutritionnels du nourrisson
Apports hydriques
L'eau représente 75 % du poids du corps les premières semaines de vie et 60 % à l'âge d'un an. Le nourrisson est très dépendant des apports hydriques du fait de ce contenu en eau élevé et de l'immaturité des fonctions de concentration-dilution des urines.
Protéines
Les apports nutritionnels conseillés (ANC) en protéines sont de l'ordre de 10 g par jour jusqu'à l'âge de 2 ans, puis d'environ 1 g/kg par jour. Il s'agit des apports minimaux à assurer pour couvrir les besoins en protéines et non d'une valeur maximale à ne pas dépasser.
Lipides
Les apports lipidiques contribuent à la couverture des besoins énergétiques mais doivent également assurer les besoins en vitamines liposolubles (A, D, E et K), et en acides gras essentiels (AGE). Les AGE ne peuvent pas être synthétisés par les humains, y compris par la glande mammaire ; leur concentration dans le lait maternel dépend donc des apports chez la mère.
Les lipides doivent contribuer à 50 % des apports énergétiques totaux de 0 à 6 mois, pour diminuer progressivement ensuite mais rester notables. Les AGE sont l'acide linoléique (oméga 6) et l'acide α-linolénique (oméga 3). Leur carence se manifeste principalement par des anomalies du développement psychomoteur.
À partir des AGE se produisent une série d'élongations et de désaturations aboutissant à des acides gras polyinsaturés à longue chaîne (AGPI-LC), principalement l'acide arachidonique (ARA, oméga 6) et l'acide docosahexaénoïque (DHA, oméga 3). Ces AGPI-LC (présents dans le lait maternel) jouent un rôle très important dans le développement du système nerveux central et de la rétine, ainsi que dans l'immunité et le contrôle de l'inflammation. Toutes les préparations infantiles sont enrichies en DHA et la grande majorité en ARA.
Les besoins en AGE sont assurés par la consommation d'huiles végétales, notamment d'huile de colza, bien équilibrée en oméga 6 et oméga 3.
Glucides
Les glucides ont essentiellement un rôle d'apport calorique.
Fer
Les besoins en fer sont importants à couvrir chez le nourrisson, en raison du rôle essentiel du fer dans la synthèse de l'hémoglobine et dans le développement du système nerveux central. Quel que soit l'âge, l'absorption intestinale du fer est basse, ce qui explique que les ANC atteignent 6 à 10 mg par jour jusqu'à 10 ans puis 13 à 16 mg par jour au-delà pour couvrir des besoins de 1-2 mg par jour de fer absorbé. Le fer héminique (viande, poisson, abats) est mieux absorbé que le fer non héminique (lait, végétaux, œuf) : 20-30 % versus 2-5 %.
La teneur en fer du lait de vache est très faible, ce qui le rend inadapté à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Dans les laits infantiles (1er âge, 2e âge et lait de croissance), la présence de sels ferreux et de vitamine C améliore l'absorption du fer qui atteint 10-20 %. Les besoins en fer sont assurés chez le nourrisson et le jeune enfant par les laits infantiles (1er âge, 2e âge, lait de croissance) et, chez l'enfant et l'adolescent, par la consommation de deux produits carnés par jour. Les végétaux, même les plus riches en fer (légumes secs, épinards), ne contribuent que très peu à assurer ces besoins car le fer qu'ils contiennent est très mal absorbé.
Calcium
Les apports sont principalement assurés par le lait et les produits laitiers, mais aussi par les eaux minérales riches en calcium. La plupart des végétaux ne constituent pas une source potentielle de calcium en raison de sa faible biodisponibilité dans les légumes qui en contiennent. Une attention doit être portée aux enfants ayant une APLV.
Pour assurer les besoins en calcium, il est recommandé de consommer trois ou quatre produits laitiers par jour.
Vitamine K
La vitamine K joue un rôle essentiel dans la synthèse des facteurs de coagulation, en particulier en période néonatale. Afin de prévenir la maladie hémorragique du nouveau-né, il est recommandé de donner 2 mg de vitamine K per os à la naissance et entre le 4e et le 7e jour de vie.
Pour tenir compte de la faible teneur en vitamine K du lait maternel, une supplémentation de 2 mg per os est indiquée à 1 mois de vie en cas d'allaitement exclusif chez le nouveau-né à terme.
Alimentation du nourrisson : étapes clés
Alimentation lactée exclusive (de la naissance à 4-6 mois)
L'équipement enzymatique du tube digestif permet la digestion des protéines, des lipides et des glucides du lait maternel ou des préparations lactées, mais pas encore de grandes quantités d'amidon.
Diversification alimentaire (de 4-6 mois à 12 mois)
C'est une période de transition, caractérisée par l'introduction progressive d'aliments autres que le lait. La diversification alimentaire doit être débutée entre 4 et 6 mois, notamment pour prévenir l'apparition de manifestations allergiques ultérieures. Cela concerne aussi les aliments à fort potentiel allergisant (œuf, arachide [sous forme de beurre de cacahuète] et fruits à coque) dont l'introduction précoce est recommandée, que l'enfant soit atopique ou non.
Jusqu'à l'âge de 1 an, la presque totalité des besoins micronutritionnels est assurée par les préparations infantiles, notamment ceux en fer et en AGE. L'ingestion de 700 ml par jour de préparation de suite permet d'assurer la totalité des besoins en fer et en AGE.
Après l'âge de 1 an, l'alimentation est totalement diversifiée, comme celle de l'adulte.
Préparation du biberon pour les bébés prématurés
Les bébés nés avant la 28e semaine sont considérés comme extrêmement prématurés. Un bébé prématuré peut également être reconnu par son faible, voire très faible, poids.
L'allaitement maternel fournira tous les nutriments nécessaires à un bébé prématuré. Il est donc conseillé d'encourager votre enfant à allaiter si vous souhaitez allaiter. L'expression régulière du lait maintient la production de lait et permet aux professionnels de la santé de surveiller l'apport nutritionnel du bébé, ce qui n'est pas possible lors de l'allaitement. Ces biberons ont des tétines adaptées à leurs petites bouches et à leurs capacités de succion. Si votre bébé a des difficultés à allaiter, le lait maternel exprimé peut être administré par une sonde nasogastrique. Une autre option consiste à administrer le lait maternel exprimé à l'aide d'une seringue sans aiguille.
Bien que l'arrivée d'un bébé prématuré puisse susciter des inquiétudes, il est essentiel de se rappeler qu'en tant que parents, vous n'êtes pas seuls. Si votre enfant n'est pas capable de se nourrir au biberon ou au sein, il sera pris en charge par une équipe de soins dans un service de néonatologie. N'hésitez pas à vous équiper d'un biberon spécialement conçu pour les bébés prématurés, ce qui facilitera la prise de nourriture pendant les repas et vous permettra d'avoir plus de tranquillité d'esprit si l'allaitement n'est pas une option pour vous !
Erreurs à éviter
- Ne pas préparer un biberon à l'avance.
- Trop de lait en poudre dans peu d'eau : Cela peut être dangereux pour le bébé. Respectez toujours les dosages recommandés.
- Chauffer l'eau du biberon au micro-ondes : C'est fortement déconseillé en raison des risques de brûlures et d'altérations des composants du lait.
- Conserver un biberon entamé.
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