L'allaitement maternel est un sujet à la fois universel et intime, qui joue un rôle essentiel dans la vie d'une nouvelle mère et de son enfant. Recommandé par les experts en nutrition et en pédiatrie, il offre de nombreux avantages tant pour le bébé que pour la mère. Cependant, il peut également s'avérer complexe et semé d'embûches. Cet article vise à éclairer les futures mamans et celles qui allaitent déjà sur les bienfaits, les défis potentiels et les solutions pour concilier l'allaitement avec la reprise du travail.

Pourquoi l'allaitement maternel est-il si important ?

En France, 75 % des femmes déclarent vouloir allaiter, mais elles sont moins nombreuses à persévérer. Il est donc essentiel de comprendre les avantages de l'allaitement pour prendre une décision éclairée.

L'allaitement : l'alimentation idéale pour le bébé

Le lait maternel est bien plus qu'une simple source de nourriture. Il est parfaitement adapté aux besoins du nourrisson et évolue constamment pour répondre à ses besoins spécifiques.

  • Une composition unique et évolutive : Le lait maternel contient tous les éléments essentiels à la croissance et au développement de bébé : eau, vitamines, sels minéraux, oligoéléments, sucres, graisses, protéines, enzymes, hormones, cellules du système immunitaire, anticorps… le tout dans les bonnes quantités. Sa composition varie pendant la tétée, au cours de la journée et au fil des mois, assurant ainsi une adaptation constante aux besoins de l'enfant.
  • Une digestion facile et une tolérance optimale : Le lait maternel est facilement toléré par le tube digestif fragile de bébé, ses reins et son foie. Il favorise une bonne digestion et diminue les gaz.
  • Une protection immunitaire renforcée : Le lait maternel contient des anticorps et différents moyens de défense contre les microbes, offrant une protection contre certaines infections. Il contribue également à réduire le risque d'allergies chez les enfants prédisposés.

Les bienfaits de l'allaitement pour la mère

L'allaitement n'est pas seulement bénéfique pour le bébé, il l'est aussi pour la mère.

  • Un lien mère-enfant renforcé : L'allaitement contribue à développer un lien d'attachement de bonne qualité. Il permet des interactions privilégiées qui mobilisent tous les sens. En tétant le sein de sa maman, bébé est au contact de sa peau, il reconnaît son odeur, il entend les bruits de son cœur. Maman et bébé se touchent, se caressent, s'observent.
  • Une récupération post-partum facilitée : La tétée accélère les contractions de l’utérus, lui permettant de reprendre sa place plus rapidement après l’accouchement (phénomène des tranchées). Elle favorise également la libération d'ocytocine, l'hormone de l'amour et du lien, qui réduit l'anxiété et la dépression post-partum.
  • Des bénéfices pour la santé à long terme : L'allaitement contribue à réduire le risque de certaines maladies chez la mère, notamment la prévention du cancer du sein, de l’ovaire, ainsi que l’ostéoporose. Il mobilise également les réserves de graisse et brûle jusqu’à 500 calories par jour, aidant ainsi à perdre plus rapidement les kilos de la grossesse.

Les défis de l'allaitement : comment les surmonter ?

Bien que naturel, l'allaitement peut parfois s'avérer complexe et entraîner des difficultés. Il est important d'être préparé et de savoir comment les surmonter.

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  • Douleurs mammaires : Certaines femmes ont des engorgements qui provoquent de fortes douleurs ou des crevasses au niveau des mamelons, ce qui rend l’expérience très inconfortable. Pour prévenir les crevasses, il est important d'adopter une bonne position d'allaitement, d'assurer une hygiène rigoureuse des mains et d'appliquer du colostrum ou du lait maternel sur le mamelon après chaque tétée. En cas d'engorgement, il est recommandé d'augmenter la fréquence des tétées, d'utiliser un tire-lait ou de masser l'aréole pour faciliter l'écoulement du lait.
  • Infections du sein : Lorsque les canaux lactifères sont obstrués, cela peut créer une mastite à la mère qui sera obligée de suivre un traitement médical. Il est crucial de continuer à allaiter, en privilégiant le sein atteint. Si l’allaitement est trop douloureux, l’expression manuelle du lait ou l’utilisation d’un tire-lait peut être nécessaire. En cas de mycose du sein ou de muguet chez le bébé, une consultation médicale rapide est essentielle pour un traitement adéquat.
  • Difficultés d’alimentation : Votre bébé peut avoir du mal à téter efficacement, ce qui peut entrainer des problèmes d’alimentation et une prise de poids ralentie. Dans ce cas, il est important de rester calme et patient. Offrir la tétée dans un moment de calme et demander des conseils à un professionnel ou à une association de soutien à l’allaitement peuvent être des démarches efficaces.
  • Stress et fatigue : Allaiter peut aussi être une source de stress pour vous, car le bébé vous sollicite tout le temps, ce qui vous épuise quotidiennement. Il est essentiel de vous octroyer des moments de repos et de calme, en essayant de vous calquer sur le rythme de votre bébé et de dormir en même temps que lui, même en journée. Si vous vous sentez particulièrement épuisée, irritable, déprimée, n’hésitez pas à vous faire aider et à consulter un professionnel.le de santé.

Concilier allaitement et reprise du travail : c'est possible !

La reprise du travail ne signifie pas forcément l'arrêt de l'allaitement. Avec une bonne organisation et une planification adéquate, il est tout à fait possible de continuer à allaiter votre enfant tout en travaillant.

  • Préparation et communication : Il est essentiel de bien préparer votre projet avec les personnes qui garderont votre bébé et votre entreprise. Discutez avec votre employeur pour mettre en place une organisation qui convienne à tous.
  • Différentes options :
    • Si votre lieu de travail et celui de garde de votre enfant sont proches, vous pouvez envisager de continuer l’allaitement exclusif en vous absentant pour nourrir votre bébé.
    • Vous pouvez aussi envisager de tirer votre lait sur votre lieu de travail, si vous disposez d’un tire-lait, d’un réfrigérateur pour conserver le lait, et du matériel pour le transporter dans de bonnes conditions.
    • Si l’allaitement exclusif n’est pas envisageable, l’allaitement partiel peut être une solution. Vous pouvez donner des biberons de lait infantile à votre enfant pendant la journée en semaine et l’allaiter le reste du temps (le matin, le soir, le week-end…).
  • Les droits des mères allaitantes : La loi française, à travers les articles L 1225-30 à L 1225-33 du Code du Travail, prévoit de libérer une heure par jour pour tirer votre lait ou allaiter votre bébé, jusqu’au premier anniversaire de l’enfant.
  • Conseils pratiques :
    • Commencez à faire des stocks de lait congelé avant la reprise du travail.
    • Si vous envisagez de donner des biberons de lait infantile dans la journée, ne vous y prenez pas trop tôt pour ne pas tarir votre lactation avant même d’avoir repris votre travail.

Allaitement : les conseils pour bien démarrer

Pour faciliter la mise en route de l’allaitement, il est important d'être bien informé et de suivre quelques conseils simples.

  • Soyez au calme : Pour faciliter la mise en route de l’allaitement, le mieux est d’être au calme. Si les deux parents peuvent être présents pour se soutenir, cela est souvent rassurant.
  • Trouvez les bonnes positions : Les bonnes positions pour allaiter doivent être confortables pour maman et pour bébé. C’est la première chose à rechercher. C’est normal de ne pas forcément trouver de bonnes positions tout de suite, et de faire des essais. Quelles que soient les positions que l’on choisira, on s’assure que bébé a la bouche largement ouverte, qu’elle englobe bien une grande partie de l’aréole et pas seulement le mamelon.
  • Proposez les deux seins : Généralement, on propose les deux seins à bébé. On laisse bébé aller au bout de la tétée sur le premier sein, puis on lui propose le deuxième. Il en prendra un peu, beaucoup, ou pas du tout selon ses besoins.
  • Allaiter à la demande : Le rythme et la durée des tétées varient selon les besoins de votre bébé. Au début, donnez-lui le sein à la demande, puis espacez progressivement les tétées. En moyenne, bébé peut téter entre 8 et 12 fois par 24 heures.
  • Attention à ce que vous consommez : Lors de l’allaitement, ne buvez aucune boisson alcoolisée car l’alcool passe dans le lait et est néfaste pour le bébé. Faites attention aux médicaments que vous prenez, même en automédication. Beaucoup sont contre-indiqués.

Idées reçues sur l'allaitement

Il existe de nombreuses idées reçues sur l'allaitement. Il est important de les déconstruire pour prendre des décisions éclairées.

  • "L'alcool, la bière en particulier, favorise la production de lait" : FAUX. Quand on allaite, mieux vaut éviter toute boisson alcoolisée. L’alcool passe dans le lait maternel que boit le bébé et peut aussi diminuer la production de lait.
  • "Un début d’allaitement douloureux, c’est normal" : FAUX. Allaiter ne doit pas faire mal.
  • "Il faut suivre un régime particulier quand on allaite" : FAUX. On essaye d’avoir une alimentation équilibrée et variée, on limite les boissons sucrées et, quand c’est possible, on préfère le bio pour les fruits, légumes, produits céréaliers et légumes secs. On pense à boire de l’eau régulièrement, car l’allaitement augmente les besoins en eau de notre organisme.

Où trouver de l'aide et des conseils ?

Si le début d’allaitement est inconfortable, difficile ou que l’on se pose des questions, on n’hésite pas à demander conseil auprès de professionnels de santé compétents et diplômés en allaitement (sages-femmes, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, médecins, consultants en lactation…). On pourra les trouver à la maternité, au centre de PMI ou en libéral. On peut aussi trouver du soutien auprès d’associations ou de groupes de mamans. Vous pouvez également consulter le site de la Coordination Française pour l’Allaitement Maternel (CoFAM) ou La Leche League.

Allaitement au sein ou au biberon : le choix vous revient

Quand il s’agit de l’allaitement, tout le monde y va de son avis : la sage-femme, la voisine, l’amie, la pharmacienne, la famille. Mais sachez-le, c’est à vous et uniquement à vous de choisir. Vous êtes libre de nourrir votre bébé de la façon qui vous convient le mieux. L’allaitement n’étant pas un choix à prendre à la légère au vu des conséquences notoires, vous devez être en accord avec vous-même avant de vous engager. Un allaitement forcé peut provoquer du baby blues ou encore une dépression post-partum.

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