Un utérus contractile peut être une source d'inquiétude pour une femme enceinte. L'utérus, dont la fonction est d'accueillir l'embryon puis le fœtus, produit des contractions qui permettent l'expulsion de ce dernier lors de l'accouchement. Un utérus contractile est, par définition, un utérus sensible qui crée de petites contractions semblables à des crampes menstruelles et qui peuvent survenir à n'importe quel moment de la journée. Ces contractions sont généralement de faible intensité et n'ont aucun effet sur le col. Il s'agit d'un phénomène physiologique.

Qu'est-ce qu'un utérus contractile ?

L'utérus contractile est un état où l'utérus se contracte fréquemment, parfois de manière répétée, pendant la grossesse. Ces contractions peuvent être ressenties comme des tensions ou des durcissements du ventre. Il est important de distinguer ces contractions d'autres sensations, comme les mouvements du bébé ou les maux de ventre liés à la grossesse.

Quand on appuie sur l’utérus avec le doigt, on peut enfoncer celui-ci dedans. La femme enceinte peut découvrir qu’elle a un utérus contractile quand elle ressent des contractions pendant sa grossesse. « Certains gynécologues estiment que le fait d’avoir plus de 30 à 50 contractions par jour c’est le signe d’un utérus contractile. Pour nous, professionnels, une contraction c’est une contraction d’accouchement. Or il y a souvent de petites contractions pendant la grossesse. Plus que leur nombre, ce qui compte c’est la façon dont la femme les ressent. Une vraie contraction oblige à s’arrêter.

Comment reconnaître une contraction de grossesse ?

Généralement, elle correspond à une tension au niveau du ventre, qui atteint son paroxysme pendant quelques secondes, puis qui disparaît. A ce point culminant, votre corps est soumis à plusieurs pressions : l'abdomen se durcit et l'utérus se contracte.

Observez votre ventre : celui-ci se durcit et vous ressentez comme une petite gène. D’ailleurs, lorsque vous êtes allongée les jambes repliées, vous ne pouvez plus enfoncer le bout de vos doigts dans votre bidon. Autre élément à surveiller : le temps que la tension dure. « Une contraction dure en général 30 à 40 secondes. Si cela dure plusieurs minutes, il ne peut pas s’agir d’une contraction. En effet, l’utérus n’est pas capable de se contracter plus longtemps sans pause », explique le Dr Michel Tournaire, gynécologue.

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Attention à ne pas confondre contraction de grossesse et mouvements de Bébé. C'est pour cette raison qu'il est important de savoir quand la femme sent Bébé bouger pour la première fois. Cela vous permettra de faire la différence entre contraction, et simples mouvements. En cas de contraction, c’est l’ensemble de votre ventre qui se durcit, pas seulement une petite partie. Par ailleurs, enceinte, vous êtes sujette aux maux de ventre tels que les sensations de ballonnements ou les brûlures d’estomac. Là encore, pas de confusion possible : ces maux de grossesse s'accompagnent de l'acidité et des problèmes digestifs que vous avez peut-être identifiés avant votre grossesse… Il est également possible de confondre contractions et syndrome douloureux pelvien de grossesse : « ce syndrome correspond à une douleur de type musculaire, au niveau du bassin et des organes proches de l’utérus. Souvent, les mamans qui en souffrent parlent de douleur basse, proche de l’aine. Ces douleurs apparaissent normalement au début du deuxième trimestre, peuvent durer des heures et ont tendance à augmenter, le soir, avec la fatigue » explique le Dr Michel Tournaire.

Les différents types de contractions

Il est essentiel de distinguer les différents types de contractions qui peuvent survenir pendant la grossesse :

  • Les contractions de Braxton Hicks : Ces contractions, aussi appelées "fausses contractions", apparaissent généralement vers le 4e mois de grossesse. Elles sont irrégulières, peu douloureuses et servent à préparer l'utérus à l'accouchement. Elles aident Bébé à se placer tête en bas dans votre utérus. Indolores pour bébé, les contractions de braxton hicks, doivent aussi l'être pour vous. Contrairement aux contractions de travail, elles ne font pas mal, sont rares, intermittentes et irrégulières.
  • Les contractions de travail : Ces contractions surviennent à la fin du 9ème mois de grossesse, avant l'accouchement. Elles sont régulières, douloureuses, intenses et fréquentes. Elles permettent d’effacer le col et aide Bébé à se diriger vers le bassin. Ces dernières peuvent être source de douleur, dont l'intensité à tendance à varier d'une femme à l'autre. Les douleurs liées aux contractions, semblables aux douleurs de règles, sont à surveiller de près.

Utérus contractile pendant la grossesse : quelles sont les causes ?

Les contractions sont nécessaires au bon déroulement de la grossesse. Lorsqu’il se contracte, l’utérus se muscle. « C’est un peu comme une préparation physique à l’accouchement. Ces contractions vont également être utiles pour augmenter la taille du muscle utérin et subir un étirement satisfaisant puisqu’il va passer de 6 cm à 32 cm à la fin de la grossesse », déclare Céline Dalla-Lana. Il y a aussi des causes hormonales à ces contractions. Il y a des périodes pendant la grossesse où les contractions sont plus fréquentes, notamment aux alentours du cinquième mois, quand l’utérus grandit plus vite et réagit davantage. Si c’est un utérus contractile avec des contractions ressenties mais qui n’agissent pas sur le col, il n’y a aucun risque.

Quand s'inquiéter et consulter ?

Il est important de consulter un professionnel de santé si les contractions deviennent :

  • Régulières et rapprochées (toutes les 5 à 10 minutes pendant plus de deux heures)
  • Douloureuses et intenses
  • Associées à d'autres symptômes tels que des saignements, une perte de liquide amniotique ou une diminution des mouvements du bébé

Quand la sage-femme ou le gynécologue est inquiet de cette contractibilité, pense qu’elle pourrait interférer avec le bon déroulement de la grossesse, il ou elle effectue un examen médical, ainsi qu'un monitoring, un toucher vaginal ou encore une échographie pour s’assurer que les contractions n'agissent pas sur le degré d'ouverture du col. Il peut mettre en place un suivi avec des monitorings réguliers à l’hôpital ou chez soi selon les cas. Il arrive qu'il demande une analyse d'urine pour écarter tout risque d'infection pouvant entraîner ces symptômes.

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Faux travail et contractions : comment les distinguer ?

Il est parfois difficile de distinguer un "faux travail" d'un vrai travail, surtout en cas de première grossesse. Les équipes médicales définissent le « faux travail » comme un épisode de contractions douloureuses, plutôt régulières, variables dans leur intensité, mais sans effets notables sur le col de l’utérus au bout de quelques heures. Ce terme de faux travail n’est sans doute pas le plus approprié. C’est en effet une grande désillusion et une déception pour une future maman de s’entendre dire que ces contractions douloureuses ne servent à rien ! Il serait plus juste de parler de « préparation au travail ». Le terme faux travail n’est employé qu’au cours du 9e mois de grossesse. Avant cette date, c’est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée, on évoquera, en cas de contractions douloureuses, une menace d’accouchement prématuré.

Quand c’est un faux travail, mais on ne le sait qu’a posteriori, les contractions sont le plus souvent ressenties comme douloureuses dans le bas du ventre et sont assez régulières. Celles induisant le vrai travail sont assez vite régulières, environ toutes les 5 à 10 minutes au départ et durent environ 30 à 60 secondes. Chacune est ressentie de façon identique. Au fur et à mesure que le travail va progresser, elles vont devenir plus fortes et se rapprocher. C’est grâce à l’examen du col de l’utérus lors du toucher vaginal que l’on pourra évoquer ou non un faux travail. Quand c’est le cas, le col ne se modifie pas.

Conduite à tenir face aux contractions répétées

Si les contractions sont fréquentes mais non douloureuses et n'ont pas d'impact sur le col, il existe plusieurs moyens de les soulager :

  • Repos : Se reposer et éviter les activités physiques intenses peut aider à réduire les contractions. Reposez-vous : durant la grossesse, veillez à écouter les besoins de votre corps. Pour réduire le nombre de contractions, asseyez-vous ou allongez-vous quelques instants pour vous reposer.
  • Hydratation : Boire suffisamment d'eau (au moins 1,5 litre par jour) est essentiel pour prévenir les contractions. Hydratez-vous : boire régulièrement de l’eau permet d’éviter à l’utérus de se crisper. Durant la grossesse, consommez au moins 1,5 l d’eau par jour.
  • Bain chaud : Prendre un bain chaud peut aider à détendre les muscles et à soulager les contractions. Prenez un bain chaud : les bienfaits de l’hydrothérapie ne sont plus à prouver ! L’eau chaude contribue à détendre l’ensemble des muscles de notre corps, notamment l’utérus. Pas étonnant que cette technique soit parfois utilisée lors de l’accouchement !
  • Exercices de respiration : Pratiquer des exercices de respiration profonde peut aider à gérer la douleur et à détendre l'utérus. Travaillez votre respiration : prenez de grandes inspirations à l’arrivée de la contraction, bloquez, puis expirez tout doucement. Des techniques de respiration pourront aussi vous aider à gérer les contractions le jour J.
  • Tisane de framboisier : La tisane de framboisier est réputée pour tonifier l'utérus, mais il est important de consulter un professionnel de santé avant d'en consommer. Buvez de la tisane de framboisier : cette plante agit sur la tonicité de l’utérus. Avant d’en consommer, veillez à obtenir l’accord de votre sage-femme au préalable.
  • Aliments riches en vitamine B6 : Une carence en vitamine B6 peut augmenter la fréquence et l'intensité des contractions. Il est donc conseillé de consommer des aliments riches en cette vitamine, comme les carottes, les bananes, les lentilles et les noix. Privilégiez les aliments riches en vitamine B6 : la pyridoxine est présente dans les carottes, les bananes, les lentilles, les noix… En présence d’une carence en vitamine B6, les contractions peuvent devenir plus intenses et/ou fréquentes.
  • Ballon de gym : S'asseoir sur un ballon de gym et faire des mouvements circulaires peut aider à détendre l'utérus. Optez pour un ballon de gym : jambes écartées, assise sur le ballon, faites des cercles en inclinant le buste vers l’avant, afin que l’utérus se décontracte.
  • Yoga prénatal : Le yoga prénatal est une activité douce qui permet de travailler les muscles du corps et de favoriser la relaxation. Pratiquez le yoga prénatal : cette discipline douce permet de faire travailler l’ensemble des muscles du corps durant la grossesse.
  • Antispasmodiques : Des antispasmodiques comme le Spasfon peuvent être prescrits en guise de traitement par voie orale pour calmer les spasmes du muscle utérin. Prenez deux comprimés de Spasfon Lyoc (médicament antispasmodique à base de phloroglucinol), et allongez-vous. Si les contractions ralentissent, durent moins de 30 secondes, puis disparaissent complètement, "on vous conseillera simplement de retourner à la maison et de revenir un peu plus tard.

Médicaments et traitements

Les médicaments comme les tocolytiques vont plutôt être réservés aux menaces d’accouchement prématuré. « Ils vont réduire les contractions de l’utérus pour retarder le processus. Sur un utérus contractile sans impact sur le col de l’utérus, la future maman peut entreprendre des exercices de respiration, des étirements, des exercices posturaux pour essayer de soulager les tensions sur l’utérus. La femme peut, par exemple, s’installer à quatre pattes avec un coussin de maternité avec le ventre dans le trou. Prendre un bain chaud ou placer une petit bouillotte sur son ventre peut aussi les soulager. « Ce n’est pas prouvé scientifiquement mais des séances d’ostéopathie avec un professionnel formé à la grossesse, peuvent soulager certaines futures mamans.

Quand partir à la maternité ?

Votre grossesse touche bientôt à son terme, vous avez suivi les séances de préparation à l'accouchement, les affaires de votre bébé sont prêtes, bref, vous n'attendez plus que le bon signal pour foncer à la maternité.

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S'il n'est pas nécessaire de se précipiter à la maternité à la moindre contraction, notamment lors des dernières semaines de grossesse, certains signaux d'alerte peuvent toutefois vous indiquer que le travail a débuté. Parmi ceux-ci, on retrouve : les contractions régulières, intenses et répétées toutes les 5 minutes depuis au moins 1 h ; les pertes de sang ; la perte ou la fissure de la poche des eaux ; la perte du bouchon muqueux. Mais avant de vous rendre le plus rapidement possible dans l'établissement qui vous accueillera pour la naissance de votre enfant, il est nécessaire de contacter le service maternité par téléphone. L'équipe de service prendra alors le temps d'étudier votre situation, et de vous indiquer si vous devez vous rendre sur place immédiatement ou non.

Les "vraies" contractions, c'est-à-dire celles qui ont une action sur le col, durent plus de 30 secondes et sont de plus en plus rapprochées. S'il s'agit d'un premier accouchement, prenez un bain chaud et rappelez-vous des méthodes de respiration apprises lors de vos cours de préparation à la naissance. Les contractions disparaissent ? C'était un faux départ. Attendez d'avoir un rythme régulier d'une contraction toutes les cinq minutes. Si vous n’êtes pas sûre, n’hésitez pas à vous rendre à la maternité pour vous faire examiner. Si c’est une fausse alerte, on vous renverra chez vous.

En résumé : posez votre main sur le ventre. Il se durcit. Il s'agit donc bien de contractions. Elles modifient votre respiration, elles sont de plus en plus rapprochées ? Prévoyez un départ à la maternité quand vous avez une contraction toutes les cinq à dix minutes. La perte des eaux est un des signes annonciateurs de l'accouchement. Mais, en réalité, la perte des eaux peut aussi avoir lieu après votre arrivée à la maternité, au moment où le col se dilate pendant la phase de travail. Vous sentirez alors un écoulement de liquide blanchâtre, il s'agit d'une petite partie du liquide amniotique dans lequel baigne votre bébé. N'attendez pas forcément de perdre les eaux pour vous rendre à la maternité. En revanche, si vous avez perdu les eaux, ou si vous soupçonnez une fissure de la poche des eaux, partez à la maternité, même si vous n'avez pas encore de contractions. Le bébé n'est plus dans un milieu stérile. Si votre col de l’utérus est favorable, le travail peut être déclenché directement.

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