La varicelle est une maladie infantile virale très contagieuse et fréquente, principalement causée par le virus varicelle-zona (VZV), un virus de la famille de l’herpès. Bien que souvent bénigne, elle peut entraîner des complications, surtout chez les nourrissons. Cet article vise à informer sur les complications potentielles de la varicelle chez les nourrissons, les symptômes à surveiller, les options de traitement et les mesures de prévention.

Qu'est-ce que la Varicelle ?

La varicelle est due à un virus de la famille de l’herpès. Elle est la maladie infantile virale la plus contagieuse et la plus fréquente. La plupart du temps bénigne, elle touche surtout les enfants de 3 mois à 10 ans. Une fois la maladie guérie, le virus reste dormant dans certains ganglions nerveux. Lors de grande fatigue, d’infection ou d’affaiblissement du système immunitaire, il peut se réveiller et provoquer une nouvelle éruption de vésicules localisée, le zona.

Transmission et Contagion

La varicelle se transmet par voie respiratoire, par inhalation de gouttelettes de salive émises par le malade et par contact avec les lésions de la peau ou avec du matériel contaminé. Il existe également un risque de transmission du virus de la varicelle à partir d’un malade ayant un zona, car le liquide présent dans les vésicules du zona contient du virus.

Le virus varicelle zoster (VZV) appartient à la famille Herpesvirus de la sous-famille des Alphaherpes-virinae. C’est un virus à ADN à réservoir strictement humain. Il est très contagieux avec un taux de reproduction (c’est-à-dire le nombre de cas secondaires à partir d’un cas) de 10 à 12. La transmission se fait principalement par l’aérosolisation de particules virales à partir des lésions cutanées qui vont gagner les voies respiratoires et les ganglions lymphatiques (les amygdales) puis la peau via la circulation sanguine (1re virémie environ 5 jours après l’inoculation).

La durée de contagion de la varicelle est particulièrement longue, puisqu'elle commence 24 à 48 h avant le début de l’apparition des premiers symptômes, notamment le début de l’éruption des boutons, pour s'achever lorsque les boutons de varicelle auront cicatrisé, parfois jusqu’à 2 semaines. Autant dire que le risque de contamination entre bébés et enfants - accueillis, notamment, en collectivité - est très élevé, surtout dans la mesure où bébé peut être contagieux avant l’apparition des symptômes. Il faut donc éviter que votre enfant soit en contact avec d’autres pendant la période de contagion.

Lire aussi: Diagnostic et traitements : colique néphrétique

Symptômes de la Varicelle chez le Nourrisson

Les symptômes de la varicelle sont une fièvre modérée, des maux de tête, une toux légère et le nez qui coule. Les lésions de la peau, typiques, apparaissent un peu plus tard : on observe de petites taches rouges sur le visage et le tronc, accompagnées de démangeaisons. Elles s’étendent à l’ensemble du corps et deviennent des petits boutons contenant un liquide clair extrêmement contagieux. Au bout de 2 jours, ces vésicules sèchent pour former une croûte qui finit par tomber, laissant une cicatrice rouge et blanche qui disparaîtra en quelques mois.

Les premiers symptômes de la varicelle surviennent au terme d'une phase d'incubation qui peut varier de 10 à 21 jours selon les bébés. Généralement, c'est la fièvre qui ouvre le bal de la maladie. Cette fièvre reste relativement modérée (38 °C). Mais elle va très vite s'accompagner d'autres signes qui peuvent être assez difficiles à repérer chez les bébés : les courbatures, la fatigue et les maux de tête.

L'éruption cutanée, c’est-à-dire les premiers boutons qui caractérisent la varicelle, survient dans un second temps, et ne laisse pratiquement plus de doute… Le corps de bébé va se couvrir progressivement de plaques et boutons rouges. Ces boutons se situeront sur tout le corps de votre enfant, y compris son visage (nez, bouche, cuir chevelu, etc.).

Le nombre de boutons peut varier considérablement d'un enfant à l'autre. Chez certains bébés, l'éruption cutanée se limitera à seulement quelques vésicules de varicelle, tandis que chez d'autres, elle pourra recouvrir tout le corps (jusqu'à 2 000 vésicules) en deux à trois poussées consécutives.

Au fil des jours, l'éruption se transforme, et les boutons (les lésions) vont s'emplir d'un liquide transparent. On parle alors de vésicules. Ce sont elles qui sont à l'origine des démangeaisons. Une fois la phase aiguë achevée, les vésicules finissent par éclater, sécher et former des croûtes sur la peau. En tout, cela peut prendre entre 7 à 10 jours pour obtenir une complète cicatrisation.

Lire aussi: Troisième trimestre et complications

Complications Possibles de la Varicelle chez le Nourrisson

Bien que la varicelle soit souvent bénigne, des complications peuvent survenir, en particulier chez les nourrissons. En Allemagne, l'incidence des complications graves de la varicelle chez les enfants immunocompétents est de 8,5/100.000, rapporte une étude récemment publiée dans Pediatrics. Les complications neurologiques et les infections représentent respectivement 61 % et 38 % des cas.

Parmi les complications possibles, on retrouve :

  • Surinfections bactériennes de la peau : En cas de grattage, les lésions peuvent s'infecter, laissant parfois des cicatrices permanentes. Le streptocoque A et le staphylocoque doré sont les principaux agents des surinfections cutanées qui peuvent prendre des formes sévères comme le choc toxique ou la dermohypodermite nécrosante. La surinfection est favorisée par le jeune âge (moins de 1 an), la prise d’AINS et la contamination intra-familiale. Les enfants souffrant de dermatite atopique sont également plus à risque de surinfection bactérienne.

  • Complications neurologiques : La varicelle peut entraîner des complications neurologiques telles que la cérébellite varicelleuse, l'encéphalite, la méningite ou la paralysie faciale centrale. Dans une étude, les complications neurologiques étaient les plus fréquentes (61,3 %) : cérébellite varicelleuse (48 cas), encéphalite (22), méningite (2), paralysie faciale centrale(1).

  • Pneumonie : Dans de rares cas, la varicelle peut provoquer une pneumonie, en particulier chez les personnes immunodéprimées.

    Lire aussi: Gérer la Fièvre: Conseils

  • Infections invasives : Les infections à Streptococcus pyogenes étaient les plus fréquentes et liées à des séquelles à long terme.

  • Complications oculaires : Bien que rares, les complications oculaires peuvent inclure la conjonctivite, les atteintes cornéennes, la cataracte et la névrite optique rétro-bulbaire.

Une étude multicentrique rétrospective réalisée dans 45 services de réanimation pédiatrique, entre 1998 et 2001, rend compte de la gravité potentielle de cette maladie infectieuse considérée, par les médecins et par les parents, comme bénigne. Au cours de cette période, 68 enfants ont été hospitalisés en réanimation, 10 sont décédés, 16 ont gardé des séquelles, dont 12 graves. Plus de 75 % d’entre eux étaient auparavant en bonne santé, 16 % souffraient d’une pathologie chronique et 7 % étaient immunodéprimés.

Les causes de leur admission en réanimation étaient une surinfection bactérienne, surtout cutanée, des complications neurologiques (cérébellite, encéphalite, syndrome de Guillain-Barré, paralysies…) et, chez les immunodéprimés, une atteinte pulmonaire. Chez les enfants sains, les décès ont été principalement dus à un choc septique, alors que c’est une insuffisance respiratoire aiguë qui a été à l’origine de la plupart des décès survenus chez les enfants immunodéprimés.

Certains hôtes sont à risque de forme létale de varicelle, notamment les nouveau-nés et les patients immuno-supprimés. La varicelle est ainsi une cause de mortalité des enfants atteints de leucémie en phase d’induction de chimiothérapie. Certains sujets sont plus à risque de formes diffuses ou compliquées notamment chez les nourrissons de moins de 1 an, les enfants cas secondaires familiaux, ceux atteints de dermatite atopique ou les adolescents et les adultes.

Dans une étude rétrospective au CHU d’Amiens sur 10 ans, incluant 30 enfants immunocompétents avec des complications neurologiques de la varicelle, les complications répertoriées étaient la survenue de CCH simples (23 %), de cérébellites (23 %), de crises convulsives occasionnelles (17 %), de CCH complexes (14 %), de méningites (14 %), des PFP (6 %), et d’une vascularite compliquée d’un AVC sylvien gauche (3 %).

Traitement de la Varicelle chez le Nourrisson

Il est recommandé de consulter rapidement un pédiatre ou un médecin qui pourra lui prescrire des traitements et soins pour soulager sa varicelle.

Généralement, le diagnostic de la varicelle chez l'enfant est assez facile à poser, au terme d'un simple examen médical. Le professionnel de santé vous indiquera le traitement à mettre en œuvre pour soulager bébé, notamment ses démangeaisons, et éviter qu'il gratte les boutons de varicelle particulièrement urticants qu’il a sur la peau, afin de ne pas avoir de complications cutanées comme des cicatrices permanentes sur la peau.

La stratégie thérapeutique va consister à prendre en charge les différents symptômes de bébé. La varicelle étant une pathologie éruptive virale, elle ne nécessite pas l'utilisation d'antibiotiques lorsque l'enfant ne présente aucune forme de complication (surinfection des lésions, pneumopathie…). En règle générale, la varicelle guérit spontanément en 10 à 12 jours, et ce, même lorsque l'éruption cutanée est spectaculaire. Néanmoins, il peut être nécessaire d'envisager une hospitalisation lorsque la varicelle touche un nouveau-né ou un très jeune enfant, afin de mettre en place un traitement antiviral et une surveillance médicale accrue. Les complications des suites de la maladie chez bébé restent cependant rares. En cas de doute, demandez conseils à votre médecin.

Le traitement de la varicelle chez le nourrisson vise principalement à soulager les symptômes et à prévenir les complications. Il peut inclure :

  • Médicaments antipyrétiques : Pour réduire la fièvre.

  • Antihistaminiques : Pour atténuer les démangeaisons.

  • Soins de la peau : Bains tièdes, application de lotions calmantes pour soulager les démangeaisons.

  • Antiviraux : Dans certains cas, notamment chez les nourrissons à risque de complications, des antiviraux tels que l'aciclovir peuvent être prescrits.

Il est crucial d'éviter l'aspirine chez les enfants atteints de varicelle, car elle peut augmenter le risque de syndrome de Reye, une affection rare mais grave. Rappelons également que le talc, à l’origine de varicelles gangreneuses, est formellement prohibé.

En plus de son traitement, si vous voyez votre enfant se gratter la peau, voici quelques idées pour l’en empêcher et éviter les cicatrices permanentes : Enfilez-lui des chaussettes ou mitaines sur ses mains, nettoyez et limez-lui les ongles, distrayez-le lorsqu’il a envie de se gratter, lavez-lui soigneusement ses mains et essayez de limiter sa transpiration et, selon son âge, donnez-lui des bains courts.

Vaccination contre la Varicelle

La vaccination contre la varicelle est un moyen efficace de prévenir la maladie et de réduire le risque de complications. En France, la vaccination est officiellement recommandée qu’à partir de l’âge de 11 à 12 ans chez les patients qui n’ont pas encore fait la maladie et pour l’entourage d’immunodéprimées. Cette vaccination est déjà recommandée à une cinquantaine de pays dont les USA, le Canada, l’Australie, l’Allemagne, Israël, la Grande-Bretagne, la Suisse, l’Italie, l’Espagne…. La protection conférée se rapproche de la maladie naturelle (au moins 5% de la population fait 2 varicelles au cours de la vie. Ainsi, la plupart des personnes vaccinées ne développeront pas la varicelle. La vaccination nécessite 2 doses de vaccin à au moins 4 semaines d’intervalle.

La vaccination contre la varicelle est généralement bien supportée. Une rougeur et une sensation douloureuse peuvent apparaître à l’endroit de l’injection (1 personne sur 3-5), mais elles disparaissent rapidement. Les autres effets indésirables (pneumonie par exemple) sont extrêmement rares.

Il existe actuellement deux vaccins commercialisés en France. Il s’agit de vaccins vivants atténués. Ils peuvent être utilisés à partir de l’âge de 12 mois. Le schéma de vaccination repose sur deux doses espacées de 4 à 8 semaines ou de 6 à 10 semaines selon le vaccin utilisé.

La vaccination contre la varicelle est contre-indiquée pendant la grossesse. Elle doit être précédée d’un test de grossesse négatif.

La vaccination reste toutefois recommandée pour certaines catégories de personnes : les adolescents âgés de 12 à 18 ans qui n’ont jamais eu la varicelle en étant enfant, les femmes souhaitant tomber enceinte et qui n’ont jamais eu la varicelle en étant enfant, les femmes n’ayant pas eu la varicelle dans les suites d’une première grossesse, toute personne n’ayant pas attrapé la varicelle précédemment et dont la sérologie est négative, et qui est en contact étroit avec des personnes immunodéprimées et les personnes en attente de greffe, dans les six mois précédant une greffe d’organe solide, sans antécédent de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative (avec deux doses à au moins un mois d’intervalle).

Lorsque vous avez un doute sur un précédent cas de varicelle pendant l’enfance, une sérologie peut être réalisée pour vérifier le dosage des anticorps contre le virus.

Si vous êtes enceinte, la vaccination est contre-indiquée. En outre, la grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination. Demandez conseil à votre médecin, en cas de questions ou de doutes.

Prévention de la Varicelle

La prévention de la varicelle repose principalement sur la vaccination. Pour les nourrissons non vaccinés, il est important d'éviter le contact avec des personnes atteintes de la varicelle.

Varicelle chez la Femme Enceinte

Si vous attrapez le virus de la varicelle pendant votre grossesse et que vous n’êtes pas immunisée, il y a un risque pour votre enfant, notamment si vous attrapez la maladie lors du premier trimestre.

tags: #complication #varicelle #nourrisson

Articles populaires: