Il est fréquent pour les parents de se sentir parfois démunis face à leurs enfants, ayant l'impression de ne pas être écoutés. Cette situation peut engendrer de la frustration et un sentiment d'impuissance. Cependant, il existe des astuces et des stratégies pour instaurer un climat de respect mutuel et se faire entendre par ses enfants. Cet article a pour but de vous guider à travers les différentes étapes pour y parvenir, en tenant compte de l'âge et du développement de l'enfant.
Comprendre pourquoi les enfants n'écoutent pas
Avant de chercher des solutions, il est essentiel de comprendre les raisons pour lesquelles un enfant peut ne pas écouter ses parents. Il est important de différencier l'écoute de l'obéissance, car un enfant peut entendre ce qu'on lui dit sans pour autant obéir. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce manque d'attention ou ce refus d'obéissance :
- L'âge et le développement de l'enfant : Avant 3 ans, les enfants ont du mal à contrôler leurs émotions, leurs gestes et leurs pensées. Jusqu'à 5 ans, ils sont principalement centrés sur leurs besoins et la notion de plaisir. À partir de 2 ans, ils commencent à s'affirmer en tant qu'individu à part entière.
- La distraction : Les enfants se distraient facilement. Si votre enfant ne vous écoute pas, il est possible qu'il soit simplement distrait par quelque chose d'autre.
- La surcharge d'informations : Donner une longue liste d'instructions peut être difficile à retenir et à comprendre pour un enfant.
- La pression et la fatigue : Un enfant peut ne pas écouter parce qu'il ressent une pression de devoir faire quelque chose ou qu'il est trop fatigué.
- Le besoin d'indépendance : Lorsqu'ils se sentent "grands" ou qu'ils veulent faire les choses par eux-mêmes, les enfants peuvent ignorer les instructions de leurs parents.
- La personnalité unique de chaque enfant : Chaque enfant communique, apprend et se comporte différemment.
Stratégies pour se faire respecter
Puisque les raisons du manque d'attention ou du refus d'écouter sont nombreuses, les réponses à apporter sont également variées. Voici quelques stratégies pour vous aider à vous faire respecter par vos enfants :
- Clarté et précision : Lorsque vous donnez des instructions ou des règles, assurez-vous d'être clair et précis afin que votre enfant comprenne exactement ce que vous attendez de lui. Définir clairement vos attentes est essentiel, surtout avec les enfants en bas âge qui ne comprennent pas toujours ce que vous attendez d'eux. Par exemple, au lieu de demander à un enfant de ranger sa chambre, demandez-lui de mettre les livres sur l'étagère, de remettre les crayons dans la trousse et de ranger tous les jouets dans le coffre.
- Écoute active : Il est important de donner à votre enfant l'occasion d'exprimer ses sentiments et son point de vue sur une situation. Prendre le temps de discuter avec son enfant et lui expliquer comment se passent les choses lorsqu'on arrive chez quelqu'un ou qu'on sort quelque part permet à l'enfant de se projeter et de ne pas être pris au dépourvu. Laissez-lui le temps d'assimiler l'information.
- Fixer des limites : Les enfants ont besoin de limites pour se sentir en sécurité et comprendre ce qui est attendu d'eux. Mettre en place des routines permet de poser un cadre sécurisant dans lequel chacun a ses repères. Il ne faut pas hésiter à répéter les règles que l'on a fixées, car un enfant ne peut pas comprendre et respecter les interdits du premier coup.
- Renforcement positif : Plutôt que de se concentrer sur les comportements négatifs, essayez de reconnaître et de récompenser les comportements positifs de votre enfant. Exprimer ce qui est positif met dans un état d'esprit constructif. L'enfant se sent alors reconnu, et surtout encouragé. Cela va le pousser à reproduire plus facilement un comportement, une action dont il se sent fier, grâce à la reconnaissance que vous lui apportez.
- Exemplarité : Les enfants apprennent beaucoup en observant leurs parents. Faire preuve d'exemplarité est la première chose à faire en toute circonstance. Les parents sont des exemples aux yeux des enfants. Il est important que l'enfant reproduise un comportement positif par envie et non par peur de la sentence ou de la menace.
- Éviter les réactionsExcessives : Bien qu'il puisse être tentant de crier ou de punir sévèrement lorsque votre enfant ne vous écoute pas, cela peut souvent conduire à un cercle vicieux où l'enfant devient encore plus réfractaire. Rien ne sert de s'énerver. Il faut poser les choses clairement, être ferme, hausser un peu le ton, mais ne pas crier. Expliquer aussi pourquoi vous refusez : "Tu risques de te faire mal", "C'est un endroit dangereux"… Si la colère monte, passez le relais à l'autre parent.
- La pause : Au lieu de gronder et de punir votre enfant, cassez tout de suite le schéma dans lequel vous êtes entré : vous lui donnez une consigne, il dit non. Prenez votre enfant et isolez-vous avec lui dans sa chambre. Répétez-lui : "Je veux que tu te calmes. Je vais rester avec toi et t'aider à ce que tu retrouves ton calme pour qu'ensuite nous puissions parler sans se fâcher". À cet instant, vous provoquez une pause. Cette méthode doit permettre à l'enfant de se calmer tranquillement avant qu'une grosse colère se déclenche. Il faut prendre un moment seul avec son enfant pour l'accompagner dans la gestion de ses émotions. Les enfants en bas âge (avant 10 ans) ont des difficultés pour réguler leurs émotions. L'enfant va comprendre de lui-même que son comportement n'est pas adéquat et que vous êtes là pour l'aider et non le punir. Prendre une pause permet d'anticiper et même d'éviter une crise avant qu'elle ne survienne. Avec le temps, l'enfant comprendra mieux ses émotions et sera en capacité de mettre des mots dessus.
- Le chuchotement : Le chuchotement est un outil efficace face à son enfant qui est dans un état d'énervement ou d'excitation. Le procédé est à utiliser dans certaines situations comme par exemple, quand il y a beaucoup de monde. Mettez-vous à l'oreille de votre enfant et chuchotez-lui quelque chose. Le chuchotement va permettre de détendre l'atmosphère dans un environnement animé et va faire en sorte que votre enfant se concentre sur votre voix. Le chuchotement permet de montrer à l'enfant qu'on l'a entendu, qu'on est à son écoute. Il n'est plus nécessaire de hausser le ton ou de punir.
- La compartimentation : Quand vos enfants jouent ensemble ou qu'ils jouent avec des amis et que vous voyez un conflit venir, intervenez et séparez-les sans plus attendre. Dites à votre fils que vous souhaitez qu'il aille dessiner son aventure de chevaliers dans le salon et faites de même avec son petit camarade, mais demandez-lui d'aller dessiner dans la cuisine. Laissez-les se calmer quelques minutes. Quand vous sentez que l'ambiance s'est apaisée, réunissez-les et demandez-leur s'ils sont prêts à rejouer ensemble calmement et à se prêter le balai chacun leur tour ? Si des bagarres recommencent, ne les punissez pas, mais séparez-les à nouveau. La compartimentation permet de résoudre un conflit de façon équitable, sans accuser un enfant plus qu'un autre. De cette manière, les petits apprennent la gestion du conflit par eux-mêmes.
- Anticiper : Anticiper ce comportement et accompagner votre enfant dans la réalisation d'une tâche. Les enfants, jusqu'à 5 ans, n'apprécient pas les transitions, être interrompus dans ce qu'ils sont en train de faire. Il ne s'agit pas d'un caprice, mais juste d'une difficulté pour le jeune enfant de passer d'une action à une autre. Il vaut mieux l'accompagner dans les transitions que de le punir.
- Laisser le temps de la réflexion : Il est recommandé de laisser un temps de réflexion à l'enfant, mais il n'est pas nécessaire de la presser en lançant un compte à rebours. Au bout de quelques minutes, soit l'enfant vient spontanément vous dire ce qu'il a décidé, soit vous lui demandez s'il a eu le temps de prendre une décision. Même si votre enfant bougonne, lui laisser le temps de la réflexion lui permet de peser le pour et le contre de la situation.
- Énoncer les consignes : Avant d'en arriver à la punition, il est nécessaire d'énoncer les consignes. Un enfant doit comprendre que ses parents sont là pour apporter des règles. Quand ces règles ne sont pas respectées, il y a une conséquence. En verbalisant la situation, l'enfant connaît les règles du jeu. Il aura toujours confiance en vous, car vous lui avez expliqué ce qui va se passer. Ensuite, libre à lui de suivre les directives ou de les refuser.
- Adapter les sanctions à l'âge : Punir les jeunes enfants est une chose, mais sanctionner un bébé, avant 3 ans, demande plus de retenue de la part des parents. À cet âge, on ne peut pas dire qu'ils font des bêtises à proprement parler. Ils font des expériences et cherchent à découvrir ce qu'elles provoquent. Le concept de ce qu'on a le droit de faire ou non n'est pas tangible pour l'enfant en bas âge. Si votre bébé touche à un objet interdit, on lui dit non et on range l'objet autre part. S'il fait une grosse colère parce qu'il a vu un jouet dans le magasin, éloignez-vous dans un endroit calme et soyez ferme sur le non. Ce n'est pas nécessaire d'en rajouter.
- La contrainte ludique : Dès qu'il y a du ludique, c'est tout de suite plus sympa à accepter. Si l'enfant reste acteur dans la contrainte qu'on lui impose, il va s'approprier plus facilement les choses, il aura envie de grandir et de respecter certaines règles qu'on pourrait lui imposer.
- Le compromis : Il est important de rester à égale distance de l'autoritarisme et du laxisme. S'il y a trop d'autoritarisme, l'enfant risque peut-être de devenir trop soumis ou bien trop rebelle par le futur, selon son tempérament. S'il y a trop de laxisme, au contraire, il va se sentir perdu, il va se mettre en danger. L'éducation est comme une espèce de balance à trouver entre écoute et règle. De plus, l'obéissance n'est pas non plus la soumission, au risque que l'éducation se transforme en autoritarisme. Obéir, c'est simplement suivre des règles.
- L'importance du cadre : Il est important de donner un cadre, montrer l'importance des règles pour qu'il ou elle soit capable de faire des choses très créatives, très belles, par la suite. La parentalité positive, ce n'est pas de ne pas avoir de cadre du tout mais au contraire de satisfaire les besoins fondamentaux de l'enfant en appliquant un cadre de manière juste et non-violente. Il est intéressant de pouvoir expliquer ces situations à l'enfant, de pouvoir mobiliser ses compétences cognitives. Cela permet aussi à l'enfant de mobiliser des compétences cognitives, de faire preuve de créativité, de mobiliser son intelligence, son auto-contrôle, cultiver le juste compromis entre le parent et l'enfant.
- L'exemplarité en matière de politesse : Faire preuve d'exemplarité est la première chose à faire en toute circonstance. Les parents sont des exemples aux yeux des enfants. Il est important que l'enfant reproduise un comportement positif par envie et non par peur de la sentence ou de la menace. Votre enfant ne veut pas dire bonjour à son oncle ou à sa mamie, ok ! Pas la peine d'insister puisque vous allez complètement le braquer et cela risque d'être encore plus compliqué la fois suivante. Au contraire, incitez le proche à faire le premier pas pour venir dire "bonjour" à votre enfant plutôt que l'inverse. Laissez le embrasser votre enfant, mais ne forcez pas votre enfant à dire "bonjour" en retour. Il ne sert à rien de "sur féliciter" un enfant qui a dit "bonjour", "merci" ou qui a eu un comportement qui vous a beaucoup plus à un certain moment, car votre enfant risque ensuite de se servir de cela lorsqu'il voudra vous montrer son désagrément ou sa contradiction.
- Les routines : Afin de mieux se structurer, vos enfants ont besoin d'avoir un emploi du temps prédéfini avec des gestes organisés dans un ordre précis. Parce que les changements d'activités deviennent plus prévisibles. Votre petit sait à quoi s'attendre. Les tensions inutiles sont bannies. Le temps et l'espace sont mieux structurés. Les actions sont anticipées. Définir vos rituels est un travail de réflexion et d'optimisation qui va vous demander un effort. Ne vous contentez pas de les avoir vaguement en tête, écrivez-les ! Écrivez-les dans le détail. Voici le prix à payer pour avoir la paix ! Une fois que vos enfants auront pris le pli, gare à vous si vous tentez de bruler les étapes de vos routines ! Vos enfants et vous êtes très motivés pour respecter les routines établies. La motivation de vos enfants ainsi que la vôtre décroit. Des imprévus viennent tout chambouler. Vous trouvez vos routines contraignantes et vous êtes tentés d'abandonner. Pour remonter la pente, soyez conscient que cette étape fait du partie du processus et que malgré vos émotions négatives ou votre manque d'enthousiasme momentané, si vous restez disciplinés une fois, puis une autre fois encore, puis une autre fois… vous passerez le cap au bout d'un moment. Ca y est ! Vous avez persévéré et la nouvelle habitude est ancrée en vos enfants. Vos routines sont désormais des automatismes. Vos enfants sont disciplinés et le fait de les appliquer leur demande de moins en moins d'efforts. Pendant la phase de lune de miel et la phase de lutte, effectuez systématiquement des contrôles. Ces contrôles vous permettront d'ancrer vos routines et de faire gagner votre petit en autonomie. Lorsque vos enfants auront complètement intégré leurs routines, vous pourrez espacer les contrôles. Encouragez vos enfants quand ils obéissent et respectent leurs routines : pourquoi pas des félicitations et des câlins ?
Les violences éducatives ordinaires : à éviter absolument
Il est crucial d'éviter les violences éducatives ordinaires, qui peuvent avoir des conséquences négatives sur le développement de l'enfant. Ces violences peuvent être physiques (claque, fessée, tirage d'oreille, etc.), verbales (cris, insultes, etc.) ou psychologiques (manipulation, humiliation, chantage, etc.). Les violences et les humiliations peuvent avoir des conséquences négatives sur le développement du cerveau de l'enfant, notamment sur ses capacités d'apprentissages, sur sa gestion des émotions, dans ses rapports aux autres. Un enfant moins sûr de lui aura plus de difficultés à communiquer et pourra répondre aux situations de stress par des gestes violents. Il sera dans l'imitation de son entourage. Il existe aussi des liens avec les risques de maladies cardio-vasculaires, certains cancers, la bipolarité ou encore la dépression. Les violences psychologiques à table, comme le chantage, peuvent à terme entraîner une relation conflictuelle de l'enfant avec la nourriture. Depuis le 10 juillet 2019, les violences éducatives ordinaires sont interdites par la loi. L'autorité parentale doit s'exercer sans violence physique ou psychologique. Par ailleurs, toute forme de violence sur un enfant mineur ou majeur est punie par la loi.
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