L'infertilité est une préoccupation croissante pour de nombreux couples. On la suspecte lorsqu'un couple ne parvient pas à concevoir après plusieurs mois d'essais, généralement un an. Face à cette situation, il est naturel de se demander s'il est possible d'avoir des enfants et quelles sont les étapes à suivre pour évaluer sa fertilité. Cet article vise à fournir un aperçu complet des examens et des facteurs à considérer pour déterminer si l'on peut avoir des enfants.

Bilan de fertilité : Comprendre et agir

Le bilan de fertilité est une série de tests permettant de vérifier la stérilité ou de confirmer l’infertilité d’un des membres du couple ou du couple lui-même. Il est généralement entrepris après 1 à 2 ans d’essais infructueux pour avoir un bébé. Il est important de noter que 80 % des grossesses surviennent dans les 6 premiers mois d’essai.

Quand effectuer un bilan d’infertilité ?

Si, après 12 mois de tentatives de conception avec des rapports réguliers et sans contraceptif, vous ne parvenez pas à tomber enceinte, votre gynécologue peut vous proposer un bilan d’infertilité. Ce délai peut être réduit à 6 mois dans certains cas, notamment si :

  • La femme a plus de 35 ans.
  • Un problème est suspecté en raison de signes observés (pathologie particulière telle qu’une endométriose ou des ovaires polykystiques, cycles très irréguliers).

La première consultation : Un entretien essentiel

Avant d’entreprendre des examens, un premier entretien avec un spécialiste de la fertilité est indispensable. Il est important d’y aller en couple, car vous ne connaissez pas forcément tout le passé de l’autre. Ce médecin posera des questions pour faire le point sur la situation, notamment sur :

  • Vos cycles (leur régularité).
  • Vos antécédents médicaux ou chirurgicaux pouvant nuire à la fertilité.
  • Votre état de santé (maladie chronique, problème génétique…).
  • Votre hygiène de vie (tabac, alcool, stress…).
  • Votre exposition à des composés toxiques (travail, cadre de vie…).
  • Votre vie sexuelle.

Un point sera également fait sur votre connaissance du processus de la fécondation, notamment si vous maîtrisez les points qui permettent d’optimiser les chances de tomber enceinte. Une méconnaissance ou un manque de régularité dans les rapports peuvent affecter la fertilité.

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Fertilité féminine : Les examens clés

S’il soupçonne un problème de fertilité chez la femme, le médecin peut demander une courbe de température sur 3 mois maximum pour vérifier si les ovulations ont bien lieu et quand. Cela permet de programmer des examens complémentaires.

Les examens initiaux

  • Prise de sang : Un dosage hormonal permet de déceler un problème de thyroïde ou ovarien. Nos biologistes réalisent un bilan hormonal cinq jours avant le commencement de votre cycle menstruel. L’objectif de ce bilan est de vérifier votre réserve ovarienne et de rechercher d’éventuelles anomalies. Le bilan de fertilité vise à identifier l’AMH, un marqueur de la réserve ovarienne, quantifiant le nombre de follicules en croissance.
  • Échographie pelvienne : Par voie vaginale, elle explore les ovaires et l’utérus pour détecter des fibromes, des kystes ou une malformation. L’échographie endovaginale est un des premiers examens à réaliser.

Les examens complémentaires

Selon les résultats des premiers examens, les examens suivants peuvent être prescrits :

  • Hystérographie (ou hystérosalpingographie) : Un produit injecté dans l’utérus permet d’étudier la cavité utérine et les trompes de Fallope, à la recherche d’une anomalie ou d’une obstruction. Le spécialiste en fertilité insérera un cathéter, à savoir un petit tube qui contient de l’encre, dans le col de l’utérus pour observer l’utérus et les trompes de Fallope sur la radiographie.
  • Hystéroscopie : Une fibre optique introduite par le vagin puis le col de l’utérus permet d’observer l’intérieur de l’utérus. L’hystéroscopie (vision de la cavité utérine) permet de détecter une anomalie comme un polype, un fibrome ou une malformation par exemple.
  • Cœlioscopie abdomino-pelvienne : Cet acte peu invasif, réalisé sous anesthésie générale, permet d’observer les organes à l’aide d’une caméra miniaturisée introduite par une incision au niveau du nombril.
  • Biopsie de l’endomètre : Un échantillon de tissu du revêtement de l’utérus (endomètre) est prélevé et examiné. La biopsie de l’endomètre consiste à racler et à examiner un échantillon de tissu du revêtement de l’utérus (endomètre). Ce procédé permet au spécialiste de déterminer si l’ovulation a eu lieu et si le revêtement de l’utérus a subi les changements nécessaires pour qu’un ovule fécondé puisse s’implanter et accueillir une grossesse.

Fertilité masculine : Les examens essentiels

L’homme peut également être à l’origine de l’infertilité du couple. Le médecin peut demander des tests en même temps que ceux de la femme.

Les examens clés

  • Spermogramme : Après avoir recueilli du sperme en laboratoire, celui-ci est analysé : quantité de spermatozoïdes, mobilité, etc. Toute anomalie peut expliquer une difficulté à tomber enceinte. Le spermogramme est une étude également comprise dans votre première visite et qui permet de connaître le nombre de spermatozoïdes, leur forme et leur mobilité. En général, si vous avez une plus grande quantité de spermatozoïdes de forme normale, cela signifie que vous avez une fertilité plus élevée. Mais il y a de nombreuses exceptions.
  • Spermoculture : Un spermogramme de contrôle peut être complété par une spermoculture, à la recherche d’un germe. La culture de sperme aide à identifier l’agent (bactérie) ou le microorganisme qui provoque une condition infectieuse (pathogène) au niveau du sperme. Cet examen est sollicité lorsque des troubles sont détectés dans le spermogramme.
  • Spermocytogramme : Il est également réalisé afin d’étudier la morphologie des spermatozoïdes.
  • Échographie des testicules ou de la prostate : En cas d’investigation plus importante, une échographie des testicules ou de la prostate peut être demandée. Côté appareil génital, votre spécialiste peut demander une échographie des testicules ou de la prostate, en cas d’investigation plus importante.
  • Bilan hormonal : Une prise de sang permet de doser la testostérone.

Examens complémentaires

  • Test d’ADN : Une très faible concentration de spermatozoïdes peut être due à une cause génétique. Le chromosome Y (que seuls les hommes possèdent) est divisé en régions. En cas de faible nombre de spermatozoïdes ou en cas d’absence totale, il est probable qu’il y ait une perte d’une ou de plusieurs de ces régions. Ce test d’ADN détermine si une personne est porteuse d’un gène défectueux (mutation) pouvant causer la fibrose kystique chez ses descendants. La fibrose kystique est une maladie grave qui provoque une mucosité épaisse dans les poumons, le pancréas et d’autres organes. Pour que la maladie se développe chez votre enfant, celui-ci doit avoir hérité d’un gène anormal de chaque géniteur.
  • Biopsie testiculaire : Il consiste à prendre des échantillons d’un testicule à l’aide d’une aiguille.

Examens de fertilité pour le couple

L’infertilité du couple en lui-même doit également être explorée.

  • Test de Huhner (ou test post-coïtal) : Effectué après un rapport sexuel, dans les 6 à 12 heures précédant l’ovulation, il consiste à prélever de la glaire cervicale pour l’analyser. Chez les femmes qui cherchent une grossesse, ce test est très utile car il détermine le moment où la femme a un pic d’hormone LH ; peu après, la femme ovulera (expulsion d’un ovocyte mûr dans les trompes), ce moment sera la période de fertilité maximale. Ce type de test est peu sensible car le pic de LH peut durer peu de temps, et le test peut donner un faux négatif si le pic est passé, c’est pourquoi il est recommandé d’effectuer le test au moins deux fois par jour. Toute altération de ces test (résultat positif ou négatif maintenu tout au long du cycle menstruel) doit faire l’objet d’une consultation auprès d’un gynécologue spécialisé afin de pouvoir relier ces changements à une éventuelle pathologie.

Facteurs influençant la fertilité

Plusieurs facteurs peuvent influencer la fertilité, tant chez l'homme que chez la femme.

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L'âge

L’âge a un impact significatif sur la fertilité des femmes. La qualité et la quantité des ovules diminuent avec le temps, réduisant les chances de concevoir naturellement. La probabilité de tomber enceinte en 12 mois avant 30 ans est de 85 %. Pour l’homme, la fertilité est maximale à 30-34 ans, puis elle diminue lentement pour être deux fois plus faible à 55-59 ans. En Espagne, l’âge moyen auquel une femme peut tomber enceinte a augmenté progressivement, passant de 25,06 ans en 1980 à 31,57 ans en 2022.

La réserve ovarienne

La réserve ovarienne est le nombre d’ovules dont dispose une femme à un moment donné. L’âge est le facteur le plus important qui peut modifier cette réserve. D’autres facteurs peuvent entraîner une diminution, voire une disparition de la réserve ovarienne, tels que l’endométriose ovarienne, l’insuffisance ovarienne précoce, les traitements médicaux, la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, entre autres. Il existe deux façons de mesurer la réserve ovarienne : par analyse sanguine grâce à l’hormone antimüllérienne (AMH) et par échographie avec le comptage des follicules antraux. On parle de réserve ovarienne normale lorsque les valeurs de l’AMH se situent entre 0,7 et 2,9 ng/ml.

Le cycle menstruel

Les variations du cycle menstruel peuvent entraîner des altérations de l’ovulation et donc une infertilité féminine. Le cycle menstruel d’une femme dure généralement de 3 à 5 jours et se produit tous les 21 et 35 jours (règles régulières). Cette période menstruelle peut varier en durée (moins de 2 jours ou plus de 8 jours) et en régularité, avec des cycles plus courts ou plus longs (moins de 21 jours ou plus de 35 jours respectivement), on parle alors de cycle menstruel irrégulier. Les causes de ces variations sont multiples : stress élevé, exercice physique intense, changement des habitudes alimentaires, perte de poids excessive ; elles peuvent également être associées à la prise de certains médicaments, au syndrome des ovaires polykystiques, á des maladies thyroïdiennes, à des changements hormonaux, entre autres.

La glaire cervicale

La quantité, la consistance et la texture de la glaire cervicale ou des sécrétions vaginales aident à déterminer les jours de plus grande fertilité (méthode Billings). Il est nécessaire d’observer les cycles précédents et de déterminer les variations de la glaire cervicale pendant la période menstruelle. Ces variations sont évocatrices de jours d’ovulation, car la glaire cervicale se modifie et, dans les jours précédant l’ovulation, elle est généralement claire, collante et filandreuse (étirée entre doigts).

Autres facteurs

D’autres éléments, en plus de l’âge, peuvent expliquer l’infertilité chez les hommes et chez les femmes, tels que des anomalies au niveau des organes reproducteurs, des troubles hormonaux, des infections, des maladies chroniques, des facteurs génétiques ou environnementaux.

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Que faire en cas de problèmes de fertilité ?

Si les examens révèlent des problèmes de fertilité, plusieurs options peuvent être envisagées.

Traitements médicaux

Le gynécologue spécialisé en fertilité peut décider de la nécessité de suivre un traitement pour pallier les troubles de l’ovulation par une stimulation ovarienne. Cette stimulation ovarienne peut être proposée comme un traitement à part entière ou dans le cadre d’un parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Le traitement, à base d’hormones, est administré par voie orale ou par injection.

Assistance médicale à la procréation (PMA)

La PMA regroupe différentes techniques visant à aider les couples infertiles à concevoir, telles que l’insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV).

Conservation des ovocytes

Si une femme a une faible réserve ovarienne et n’a pas encore le désir de devenir mère, il existe des techniques de conservation des ovocytes qui, dans ces cas, seraient le traitement de choix.

Symptômes de grossesse : Les signes à surveiller

Lorsqu’une grossesse débute, le corps produit de nouvelles hormones qui sont responsables de différents symptômes plus ou moins ressentis.

Les principaux symptômes

  • Absence de règles : C’est souvent l’un des premiers signes lorsque vous avez habituellement des cycles réguliers.
  • Poitrine plus sensible : Lors d’un début de grossesse, les seins peuvent devenir plus gros et douloureux, et les tétons peuvent avoir tendance à foncer.
  • Fatigue : Face aux différents chamboulements hormonaux que subit votre corps en début de grossesse (augmentation du taux de progestérone), il n’est pas rare de ressentir une fatigue inhabituelle.
  • Nausées et autres symptômes digestifs : Des nausées qui peuvent aller de l’écœurement au vomissement sont susceptibles de survenir durant la grossesse. D’autres troubles digestifs peuvent se traduire par des ballonnements ou encore des aigreurs d’estomac.
  • Besoin d’uriner plus fréquent : Avec la grossesse, l’utérus grossit, exerçant ainsi une pression sur la vessie.
  • Changements d’humeur : Le niveau de stress et l’humeur sont en partie régulés par les hormones. Avec la grossesse, les hormones sont chamboulées et il n’est pas rare de passer du rire aux larmes sans trop savoir pourquoi.

Tests de grossesse : Confirmation et suivi

Pour savoir si vous êtes enceinte, le test de grossesse est le seul moyen fiable.

  • Test urinaire : Il peut être effectué à partir de la date à laquelle vous devriez avoir vos règles. Il est recommandé de faire le test urinaire avec les premières urines du matin, lorsqu’elles sont le plus concentrées.
  • Test sanguin : Il peut être effectué dès 14 jours après le rapport sexuel qui pourrait être à l’origine d’une grossesse. Il permet d’obtenir le taux exact d’hormones β-HCG et donc de savoir depuis quand vous êtes enceinte.

Si le test est positif, il est nécessaire de prendre rendez-vous avec un professionnel de santé afin de planifier la première échographie, parfois appelée « échographie de datation », qui se réalise entre 11 et 13 semaines d'aménorrhée.

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