L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale, est une décision importante qui peut engendrer de nombreuses questions. Parmi celles-ci, la certitude que la grossesse est bien interrompue est primordiale. Cet article vise à répondre à la question de savoir comment s'assurer que l'on n'est plus enceinte après un avortement, en abordant les aspects physiologiques, les symptômes à surveiller, les examens de contrôle et les situations nécessitant une consultation médicale.

Suites Normales Après une IVG

Il est essentiel de connaître les désagréments courants qui peuvent survenir après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale. Ces symptômes sont généralement temporaires et font partie du processus de rétablissement.

  • Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires: Ces manifestations sont comparables à celles des menstruations et peuvent durer plusieurs jours, voire quelques semaines. Les saignements les plus importants peuvent apparaître 4 à 7 jours après l'intervention et durer plus longtemps qu'une menstruation normale. Ils peuvent être constitués de caillots et se terminer par un écoulement brunâtre. L'intensité et la durée des saignements varient d'une femme à l'autre.
  • Désagréments hormonaux: Les symptômes de la grossesse, tels que les nausées ou la sensibilité des seins, disparaissent généralement en quelques jours à deux semaines. Cependant, les hormones de la grossesse restent présentes dans l'organisme pendant un certain temps, ce qui peut influencer les tests de grossesse.
  • Tension mammaire et/ou engorgement: Si la grossesse était à un stade avancé, les seins peuvent rester tendus et douloureux. Un engorgement ou des écoulements de lait peuvent même survenir.
  • Troubles digestifs: Des diarrhées ou des nausées peuvent être causées par les antibiotiques, uniquement en cas d'IVG chirurgicale par aspiration ou d'avortement instrumental.

Pour soulager la douleur, l'ibuprofène ou l'Aleve peuvent être utilisés, éventuellement en association avec du paracétamol. L'aspirine est à éviter. Il est crucial de lire attentivement les notices des antalgiques et de respecter les quantités prescrites. Pour la tension mammaire, le port d'un soutien-gorge serré (sans armatures) peut aider à réduire les symptômes. Il ne faut surtout pas masser les seins. Les poches de glace peuvent également apporter un soulagement.

Quand S'Inquiéter et Consulter un Médecin ?

Certains effets secondaires nécessitent une attention médicale. Il est impératif d'informer son médecin traitant ou de consulter en cas de :

  • Fièvre: Une température supérieure à 38,5°C pendant plus d'une journée.
  • Saignements abondants et douleurs intenses: Des saignements plus importants que des règles normales, accompagnés de douleurs abdominales sévères.
  • Signes d'infection: Douleurs différentes de celles des règles, pertes inhabituelles en couleur et odeur.
  • Effets indésirables intenses: Douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h.

Dans ces situations, il est conseillé de se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG fournie par le professionnel de santé.

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Tests de Grossesse Après une IVG : Interprétation

Les tests de grossesse sont très sensibles et peuvent rester positifs environ 3 à 4 semaines après une IVG. Cela est dû à la présence persistante des hormones de grossesse dans l'organisme. Avant cette période, seule une échographie peut déterminer si la grossesse est toujours en cours.

Si un test de grossesse reste positif après l'IVG, il est crucial de consulter un médecin pour effectuer des examens complémentaires.

La Consultation de Contrôle : Une Étape Essentielle

Une visite de contrôle est absolument nécessaire après l'IVG pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'existe pas de complications. Elle doit avoir lieu entre le 14e et le 21e jour après l'IVG, parfois plus tôt selon les circonstances cliniques.

Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme effectuera un examen clinique et pourra prescrire des examens complémentaires, tels qu'une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Ces examens permettent de confirmer l'interruption de la grossesse et de détecter d'éventuelles complications.

De plus, la consultation de contrôle est l'occasion d'aborder la contraception et de choisir une méthode adaptée à la situation de la patiente. Un entretien psychosocial peut également être proposé si la patiente le souhaite.

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Examens Médicaux Après une IVG

Les examens médicaux après l'IVG ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l'examen clinique, le médecin ou la sage-femme peut proposer :

  • Une prise de sang pour doser les β-hCG: Ce dosage permet de suivre l'évolution du taux d'hormones de grossesse et de confirmer l'interruption de la grossesse. Lorsque le taux de Bêta HCG est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG, cela signifie que l’avortement a fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial, la grossesse est évolutive et l'IVG par médicament n'a pas fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG.
  • Une échographie: L'échographie permet de visualiser l'utérus et de s'assurer qu'il ne reste pas de résidus de grossesse.

Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l'Assurance maladie, sans avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.

Retour des Menstruations

En général, les menstruations reprennent 4 à 6 semaines après l'IVG. Elles peuvent être moins régulières au début. Sous pilule contraceptive, les règles reviennent généralement dès la fin de la première plaquette. Les premières règles peuvent être différentes des menstruations habituelles, soit plus abondantes ou plus longues, soit moins importantes et plus courtes.

Complications Possibles et Signes d'Alerte

Bien que l'IVG soit une procédure sûre, des complications peuvent survenir. Il est important de connaître les signes d'alerte et de consulter un médecin en cas de :

  • Hémorragie: Saignements très abondants.
  • Infection: Fièvre, douleurs abdominales, pertes vaginales malodorantes.
  • Douleurs persistantes: Douleurs abdominales intenses qui ne sont pas soulagées par les antalgiques.

Le risque d'infertilité est souvent évoqué comme une complication à long terme de l'IVG. Cependant, ce risque n'est pas lié à la réalisation de l'IVG en tant que telle, mais peut être une conséquence d'éventuelles complications (infection, lésions au niveau de l'utérus lors de l'aspiration). Ces complications sont rares lorsque l'IVG est réalisée dans des conditions sécurisées.

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Aspects Psychologiques

Le vécu d'une IVG est personnel et varie d'une femme à l'autre. Bien que de nombreuses études scientifiques aient montré que l'IVG n'est pas à l'origine de troubles psychologiques spécifiques, il est essentiel de prendre en compte l'impact émotionnel de cette expérience.

Il est important de se sentir écoutée et soutenue après une IVG. N'hésitez pas à vous confier à une personne de confiance, à un professionnel de santé ou à un psychologue. Des associations, comme le Planning familial, peuvent également apporter un soutien important.

Contraception Après une IVG

Il est possible de tomber enceinte très rapidement après une IVG. Il est donc essentiel de choisir une méthode contraceptive adaptée et de la mettre en place dès la reprise des rapports sexuels.

Toutes les méthodes contraceptives sont envisageables après une IVG, sauf cas particulier. Les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l'intervention, pendant le premier cycle suivant l'IVG.

La contraception peut être mise en place dès la réalisation de l'IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l'IVG instrumentale (sauf en cas d'épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :

  • Le jour même ou le lendemain d'une IVG instrumentale.
  • Le jour de la prise de misoprostol pour une IVG médicamenteuse.

Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

IVG Médicamenteuse : Efficacité et Suivi

L'IVG médicamenteuse est une méthode d'avortement qui peut se pratiquer jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse. Elle consiste à prendre deux médicaments différents : la mifépristone, qui interrompt le développement de la grossesse, et le misoprostol, qui provoque l'expulsion de la grossesse. L’IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas.

Les saignements surviennent généralement dans les 2 à 4 heures après la prise du misoprostol, mais peuvent parfois survenir dès la prise de la mifépristone. Ils peuvent durer de 10 à 20 jours et sont comparables ou plus abondants que les règles.

Le contrôle de l'efficacité de l'IVG médicamenteuse est indispensable. Il peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d'hormones de grossesse (Bêta HCG).

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