C’est un sujet souvent tabou, mais qui peut détruire des familles entières et qui concerne particulièrement le Val-d’Oise. Le département du Val-d'Oise est confronté à des défis majeurs en matière de mortalité infantile et de deuil périnatal. Face à ce constat alarmant, les autorités départementales ont mis en place des mesures ambitieuses pour améliorer la prise en charge des femmes enceintes et des jeunes enfants. Parmi ces initiatives, le bus PMI itinérant se distingue comme un outil innovant pour atteindre les populations les plus vulnérables. Un élément essentiel de cette stratégie est l'amélioration de l'accès aux soins et aux services de Protection Maternelle et Infantile (PMI), notamment grâce à des initiatives comme le bus PMI.

Le Val-d'Oise Face à la Mortalité Infantile : Un Enjeu Prioritaire

Le Val-d’Oise est actuellement le département francilien le plus touché par la mortalité infantile, avec un taux de 4,6 décès sur 1 000 naissances contre 3,8 en Île-de-France. Cette situation alarmante, marquée par une augmentation de 20 % ces dix dernières années, souligne l'urgence d'agir. Le deuil périnatal est également une problématique prégnante dans le département. Partant de ce constat, les élus du conseil départemental ont voté lors de leur dernière séance un vaste plan de 4,3 millions d’euros sur deux ans, qui vient s’ajouter au budget annuel de 1,8 million d’euros pour ses services de Protection maternelle infantile (PMI).

Un Plan d'Action Ambitieux pour Renforcer la PMI

Cette enveloppe est destinée à renforcer les dispositifs existants et « faire avancer les choses », selon les termes de Marie-Christine Cavecchi. « On estime que l’amélioration de la prise en charge pourrait permettre de sauver 20 à 40 nouveau-nés chaque année », souffle la présidente (LR) du département. Le département du Val-d'Oise a mis en place un plan de lutte contre la mortalité périnatale en décembre 2021 qui comprend notamment le renforcement de la PMI. « On estime que l’amélioration de la prise en charge des femmes enceintes pourrait permettre de sauver 20 à 40 nouveau-nés chaque année dans le Val-d’Oise », a indiqué la présidente (LR) du conseil départemental du Val-d’Oise, Marie-Christine Cavecchi.

L'Importance d'un Suivi de Grossesse Adapté

« On pense que toutes les femmes savent gérer une grossesse, précise Véronique Pélissier, vice-présidente (LR) du département, déléguée à l’enfance et à la famille. C’est une grave erreur. Un certain nombre de femmes ne veulent pas ou ne peuvent pas être suivies. Nous avons un suivi aléatoire pour un certain nombre de personnes. Ce n’est plus possible. » Une femme sur cinq ne bénéficierait pas de l’échographie au premier trimestre et quatre femmes sur dix de la deuxième échographie. « Nous allons essayer de faire rentrer ces femmes dans le parcours de soins et le suivi de grossesse, prévient la conseillère municipale de Saint-Ouen-l’Aumône. Beaucoup de femmes ne sont pas du tout suivies pendant les cinq premiers mois de grossesse. C’est le moment où on peut déceler beaucoup de choses. »

Le Bus PMI : Un Service Itinérant au Cœur des Besoins

Le département veut également mieux faire connaître les services de ses 55 centres de PMI. La collectivité veut notamment expérimenter un bus PMI, véritable cabinet médical comprenant un médecin, une infirmière ou encore une puéricultrice, et qui se déplacera dans les zones rurales ou les quartiers en politique de la ville, à l’image de ce qui se fait déjà dans les départements voisins de l’Oise ou des Yvelines. « Ça permettra d’aller vers ces dames, plutôt que d’attendre qu’elles viennent vers nous », explique la vice-présidente. Le service de Protection maternelle et infantile (PMI) peut désormais se déplacer. Le conseil départemental du Val-d’Oise a inauguré ce mercredi 8 mars 2023, à Argenteuil, le bus PMI. Il s’agit d’une camionnette capable d’apporter tous les services qui sont proposés aux femmes enceintes et aux parents qui ont eu un enfant récemment. Il doit se rendre dans les zones les plus éloignées des 52 centres PMI qui existent dans le département, aussi bien en zone rurale que dans des villes. Il a démarré son activité lundi 6 mars en se rendant à Saint-Clair-sur-Epte, Magny-en-Vexin, Parmain, Valmondois et Labbeville. Ce mercredi, il a fait étape dans le quartier des Coteaux à Argenteuil.

Lire aussi: Apaiser la douleur des coliques chez l'adulte

Objectifs et Missions du Bus PMI

« Le bus PMI a plusieurs ambitions, soutenir les femmes enceintes et les enfants de zéro à 6 ans, mais aussi lutter contre la mortalité infantile », explique Florine Colombet, directrice du pôle enfance, santé et famille au conseil départemental. « Dans ce bus, on va y trouver des consultations de prévention pour l’enfant de zéro à 6 ans, du soutien à l’allaitement, mais aussi une diététicienne, une orthophoniste et une orthoptiste », indique Florence Fortier, cheffe du service PMI. « Il s’agit d’un équipement médical complet et autonome, à même de réaliser tous les actes effectués en PMI. Et en particulier l’identification de facteurs de risques pendant la grossesse », ajoute Marie-Christine Cavecchi. Avec deux salles de consultations et un équipement complet, le bus est « à même de réaliser tous les actes effectués en PMI ». Ce véhicule est doté de deux pièces où peuvent être réalisées des consultations de puériculture et des consultations médicales. Il sera utilisé par une auxiliaire puéricultrice, un médecin et une sage-femme.

Comment Bénéficier des Services du Bus PMI à Saint-Leu-la-Forêt ?

Pour connaître les dates et lieux de passage du bus PMI à Saint-Leu-la-Forêt, il est conseillé de se renseigner auprès de la mairie, des centres sociaux ou directement auprès des services du département. La communication autour de ce dispositif est essentielle pour toucher les populations cibles.

Précarité et Accès aux Soins : Des Facteurs Déterminants

6 % des femmes n’ont pas de couverture sociale en début de grossesse. Le diabète gestationnel et la précarité sociale des femmes enceintes sont les premières causes de cette mortalité infantile. Un test de diabète vaut aujourd’hui 500 euros, et semble inaccessible pour les femmes en situation de précarité. Le département va donc mettre en place et prendre en charge des consultations de diététique itinérantes dans ses centres PMI, et financer des lecteurs de contrôle de glycémie pour 40 femmes enceintes diabétiques. Beaucoup de femmes en situation de précarité ne sont pas insérées dans des parcours de soins. D’après la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Val-d’Oise, 6,2 % des femmes n’ont pas de couverture sociale en début de grossesse, et 34 % n’ont pas de mutuelle. « Au-delà de la mortalité infantile, il y a aussi un nombre élevé de pathologies liées à la grossesse et à la précarité sociale et socio-économique, réelle sur le département », a également souligné Laureen Welschbillig, déléguée départementale de l’Agence régionale de santé (ARS). Cette précarité peut entraîner un retard de prise en charge des femmes enceintes. Le bus PMI aura pour mission d’aller au-devant de ces publics. « La lutte contre l’isolement est notre priorité. C’est ainsi que nous parviendrons à mieux lutter contre les échecs et les ruptures », a souligné Marie-Christine Cavecchi.

Accélérer l'Ouverture des Droits et Renforcer les Partenariats

Le département veut également renforcer ses liens avec la CPAM et la Caisse d’allocations familiales (CAF) pour accélérer l’ouverture des droits des femmes et baisser les délais de traitement. « Aujourd’hui, 75 % des déclarations de grossesse ne nous arrivent pas, regrette l’élue. La plupart se font sur Internet, et la CAF ne nous transmet que celles faites sur papier. » La communication va être accentuée, et les relations avec les différents partenaires, comme l’Ordre des médecins, vont être renforcés. Les entretiens prénataux précoces vont être développés. Des partenariats sont notamment passés avec les hôpitaux de Sarcelles et de Gonesse. « On vise les 1 000 premiers jours, souffle Véronique Pélissier. L’objectif est de voir au moins 20 % de ces femmes. »

Le Rôle Essentiel des Bilans de Santé en Maternelle

Les services veulent également accentuer les bilans de santé pour les tout-petits, dans les écoles maternelles. En raison d’un manque de personnel, ces derniers sont aujourd’hui insuffisants. Ainsi, en 2020, seuls 10 % des enfants de 3 et 4 ans ont été examinés en école maternelle. Dix puéricultrices et deux professionnels de santé (orthoptiste et orthophoniste) vont ainsi être recrutés. Ce dispositif fait écho à des préconisations faites en début d’année par le préfet du Val-d’Oise Amaury de Saint-Quentin dans son rapport rendu au Premier ministre. Celui-ci évoquait également la création d’un centre dédié à la prise en charge des femmes en situation de vulnérabilité, pour accueillir notamment les femmes enceintes mal accompagnées ou sans hébergement, dans l’est du département.

Lire aussi: Comment refuser une assistante maternelle ?

Briser le Tabou et Soutenir les Familles Endeuillées

Toutes ces actions pourraient permettre de lutter contre un fléau souvent considéré comme « tabou », selon Essia Morellon. Cette habitante de Seraincourt, qui a perdu en 2013 l’une de ses jumelles à la naissance, a créé en 2019 l’association Maëlys, du nom de sa fille disparue. « J’ai vu une petite évolution positive depuis huit ans, on en parle un peu plus, mais c’est un sujet encore compliqué à aborder, glisse celle qui a également écrit deux contes sur le sujet. Il y a encore beaucoup de choses à faire. » Pour la mère de famille, la prévention pourrait être accentuée dans les maternités. « Il faudrait évoquer davantage le risque pendant la grossesse, souffle-t-elle. Après, c’est dur de dire à quelqu’un qui attend un heureux événement que ça peut arriver. Il y a un côté idéaliste. » D’autant que ces drames « causent beaucoup de dégâts au sein des familles », selon la bénévole. « C’est un choc terrible, glisse-t-elle. Cela entraîne notamment beaucoup de ruptures dans les couples. Les relations sociales deviennent compliquées, il y a un renfermement sur soi et on se sent incompris. Il y a de la culpabilité, qui provoque l’isolement. Ça crée une souffrance incomprise par les autres, qui peut amener à la dépression. On se coupe du monde.

Le Val-d'Oise : Un Territoire en Expansion Démographique

Le Val-d’Oise a aussi la particularité d’être le département de métropole où la population augmente le plus. Le taux de natalité se situait en 2022 à 14,8 naissances pour 1 000 habitants, contre 10,6 naissances pour 1 000 habitants au niveau national. Et les communes où les naissances sont les plus nombreuses ne sont pas forcément proches d’un centre de PMI. Argenteuil, Cergy, Gonesse ou Villiers-le-Bel dépassent les 20 naissances pour 1 000 habitants.

Autres Services et Aides Disponibles dans le Val-d'Oise

Au-delà des initiatives liées à la PMI, le Val-d'Oise propose divers services et aides pour les familles et les individus, notamment :

  • Transports scolaires : La carte Scol R correspond à un service de circuits scolaires spéciaux qui permet aux élèves de Seine-et-Marne d’effectuer un aller-retour quotidien entre leur domicile et leur établissement scolaire quand il n’existe pas de lignes régulières (routières ou ferrées). Île-de-France Mobilités est responsable de l’organisation, du fonctionnement et du financement des services de transports scolaires en circuits spéciaux. Le Département prend en charge une partie de l’abonnement. L’autre partie est prise en charge par la famille de l’élève.
  • Aide aux collégiens : Le Département subventionne à hauteur de 250 € annuel le forfait Imagine R des collégiens. Cette aide est appliquée automatiquement lors de l’inscription et ramène la participation des familles à 100 €. Le 3 avril 2020, l’Assemblée Départementale a décidé d’augmenter de 25 € son subventionnement pour les cartes ImagineR en faveur des collégiens non-boursiers pour l’année scolaire 2020-2021.
  • Soutien aux agriculteurs : Le Département a décidé de soutenir trois exploitations agricoles dans leurs projets d’investissement. L’objectif est d’accompagner les agriculteurs dans le développement de filières locales.
  • Accès à la culture : Envie d’un document ? Réservez-le sur ce site Internet, indiquez dans quelle bibliothèque vous souhaitez le retirer et les bibliothécaires font le reste. MOT DE PASSE : (en majuscule) celui-ci vous a été attribué pendant l’inscription ou au moment du renouvellement de votre carte. A Montigny-lès-Cormeilles ou à Saint-Leu-la-Forêt des salles dédiées sont ouvertes au public. Besoin d’un ordinateur ? Rendez-vous dans les médiathèques du réseau. Les bibliothécaires du réseau se déplacent à votre domicile si vous ne pouvez plus vous rendre dans les médiathèques. Prenez contact avec la médiathèque la plus proche de votre domicile pour vous inscrire à ce service gratuit. Vous pouvez emprunter des jeux vidéo et profiter des consoles, du casque de réalité virtuelle et des nouveautés du moment lors des rendez-vous mensuels du « PIXELS CLUB » à la médiathèque Saint-Exupéry (sur inscription).
  • Aide sociale : Vous êtes concerné ? Le CCAS permet à chaque Tabernacien d'obtenir une réponse adaptée à sa demande et à ses besoins. Les acteurs sociaux instruisent les demandes de cartes de transport. C'est un moyen de transport conduit par des retraités bénévoles, adapté pour une destination déterminée (Auchan, cimetières, hôpitaux, marchés). L'inscription préalable au service est indispensable. Cet établissement privé géré par l'association AOI (Les Amis des Ouvrières et des Isolées),et pouvant bénéficier de l'aide sociale, accueille 110 personnes quel que soit leur état de santé.

Lire aussi: vérifier le cœur de bébé

tags: #comment #prendre #le #bus #pmi #sin

Articles populaires: