L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est une décision personnelle encadrée par des protocoles médicaux précis. Après une IVG, il est essentiel de s'assurer du bien-être physique et psychologique de la femme. Cet article vise à répondre aux questions fréquemment posées concernant le suivi post-IVG, notamment en ce qui concerne la santé de l'utérus, les examens médicaux, les potentielles conséquences psychologiques, la contraception et les précautions à prendre.
Examens médicaux post-IVG : S'assurer de l'interruption de grossesse
Après une IVG, des examens médicaux sont nécessaires pour confirmer que la grossesse est bien interrompue. Ces examens sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie, sans avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.
- Examen clinique : Peut être réalisé en présentiel lors d’une consultation avec un médecin ou une sage-femme.
- Prise de sang : Peut être proposée pour doser les β-hCG (hormone de grossesse).
- Échographie : Peut également être proposée pour vérifier l’état de l’utérus.
La visite de contrôle, effectuée 14 à 21 jours après l’IVG, est obligatoire. Elle permet de s’assurer de l’absence de complications et du retour à l’état normal des organes génitaux. Elle peut être effectuée par un gynécologue ou un médecin traitant.
Saignements post-IVG : Ce qu'il faut savoir
Les saignements après une IVG sont fréquents et peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils peuvent durer de quelques jours à trois semaines. Il est important de noter que la persistance de saignements ne prouve pas l’expulsion complète de la grossesse. La consultation de suivi est donc indispensable.
Si des saignements très abondants surviennent, il est impératif de contacter rapidement le professionnel de santé qui a suivi l’IVG.
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Symptômes de grossesse : Quand disparaissent-ils ?
Les symptômes de grossesse, tels que les nausées ou la sensibilité des seins, disparaissent généralement quelques jours après l’IVG, qu’elle soit médicamenteuse ou instrumentale. Si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, il est recommandé de consulter le professionnel de santé qui a réalisé l’IVG. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.
Retour des règles : À quoi s'attendre ?
Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Ce délai peut varier en fonction du type de contraception choisi et du moment où elle a été débutée. Par exemple, avec une pilule œstro-progestative, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.
Reprise des rapports sexuels : Précautions à prendre
Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé, il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et provoquer une infection. Pour les mêmes raisons, il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période.
Il est crucial d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG si une nouvelle grossesse n’est pas souhaitée. Une grossesse est possible même avant le retour des règles.
Contraception post-IVG : Faire le bon choix
Au cours des consultations pour l’IVG, des informations détaillées sur les méthodes contraceptives disponibles sont fournies. Il est important d’échanger avec le médecin ou la sage-femme pour choisir la contraception la plus adaptée. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier.
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Les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
La contraception choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG.
- Un dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre ou à la progestérone peut être posé immédiatement après l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.
- Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- Le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale.
- Le jour de la prise de misoprostol pour une IVG médicamenteuse.
- Les préservatifs externes (masculins) ou internes (féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Remboursement de la contraception
L'Assurance maladie rembourse certains contraceptifs :
- Certaines pilules contraceptives.
- Les implants contraceptifs hormonaux.
- Les progestatifs injectables.
- Les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets.
- Les diaphragmes.
- Certaines marques de préservatifs externes (masculins).
Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Les préservatifs externes sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.
Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.
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Les centres de santé sexuelle délivrent gratuitement des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
Conséquences psychologiques : Mythes et réalités
Contrairement à certaines idées reçues, l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. De nombreuses études scientifiques ont démontré qu’il n’existe pas de "syndrome post-avortement". Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG.
Il est important de se rappeler que parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel après une IVG. Il est conseillé de se confier à une personne de confiance ou d'en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Des associations comme le Planning familial peuvent apporter un soutien important. Un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si besoin.
En cas de "coup de blues", il est possible de contacter l’antenne du Planning familial la plus proche ou le numéro vert national "IVG, contraception, sexualité" afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Il est également possible de se rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Fertilité après une IVG : Qu'en est-il ?
Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’IVG. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle, mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc.). Cependant, ces complications sont rares lorsque l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées, avec du personnel formé, du matériel stérile et un établissement équipé, comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. Les études ont montré qu'il n'y a pas d'augmentation du risque d'infertilité après une IVG dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.
La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé d'utiliser une contraception si une nouvelle grossesse n'est pas souhaitée.
Curetage utérin : Quand est-il nécessaire ?
Dans certains cas, après une IVG (médicamenteuse ou chirurgicale), une fausse couche ou une biopsie, il peut être nécessaire de pratiquer un curetage de l'endomètre. Le curetage de l'utérus consiste à gratter l'endomètre, c'est-à-dire la surface interne de l'utérus, en passant par les voies naturelles (le vagin puis le col). Ce geste permet de décoller et d'enlever une partie du contenu de l'utérus. Il est réalisé à l'aide d'une curette.
Le curetage peut être réalisé pour plusieurs raisons :
- Après une IVG ou une fausse couche incomplète : Pour nettoyer complètement la cavité utérine après que l'embryon ait été enlevé par aspiration.
- Diagnostic : Pour effectuer des prélèvements de tissus afin de diagnostiquer un éventuel cancer de l'endomètre, en particulier à la ménopause.
Le curetage se fait sous anesthésie générale par les voies naturelles. Le chirurgien dilate le col de l'utérus et pratique le curetage, soit par aspiration, soit à l'aide d'une curette.
Après l'intervention, quelques saignements peuvent durer durant une semaine à 10 jours. Un arrêt de travail n'est généralement pas nécessaire, mais cela dépend de la situation de la patiente et de son état psychologique.
Risques et complications possibles
Bien que les IVG soient généralement des interventions sécurisées, certaines complications peuvent survenir, bien que rarement :
- Saignements prolongés ou excessifs : Ils peuvent être dus à la présence de tissus restés dans l’utérus. Une nouvelle intervention peut être nécessaire pour les éliminer.
- Lésions de l’utérus : Elles sont très rares et peuvent survenir lors d’un avortement instrumental réalisé au cours du deuxième trimestre de la grossesse. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut être nécessaire.
- Infections : Le risque est très faible grâce aux conditions d’hygiène dans lesquelles l’intervention est réalisée. Des antibiotiques peuvent être prescrits par précaution. En cas de fièvre et de maux de ventre après l’intervention, il est important de consulter rapidement. Pour éviter toute infection, il est recommandé de ne rien introduire dans le vagin durant les deux semaines qui suivent l’intervention (pas de tampons, pas de rapports sexuels, pas de bain).
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle : Cela peut indiquer la présence de tissus restés dans l’utérus ou, dans de rares cas, une grossesse persistante. Un traitement médicamenteux supplémentaire ou une nouvelle IVG chirurgicale par aspiration peuvent être nécessaires.
Préparation à une IVG médicamenteuse
Pour que l’IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, il est conseillé de se faire accompagner par une personne de confiance. Si les médicaments sont pris à domicile, il est important de se reposer. Un arrêt maladie peut être prescrit en cas de douleurs.
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