La fécondation in vitro (FIV) est un parcours semé d'embûches émotionnelles et physiques. Parmi les préoccupations fréquentes des femmes engagées dans ce processus, la prise de poids est souvent source d'inquiétude. Cet article vise à fournir des informations détaillées et des conseils pratiques pour gérer son poids pendant une FIV, en s'appuyant sur des données scientifiques et des témoignages.

L'importance du poids dans la fertilité et la PMA

Il n'existe pas de "poids idéal" absolu pour tomber enceinte. Cependant, un Indice de Masse Corporelle (IMC) situé entre 19 et 25 est généralement associé à de meilleurs résultats, notamment en Procréation Médicalement Assistée (PMA). Un IMC trop élevé (surpoids ou obésité) ou trop faible (maigreur) peut impacter la fertilité.

IMC et fertilité : un équilibre délicat

  • IMC trop élevé : Le surpoids ou l'obésité peuvent perturber la production de l'hormone GnRH (Gonadotrophine releasing hormone), essentielle à l'ovulation et à la production de spermatozoïdes chez l'homme. De plus, les traitements de PMA peuvent être moins efficaces, et les chances d'implantation de l'embryon peuvent être réduites.
  • IMC trop faible : La maigreur, surtout si elle entraîne des cycles menstruels irréguliers, peut également rendre la conception difficile. Les ovaires ont besoin d'une certaine masse grasse pour fonctionner correctement.

Perdre du poids avant la PMA : est-ce toujours nécessaire ?

La décision de perdre du poids avant une FIV doit être prise en concertation avec un médecin. Bien que la perte de poids puisse améliorer les chances de succès, il est crucial d'éviter les régimes drastiques ou hypocaloriques, qui peuvent avoir un effet négatif sur la fertilité. Une perte de poids même modeste (5 à 10 %) peut déjà avoir un impact positif.

Les effets secondaires de la stimulation hormonale et la prise de poids

La stimulation hormonale, étape clé de la FIV, peut entraîner des effets secondaires, dont une prise de poids. Si elle n'est pas systématique, elle est néanmoins fréquente et souvent transitoire, car d'origine hormonale.

Pourquoi prend-on du poids pendant la stimulation hormonale ?

  • Rétention d'eau : Les hormones peuvent provoquer une rétention d'eau, entraînant une augmentation du poids corporel.
  • Effets sur le métabolisme : Les médicaments hormonaux peuvent temporairement altérer le métabolisme.
  • Accumulation dans le tissu adipeux : Les médicaments hormonaux utilisés pour stimuler les ovaires, au lieu de leur fonction directe, s'accumulent dans le tissu adipeux. Par conséquent, la procédure peut nécessiter de fortes doses d'hormones.

Gérer la prise de poids liée à la stimulation hormonale

  • Ne pas s'affamer : La restriction calorique excessive peut entraîner une augmentation de la production de ghréline, l'hormone de la faim.
  • Privilégier les protéines : La consommation de protéines favorise la satiété et peut aider à réduire la production de ghréline.
  • Augmenter l'activité physique : L'activité physique, en particulier celle qui développe la masse musculaire, peut contribuer à faire baisser le taux de ghréline.
  • Maintenir un poids stable : Les variations de poids désorganisent les productions d'hormones.

Alimentation et FIV : les clés d'une approche équilibrée

Une alimentation saine et équilibrée est essentielle pour optimiser la fertilité et gérer son poids pendant une FIV.

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Les principes d'une alimentation favorable à la fertilité

  • Respecter les horaires de repas : Bien s'alimenter commence par respecter les horaires de repas.
  • Réduire les sucres rapides : Limiter les bonbons, crèmes glacées, sodas, etc.
  • Limiter les graisses saturées : Éviter le fromage, les fritures, la charcuterie, etc.
  • Privilégier les oméga-3 : Consommer des aliments riches en oméga-3, comme les poissons gras, les noix et les graines.
  • Surveiller la consommation d'alcool : L'alcool contient beaucoup de sucre.
  • Préférer les fruits à faible indice glycémique : Choisir des fruits moins chargés en fructose.
  • Privilégier les aliments riches en fibres : Les fibres contribuent à la satiété et à la régulation de la glycémie.
  • Choisir des aliments à faible index glycémique : Les aliments à faible index glycémique libèrent le glucose plus lentement dans le sang, évitant les pics de glycémie.

L'importance de la glycémie

La glycémie, ou taux de glucose dans le sang, joue un rôle crucial dans la régulation de l'appétit et du métabolisme.

  • Éviter les pics de glycémie : Les pics de sucre dans le sang provoquent de l'hyperglycémie, ce qui peut entraîner une résistance à l'insuline et une prise de poids.
  • Stabiliser la glycémie : Adopter un régime alimentaire raisonnable permet de stabiliser la glycémie et de contrôler l'appétit.

Les compléments alimentaires

Un apport adéquat de vitamines est vital pour la santé des ovules et la réceptivité du corps à la gestation.

L'activité physique : un allié précieux (avec modération)

Le sport et la FIV sont un sujet délicat. Bien que l'exercice soit bénéfique pour la santé générale, une activité physique intense peut avoir un impact négatif sur les taux de conception.

Adapter son activité physique pendant la FIV

  • Y aller doucement : Réduire l'intensité de l'activité physique pendant les mois précédant, pendant et après le cycle de FIV.
  • Éviter les sports à impact élevé : Remplacer les sports à impact élevé par des activités plus douces, comme la marche, la natation ou le yoga.
  • Écouter son corps : Ne pas se forcer à faire de l'exercice si l'on se sent fatiguée ou mal à l'aise.

Les bienfaits des activités douces

  • Réduction du stress : Le yoga, la méditation et les promenades en plein air peuvent aider à réduire le stress, un facteur important à gérer pendant la FIV.
  • Amélioration de la circulation sanguine : L'activité physique douce peut améliorer la circulation sanguine vers les organes reproducteurs.

Gérer le stress et les émotions pendant la FIV

Un parcours de PMA est souvent source de stress et d'émotions intenses. Il est important de mettre en place des stratégies pour gérer ces aspects et éviter de se réfugier dans la nourriture.

Les effets du stress sur l'appétit

Le stress peut influencer le mécanisme de la faim et inciter à manger de manière compulsive.

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Stratégies de gestion du stress

  • Techniques de relaxation : Pratiquer la méditation, le yoga ou la respiration profonde.
  • Soutien psychologique : Consulter un psychologue ou un thérapeute spécialisé en fertilité.
  • Activités de détente : Inclure des activités de détente dans sa routine quotidienne, comme la lecture, l'écoute de musique ou le jardinage.

Les risques liés à la PMA : une information essentielle

Comme tout geste médical, la FIV comporte des risques, tant pour la femme que pour l'enfant. Il est important d'en être informé et de les contrôler.

Les risques pour la femme

  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) : Le SHO est la complication la plus fréquemment rencontrée en FIV. Il correspond à une réponse ovarienne importante à la stimulation.
  • Fausse couche : Le risque de fausse couche est légèrement augmenté en raison de l'âge biologique plus élevé des femmes en AMP.
  • Grossesse extra-utérine (GEU) : La GEU se produit lorsque la grossesse s'implante en dehors de l'utérus.
  • Grossesse multiple : Les grossesses multiples sont des grossesses plus "à risque".

Les risques pour l'enfant

  • Prématurité : Le risque de prématurité est statistiquement plus élevé chez les femmes présentant des facteurs de risques personnels (fumeuses, âgées de plus de 38 ans, présentant une grossesse à risque).
  • Anomalies génétiques : Le risque d'anomalies génétiques peut être lié à la technique, mais aussi, et surtout, aux anomalies génétiques portées par les gamètes.
  • Malformations : Le nombre de malformations congénitales observées chez les enfants issus d'une FIV ou d'une ICSI est légèrement supérieur à celui observé dans la population générale.

Comment optimiser vos chances en PMA ?

Outre la gestion du poids, d'autres facteurs peuvent influencer le succès de la PMA.

Les facteurs à éviter

  • Tabagisme : Le tabagisme est un facteur connu d'infertilité chez les hommes et les femmes.
  • Alcool : La consommation d'alcool peut nuire à la fertilité et réduire les chances de réussite en PMA.
  • Drogues : Les drogues peuvent avoir un impact négatif sur la fertilité et le développement du fœtus.
  • Exposition aux toxiques professionnels : Certaines substances chimiques présentes dans l'environnement professionnel peuvent nuire à la fertilité.
  • Exposition aux perturbateurs endocriniens : Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques présentes dans l'environnement qui peuvent interférer avec le système hormonal et affecter la fertilité.

Témoignages et conseils pratiques

Amélie, une femme ayant suivi un parcours de FIV, partage son expérience :

"Depuis mon adolescence, j'ai toujours été plus ou moins en surpoids. J'ai fait pas mal de régimes, certains ont fonctionné, mais dès que j'arrêtais, je reprenais mes kilos, voire plus. L'envie d'avoir un bébé était tellement forte, que je me suis ultra-motivée et sur les conseils d'une amie, je suis allée voir un diététicien qui m'a élaboré un programme de rééquilibrage alimentaire. En quelque sorte, on peut dire que j'ai réappris à manger ! Au départ, mon diététicien ne m'a pas fixé d'objectif pour voir comment mon corps allait réagir. Sans privation, j'ai perdu un peu plus de 7kg en 3 semaines. Au fur et à mesure des rendez-vous, on s'est fixé des petits objectifs, sans pression, on a travaillé sur mes compulsions alimentaires et en 5 mois, mon objectif était atteint : -18kg ! Je suis repartie voir fièrement ma gynécologue qui m'a félicitée et nous avons pu commencer un protocole le cycle suivant. Quand nous avons commencé la FIV ICSI, j'ai continué à voir mon diététicien pour éviter que les vieux démons ne reviennent, mais aussi pour me rassurer. Résultat, je suis enceinte de 29 semaines, tout va très bien et même si ma prise de poids reste très surveillée je suis extrêmement fière d'avoir réussi à mener de front deux combats pour un si joli résultat !"

Les conseils d'Amélie

  • Se faire accompagner par un professionnel : Ne pas essayer de faire un régime tout seul, car c'est compliqué et au final ça fonctionne rarement.
  • Ne pas lâcher prise : Une fois qu'on a entamé cette démarche avec un diététicien, il ne faut pas lâcher dès que l'objectif est atteint.
  • Se faire suivre pendant la FIV et la grossesse : Il est important de se faire suivre pendant les protocoles FIV et même après lorsqu'il y a grossesse.

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