La prise de poids d'un bébé allaité est un sujet de préoccupation courant pour les parents. Bien que chaque bébé évolue à son propre rythme, il est essentiel de surveiller sa croissance pour s'assurer qu'il reçoit une nutrition adéquate. Cet article vise à fournir des conseils pratiques et des informations utiles pour aider les parents à favoriser une prise de poids saine chez leur bébé allaité.
Importance du suivi de la prise de poids
La prise de poids au cours des six premiers mois est un bon indicateur du développement de votre bébé. C'est pour cela qu'elle est suivie de près par les professionnels de la santé. Une croissance régulière montre que bébé s’alimente bien et qu’il est en bonne santé. Mais la prise de poids n'est pas linéaire, loin de là ! Chaque bébé évolue à son propre rythme, le poids peut même chuter ponctuellement. En tant que parent, il est normal de se poser des questions.
Perte de poids initiale : un phénomène normal
À la naissance, il est tout à fait normal que votre bébé perde du poids. Durant ses premiers jours de vie, un nourrisson peut perdre jusqu’à 10 % de son poids de naissance. Cette phase de perte de poids peut être source d’inquiétude pour les jeunes parents, mais rassurez-vous : en général, un bébé retrouve son poids de naissance au bout de 10 à 15 jours. Cette évolution est très surveillée par les professionnels de santé qui s'assurent que votre enfant grandit bien. Sans s’affoler si la courbe ne remonte pas aussi vite que prévu, il convient d’être vigilant, surtout si votre bébé est allaité, car la prise de poids peut parfois être plus irrégulière. Premier mois : votre bébé prend en moyenne 20 à 30 g par jour.
Alimentation : Allaitement à la Demande et Compléments
L’alimentation : allaitement maternel ou lait infantile, les besoins varient d’un bébé à l’autre. Il est important d’écouter les besoins de son enfant. Les premières semaines de vie, l’allaitement maternel se fait à la demande, dès que bébé réclame.
Allaitement à la demande
L'allaitement maternel se fait à la demande, dès que bébé réclame. Les premières semaines de vie, il est essentiel de répondre aux besoins de votre enfant en l'allaitant fréquemment.
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Quand envisager des compléments ?
Si votre bébé ne retrouve pas son poids de naissance après 15 jours. Si sa prise de poids est bien en dessous des moyennes sur plusieurs semaines. Si vous le trouvez particulièrement irritable, fatigué ou qu’il mange mal. Dans ces cas-là, n’hésitez pas à consulter votre pédiatre ou un professionnel de santé.
Il est parfois nécessaire de donner un complément (lait tiré, ou infantil) quand le bébé ne parvient pas à amorcer sa prise de poids. Différentes méthodes existent pour administrer le lait. Cela doit être accompagné par un professionnel pour ne pas perturber la mise en place de la lactation. Se rapprocher d’un professionnel : consultante en lactation IBCLC, sage-femme, gynécologue, pédiatre ou auprès de votre PMI.
Bien que l'apport de lait industriel puisse fausser l'équation nutritionnelle en raison d'ingestas de lait immédiats et volumineux, un complément ponctuel d’un volume limité peut se justifier sur prescription médicale devant une perte de poids excessive et peut, dans ce cas, rassurer la mère pour la suite de l’allaitement.
Conseils pratiques pour favoriser la prise de poids
Fréquence des tétées
Proposez-lui des tétées ou des biberons réguliers pour répondre à ses besoins (8 à 12 fois par jour au début pour l’allaitement). Les premiers mois, il est important de ne pas espacer trop longtemps les repas. Observez sa succion et son confort pour vérifier qu’il mange bien.
Surveillance et suivi
Suivez sa courbe de croissance dans son carnet de santé, sans stress, mais avec attention. Privilégiez le peau à peau et les moments de contact. Consultez un professionnel de santé si vous avez des doutes ou des questions. Chaque bébé grandit à son propre rythme, et c’est ce qui le rend unique. L’essentiel est qu’il soit éveillé, en forme et qu’il évolue dans un environnement rassurant et plein d’amour.
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Technique d'allaitement
S’assurer que la prise du sein est adéquate. Pour ce faire, attendre que le bébé ouvre grand la bouche, puis l’approcher du sein. Pour l’aider à ouvrir la bouche, il est possible de poser son menton contre le sein juste en dessous du mamelon. S’assurer que la position du bébé est adéquate. En position madone comme en position allongée, le ventre du bébé doit être contre celui de la mère, de face. Son oreille, son épaule et sa hanche doivent être alignées. Si la position est bonne, il ne devrait pas y avoir de douleur.
Alimentation maternelle
Pendant l’allaitement, l’alimentation doit être suffisante pour que le corps se rétablisse de l’accouchement et pour qu’il produise du lait. Il est préférable qu’elle soit équilibrée, mais nul besoin qu’elle soit parfaite. Aussi, pour produire du lait en quantité suffisante, il suffit de manger à sa faim. C’est l’occasion de consommer des aliments qui n’étaient pas conseillés pendant la grossesse (ex : sushi, fromages non pasteurisés, charcuterie). Aucun aliment n’est à proscrire, le bébé réagit rarement à un aliment que sa mère a mangé. Les régimes ne sont pas recommandés pendant l’allaitement. Pour l’hydratation, boire suffisamment et écouter sa soif. Consommer une grande quantité de liquide n’augmentera pas la quantité de lait. La consommation d’alcool ou de drogues (cannabis par exemple) est formellement déconseillée pendant l’allaitement.
Expression du lait
Si la quantité de lait semble insuffisante, il est possible d’exprimer le lait avec un tire-lait en fin de tétée pour stimuler la lactation.
L’expression manuelle pour les premiers jours. Elle est simple et peut être aussi efficace qu’un tire-lait. Elle nécessite une explication précise de la technique (personnel soignant formé, tuto vidéo…). Le tire-lait électrique : loué en pharmacie ou à un prestataire de service ou acheté. Le tire-lait manuel : plus abordable à l’achat mais moins efficace, à réserver aux expressions ponctuelles.
Avant la montée de lait (qui intervient entre 2 et 6 jours après l’accouchement), seule la stimulation est suffisante (aspirations rapides) pendant 15 minutes, à réaliser environ toutes les 3h. Dès que 20 mL (l’équivalent d’une grosse cuillère à café) sont exprimés trois fois de suite, cela signifie que le corps s’est mis en action pour fabriquer du lait. Il faut poursuivre par des expressions de 15 à 20 minutes toutes les 3h. Certains tire-laits proposent des modes qui différencient la phase de stimulation et d’expression : stimuler par des aspirations rapides pendant environ 2 minutes, puis passer à un mode d’expression (aspirations lentes), pendant 15 à 20 minutes. D’autres ont uniquement un mode d’expression. Dans tous les cas, l’expression au tire-lait doit être confortable, en réglant la puissance d’aspiration selon les sensations et en adaptant la taille de la téterelle. Après l’expression, le sein devrait être plus souple, avec une sensation de sein vidé.
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Les premiers jours qui suivent la naissance, il est normal de recueillir seulement de petites quantités de lait. Après une semaine de vie, il faut s’attendre à tirer entre 30 et 90 mL de lait à chaque expression. L’essentiel est de faire des expressions régulières (entre 6 et 10 expressions par jour, même la nuit), aussi souvent qu’un nouveau-né est alimenté. Dans ce cas, il suffit de remplacer la tétée par une expression de lait aux horaires habituels des tétées.
Conservation du lait maternel
Le lait tiré sera conservé pour être donné frais (48h de conservation au réfrigérateur) ou pourra être congelé pour être donné plus tard (4 mois de conservation au congélateur). Il peut être mis dans des contenants en plastique rigide, en verre ou dans des sacs de congélation conçus pour le lait maternel. Il peut être décongelé au réfrigérateur en le sortant la veille de son utilisation, ou, plus rapidement, dans un bol d’eau tiède. Une fois décongelé, si le lait n’a pas été chauffé, il se conserve 24 heures au réfrigérateur et 1 heure à la température de la pièce. Il ne doit pas être re-congelé, ni réchauffé plusieurs fois. Certains enfants préfèrent boire le lait maternel à 37°C.
Diversification Alimentaire
Entre 4 et 6 mois, c’est le bon moment pour commencer ce que l’on appelle « la diversification alimentaire ». Il est recommandé de débuter la diversification alimentaire entre 4 à 6 mois. Certains bébés sont attirés par les nouveaux goûts dès 4 mois. Pas d’inquiétude : chacun son moment ! On se souvient simplement qu’après 6 mois, le lait seul ne suffit plus.
Introduction des aliments
Les premières fois, on peut proposer un aliment en toute petite quantité, sur le bout d’une cuillère ou du doigt juste avant la tétée. Dois-je laisser mon enfant jouer avec la nourriture ? Au sein, il peut continuer à téter à volonté. Aujourd’hui, on sait qu’un bébé peut commencer à découvrir toutes les familles d’aliments entre 4 et 6 mois, y compris ceux qui peuvent provoquer une allergie (œuf, arachide, poudre d’amandes ou de noisettes…). Pareil pour le gluten. On peut utiliser les mêmes produits frais que pour toute la famille, en préférant le bio si possible pour les fruits et légumes, les légumes secs et les féculents complets. Les petits pots du commerce sont pratiques quand on n’a pas le temps de cuisiner, hors domicile, en voyage… mais ils offrent moins de variété que le fait maison.
Préparation des aliments
Entre 4 et 6 mois, l'alimentation de bébé est particulière : il mange à la cuillère des purées ou compotes très lisses. Pour cela, on cuit les aliments tout simplement à l’eau, sans sel. Comme bébé mange de toutes petites quantités, on n'hésite pas à cuisiner plus et à congeler le surplus dans un bac à glaçons. Il faut alors le consommer dans les deux mois. Pour ne pas se tromper, on peut mettre le bac à glaçon dans une poche datée et identifiée.
Variété et quantités
Entre 4 et 6 mois, le but n’est pas de remplacer les tétées mais de faire découvrir à bébé de nouveaux goûts et de nouvelles odeurs. Pour l'alimentation de bébé, mieux vaut la variété que la quantité. Pendant les premières semaines, quelques cuillères à café de purée ou de compote chaque jour suffisent. Ensuite, on peut augmenter les quantités progressivement. Et si bébé a du mal à accepter dans un premier temps autre chose que le lait ? Une règle d’or est de ne jamais forcer bébé à manger, surtout pas en enfonçant une cuillère dans sa bouche. On observe bébé et ses réactions : s’il ne veut pas manger, c’est peut-être qu’il n’a plus faim ou qu’il est surpris par un nouvel aliment, un nouveau goût. Si c’est le cas, on lui re-proposera une prochaine fois en sachant qu’il faut souvent présenter plusieurs fois le même aliment (parfois jusqu’à 10 !), pour que l’enfant l’accepte et commence à y prendre plaisir.
Aliments favorisant la prise de poids
Pour favoriser une prise de poids naturelle chez votre bébé, vous devez lui proposer une alimentation diversifiée et équilibrée, riche en aliments caloriques. Veillez à lui faire goûter régulièrement de nouveaux morceaux de fruits et de légumes, afin qu’il puisse découvrir différentes saveurs et textures. Parmi les fruits favorisant la prise de poids, on peut citer la banane et la mangue, qui sont à la fois sucrées et nutritives. Pensez par ailleurs à aider votre enfant à manger des aliments issus de tous les groupes alimentaires, en privilégiant les produits riches en protéines, en lipides et en glucides complexes.
Facteurs Complémentaires
Contact peau à peau
Le contact peau à peau entre le parent et l’enfant est un moment de tendresse unique. Il favorise non seulement le lien affectif, mais aussi la prise de poids du bébé. De fait, cette proximité encourage le bébé à téter plus fréquemment, que ce soit au sein ou au biberon. Ce qui stimule sa croissance.
Jus de fruits
Bébé a soif ? Il est attiré par votre verre coloré ? Proposez régulièrement des jus de fruits frais et naturels, riches en vitamines et minéraux. Évitez les sodas et boissons sucrées. Intégrez davantage de légumes dans l’alimentation de votre enfant.
Sommeil
Le sommeil joue également un rôle crucial dans la croissance et le développement de votre bébé. Un sommeil de qualité permet à votre enfant de se reposer, de grandir et de prendre du poids de manière saine. Veillez à instaurer une routine de sommeil régulière et adaptée à l’âge de votre bébé, en créant un environnement calme et apaisant pour favoriser l’endormissement.
Remèdes naturels
Vous trouverez plusieurs remèdes naturels qui peuvent aider à stimuler l’appétit de votre bébé et favoriser sa prise de poids. Par exemple, les tisanes à base de fenouil, d’anis ou de camomille sont réputées pour faciliter la digestion et encourager l’appétit.
Activité physique
Pratiquer des activités physiques régulières avec votre bébé est essentiel pour renforcer ses muscles et favoriser sa prise de poids.
Quand s'inquiéter ?
Il est normal de s’inquiéter si vous pensez que votre bébé ne prend pas assez de poids. Certains signes, peuvent indiquer un problème de prise de poids. Ils incluent une croissance lente, un manque d’appétit persistant, une faible énergie et une absence de couches mouillées régulières.
Courbes de poids et normes
« Comme pour un bébé nourri au lait infantile, un nouveau-né doit prendre en moyenne entre 25 et 30 grammes par jour. Outre le poids, le comportement global de l’enfant est important. Est-ce qu’il sourit ? Gazouille ? Est bien éveillé ? Comment l’allaitement se passe-t-il ? Est-ce qu’il a au moins 5 tétées par jour, aux deux seins, avec une bonne déglutition ? À noter : il arrive souvent qu’un bébé allaité, même bien nourri, n’ait pas de selles tous les jours, cela est normal. Comment faire si bébé prend plus de poids que la moyenne ? Le risque de surpoids n’est pas forcément alarmant lors de la première année de vie de l’enfant. « Il faut voir l’état général de l’enfant, s’il tolère bien cette prise de poids ou s’il a un inconfort ou une gêne.
Individualité de chaque enfant
Chaque bébé est unique et se développe à son propre rythme. Rappelez vous que la prise de poids peut être différente pour chaque enfant. Tant que votre bébé est en bonne santé, actif et a une alimentation équilibrée, il n’y a généralement pas lieu de s’inquiéter si la prise de poids est légèrement plus lente que la moyenne.
Pièges à éviter
Interventionnisme excessif
… un environnement rassurant et bienveillant trop facilement déstabilisé par un interventionnisme excessif et par le don de compléments qui en résulte trop souvent.
Influence des apports hydriques maternels
La perte de poids des premiers jours est influencée par les apports hydriques chez la mère dans les heures qui précèdent la naissance.
Médicalisation de l'allaitement
Comme la grossesse et l’accouchement, l’alimentation du nouveau-né est, en Occident, tombée dans le domaine médical. Le processus naturel que représente l’allaitement (maternel) semble devenu moins spontané pour les femmes, sans doute pour des raisons sociologiques et culturelles. D’autre part, si les substituts du lait maternel peuvent être d’un secours appréciable en certaines circonstances, leur utilisation élargie trouble la mère qui a choisi d’allaiter en semant le doute sur sa compétence à nourrir son bébé (50).
Poids de naissance comme critère unique
La pesée du nouveau-né est une pratique instaurée en Occident au 19ème siècle, quand la médecine commence à se préoccuper de la survie des nourrissons. Aujourd’hui, grâce à l’élaboration de courbes statistiques, le poids de naissance est devenu un critère de classement des nouveau-nés : ceux qui sont aux extrêmes de la distribution sont considérés comme ayant un poids insuffisant ou excessif. Pour la mère qui vient d’accoucher, avoir un bébé non conforme est source d’inquiétude, et l’interventionnisme des soignants ne fera qu’amplifier ce ressenti. Les contrôles répétés de la glycémie (43) et l’incitation à “faire téter“ son enfant, en provoquant si besoin des réveils intempestifs, ont tôt fait d’éroder sa sérénité. Celle-ci est pourtant indispensable en cette période cruciale pour l’établissement du lien et la mise en place de l’allaitement.
Prise en compte de la corpulence
Pourtant, l’observation nous montre qu’à poids égal, les nouveau-nés ne rencontrent pas tous les mêmes difficultés. Leur tolérance au jeûne relatif des premières heures dépend d’abord de leurs réserves énergétiques dont le poids, pris isolément, est un reflet imparfait, comme plus tard dans la vie. Si la validité du poids de naissance a été améliorée par la formule AUDIPOG® qui tient compte de facteurs génétiques familiaux (37), elle reste imparfaite en ne prenant pas en compte l’origine ethnique. Or beaucoup de nos maternités accueillent des populations d’origines diverses dont les paramètres anthropométriques sont très différents.
La sélection par le seul poids de naissance rencontre un autre écueil. Si certains nouveau-nés sont l’objet d’un suivi dont ils n’ont pas besoin, comme nous venons de l’évoquer, d’autres méritent une surveillance rapprochée car ils ont peu de réserves, alors que leur poids entre dans les courbes de référence (12, 47). Par exemple, un nouveau-né de 2700 g et 50 cm a un indice de masse corporelle (IMC) à 2,16, inférieur à celui d’un nouveau-né qui pèse 2500 g pour 47 cm (IMC = 2,4) ; pourtant, c’est le second qui sera surveillé comme étant à risque (IMC normal : 2,2 à 3). Calculer la corpulence d’un nouveau-né suppose d’avoir une mesure fiable de la taille, ce qui est malaisé en pratique du fait de la rémanence de la position fœtale et du tonus en flexion des jambes du nouveau-né. L’observation visuelle nous dit si un bébé est rond, dodu, potelé, trapu, ou au contraire sec, mince, long, pour reprendre les termes les plus courants, certes teintés de subjectivité mais validés par l’expérience des soignant(e)s.
La mesure du périmètre brachial et son rapport au périmètre céphalique semblent être les critères les plus intéressants (2, 32), mais il existe peu d’études sur ce sujet, ce qui montre bien le manque d’intérêt des pédiatres, plus habitués à des protocoles hospitaliers conventionnels. Pourtant, dans l’organisme du nouveau-né, c’est le cerveau qui consomme le plus d’énergie; un nouveau-né de 2500 g consommera donc plus d’énergie et risquera plus de faire une hypoglycémie si son périmètre crânien est de 35 cm que s’il est de 32,5 cm.
Effets des pratiques de puériculture
Par ailleurs, les pratiques de puériculture peuvent majorer les pertes hydriques et caloriques, notamment le bain quotidien quand il est cause d’agitation, de pleurs excessifs ou d’hypothermie (9, 25). Lors d’une naissance par césarienne, une installation incorrecte en peau-à-peau peut aussi être source de refroidissement par la climatisation du bloc opératoire.
Pression psychologique
Enfin, il est courant d’observer que la préoccupation des médecins pour les chiffres exerce une pression psychologique sur les soignant(e)s qui la répercutent aux mères, portant ainsi préjudice à la confiance nécessaire pour allaiter (50). Cet effet est renforcé par la réduction du séjour en maternité à moins de trois jours, ce qui laisse trop peu de temps pour que l’allaitement soit établi sereinement. En effet, la reprise ou la stabilisation du poids est présentée comme le sésame qui permet le retour chez soi, un objectif rarement atteint avant le troisième jour avec un nouveau-né allaité.
Glycémie capillaire excessive
La surveillance de la glycémie capillaire a connu ces dernières décennies une diffusion excessive dans beaucoup de maternités. D’utilité reconnue pour la surveillance des enfants à risque, notamment prématurés ou hypotrophes, ce geste trop simple a été étendu à des situations qui ne le justifient pas, comme un jeûne prolongé chez un nouveau-né eutrophe, à terme ou proche du terme. Ce jeûne des premiers jours a d’ailleurs été volontaire, voire ritualisé, dans bien des cultures et des époques, sans que les enfants en pâtissent (46). Dans cette situation, il a été montré que la glycémie peut descendre sans dommage au-dessous des seuils habituels d’intervention (1, 27, 28). La constatation d’une glycémie jugée basse aboutit trop souvent à un apport de compléments chez des enfants pourtant asymptomatiques. En effet, leur cerveau est capable d’utiliser des carburants alternatifs pendant les trois premiers jours (29, 30, 54) : d’une part, les lactates (28) libérés par le muscle utérin pendant le travail et, d’autre part, les corps cétoniques abondamment produits par le catabolisme des graisses, réserve énergétique constituée par le fœtus en fin de grossesse (33).
Sensibilisation au lait de vache
En sensibilisant au lait de vache, elle peut être le point de départ d’une allergie qui perturbera la première année de vie chez 2 à 7 % des nourrissons (31) : c’est l’une des plus fréquentes allergies alimentaires de l’enfant, avec une forte responsabilité dans les accidents mortels (3). De plus, il est maintenant établique la modification durable du microbiote qu’elle occasionne (13, 26) implique sa responsabilité dans les maladies allergiques et dans l’asthme de l’enfance (26), ainsi que dans la fréquence des infections des deux premières années de la vie (16).
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