Oubli de pilule, rupture de préservatif, rapports sexuels non protégés… De nombreuses situations peuvent mener à une grossesse non désirée. Heureusement, il existe des solutions d'urgence pour prévenir une grossesse après un rapport sexuel non protégé. Cet article vous guide à travers les différentes options, leurs mécanismes, leur efficacité et les informations essentielles à connaître.
Contraception d'urgence hormonale : La pilule du lendemain
Qu'est-ce que la contraception d'urgence hormonale ?
C’est une méthode d’exception utilisable par les femmes dans les 3 à 5 jours qui suivent un rapport non protégé. La contraception d'urgence hormonale se présente sous la forme d’un seul comprimé et consiste en l’administration unique d’un comprimé de lévonorgestrel ou d’ulipristal.
Comment ça marche ?
Ces médicaments agissent en retardant ou en perturbant l’ovulation. Ils ne sont donc efficaces que si l’ovulation n’a pas encore eu lieu. Faute de pouvoir déterminer facilement la date de l’ovulation, ils peuvent cependant être utilisés pendant la totalité du cycle, mais avec une forte probabilité d’inefficacité dans les 14 jours qui précèdent la date attendue des règles. En retardant l’ovulation, la contraception d’urgence empêche la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde déjà présent dans l’appareil génital féminin. Les spermatozoïdes survivent cinq jours.
Les différents types de pilule du lendemain
Il existe deux types de contraception d’urgence hormonale, avec des délais d’efficacité différents :
- Pilule au lévonorgestrel : Sa prise doit intervenir idéalement dans les 12 heures suivant le rapport sexuel non protégé et au maximum dans les 72 heures (trois jours) après celui-ci. Le lévonorgestrel est un progestatif de synthèse. Son efficacité varie de 58 à 95 % selon le délai entre le rapport sexuel et la prise du comprimé : plus cette contraception est mise en place tôt, plus elle est efficace.
- Pilule à l’ulipristal acétate : Il doit être utilisé le plus tôt possible après le rapport sexuel non protégé et au plus tard dans les cinq jours qui suivent. L’ulipristal agit également sur les récepteurs de la progestérone. Son efficacité est incomplète et varie entre 73 et 85 % selon les études.
Quand et comment la prendre ?
Pour une prise de contraception d’urgence hormonale, ne tardez pas. Plus elle est prise rapidement, plus elle est efficace ! Elle peut être prise jusqu’à cinq jours, soit 120 heures suivant le rapport à risque. La contraception d’urgence hormonale se présente sous la forme d’un comprimé unique.
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Bon à savoir : en cas de vomissements dans les trois heures suivant la prise du comprimé ou en cas de diarrhées dans les dix heures, il faut reprendre une contraception d’urgence.
Efficacité et facteurs influençant l'efficacité
Il faut prendre le comprimé le plus tôt possible après le rapport à risque. Plus la contraception d’urgence est prise rapidement, plus elle est efficace. Son efficacité diminue avec le temps. L’efficacité de la contraception d’urgence hormonale n’est pas de 100 %. Moins on attend pour la prendre, moins il y a de risque que l’ovulation ait eu lieu et donc qu’il y ait une fécondation.
Des vomissements ou de fortes diarrhées dans les trois heures après la prise de la contraception d’urgence peuvent diminuer son efficacité. Prendre certains médicaments, comme ceux permettant de traiter l'épilepsie, la tuberculose ou le VIH, peut diminuer l’efficacité de la pilule d’urgence. Si vous prenez ces traitements, discutez-en avec un professionnel de santé. Prendre deux comprimés deux fois dans le même cycle, c’est-à-dire entre deux périodes de règles peut diminuer l’efficacité de la pilule d’urgence.
Inconvénients et effets secondaires possibles
Après la prise de la contraception d’urgence hormonale, on peut ressentir certains effets indésirables. Ces effets indésirables peuvent être :
- Nausées
- Maux de tête
- Douleurs abdominales
- Pertes légères de sang
- Retard ou avance de règles
- Tension dans les seins
- Troubles de l’humeur
Ces potentiels effets indésirables sont le plus souvent d’intensité modérée et disparaissent la plupart du temps sous 48 heures.
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Qui peut l'utiliser et contre-indications
La contraception hormonale peut être utilisée sans danger par la majorité des personnes, majeures ou mineures. Le lévonorgestrel et l’ulipristal acétate sont déconseillés :
- En cas d’allaitement. Il faut respecter un délai de quelques heures à quelques jours entre la prise du comprimé et la prochaine tétée. Ces délais sont indiqués sur la notice du comprimé.
- En cas d’intolérance au galactose, car les comprimés contiennent du lactose monohydraté.
L’ulipristal acétate n’est pas recommandé en cas d’insuffisance hépatique (foie) sévère ou d’asthme sévère insuffisamment contrôlé. Un professionnel de santé peut vous renseigner sur les contre-indications et les particularités d’utilisation.
Où se la procurer et à quel prix ?
La contraception d’urgence hormonale est accessible pour toutes et tous, que l’on soit une femme, un homme ou un homme souhaitant s’en procurer pour sa partenaire. Selon les lieux et votre âge, vous pouvez vous la faire délivrer gratuitement ou vous la faire délivrer en pharmacie sans ordonnance, et elle est prise en charge à 100%, sans avance de frais.
Pour les mineures, la contraception d’urgence hormonale est :
- Anonyme
- Gratuite
- Sans ordonnance en pharmacie, à l’infirmerie scolaire, dans les centres de santé sexuelle et dans les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).
Pour les 18 ans et plus, la contraception d’urgence est disponible :
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- Sans ordonnance en pharmacie; elle est remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie sur présentation de la carte vitale ou carte d'AME ou d'une attestation de droits.
- Gratuitement dans les centres de santé sexuelle, dans les Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).
Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d'urgence hormonale est gratuite (prise en charge à 100 % sans avance de frais) pour toutes les femmes en âge de procréer, quel que soit le médicament demandé (lévonorgestrel ou ulipristal). La contraception d’urgence peut être délivrée gratuitement aux mineures, de manière anonyme, dans les pharmacies, les plannings familiaux et les infirmeries scolaires (collèges et lycées). Depuis le 1er janvier 2023, la pilule du lendemain est prise en charge à 100 % sans ordonnance, pour toute femme mineure ou majeure.
Que faire après la prise de la pilule du lendemain ?
Une contraception mécanique (préservatif, diaphragme, cape) doit être mise en œuvre jusqu’aux règles suivantes. La prise de lévonorgestrel s’accompagne souvent de nausées et de vomissements (il est préférable de prendre le comprimé avec un repas). La prise est susceptible de réduire l'action d'une contraception hormonale régulière (pilule). Il est donc recommandé d'utiliser une méthode de contraception mécanique (préservatifs) jusqu'aux règles suivantes.
La prise d’une contraception d’urgence ne protège pas des grossesses imprévues lors des rapports sexuels suivants ! Il est donc recommandé de poursuivre sa contraception habituelle et d’utiliser des préservatifs jusqu’aux prochaines règles. Il est conseillé de faire un test de grossesse deux à trois semaines après la prise de la contraception d’urgence pour vérifier qu’il n’y a pas de grossesse, même si des saignements ont eu lieu après la prise du comprimé.
Le Dispositif Intra-Utérin (DIU) au cuivre : une alternative efficace
Qu'est-ce que le DIU au cuivre ?
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre est considéré comme la méthode de contraception d’urgence la plus efficace. Le DIU au cuivre est disponible en pharmacie sur prescription médicale pour un coût d’environ 30 euros.
Comment ça marche ?
L’insertion d’un DIU au cuivre rend en effet l’utérus impropre à l’implantation de l’ovule. Entre le moment du rapport sexuel et l’implantation d’un ovule, il se passe au moins cinq jours. Le DIU au cuivre a un effet spermicide, c’est-à-dire qu’il rend les spermatozoïdes inactifs. Il agit aussi sur la muqueuse utérine en empêchant qu’un ovule fécondé se fixe dans l’utérus.
Comment se le faire poser en urgence ?
La pose d’un DIU au cuivre en urgence est considérée comme la méthode de contraception d'urgence la plus efficace en cas de rapport sexuel non ou mal protégé. Mais cette méthode nécessite de l’organisation : il faut prévoir deux rendez-vous en urgence auprès d’un professionnel de santé formé.
Lors d’une première consultation, le professionnel de santé vous délivrera l’ordonnance du DIU. Le médecin généraliste, le gynécologue ou la sage-femme vérifieront qu’il n’y a pas de contre-indication et effectueront, si nécessaire, un dépistage des infections sexuellement transmissibles. Lors de la 2e consultation, le professionnel de santé évaluera la profondeur, la forme et la sensibilité de l’utérus avec une tige souple graduée. Il posera ensuite le DIU dans l’utérus. Sa pose est très rapide, elle dure environ 2 minutes. Si vous avez moins de 26 ans, vous n’avez pas à payer pour le DIU et sa pose.
Bon à savoir : deux heures avant la pose du DIU, la prise d’un antidouleur est recommandée, notamment pour les personnes qui n’ont jamais eu de grossesse.
Inconvénients et effets secondaires possibles
La pose du DIU peut entraîner :
- De légères pertes de sang
- Des règles plus abondantes ou plus longues surtout les premiers mois
- Des douleurs du bas-ventre pendant quelques jours
Si cette méthode est très efficace, elle nécessite une certaine organisation : il faut prévoir deux rendez-vous en urgence auprès d’un professionnel de santé formé.
Qui peut se le faire poser et contre-indications
La majorité des personnes peuvent utiliser un DIU au cuivre comme contraception d’urgence. Bon à savoir : il n'est pas nécessaire d'avoir déjà eu des enfants pour pouvoir se faire poser un DIU.
Où se le procurer et à quel prix ?
L’achat du DIU au cuivre se fait en pharmacie. Il coûte environ 30 euros. Il est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie. Les personnes de moins de 26 ans peuvent l’obtenir sans payer.
Les professionnels de santé qui délivrent une ordonnance pour le DIU au cuivre sont :
- Les médecins généralistes
- Les médecins gynécologues
- Les sages-femmes
Ces professionnels de santé se trouvent en :
- Cabinet de ville
- Centre ou maison de santé
- Centre de santé sexuelle
- Établissement de santé (hôpital ou clinique)
Que faire après la pose du DIU ?
L'avantage du DIU est qu’il est efficace en contraception régulière. Il doit être gardé au moins jusqu’au prochain cycle et peut être utilisé de cinq à dix ans. En cas de retard de règles de plus de cinq jours, il est conseillé de faire un test de grossesse. La contraception d'urgence n'est pas efficace à 100%.
Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Une option encadrée
Si la contraception d'urgence n'a pas fonctionné, ou si aucune mesure n'a été prise à temps, l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est une option encadrée par la loi. Il est crucial de se rappeler : l’IVG n’est pas un moyen de contraception.
IVG médicamenteuse
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme, à l’hôpital, en centre de santé ou de planification familiale ou en cabinet de ville. Si elle est réalisée en médecine de ville, elle est autorisée seulement jusqu’à la septième semaine d’aménorrhée (absence de règles), soit la fin de la cinquième semaine de grossesse. Si elle se déroule à l’hôpital, elle peut être utilisée jusqu’à la neuvième semaine d’aménorrhée.
Deux consultations préalables (et éventuellement un entretien de soutien psychologique) permettent de réaliser les examens nécessaires, de faire le point sur les motivations et les risques de cette intervention. 36 à 48 heures plus tard, prise d’un autre type de médicaments, le misoprostol. Ce médicament permet de provoquer l’expulsion de l’œuf. Une consultation de suivi, 14 à 21 jours après l’intervention, permet au médecin ou à la sage-femme de vérifier que la grossesse a bien été interrompue.
IVG chirurgicale
L’interruption volontaire de grossesse chirurgicale (par aspiration) est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l’avortement). Depuis le 2 mars 2022, en France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse - soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles. Il se déroule à l’hôpital sous anesthésie générale ou anesthésie locale. Dans le premier cas, l’hospitalisation dure près de trois heures. L’intervention consiste à aspirer l’embryon au moyen d’une canule introduite dans le col de l’utérus préalablement dilaté. Une fois pratiquée, cette IVG doit faire l’objet d’un suivi vigilant.
Rapports sexuels non protégés et risques associés
Les relations sexuelles non protégées regroupent les rapports sexuels pour lesquels vous n’avez pas utilisé de moyen de contraception et les rapports où la méthode de contraception a échoué. La principale préoccupation en matière de rapports sexuels non protégés et donc de risque de grossesse, est l’imprévisibilité de l’ovulation.
Avoir plusieurs partenaires augmente le risque de contracter une IST (infection sexuellement transmissible), surtout si tu as des rapports non protégés. Nous te conseillons de faire des dépistages réguliers des IST pour éviter de laisser évoluer sans le savoir une éventuelle IST. Mais attention, certaines IST peuvent ne présenter aucun symptôme, d’où l’importance du dépistage. Heureusement, la plupart de ces infections sont faciles à traiter si elles sont d’origine bactérienne.
Contraception régulière : La meilleure prévention
La contraception d'urgence ne doit être utilisée qu'exceptionnellement. Il est essentiel de choisir une méthode de contraception régulière adaptée à votre situation et à vos besoins.
Les différentes méthodes de contraception régulière
Il existe de nombreuses méthodes “naturelles” de contraception cependant il faut bien avoir en tête que ces méthodes ne sont pas efficaces, ou ont une fiabilité qui dépend de nombreuses conditions, et que le risque de grossesse reste important.
- Le retrait (coitus interruptus): Cette méthode de contraception n’est pas efficace, en effet des spermatozoïdes sont présents dans le liquide pré-séminal (avant l’éjaculation et durant les préliminaires).
- Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA): L'allaitement ou aménorrhée lactationnelle peut avoir un effet contraceptif efficace jusqu’à 6 mois après l’accouchement uniquement si toutes les conditions suivantes sont respectées.
- La méthode du calendrier (ou méthode des jours fixes ou abstinence périodique): Il est nécessaire que les cycles soient réguliers.
- La méthode de la température: Cependant la mesure de la température à elle seule n’est pas suffisante car une augmentation de la température corporelle indique seulement que l’ovulation a eu lieu sans autre information.
- Observation de la glaire cervicale: Les rapports sont autorisés uniquement lorsqu’aucune sécrétion n’est présente et sont limités à un jour sur deux car le sperme peut être confondu avec la glaire.
- Méthode symptothermique: En conséquence, c’est la plus fiable des méthodes basées sur la connaissance des périodes de fertilité.
- Suivi de la fertilité via des applications mobiles (Natural cycles, Clue, …): Il s’agit d’outils qui reposent généralement sur les estimations du calendrier et de la température corporelle, mais qui peuvent également inclure d’autres paramètres, afin de déterminer les périodes les moins à risque de grossesse.
Attention : seuls les préservatifs (y compris les préservatifs féminins) protègent contre les infections sexuellement transmissibles.
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