Chaque année, à la fin de l’automne et pendant l’hiver, la bronchiolite touche près d’un tiers des enfants de moins de deux ans. Cette infection respiratoire aiguë, très contagieuse, affecte les petites bronches des nourrissons et peut, dans certains cas, entraîner des complications graves, même chez les bébés en bonne santé. Heureusement, des mesures de prévention efficaces et de nouveaux traitements sont désormais disponibles pour protéger les nourrissons contre ce virus.
Qu'est-ce que la bronchiolite ?
La bronchiolite est une infection virale des petites bronches, les voies aériennes qui transportent l'air vers les poumons. Elle est principalement causée par le virus respiratoire syncytial (VRS) dans 80 % des cas, mais peut également être due à d'autres virus ou, plus rarement, à des bactéries. La bronchiolite est une infection respiratoire aiguë de l’hiver. Ce virus très contagieux, particulièrement chez les nourrissons et enfants de moins de 2 ans, est bénin dans la majorité des cas.
La bronchiolite se manifeste le plus fréquemment lors d’épidémie saisonnière. L'épidémie débute généralement à la mi-octobre, pour atteindre un pic en décembre et se terminer à la fin de l'hiver. En France, on estime que la bronchiolite touche chaque hiver près de 30 % des nourrissons de moins de 2 ans, soit environ 480 000 cas par an.
Transmission du virus
Le VRS se transmet très facilement d’une personne à une autre : par la salive, la toux et les éternuements, mais aussi par l’intermédiaire des mains ou d’objets contaminés (jouets, linges de toilette, aliments contaminés, etc.). Le virus de la bronchiolite se transmet par la salive, les éternuements, la toux, les objets contaminés par une personne enrhumée et par les mains. En effet, les virus responsables du rhume de l’enfant et de l’adulte peuvent entraîner la bronchiolite du nourrisson. Ainsi, le rhume de l'enfant et de l'adulte peut être à l'origine d'une bronchiolite chez le nourrisson.
Symptômes de la bronchiolite
Les symptômes de la bronchiolite sont variables en fonction des personnes touchées. Un encombrement nasal avec une toux légère et une fièvre modérée ou absente sont les signes les plus fréquents. L’infection peut se limiter à un simple rhume ou une rhinopharyngite. Dans les 2 à 3 jours, une gêne respiratoire peut apparaitre avec une toux, une augmentation des sécrétions, une respiration rapide et sifflante. À ce stade de la maladie, l'enfant peut avoir des difficultés à s'alimenter et à dormir.
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Une bronchiolite débute généralement par un simple rhume ou une rhinopharyngite avec une légère fièvre avant, dans certains cas, de s’aggraver rapidement avec :
- Des signes de difficultés respiratoires (respiration très rapide, très lente ou irrégulière)
- Une toux sèche puis de plus en plus grasse
- Une fièvre modérée
- Une fatigue, une perte de réactivité
- Des prises alimentaires inférieures aux rations habituelles
Il est important de rappeler que malgré des symptômes souvent impressionnants et des cas graves qui peuvent nécessiter une hospitalisation d’urgence (en particulier chez les nourrissons de moins de 6 semaines), la bronchiolite est une maladie le plus souvent bénigne.
Mesures de prévention
Seules les mesures de prévention sont actuellement envisageables pour réduire le fardeau de cette maladie, comme par exemple les mesures d’hygiène simples et de bon sens publiées par SPF en novembre 2022 dont l’objectif est de diminuer le risque de transmission et donc d’infection des nourrissons les plus jeunes et les plus fragiles. La crise sanitaire de Covid-19 a démontré que les mesures barrières, largement appliquées par les adultes l’hiver dernier, protégeaient efficacement les jeunes enfants des virus de l’hiver.
Voici quelques mesures d'hygiène essentielles pour prévenir la bronchiolite :
- Lavage fréquent des mains : Se laver les mains avant d’approcher un nourrisson.
- Port du masque en cas de rhume : Si vous êtes enrhumé, il est préférable de porter un masque lorsque vous vous occupez de votre bébé. Tableau 1. Porter soi-même un masque en cas de rhume, de toux ou de fièvre.
- Éviter le contact avec les personnes malades : Limitez les contacts de votre bébé avec des personnes présentant des symptômes de rhume ou de grippe.
- Nettoyage régulier des surfaces : Désinfectez régulièrement les surfaces et les objets que votre bébé touche fréquemment, tels que les jouets et les poignées de porte.
- Aération des pièces : Aérez régulièrement les pièces de votre maison pour renouveler l'air et réduire la concentration de virus.
Traitements préventifs
Depuis 2023, un traitement préventif, efficace et remboursé par la sécurité sociale et les mutuelles est proposé pour les nouveau-nés et les nourrissons. Un nouveau traitement préventif est disponible. Destiné aux nourrissons de moins d’un an (y-compris aux nouveau-nés), il empêche le virus à l’origine de la bronchiolite d’infecter l’organisme en quelques jours après l’injection.
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Anticorps monoclonaux
Soit l'injection d'anticorps monoclonaux au nourrisson avant ou au cours de sa première saison hivernale (période d’épidémie). Ces anticorps monoclonaux sont dirigés contre une protéine du VRS. Ils empêchent le virus de se multiplier dans l’organisme.
- Nirsevimab (Beyfortus®) ou Palivizumab (SYNAGIS) Ce n’est pas un vaccin. Il s’agit d’une injection d’un anticorps monoclonal, le Nirsevimab (ou Beyfortus®) ou Palivizumab (ou SYNAGIS), capable de neutraliser le VRS, le principal virus de la bronchiolite. L’injection est proposée dès la maternité dès les premiers jours de vie pour les nouveau-nés qui vont naitre à partir du 1er septembre 2025, sinon elle peut être pratiquée par le médecin traitant (pédiatre ou généraliste) ou la sage-femme ou encore en PMI, pour les nourrissons nés entre février et août 2025. Depuis septembre 2023, un médicament préventif de la bronchiolite est disponible : le nirsevimab (Beyfortus). Ce médicament est un anticorps monoclonal (ce n’est pas un vaccin) qui empêche le virus à l’origine de la bronchiolite d’infecter l’organisme en le neutralisant. Il protège les nouveau-nés et les nourrissons en quelques jours après l’injection (une injection unique en intramusculaire). Ce traitement, disponible à partir du 15 septembre, peut être délivré sans facturation aux patients, sur ordonnance, en établissement de santé et en pharmacie de ville. Le Beyfortus® est un anticorps qui permet de protéger le nouveau-né des infections des voies respiratoires dues au virus respiratoire syncytial (VRS), premier agent infectieux responsable des bronchiolites en hiver. Ce traitement préventif est disponible dans les établissements de santé et sera proposé aux bébés avant leur sortie de maternité. Il est également disponible sur prescription médicale (médecins ou sages-femmes) dans les pharmacies. Il se présente sous forme d'une injection unique dans la cuisse du bébé, comme pour un vaccin. La dose est variable en fonction du poids de l’enfant. Pour les enfants qui naîtront pendant la saison épidémique, l’injection de Beyfortus® pourra être administrée par l’équipe médicale avant de quitter la maternité. Un rattrapage pourra être effectué en ville, lors d’une visite pédiatrique.
- Efficacité du Nirsevimab L’efficacité du traitement a été démontrée dans le cadre d’études de grande ampleur mais également en vie réelle sur la saison 2023-2024 : le Nirsevimab diminue de 80 % les hospitalisations et les formes graves : il ne fera pas disparaitre ni le virus VRS, ni la bronchiolite mais limitera fortement ses conséquences les plus graves. L’hiver dernier aux HCL, la campagne d’immunisation a été un succès avec 80% des nouveau-nés en maternité qui ont pu recevoir le médicament. Le Nirsevimab et le palivizumab sont pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles. Seul le nirsevimab est disponible en ville.
- Administration du Nirsevimab A ce stade des connaissances, les sociétés savantes de pédiatrie préconisent l’injection systématique d’une dose de Nirsevimab à tous les nourrissons âgés de moins 6 mois durant toute la période épidémique (septembre-octobre à février-mars). Administré en une seule injection, le vaccin Nirsevimab (Beyfortus®) est destiné à tous les bébés dont la mère n'a pas pu être vaccinée contre la VRS durant sa grossesse.
Vaccination de la femme enceinte
Soit l’administration du vaccin ABRYSVO à la femme enceinte entre la fin du 7e mois et la fin du 8e mois de la grossesse pour protéger le nourrisson pendant ses 6 premiers mois de vie. Suite à la vaccination, la mère fabrique des anticorps contre VRS qui sont transmis à l’enfant à naître à travers le placenta. Lorsque la femme enceinte a pu bénéficier du vaccin anti VRS, on considère que son bébé est protégé et il n’y a pas besoin de lui administrer le Nirsevimab.
- Vaccin ABRYSVO Cette année encore, la prévention des infections à VRS peut s’anticiper dès la grossesse : un vaccin (Abrysvo) est disponible pour immuniser la maman, ce qui permet de transmettre les anticorps à son bébé via le placenta puis le lait maternel. Ce vaccin est disponible en ville et à l’hôpital et est pris en charge par la sécurité sociale. Il doit être administré entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée à compter du 1er septembre 2025. La Haute Autorité de Santé ainsi que les médecins pédiatres, obstétriciens et les sages-femmes recommandent le vaccin au dernier trimestre de grossesse. Les mamans qui souhaitent protéger leur bébé avant sa naissance pourront être vaccinées (vaccin Abrysvo*) entre la 32 éme et la 36 éme semaine d’aménorrhée. Les anticorps maternels seront ainsi transmis au bébé qui sera protégé dès sa naissance. Les vaccins sont disponibles en maternité et en pharmacie dès le 15 septembre.
- Vaccination des femmes enceintes Le vaccin ABRYSVO® protège les bébés en vaccinant les femmes enceintes. Il est proposé à partir de la fin du 7e mois de grossesse et jusqu'à la fin du 8e mois, et permet de protéger le bébé contre le VRS jusqu'à ses 6 mois après la naissance. Ce traitement peut être administré par un médecin, un.e infirmier.ère ou une sage-femme.
Aucune étude n’a comparé la vaccination de la femme enceinte contre le VRS avec l'injection d'anticorps monoclonal au bébé.
Que faire si votre enfant est malade ?
En cas d’apparition de symptômes chez votre enfant, consultez votre médecin traitant ou votre pédiatre. Pour un avis médical, appelez le 15. Un médecin régulateur vous orientera vers la réponse médicale adaptée : simple conseil médical, consultation chez un médecin ou déplacement aux urgences.
Vous ne devez pas vous déplacer aux urgences avant d’avoir pris un avis médical (en appelant le 15), car les délais d’attente y sont très allongés en période épidémique.
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Si l’état de votre bébé se dégrade, s’il est gêné pour respirer ou rencontre des difficultés pour manger ou téter, consultez en priorité votre médecin habituel.
Si votre enfant a plus de 2 mois, qu’il est malade et que son état vous inquiète, prenez rendez-vous chez votre médecin traitant ou votre pédiatre. Les services d’urgences sont actuellement en tension et doivent continuer à être en capacité d’accueillir les cas les plus graves. Dans 95 % des cas, la bronchiolite ne nécessite pas une hospitalisation et peut donc être prise en charge par un médecin de ville.
Le traitement consiste avant tout à désobstruer le nez et à organiser avec son médecin la surveillance de la convalescence des enfants à domicile.
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