Le moment du biberon est souvent perçu comme un instant privilégié de partage et de réconfort entre le parent et son enfant. Cependant, il arrive que ce moment se transforme en source d’inquiétude et de frustration lorsque bébé se met à pleurer. Comprendre les raisons de ces pleurs et connaître les techniques pour apaiser votre enfant est essentiel pour vivre des moments de biberon sereins.
Les causes possibles des pleurs pendant le biberon
Identifier la cause des pleurs de votre bébé est la première étape pour y remédier efficacement. Plusieurs facteurs peuvent être en cause :
- Le reflux gastro-œsophagien (RGO) : Certains bébés souffrent de RGO, ce qui entraîne des régurgitations ou des remontées acides, provoquant une gêne pendant la tétée.
- Les coliques du nourrisson : Les coliques sont fréquentes et peuvent provoquer des pleurs intenses, surtout en fin de journée. Elles se manifestent sous forme de spasmes de l’intestin et font terriblement mal au ventre à bébé.
- L’intolérance ou l’allergie au lait : Certaines protéines présentes dans le lait de vache, notamment le lactose, peuvent être mal tolérées par certains bébés. Des pleurs survenant plus ou moins rapidement après le biberon font partie des divers symptômes d’une allergie aux protéines de lait de vache (APLV).
- Le débit de la tétine : Si le débit de la tétine est trop rapide ou trop lent pour le bébé, cela peut le frustrer. Une tétine qui laisse passer trop peu ou trop de lait peut rendre la prise du biberon difficile.
- La fatigue ou un état de stress : Un bébé fatigué ou stressé peut avoir du mal à prendre son biberon.
- L’absence de faim : Parfois, les bébés pleurent pendant le biberon parce qu’ils sont rassasiés et ne veulent plus manger. Il est donc important d’apprendre à reconnaître les signes de satiété, tels que la fermeture de la bouche, la diminution de l’enthousiasme pour le biberon ou le rejet du biberon.
- Troubles digestifs fonctionnels : Ces troubles, fréquents chez le nourrisson, sont liés à l’immaturité du système digestif. Ils peuvent se traduire par un inconfort abdominal, des ballonnements ou des spasmes de l’intestin.
- Besoin de contact : La principale cause des pleurs chez le nourrisson est souvent le besoin de contact. Dès sa naissance, un bébé cherche instinctivement la proximité de l’un de ses parents ou d’un adulte responsable pour se sentir en sécurité. Les pleurs sont alors l’expression d’un besoin de réconfort immédiat.
Techniques pour calmer bébé pendant le biberon
Une fois la cause des pleurs identifiée, vous pouvez mettre en place différentes stratégies pour apaiser votre bébé :
Ajuster la position et l’environnement
- Trouver une position confortable : Trouvez une position confortable pour vous et votre enfant. Vous pouvez le tenir contre votre poitrine ou le placer sur une surface douce, telle qu’un tapis de jeu ou une table à langer. Différentes positions peuvent être testées :
- Position semi-verticale : Asseyez-vous avec le bébé en position semi-assise sur vos genoux, soutenant sa tête et son dos.
- Position inclinée : Utilisez un oreiller ou un coussin pour incliner légèrement le bébé lorsqu’il est allongé sur votre genou ou dans un transat.
- Position de bercement : Tenez le bébé dans vos bras et bercez-le doucement d’un côté à l’autre.
- Changement de bras : Si vous tenez déjà le bébé dans un bras, essayez de le changer de bras.
- Créer un environnement calme et détendu : Évitez les distractions et les bruits forts pendant le biberon. Une atmosphère paisible favorise la détente de votre bébé.
- Vérifier l’environnement : Assurez-vous que sa tenue est adaptée à la température ambiante. Un bébé peut pleurer s’il a trop chaud ou trop froid. Parfois, un simple ajustement suffit à soulager votre bébé. Desserrez ses vêtements si vous remarquez qu’ils sont trop serrés, changez sa position pour lui offrir plus de confort et assurez-vous qu’il n’est pas dérangé par un bruit ou une lumière trop forte.
Agir sur l’alimentation
- Choisir le bon biberon et la bonne tétine : Optez pour un biberon anti-colique spécialement conçu pour réduire l’ingestion d’air par le bébé. Les biberons avec des valves anti-colique, intégrées dans la tétine ou le fond du biberon, vont permettre de diminuer la quantité d’air avalé par votre nourrisson. Assurez-vous également que la tétine offre un débit de lait approprié à l’âge de votre bébé. Une tétine à débit trop rapide peut entraîner une ingestion excessive de lait et d’air, aggravant les coliques. Les tétines à débit lent sont souvent recommandées pour les nourrissons souffrant de coliques.
- Préparer le biberon avec soin : Utilisez de l’eau minérale adaptée aux nourrissons ou de l’eau préalablement bouillie et refroidie. L’eau du robinet peut contenir des impuretés qui peuvent irriter le ventre de votre bébé. Il est préférable de donner le biberon à température ambiante.
- Faire des pauses pendant le biberon : Si votre bébé crie en tétant, il peut souffrir d’un réflexe gastro-colique, causé par une ingestion rapide de lait qui met le tube digestif en fonction brusquement, ce qui entraîne une douleur intestinale. Pour l’aider, faites des pauses pendant la tétée ou le biberon pour faciliter les rots.
- Adapter le lait infantile si nécessaire : En cas de mauvaise digestion du lactose, vous pourrez opter pour un lait infantile plus pauvre en lactose, et éventuellement enrichi en lactase en accord avec le médecin de votre enfant. Si des pleurs surviennent plus ou moins rapidement après le biberon, il peut s’agir d’une APLV. Le pédiatre confirmera ce diagnostic suite à des tests biologiques et l’essai d’un régime alimentaire sans protéines de lait de vache.
- Bien observer les signes de satiété : Une suralimentation peut causer des coliques, il est donc important de savoir si votre bébé est rassasié et de stopper la tétée lorsque c’est le cas. Les signes à surveiller sont : il détourne la tête de votre sein ou du biberon, du lait s’écoule de sa bouche, il semble réticent à téter le biberon, il commence à bouger ses bras et ses jambes, il s’endort ou son corps semble lourd et détendu.
- Espacer les tétées : Instaurez des repas réguliers toutes les 3 à 4 heures, plutôt que toutes les 1 à 2 heures. Cela peut vous aider à réduire le risque de coliques.
- Adapter votre alimentation (si vous allaitez) : Si vous allaitez, surveillez votre alimentation et évitez de consommer en quantité excessive des aliments tels que le brocoli, le chou-fleur, les choux de Bruxelles, le chocolat, le lait de vache, les oignons, les agrumes ou les tomates. Ces aliments peuvent être à l'origine des gaz ou des coliques du nourrisson.
Techniques d’apaisement
- Le rot : Après chaque tétée, tenez votre bébé en position verticale et tapotez doucement son dos pour l’aider à faire son rot. Ce geste va permettre de libérer l’air ingéré pendant la tétée et de soulager les coliques. Si votre bébé est un petit glouton, essayez de lui faire faire son rot plus fréquemment. Positionnez votre bébé contre votre épaule ou asseyez-le sur vos genoux en le tenant bien à la verticale et tapotez-le dans le dos pour aider les bulles d'air à sortir.
- Le massage : Un massage peut parfois aider à soulager bébé. Si votre bébé pleure pendant le biberon, il peut y avoir des zones de tension ou d’inconfort spécifiques. Vous pouvez masser délicatement ces zones pour soulager l’inconfort. Massez doucement le ventre de votre bébé dans le sens des aiguilles d’une montre pour aider à expulser les gaz.
- Le bercement : Prenez le temps de calmer votre bout de chou en utilisant des techniques apaisantes telles que le fait de le bercer doucement, de lui parler doucement ou de lui donner des petites caresses. Le bercement a un effet apaisant sur le système nerveux du bébé, aidant à réduire le stress et l’anxiété. Bercer bébé peut par ailleurs aider à soulager les gaz emprisonnés dans son estomac. Le promener doucement peut créer un bercement qui pourrait l’apaiser et l’endormir.
- Le contact peau à peau : Si vous avez l’habitude que le peau à peau l’apaise, essayez alors de le coucher contre vous à plat ventre. Le contact physique et la chaleur de votre corps, le rythme de vos pas, les battements de votre cœur lui procurent en effet une sensation de bien-être et renforcent son équilibre émotionnel.
- Les calmants anti-coliques : Les calmants pour coliques sont des remèdes traditionnels. Bien que leur efficacité ne soit pas prouvée, certains parents les utilisent lorsque leur bébé est incommodé. Ils peuvent contribuer à réchauffer et à détendre le ventre du bébé et ont un effet antiacide. Généralement, Ils sont recommandés pour les nourrissons âgés de plus d’un mois, mais avant d’y recourir, lisez bien la notice.
- La tétine : Si votre bébé a du mal à s’apaiser, essayez la tétine. La succion l'aidera à soulager sa douleur !
- Le bain chaud : Un bain tiède peut s’avérer très efficace pour soulager les coliques de bébé. La chaleur de l’eau détend les muscles abdominaux, apaise les tensions digestives et favorise l’évacuation des gaz. Ce moment de douceur procure également un effet calmant, tant sur le plan physique qu’émotionnel.
Gérer les pleurs du soir
- Comprendre les pleurs du soir : Il faut savoir qu’un bébé qui pleure avale de l’air, et que cet air dégluti va ressortir, soit sous forme de rots, soit sous forme de gaz. Actuellement, les scientifiques pensent que ces pleurs du soir sont la traduction d’une période normale d’activité physique et cérébrale du nouveau-né, dont les pleurs sont le seul moyen d’expression. D’ailleurs, dans le ventre de sa maman, le fœtus avait déjà une période d’activité plus intense entre 18h/20h et minuit ! Cette période normale dans le développement physiologique du bébé se termine d’elle-même vers l’âge de 3 à 4 mois.
- Alterner câlins et moments de solitude : Pour accompagner au mieux votre enfant à passer ce cap et éviter d’être angoissés à votre tour, n’hésitez pas à alterner de grands moments de câlins et des moments où vous laissez votre bébé crier quelques instants seul.
Conseils supplémentaires pour les parents
- Observer attentivement votre bébé : Apprenez à identifier les différents types de pleurs de votre bébé pour mieux répondre à ses besoins.
- Être patient et persévérant : Il faut souvent du temps et de la patience pour trouver les solutions qui conviennent à votre bébé.
- Ne pas hésiter à demander de l’aide : Si vous vous sentez dépassé, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé tel qu’un pédiatre. Parlez-en à votre entourage et passez le relais à quelqu’un de confiance pour vous octroyer des moments de lâcher prise. Il est bénéfique de partager les responsabilités avec votre partenaire ou un membre de la famille pour alléger la charge émotionnelle.
- Prendre soin de soi : Essayez, dans la mesure du possible, de vivre au rythme du bébé : dormir quand il dort, se reposer avec lui sur soi ou contre soi, privilégier le bébé à toute autre occupation, déléguer au maximum les tâches du quotidien (ménage, courses, cuisine, etc.). Essayez de créer un environnement de détente dans votre logement, loin du tumulte des crises de votre nourrisson. Si votre mal-être persiste, parlez-en à un professionnel de santé (sage-femme, médecin généraliste, gynécologue, pédiatre ou encore psychologue).
- Garder son calme : Essayez de garder votre calme : votre bébé ressent votre stress, votre énervement, votre angoisse. Des sensations qui le placent en situation d’insécurité et alimentent encore ses pleurs.
Quand consulter un médecin ?
Bien que les coliques soient courantes et généralement inoffensives, il est important de consulter un médecin si votre bébé semble inconsolable malgré tous vos efforts. Parfois, les coliques peuvent être le signe d’un problème de santé sous-jacent qui nécessite une attention médicale. Il est également conseillé de consulter si :
- Les régurgitations sont systématiques.
- La constipation ou la diarrhée persiste au-delà de 3 jours.
- Vous pensez que les coliques de votre nouveau-né sont liées à une allergie alimentaire.
- Votre enfant mange et dort correctement, a une courbe de croissance satisfaisante, gazouille et joue comme à son habitude entre les épisodes de pleurs, il n’y a pas de raison de vous inquiéter.
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