En France, environ un tiers des grossesses sont considérées comme non planifiées. Face à une grossesse imprévue, il est crucial de connaître les options disponibles, les démarches à suivre et les ressources auxquelles s'adresser. Cet article vise à fournir une information complète et précise sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France, en abordant les aspects médicaux, légaux, psychologiques et pratiques.

Grossesse Imprévue : Une Situation Déstabilisante

L'annonce d'une grossesse non planifiée peut susciter des réactions diverses, allant de la joie à l'angoisse. Quelle que soit la situation personnelle, il est important de se rappeler que plusieurs options sont possibles.

Options Disponibles Face à une Grossesse Non Prévue

En cas de grossesse imprévue, plusieurs choix s'offrent à la femme enceinte :

  • Poursuivre la grossesse et élever l'enfant : Assumer la maternité et accueillir l'enfant.
  • Poursuivre la grossesse et confier l'enfant à l'adoption : Accoucher et confier l'enfant à une famille adoptive.
  • Interrompre la grossesse : Recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG).

La décision est personnelle et peut être complexe. Il est recommandé de se faire accompagner dans cette démarche en sollicitant le soutien de proches ou de professionnels de santé. Le numéro vert national « IVG, contraception, sexualités » est également une ressource précieuse pour obtenir des informations et un soutien.

L'IVG pour les Mineures

Les mineures bénéficient des mêmes options que les femmes majeures en matière de grossesse. Elles peuvent choisir de poursuivre la grossesse ou d'y mettre fin par le biais d'une IVG. L'accès à l'IVG est un droit pour toutes les femmes enceintes, y compris les mineures.

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Grossesse Non Prévue Sous Contraception : Une Réalité

Malgré l'utilisation de méthodes contraceptives, des grossesses non prévues peuvent survenir. Ces situations sont souvent liées à des erreurs d'utilisation de la contraception, telles que l'oubli de pilule ou la rupture d'un préservatif. Il est donc essentiel de choisir une méthode contraceptive adaptée à son mode de vie et de s'assurer de son utilisation correcte. En cas de doute, il est possible de changer de méthode contraceptive.

La Contraception d'Urgence : Une Solution Post-Rapport

Après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé, la contraception d'urgence peut être utilisée pour prévenir une grossesse non désirée. Il existe deux types de contraception d'urgence :

  • La pilule du lendemain : Elle contient du lévonorgestrel et doit être prise le plus tôt possible après le rapport sexuel, idéalement dans les 72 heures (3 jours). Depuis le 1er janvier 2023, elle est prise en charge à 100 % sans ordonnance pour toutes les femmes, mineures ou majeures.
  • La pilule du surlendemain (EllaOne) : Elle contient de l'ulipristal acétate et peut être prise jusqu'à 120 heures (5 jours) après le rapport sexuel.

La contraception d'urgence est disponible en pharmacie, dans les plannings familiaux et dans les infirmeries scolaires. Elle est gratuite et anonyme pour les mineures.

Le Dispositif Intra-Utérin (DIU) au Cuivre : Une Option Efficace

Le DIU au cuivre peut également être utilisé comme méthode de contraception d'urgence. Il doit être inséré dans les cinq jours suivant le rapport sexuel non protégé. Cette méthode est considérée comme la plus efficace, car elle rend l'utérus impropre à l'implantation de l'ovule. L'insertion du DIU nécessite la disponibilité d'un professionnel de santé (médecin ou sage-femme).

L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Les Méthodes

Si la contraception d'urgence n'a pas été utilisée ou a échoué, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une option possible. Il existe deux méthodes d'IVG :

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  • L'IVG médicamenteuse : Elle peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme, à l'hôpital, en centre de santé, en centre de planification familiale ou en cabinet de ville. Elle est autorisée jusqu'à la fin de la septième semaine d'aménorrhée (absence de règles) en médecine de ville et jusqu'à la neuvième semaine d'aménorrhée à l'hôpital.
  • L'IVG chirurgicale (par aspiration) : Elle est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l'avortement). En France, l'avortement chirurgical peut être pratiqué jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles).

L'IVG Médicamenteuse : Déroulement

L'IVG médicamenteuse nécessite deux consultations préalables (et éventuellement un entretien de soutien psychologique) pour réaliser les examens nécessaires et faire le point sur les motivations et les risques de l'intervention. 36 à 48 heures plus tard, la patiente prend un autre type de médicament, le misoprostol, qui provoque l'expulsion de l'œuf. Une consultation de suivi est prévue 14 à 21 jours après l'intervention pour vérifier que la grossesse a bien été interrompue.

L'IVG Chirurgicale : Déroulement

L'IVG chirurgicale se déroule à l'hôpital sous anesthésie générale ou locale. L'intervention consiste à aspirer l'embryon au moyen d'une canule introduite dans le col de l'utérus préalablement dilaté. Une hospitalisation de quelques heures est nécessaire. Un suivi vigilant est indispensable après l'intervention.

Le Parcours de l'IVG : Étapes et Délais

Lorsque la décision d'avorter est prise, il est important de prendre rendez-vous rapidement avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme). Lors de ce premier rendez-vous, la patiente reçoit toutes les informations nécessaires sur l'IVG (méthodes, lieux et délais de réalisation, risques et effets secondaires possibles).

Les Différents Temps Préalables à l'Avortement

La demande d'IVG se fait en deux temps :

  1. La consultation d'information : La patiente formule sa demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme, qui lui remet un dossier guide et des informations orales sur les différentes méthodes d'IVG, les lieux de réalisation et les risques possibles.
  2. La remise du consentement écrit : La patiente remet son consentement écrit au médecin ou à la sage-femme. Il n'y a plus de délai de réflexion minimal entre les deux temps. La patiente peut prendre le temps de réflexion qu'elle juge nécessaire, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse).

La Durée du Parcours de l'IVG

La durée du parcours de l'IVG est variable. Un rendez-vous doit être proposé dans les 5 jours suivant l'appel de la patiente. La durée dépend ensuite de la méthode choisie et du souhait de réaliser ou non un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures).

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Les Examens Médicaux Avant et Après l'IVG

Avant l'IVG, plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer le diagnostic de grossesse et déterminer l'âge de celle-ci (échographie, prise de sang pour doser les β-hCG). D'autres examens sanguins sont réalisés pour déterminer le groupe sanguin et permettre la réalisation d'une anesthésie générale en cas d'IVG instrumentale. Un dépistage du VIH et des autres IST ainsi qu'un examen de dépistage du cancer du col de l'utérus peuvent également être effectués.

Après l'IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue (prise de sang pour doser les β-hCG, échographie).

La Consultation Psycho-Sociale

La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l'IVG. Au cours de cette consultation, un accompagnement social et psychologique est proposé.

Le Choix de la Méthode d'IVG

Jusqu'à la 7e semaine de grossesse, la patiente a le choix entre les deux méthodes d'IVG (médicamenteuse ou instrumentale). Au-delà et jusqu'à la 14e semaine de grossesse, la méthode instrumentale est privilégiée. La décision est prise en concertation avec le médecin ou la sage-femme.

Complications Possibles et Précautions

Comme toute intervention médicale, l'IVG peut entraîner des complications, bien que celles-ci soient rares.

Complications de l'IVG Médicamenteuse

Les événements indésirables les plus fréquents sont des douleurs pelviennes, des saignements et des troubles digestifs. Les complications plus rares sont l'infection et l'hémorragie. Il est important de consulter en urgence en cas de fièvre, de pertes de sang importantes, de fortes douleurs abdominales ou de malaise.

Complications de l'IVG Instrumentale

Les complications immédiates sont rares. Une hémorragie ou une perforation de l'utérus peuvent survenir dans de rares cas. Les complications à distance sont également rares. En cas de fièvre, de pertes de sang importantes, de fortes douleurs abdominales ou de malaise dans les jours suivant l'intervention, il est important de contacter rapidement l'établissement où a eu lieu l'IVG ou le service d'urgences gynécologiques le plus proche.

Douleur et Sécurité de l'IVG

Les contractions de l'utérus liées à l'IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d'IVG médicamenteuse. Des anti-douleurs sont systématiquement prescrits pour soulager la patiente. Lorsqu'elle est pratiquée dans des conditions sécurisées, l'IVG est une intervention sans risque.

Efficacité de l'IVG

L'IVG médicamenteuse est efficace à 95 %. Dans 5 % des cas, une IVG instrumentale ou un autre geste chirurgical est nécessaire en complément. L'IVG instrumentale est efficace à 99,7 %. Une consultation de suivi est indispensable après l'IVG pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et que la patiente est en bonne santé.

Aspects Financiers et Légaux

L'IVG est un droit en France depuis 1975.

Prise en Charge Financière

L'IVG et tous les actes qui lui sont associés (consultations, prises de sang, échographies…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, avec dispense totale d'avance de frais pour :

  • Toutes les femmes assurées sociales.
  • Les mineures qui sont ayant-droit d'un assuré social.
  • Les femmes bénéficiaires de l'aide médicale de l'État (AME).

Anonymat et Confidentialité

Les mineures peuvent recourir à une IVG sans le consentement de leurs parents. Elles doivent être accompagnées d'une personne majeure de leur choix. L'IVG pour les mineures est intégralement prise en charge sans avance de frais. Si elles le souhaitent, elles peuvent bénéficier de l'anonymat total. L'IVG est protégée par le secret médical. Ni l'acte d'IVG, ni les actes associés ne figurent sur le décompte de remboursement de la sécurité sociale afin de préserver la confidentialité vis-à-vis de l'entourage.

Nombre d'IVG Autorisées

Il n'y a pas de nombre légal d'avortement maximum à ne pas dépasser. Il est possible d'avoir plusieurs fois recours à l'IVG au cours de sa vie. L'IVG, même répétée, n'augmente pas le risque d'infertilité ultérieure ni de complications lors d'une grossesse future.

Contre-Indications à l'IVG

Le professionnel de santé consulté pour l'IVG évaluera si la patiente présente des contre-indications lors de la première consultation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée en cas de grossesse extra-utérine, d'allergie à l'un des médicaments utilisés, d'insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire. Il n'existe pas de contre-indication à l'IVG instrumentale en tant que telle, seule l'allergie aux produits d'anesthésie peut constituer une contre-indication.

Grossesse Extra-Utérine (GEU)

Si une grossesse extra-utérine (GEU) est découverte lors d'une consultation pour IVG, la prise en charge est différente. La GEU est une urgence médicale qui nécessite un traitement spécifique (médicament ou intervention chirurgicale).

Injection d'Immunoglobulines Anti-D

Uniquement dans le cas où le groupe sanguin de la patiente est négatif (rhésus négatif), le médecin ou la sage-femme proposera une injection d'immunoglobulines anti-D pour éviter d'éventuelles complications lors d'une future grossesse désirée.

Les β-hCG

Les β-HCG correspondent à l'hormone produite par l'embryon en cas de grossesse. La détection de cette hormone dans l'urine ou le sang permet de savoir si la patiente est enceinte.

Consultation de Suivi

Il est nécessaire de réaliser une consultation de suivi après une IVG pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'existe pas de complication. Lors de cette consultation, la contraception est abordée et un entretien psychosocial est proposé.

Conclusion

L'interruption volontaire de grossesse est un droit pour toutes les femmes en France. Il est essentiel de connaître les options disponibles, les démarches à suivre et les ressources auxquelles s'adresser. Cet article a pour but de fournir une information complète et précise sur l'IVG, en abordant les aspects médicaux, légaux, psychologiques et pratiques. En cas de doute ou de question, il est important de consulter un professionnel de santé ou de contacter le numéro vert national « IVG, contraception, sexualités ».

Rappel : L'IVG n'est pas un moyen de contraception. Il est important d'utiliser une méthode contraceptive adaptée pour éviter les grossesses non désirées.

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