L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est une décision personnelle et encadrée par la loi. Ce guide complet vous informe sur les démarches, les méthodes, les délais et les aspects médicaux et psycho-sociaux liés à l'IVG au premier trimestre de grossesse en France.

Démarches Initiales et Consultations Préalables

Prendre Rendez-vous

La première étape consiste à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé : médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme. Ce professionnel peut exercer :

  • Dans un établissement de santé (hôpital ou clinique)
  • Dans un cabinet de ville
  • Dans un centre de santé
  • Dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification et d’éducation familiale) ayant signé une convention avec un établissement de santé.

Le rendez-vous peut se dérouler en présentiel ou à distance (téléconsultation), si votre professionnel de santé le propose.

Les Deux Temps de la Demande d'IVG

La demande d’IVG se déroule en deux temps distincts :

  1. Consultation d'information : Lors de cette consultation, vous exprimez votre demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Vous recevrez des informations complètes sur :

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    • Les différentes méthodes d’IVG : instrumentale et médicamenteuse.
    • Les lieux de réalisation et le choix dont vous disposez.
    • Les risques et les effets secondaires possibles.

    Un guide reprenant l’ensemble de ces informations vous sera également remis. Le médecin ou la sage-femme vous proposera également un entretien psycho-social, obligatoire si vous êtes mineure et facultatif si vous êtes majeure. À la fin de ce rendez-vous, une attestation de consultation médicale vous sera délivrée. Il est important de savoir que si le professionnel consulté ne pratique pas les IVG, il doit vous en informer et vous orienter vers un confrère.

  2. Recueil du consentement écrit : Vous remettez votre consentement écrit au médecin ou à la sage-femme. Il n’y a plus de délai de réflexion minimal imposé entre les deux temps. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse). Lors de ce deuxième temps, vous choisissez votre méthode d’IVG et son lieu de réalisation. C'est aussi l'occasion de discuter de la contraception post-IVG et de réaliser un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus.

La Consultation Psycho-Sociale

La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoire pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG. Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG. Au cours de cette consultation, il vous sera proposé un accompagnement social et psychologique (en présentiel ou à distance). Elle a lieu avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial, au choix : dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale), dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans un service social ou autre organisme agréé.

Fin du délai de réflexion

La loi du 2 mars 2022 acte la fin de tout délai de réflexion imposé en matière d’avortement. En effet, toute femme est libre de choisir le délai qu’elle souhaite se laisser entre les différentes étapes préalables à l’IVG. Autrement dit, si elle le souhaite, elle peut choisir de réaliser le temps d’information et le temps de recueil du consentement au cours d’une seule et même consultation. Par ailleurs, si elle choisit de réaliser une consultation psycho-sociale, il n’y a pas de délai minimal obligatoire entre celui-ci et la réalisation de l’IVG qu’elle soit majeure ou mineure.

Les Méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes principales pour interrompre une grossesse :

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  • IVG médicamenteuse : Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par un médecin ou une sage-femme.
  • IVG instrumentale (ou chirurgicale) : Elle est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l’avortement).

Choix de la Méthode

Jusqu’à la 7e semaine de grossesse (9 semaines après le début des dernières règles), vous avez le choix entre les deux méthodes. Au-delà et jusqu’à la 14e semaine de grossesse (16 semaines après le 1er jour des dernières règles), la méthode instrumentale est privilégiée. La décision est prise en concertation avec le médecin ou la sage-femme.

L'IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme, à l’hôpital, en centre de santé ou de planification familiale ou en cabinet de ville. Si elle est réalisée en médecine de ville, elle est autorisée seulement jusqu’à la septième semaine d’aménorrhée (absence de règles), soit la fin de la cinquième semaine de grossesse. Si elle se déroule à l’hôpital, elle peut être utilisée jusqu’à la neuvième semaine d’aménorrhée. En avril 2020, pour limiter les conséquences des mesures prises face à l’épidémie de Covid-19, le délai de recours à l’IVG médicamenteuse en ville est passé à 9 semaines, au lieu de 7 semaines (arrêté paru le 7 novembre 2020 au Journal officiel - source 2).

Étapes de l'IVG médicamenteuse :

  1. La prise du premier médicament : la mifépristone Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les saignements commencent après la prise du 2e médicament.
  2. La prise du second médicament : le misoprostol Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard.

Efficacité et suivi : L’IVG médicamenteuse est efficace à 95%. Une consultation de suivi, 14 à 21 jours après l’intervention, permet au médecin ou à la sage-femme de vérifier que la grossesse a bien été interrompue.

L'IVG Instrumentale

L’interruption volontaire de grossesse chirurgicale (par aspiration) est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l’avortement). Depuis le 2 mars 2022, en France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse - soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles. Il se déroule à l’hôpital sous anesthésie générale ou anesthésie locale. Dans le premier cas, l’hospitalisation dure près de trois heures. L’intervention consiste à aspirer l’embryon au moyen d’une canule introduite dans le col de l’utérus préalablement dilaté. Une fois pratiquée, cette IVG doit faire l’objet d’un suivi vigilant.

Efficacité : L’IVG instrumentale est quant à elle efficace à 99,7%. Il est tout à fait exceptionnel de devoir refaire la procédure.

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Examens Médicaux Avant et Après l'IVG

Avant l'IVG

Plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer le diagnostic de grossesse et déterminer l’âge de celle-ci. L’âge gestationnel de la grossesse est principalement déterminé par l’interrogatoire et l’examen clinique mais une échographie peut également être réalisée ou une prise de sang pour doser les β-hCG. D’autres examens sanguins sont réalisés afin : De déterminer votre groupe sanguin afin de vous proposer une injection d’immunoglobulines anti-D si nécessaire. De permettre la réalisation d’une anesthésie générale dans le cas d’une IVG instrumentale si c’est votre choix. Avant l’IVG, vous pourrez aussi effectuer si vous le souhaitez un dépistage du VIH et des autres IST ainsi qu’un examen de dépistage du cancer du col de l’utérus si vous n’êtes pas à jour de celui-ci (dépistage à réaliser tous les 3 ans entre 25 et 30 ans puis tous les 5 ans jusqu’à 65 ans).

Après l'IVG

Les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.

Complications Possibles

IVG Médicamenteuse

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications sont très rares. Il peut s’agir d’une infection ou d’une hémorragie, pour lesquelles le/la professionnelle de santé vous aura expliqué les signes devant vous faire consulter en urgence : fièvre (température supérieure à 38°C), importantes pertes de sang, fortes douleurs abdominales, malaise.

IVG Instrumentale

Les complications immédiates sont rares. Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible. La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel. Les complications à distance d’une IVG sont rares. Cependant, dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.

Douleur

Les contractions de l’utérus liées à l’IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d’IVG médicamenteuse. C’est pour cette raison que le médecin ou la sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.

Risques Généraux

Qu’il s’agisse d’une IVG instrumentale ou médicamenteuse, il existe un risque de complications mais ce risque n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané (fausse couche) ou d‘une grossesse menée à terme. Mis à part les risques de lésions au niveau du col de l’utérus ou des parois de l’utérus qui sont spécifiques à la méthode instrumentale, les complications qui peuvent survenir en lien avec l’IVG sont les mêmes quelle que soit la technique employée. Il s’agit principalement des hémorragies et des infections de l’utérus. Ces deux dernières peuvent également survenir lors d’une évacuation incomplète de la grossesse. Toutefois, comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lorsqu’il est pratiqué dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France, l’avortement est une intervention sans risque. En effet, un avortement réalisé dans de bonnes conditions quelle que soit la méthode permet de réduire très fortement les risques de complications et de les prendre en charge rapidement et efficacement si elles surviennent.

Informations Complémentaires

Injection d’Immunoglobulines Anti-D

Uniquement dans le cas où votre groupe sanguin est négatif (on parle de rhésus négatif), le médecin ou la sage-femme vous proposera de réaliser une injection d’immunoglobulines anti-D pour éviter d’éventuelles complications lors d’une future grossesse désirée.

Les β-hCG

Les β-HCG correspondent à l’hormone produite par l’embryon en cas de grossesse. C’est la détection de cette hormone dans l’urine ou le sang qui permet de savoir si vous êtes enceinte.

Consultation de Suivi

Il est nécessaire de réaliser cette consultation après une IVG. Elle est réalisée avec le médecin ou la sage-femme et permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’existe pas de complication. Elle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l’IVG, parfois plus tôt selon les circonstances cliniques.

Contraception d'Urgence

Suite à un rapport sexuel non ou mal protégé, deux contraceptions d’urgence, permettent de réagir avant la fécondation. Dans les quelques jours qui suivent après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé, il est possible de prendre une pilule du lendemain. Objectif : empêcher la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde. Depuis le 1er janvier 2023, la pilule du lendemain est prise en charge à 100 % sans ordonnance, pour toute femme mineure ou majeure. Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre est considéré comme la méthode de contraception d’urgence la plus efficace.

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