Le Service Civique représente une opportunité unique pour les jeunes de s'engager dans des missions d'intérêt général. Cependant, il peut arriver que les circonstances nécessitent une rupture anticipée de ce contrat. Cet article détaille les conditions et les procédures à suivre pour rompre un contrat de Service Civique, que ce soit à l'initiative du volontaire ou de l'organisme d'accueil.

Qu'est-ce que le Service Civique ?

L'engagement de Service Civique s'adresse aux jeunes volontaires âgés de 16 à 25 ans, ou aux personnes reconnues handicapées âgées de 16 à 30 ans. Ils sont accueillis pour une période de 6 à 12 mois, en France ou à l'étranger. Il ne s'agit ni d'un emploi salarié, ni de bénévolat, ni d'un stage. Les jeunes en service civique ne sont ni salariés ni bénévoles, encore moins stagiaires ou en formation. Un contrat de service civique ne peut être conclu qu'avec une personne morale agréée par l'Agence du service civique. Les organismes doivent veiller à la diversité des jeunes qu'ils accueillent.

Nature spécifique du contrat de Service Civique

Le contrat de Service Civique est un contrat écrit, dérogatoire au droit commun du travail, qui comporte certaines mentions obligatoires. Le contrat de service civique n'est pas un contrat de travail : aucun lien de subordination juridique n'est créé entre le volontaire et l'association. Les missions confiées doivent représenter au moins 24 h par semaine sans pouvoir excéder 48 h réparties sur 6 jours maximum. Pour les mineurs, cette durée ne peut dépasser 35 h réparties sur 5 jours maximum. La durée quotidienne du travail est limité à 7 h, ils doivent bénéficier d'une pause de 30 mn pour toute période de mission ininterrompue de 4 h 30 et 'un repos hebdomadaire de 2 jours consécutifs. Ils ne peuvent pas travailler de nuit (21 h - 6 h). Le tuteur désigné devra être formé à cette fonction. L'association d'acceuil a l'obligation d'assurer une formation civique et citoyenne au volontaire en interne ou non. Cette formation comprend un module obligatoire de formation aux premiers secours (PSC1) et des modules libres destinées à développer la formation civique et citoyenne. D'une durée minimale de 2 jours, elle doit être délivrée au moins pour la moitié dans les 3 mois suivant le début de l'engagement.

Indemnisation et avantages

Le volontaire perçoit une indemnité prise en charge par l'État (36.11 % de la rémunération mensuelle afférente à l'indice brut 244 de la fonction publique) et un soutien complémentaire, en nature ou argent, pris en charge par l'association. L'indemnité de l'Etat peut être complétée par une prestation de subsistance (7.43 % de l'indice brut) et une majoration sur critères sociaux (8.22 % de l'indice brut). Le volontaire peut bénéficier de titres-repas. Pendant les congés annuels, le volontaire perçoit l'ensemble de ses indemnités. Des congés exceptionnels pour évènements familiaux, d'une durée au moins égale à 3 jours par évènement peuvent être accordés pour la naissance d'un enfant, le mariage ou la conclusion d'un Pacs.

Motifs de rupture anticipée du contrat

Un contrat de service civique peut être rompu avant la fin de mission. Mais attention : les règles sont précises, et il ne s’agit pas d’un simple contrat de travail classique comme un CDD. L’article L 120-16 du Code du service national précise que tout contrat de service civique peut être rompu avant son terme. Plusieurs situations peuvent conduire à une rupture anticipée :

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  1. Accord des parties: Le volontaire et l’organisme agréé peuvent décider ensemble d’interrompre le contrat de service civique.
  2. Force majeure: Des événements imprévisibles et insurmontables peuvent rendre impossible la poursuite de la mission.
  3. Faute grave : Un organisme peut rompre le contrat si le volontaire ne respecte pas ses obligations.
  4. Initiative du volontaire: En tant que jeune volontaire, tu peux décider d’arrêter ton engagement.
  5. Embauche: Si tu quittes ton contrat pour une embauche prévue.

Une mission peut être interrompue pour différentes raisons : une embauche prévue, un congé lié à ta vie personnelle, ou un manque de soutien dans la structure.

Procédure à suivre pour rompre un contrat de Service Civique

La procédure varie selon l'initiative de la rupture (volontaire ou organisme) et le motif invoqué.

Rupture à l'initiative du volontaire

  1. Informer l'organisme d'accueil: Il est important de toujours informer l’organisme agréé et de respecter les règles fixées par l’État français.. Prévenez votre tuteur et le responsable de l'organisme qui vous accueille.
  2. Lettre de démission: La lettre de démission doit être envoyée au responsable de l'organisme, en recommandé avec accusé de réception, par la personne effectuant le service civique.
  3. Préavis : Sauf en cas de force majeure, un préavis d'un mois doit être respecté entre la notification de la démission et la cessation réelle de l'activité. Tout volontaire posant sa démission doit donc poursuivre sa mission durant le mois de préavis. Il peut toutefois en profiter pour poser ses congés restants et ainsi réduire son temps de présence. Certaines exceptions dispensent toutefois le volontaire de respecter un préavis d'un mois. C'est notamment le cas s'il a trouvé un emploi en CDI, ou bien un CDD d'au moins 6 mois, ou encore en cas de faute grave ou de force majeure. Dans ces situations, aucun préavis ne peut être demandé.
  4. Informer l'ASP : L'ASP (Agence de services et de paiement) doit également être informée par écrit. Informez immédiatement l’Agence des services et de paiement (ASP) par écrit afin qu’elle suspende le paiement de votre indemnité.

Rupture à l'initiative de l'organisme d'accueil

  1. Motifs valables : Réfléchissez avant de prendre votre décision de rompre le service civique : faites des entretiens de suivi pour rechercher les causes des difficultés. Si elles proviennent d'une erreur d'accueil, remédiez-y rapidement. D'une manière générale, recherchez des solutions. Si les difficultés persistent, vous pourrez pendre la décision de rompre l'engagement d'un commun accord, pour faute grave ou en cas de force majeure.
  2. Notification : En cas de rupture anticipée, envoyez à la personne en service civique une lettre recommandée avec AR ou remettez-lui en main propre contre décharge. Précisez-y les motifs de la rupture.
  3. Préavis : Respectez un préavis de départ d'un mois dans le cadre d'une rupture d’un commun accord. En cas de faute grave, de force majeure ou si le volontaire a trouvé un CDI ou un CDD d’au moins 6 mois , il n'y a pas de préavis.
  4. Informer l'ASP : Prévenez l'ASP via l'application ELISA pour qu'elle arrête le versement de l'indemnité. Il faut bien veiller à ce qu’il le fasse, sinon l’ASP me demandera de lui rembourser l’intégralité des sommes perçues à tort.

Conséquences de la rupture du contrat

La rupture d’un contrat de service civique n’est pas sans effets.

Pour le volontaire

  1. Indemnités : Si ta mission est rompue, tu perçois quand même le paiement de l’indemnité de service civique jusqu’à la date effective de fin de mission. Le versement est assuré par l’ASP, mais il s’arrête dès que la mission est considérée comme terminée.
  2. Attestation de Service Civique : La démission d'un service civique avant les six mois ne permet pas d'obtenir l'attestation de service civique, demandée par certains employeurs et faisant preuve de la validité de l'expérience.
  3. Formations : En parallèle, la démission provoquant la fin du contrat soit immédiatement, soit après un préavis d'un mois, entraîne la non-possibilité de suivre les formations offertes à la suite d'un service complet. Impossible, donc, pour le volontaire ayant démissionné, de suivre la formation PSC1 (formation secourisme premiers secours) ni la FCC (formation civique et citoyenne).
  4. Avantages : La démission d'un service civique entraîne également l'annulation des bénéfices et avantages offerts par la carte du volontaire. Le statut de volontaire civique offre en effet un certain nombre d'avantages (réduction sur les titres de transport, offres d'abonnements presse, offres d'abonnements de téléphonie, de mutuelle santé ou encore de vacances, etc.) dont il ne sera plus possible de bénéficier après la démission.
  5. Chômage : Autre conséquence : la démission d'un service civique, comme la démission de tous les autres types de contrats de travail, ne permet pas de percevoir d'allocations chômage. Le service civique n'est pas considéré comme un emploi salarié. Que sa fin prenne place à la suite d'une fin de contrat classique ou à la suite d'une démission, le service civique n'ouvre pas le droit au chômage. Toutefois, il est possible d'effectuer un service civique tout en étant inscrit à Pôle emploi. Les allocations chômage sont alors suspendues pour la durée de la mission. Elles sont de nouveau versées à la fin du contrat, même après démission. Un jeune inscrit à Pôle emploi et effectuant un service civique peut rester inscrit durant la durée de sa mission. Les déclarations mensuelles ne sont alors plus à effectuer. À la suite de sa démission, il est tenu d'informer Pôle emploi de sa situation afin de réactiver ses droits au chômage. Ces derniers sont par ailleurs prolongés pour une durée correspondant à celle du service civique effectué. Pour les jeunes touchant le Revenu de Solidarité Active (RSA), le versement est suspendu durant la durée du contrat de service civique et reprend au terme de la mission ou après la démission.

Accompagnement après la rupture

Même après une rupture, tu peux bénéficier d’un accompagnement de ton tuteur ou d’un autre dispositif pour rebondir. Ce suivi peut inclure un entretien de sortie, une mise en relation avec d’autres organismes ou même une aide pour préparer ton CV. Si tu quittes pour une embauche, félicitations ! Mais si la rupture est liée à des difficultés, cherche dès maintenant des alternatives. Tu peux envisager une autre mission dans le volontariat associatif, ou même reprendre tes études.

Conseils importants

  • Communication : Même si ta mission est rompue, ta manière de communiquer compte : une lettre claire, polie, et envoyée dans les délais montre ton sérieux.
  • Analyse : Avant toute décision, prends un peu de temps pour analyser les causes.
  • Alternatives : Si la rupture est liée à des difficultés, cherche dès maintenant des alternatives.

Le Service Civique dans les territoires d'Outre-Mer

Le présent titre est applicable sur l'ensemble du territoire de la République, sous réserve, pour les collectivités d'outre-mer régies par l'article 74 de la Constitution, la Nouvelle-Calédonie et les Terres australes et antarctiques françaises, des dispositions suivantes :

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  1. Par exception à l'article L. 120-1, le volontariat associatif peut être effectué dans les départements et collectivités d'outre-mer, en Nouvelle-Calédonie et dans les Terres australes et antarctiques françaises, auprès de personnes morales de droit public, sous le nom de volontariat de service civique ;
  2. bis Les deuxième à septième alinéas de l'article L. 120-4 ne sont pas applicables dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie ;
  3. Une convention entre l'Etat, d'une part, et la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, d'autre part, fixe les conditions d'application du présent titre dans ces deux collectivités. Elle précise :
    • Les conditions d'exonération d'imposition et de versement des taxes fiscales et sociales attachées à la perception de l'indemnité mensuelle et de l'indemnité supplémentaire ;
    • Les conditions dans lesquelles les personnes volontaires affectées en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française et leurs ayants droit bénéficient des prestations du régime local de sécurité sociale et de couverture complémentaire, notamment en cas d'hospitalisation ainsi que pour les risques d'évacuation sanitaire, de rapatriement sanitaire et de rapatriement de corps lorsque le contrat est accompli auprès d'un service de l'Etat ou d'un organisme d'accueil public ou privé, y compris lorsqu'il s'agit d'une association ;
    • La prise en compte de la durée du service accompli au titre du service civique par le régime de retraite de base ou spécial de la Nouvelle-Calédonie ou de la Polynésie française auquel la personne volontaire est affiliée à titre obligatoire ou volontaire postérieurement à son service civique ;
    • Les modalités d'adaptation de l'article L. 120-27 au regard des b et c lorsqu'une personne volontaire engagée en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française est affectée à l'étranger ;
    • Les conditions d'ancienneté et d'accès à un emploi relevant de la compétence de la Polynésie française, de la Nouvelle-Calédonie ou de ses provinces ainsi que de leurs établissements publics dont le personnel est soumis au statut réglementaire ;
    • La prise en compte de l'expérience professionnelle acquise lors du service civique pour la délivrance d'un diplôme ou d'un titre professionnel par la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française ;
    • Le cas échéant, les modalités de coordination lorsqu'une personne volontaire est affectée successivement en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française et dans une autre collectivité territoriale de la République ;
  4. Une convention entre l'Etat, d'une part, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et les îles Wallis et Futuna, d'autre part, fixe les conditions dans lesquelles l'ensemble des indemnités et prestations prévues à la section 4 du présent chapitre sont exonérées d'imposition et de versement de taxes fiscales, parafiscales et sociales applicables localement ;
  5. Dans les Terres australes et antarctiques françaises, l'indemnité mensuelle et l'indemnité supplémentaire prévues à la section 4 du présent chapitre sont exonérées d'imposition et de versement de taxes fiscales, parafiscales et sociales applicables localement ;
  6. A Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et dans les îles Wallis et Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises, la protection sociale prévue au présent titre est assurée dans les conditions prévues par la réglementation applicable localement lorsque le contrat est accompli auprès d'un service de l'Etat ou d'un organisme d'accueil public ou privé, y compris lorsqu'il s'agit d'une association. Lorsque l'organisme d'accueil assure à la personne volontaire une couverture complémentaire, notamment en cas d'hospitalisation ainsi que pour les risques d'évacuation sanitaire, de rapatriement sanitaire et de rapatriement de corps, le ministre chargé de l'outre-mer fixe par arrêté les modalités de cette couverture ainsi que les règles particulières lorsque la personne volontaire est affectée à l'étranger. La législation sur les accidents du travail est celle applicable localement.
  7. Le 3° du II de l'article L.

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