La colique néphrétique, une urgence médicale caractérisée par une douleur intense causée par le blocage d'un calcul rénal dans les voies urinaires, peut parfois s'accompagner de saignements. Cet article explore en détail les causes, les symptômes associés, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles pour cette pathologie, en mettant un accent particulier sur la présence de sang dans les urines (hématurie) et ses implications.

Comprendre la Colique Néphrétique

Les coliques néphrétiques sont une des complications de la présence de calculs au niveau des reins. Elles sont dues à la présence de calculs au niveau des reins qui, lorsqu'elles sont en concentration excessive dans l’urine, certaines substances éliminées forment des cristaux dans les reins ou dans la vessie. Ceux-ci peuvent s’agréger et former des petites particules solides, les calculs urinaires ou calculs rénaux, qui bouchent les canaux par lesquels l'urine est évacuée ou s'accumulent dans la vessie. La lithiase urinaire est une maladie récidivante : chez la moitié des personnes qui ont connu une crise de colique néphrétique, une deuxième crise est observée dans les cinq années suivantes. La nature des substances qui composent les calculs urinaires est variée. Lorsqu'ils sont minuscules, les calculs rénaux peuvent être éliminés par les voies naturelles et parfois entraîner la présence de sang dans les urines.

La colique néphrétique est une douleur intense causée par le passage d’un calcul rénal, ou pierre au rein, dans les voies urinaires. Le calcul, lorsqu’il se bloque dans l’uretère, crée une pression accrue dans le rein qui ne parvient plus à éliminer l’urine. Cette pression est à l’origine de la douleur aiguë ressentie au niveau des lombaires et pouvant s’étendre vers l’abdomen et les organes génitaux.

Anatomie des Voies Urinaires et Colique Néphrétique

Les voies urinaires jouent un rôle essentiel dans l’élimination des déchets du corps. Elles comprennent plusieurs organes :

  • Les reins : Organes en forme de haricot situés de part et d’autre de la colonne vertébrale, sous les côtes. Ils filtrent le sang pour éliminer les déchets et l’excès de liquide, formant ainsi l’urine.
  • Les uretères : Tubes étroits d’environ 25 à 30 cm qui transportent l’urine des reins vers la vessie. Leur étroitesse les rend vulnérables aux blocages causés par les calculs.
  • La vessie : Organe creux situé dans le bassin qui stocke l’urine jusqu’à ce qu’elle soit éliminée par l’urètre.

Formation des Calculs Rénaux

Les calculs rénaux se forment lorsque certains minéraux ou substances présentes dans l’urine se concentrent et cristallisent. Ces cristaux peuvent croître et former des calculs de tailles variables, allant de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Il existe plusieurs types de calculs rénaux :

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  • Les calculs de calcium : Les plus courants, formés généralement à partir de l’association du calcium avec l’oxalate ou le phosphate. Ils peuvent être dus à une consommation excessive de calcium, une absorption élevée d’oxalates ou des troubles métaboliques.
  • Les calculs d’acide urique : Ces calculs se développent lorsque les niveaux d’acide urique dans l’urine sont trop élevés, souvent à cause d’une alimentation riche en protéines animales ou en purines. Les personnes atteintes de goutte sont plus susceptibles de développer ce type de calcul.
  • Les calculs de cystine : Plus rares, ils sont liés à une maladie génétique appelée cystinurie, qui provoque une accumulation de cystine, un acide aminé, dans les urines. Les calculs de cystine sont souvent récurrents et nécessitent une surveillance médicale étroite.

Facteurs de Risque

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de formation de calculs rénaux. Les principales causes incluent :

  • Déshydratation : Un manque d’hydratation est l’un des principaux facteurs de risque. Boire insuffisamment d’eau augmente la concentration des minéraux dans les urines, facilitant ainsi la formation de cristaux. Pour éviter ce risque, il est essentiel de boire au moins 2 litres d’eau par jour, et davantage en cas de chaleur ou d’activité physique intense.
  • Alimentation déséquilibrée : Une alimentation riche en sel, en protéines animales, en sucre raffiné ou en oxalates (comme les épinards, le chocolat ou les noix) peut favoriser la formation de calculs. Adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et fibres, aide à réduire ce risque.
  • Conditions médicales spécifiques : Certaines maladies augmentent le risque de développer des calculs rénaux. L’hyperparathyroïdie, par exemple, entraîne un excès de calcium dans le sang, tandis que la goutte augmente les niveaux d’acide urique. Ces conditions nécessitent un suivi médical particulier pour prévenir la formation de calculs.

Hématurie et Colique Néphrétique : Un Lien Important

La présence de sang dans les urines, ou hématurie, est un symptôme fréquent associé à la colique néphrétique. Lorsqu'ils sont minuscules, les calculs rénaux peuvent être éliminés par les voies naturelles et parfois entraîner la présence de sang dans les urines. Elle est causée par le frottement du calcul contre les parois de l’uretère. L’hématurie correspond à la présence anormale de globules rouges dans les urines. Cette manifestation peut toucher aussi bien les hommes que les femmes, chez les personnes de tous âges. On distingue principalement deux types d’hématurie selon leur visibilité:

  • L’hématurie macroscopique désigne la présence de sang visible à l’œil nu. Cette coloration survient dès qu’une quantité suffisante de globules rouges teinte le liquide. C’est souvent ce choc visuel immédiat qui pousse les patients à consulter un spécialiste.
  • L’hématurie microscopique se définit par la présence de sang indétectable à l’œil nu. Son caractère invisible ne la rend pas moins sérieuse, bien au contraire. Les causes sont tout aussi variées et potentiellement graves que pour une hématurie visible.

Causes de l'Hématurie en Dehors de la Colique Néphrétique

Il est crucial de noter que l'hématurie peut avoir de nombreuses causes autres que la colique néphrétique, notamment :

  • Infections urinaires (cystites): Reste la cause la plus fréquente, surtout chez la femme.
  • Exercice intense: Il arrive aux coureurs de fond de voir apparaître du sang dans leurs urines au décours d’un effort intense comme un marathon. Cela s’explique principalement par une irritation de la vessie due aux secousses répétées à chaque foulée.
  • Affections de la prostate: Un cancer, une infection ou tout simplement une augmentation du volume de la prostate, encore appelée hypertrophie bénigne de la prostate, peuvent être responsables de saignements dans les urines.
  • Cancers des voies urinaires: L’hématurie est un des principaux symptômes : on la retrouve chez environ 90 % des patients.
  • Glomérulopathies: Certaines maladies rénales comme le syndrome d’Alport ou la maladie de Berger, peuvent également causer une hématurie.
  • Traumatismes: Le saignement est lié à une fracture du parenchyme rénal, à une atteinte des vaisseaux du rein, ou à une plaie de la vessie.

Quand S'Inquiéter et Consulter ?

La présence de sang dans les urines impose une consultation médicale systématique, même sans douleur. La présence visible de sang dans les urines (hématurie) déclenche souvent une inquiétude immédiate, pourtant ce symptôme révèle fréquemment des causes bien identifiées comme une cystite ou des calculs rénaux. Minimiser ce symptôme est une erreur fréquente. Distinguez la consultation rapide de l’urgence absolue. Ces symptômes indiquent parfois une obstruction des voies urinaires par un caillot ou une infection grave.

Vous devez vous rendre aux urgences si le saignement est accompagné de caillots sanguins, si vous êtes dans l’impossibilité totale d’uriner (rétention urinaire), ou si vous ressentez une douleur lombaire insupportable.

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Symptômes de la Colique Néphrétique

La colique néphrétique se manifeste principalement par une douleur aiguë, intense et soudaine, localisée dans la région lombaire, sous les côtes, et d’un seul côté du corps (gauche ou droit). Cette douleur, souvent comparée à celle d’un accouchement, peut irradier vers le bas de l’abdomen, l’aine, et les organes génitaux. La particularité de cette douleur est qu’elle ne s’atténue pas avec les changements de position et reste constante ou s’intensifie par vagues.

Outre la douleur intense, la colique néphrétique peut s’accompagner d’autres symptômes qui varient en fonction de la localisation et de la taille du calcul :

  • Hématurie : La présence de sang dans les urines, visible à l’œil nu (urines rouges ou rosées) ou détectée par une analyse, est fréquente.
  • Nausées et vomissements : L’intensité de la douleur peut provoquer des nausées, voire des vomissements.
  • Pollakiurie : L’envie d’uriner fréquemment, même avec de petites quantités, et une sensation d’urgence (urgenturie) peuvent survenir si le calcul est proche de la vessie.

La douleur, intense, se manifeste fréquemment d'une manière brutale, localisée d'abord derrière, au niveau des dernières côtes, d'un seul côté, celui où la petite pierre (calcul rénal ou lithiase) est en train de migrer. Puis, elle peut migrer vers l'abdomen et irradier vers les organes génitaux externes. Cette douleur parfois violente, évoluant par crise, s'accompagne souvent d'envies fréquentes d'uriner, de nausées et vomissements, d'une constipation, d'une anxiété et d'une agitation. Il peut y avoir du sang dans les urines. Mais, il n'y a habituellement pas de fièvre. Lorsqu'elle est accompagnée de fièvre, une infection urinaire associée doit être recherchée.

Diagnostic Médical de la Colique Néphrétique

Lors de la consultation, le médecin commence par interroger le patient sur ses symptômes, notamment la localisation, l’intensité, et la durée de la douleur. Il cherchera également à savoir si le patient présente d’autres symptômes tels que la présence de sang dans les urines, des nausées ou une diminution du volume urinaire. L’examen clinique permettra au médecin de repérer les zones douloureuses et d’évaluer l’état général du patient (signes de déshydratation, fièvre, etc.).

Examens Complémentaires

  • Analyses d’urine : Essentielles pour rechercher la présence de sang (hématurie) et détecter une infection associée.
  • Prise de sang : Permet de vérifier la fonction rénale (taux de créatinine) et de rechercher des signes d’inflammation ou d’infection (élévation des globules blancs).
  • Scanner sans injection (TDM) : L’examen de référence pour diagnostiquer une colique néphrétique. Il permet de localiser précisément le calcul, de mesurer sa taille et d’évaluer le degré d’obstruction dans l’uretère. C’est l’examen le plus fiable, capable de détecter même de petits calculs invisibles à l’échographie.
  • Échographie rénale : Souvent utilisée chez les femmes enceintes ou pour un diagnostic rapide, mais elle est moins précise que le scanner. Elle permet néanmoins de visualiser les reins et de détecter une dilatation (hydronéphrose) causée par un blocage des voies urinaires.
  • Examen cytobactériologique des urines (ECBU): L’analyse de référence. Cette analyse permet d’observer au microscope les globules rouges présents dans l’urine, de quantifier leur nombre et de détecter la présence éventuelle de bactéries.

Situations Urgentes Nécessitant une Intervention Médicale

  • Fièvre ou signes d’infection rénale : La présence de fièvre, associée à une douleur lombaire et des frissons, peut indiquer une infection des voies urinaires ou des reins (pyélonéphrite), qui, si elle n’est pas traitée rapidement, peut entraîner des complications graves comme une septicémie.
  • Anurie : Absence d’urine : L’anurie est l’incapacité à uriner, ce qui peut se produire lorsque le calcul bloque totalement le flux urinaire. Si les deux reins sont affectés ou en cas de rein unique, cette situation devient critique, car l’accumulation d’urine peut entraîner une insuffisance rénale aiguë.
  • Douleur intense résistante aux traitements médicamenteux : Dans certains cas, la douleur de la colique néphrétique peut être si intense qu’elle ne répond pas aux traitements antalgiques classiques. Cela peut nécessiter une intervention chirurgicale d’urgence ou l’administration de médicaments plus puissants, comme des opioïdes.

Traitement de la Colique Néphrétique

Le traitement de la colique néphrétique vise à soulager la douleur, à faciliter l’élimination du calcul et à prévenir les récidives.

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Soulagement de la Douleur

  • Antalgiques : Comme le paracétamol ou le tramadol, sont souvent utilisés en première intention pour soulager la douleur légère à modérée. En cas de douleur très intense, des médicaments plus puissants, tels que des opioïdes (morphine), peuvent être nécessaires.
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Comme l’ibuprofène ou le kétoprofène, sont particulièrement efficaces pour réduire la douleur de la colique néphrétique. Ils agissent en diminuant la production d’urine par le rein, ce qui réduit la pression dans les voies urinaires et soulage la douleur. Cependant, leur utilisation doit être surveillée, car ils peuvent entraîner des effets secondaires, notamment des troubles digestifs ou une insuffisance rénale en cas d’utilisation prolongée.
  • Traitement alphabloquant : Les alphabloquants, souvent prescrits pour les troubles de la prostate, peuvent être utilisés pour détendre les muscles de l’uretère et faciliter le passage du calcul.

Hydratation Contrôlée

L’hydratation est cruciale pour aider le calcul à s’éliminer naturellement. Cependant, pendant une crise de colique néphrétique, il est important de ne pas boire de grandes quantités d’eau d’un seul coup, car cela pourrait aggraver la douleur en augmentant la pression dans les reins. Il est conseillé de boire régulièrement de petites quantités d’eau pour favoriser l’écoulement des urines sans déclencher une douleur supplémentaire.

Traitement du Calcul

Une fois la crise de douleur soulagée, il convient de procéder au traitement de la cause c’est-à-dire du calcul qui obstrue l’uretère.

  • Surveillance : Certains calculs peuvent s’évacuer seuls. Dans ce cas, il convient de filtrer les urines, par exemple en urinant à travers une compresse de gaze ou un filtre à café. Cela permet de récupérer le calcul s’il s’évacue. En fonction de la taille du calcul, de sa localisation mais aussi de facteurs propres à chaque patient, l’urologue peut décider de laisser une chance au calcul de s’évacuer seul ou à l’inverse d’intervenir rapidement.

Options Chirurgicales

  • Sonde double J : Une solution temporaire en cas d’urgence. Elle consiste à insérer un petit tube en plastique entre le rein et la vessie, permettant ainsi aux urines de s’écouler normalement malgré la présence d’un calcul. Cette intervention est réalisée sous anesthésie générale et permet de soulager rapidement la douleur en réduisant la pression sur le rein.
  • Urétéroscopie : Une méthode endoscopique qui permet de traiter les calculs situés dans l’uretère ou le rein. Sous anesthésie générale, une fine caméra est insérée par les voies naturelles, remontant jusqu’à l’uretère. Une fois le calcul localisé, il peut être fragmenté avec un laser et retiré.
  • Lithotritie extracorporelle par ondes de choc (LEC) : Une méthode non invasive qui utilise des ondes de choc pour fragmenter les calculs rénaux. Ces ondes, envoyées à travers la peau, cassent le calcul en petits morceaux qui peuvent être éliminés naturellement par les urines. Plusieurs séances peuvent être nécessaires pour fragmenter complètement le calcul.
  • Néphrolithotomie percutanée : Une intervention plus invasive, réservée aux calculs de grande taille ou aux calculs compliqués. Elle consiste à faire une petite incision dans le dos pour accéder directement au rein et retirer le calcul.
  • Chirurgie ouverte : Une technique désormais rare, réservée aux cas les plus complexes, lorsque toutes les autres méthodes ont échoué ou lorsque les calculs sont particulièrement volumineux ou difficiles d’accès.

Prévention des Récidives

L’hydratation est l’un des moyens les plus efficaces. Une modification de vos habitudes alimentaires.

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