La colique néphrétique, causée par des calculs rénaux, peut être une expérience extrêmement douloureuse, nécessitant parfois une intervention médicale d'urgence. Il est donc essentiel de prendre des précautions, surtout lors de voyages en avion, où les conditions peuvent exacerber le risque de crises. Cet article vous fournira des conseils pour minimiser ce risque et voyager en toute sécurité.

Comprendre la colique néphrétique et les calculs rénaux

Les calculs rénaux sont des cristaux, le plus souvent constitués de calcium, qui se forment dans les reins. En France, 5 à 10% de la population souffriront d’une colique néphrétique au cours de leur vie. Certains calculs restent logés dans les reins, tandis que d’autres glissent dans l’uretère, provoquant une obstruction et une douleur intense. Les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes, principalement entre 30 et 50 ans, avec un risque de récidive de 70% dans les 10 ans suivant une crise. La présence de caillots dans les reins peut passer inaperçue et est souvent détectée lors d’une radio ou d’une échographie.

Préparation avant le voyage

Consultation médicale

Avant de partir, il est prudent de discuter de toutes ces questions, et notamment des conséquences d'un long voyage aérien, avec votre médecin traitant. Il est recommandé aux personnes ayant un historique de calculs rénaux ainsi qu’aux personnes voyageant beaucoup, de passer une échographie pour écarter la présence de calculs. Le départ est toujours un facteur de stress et peut entraîner des complications.

Trousse à pharmacie

La composition d'une trousse à pharmacie varie en fonction du voyage. Tout d'abord, il faut s'équiper de quoi faire face aux petits bobos, qui ont néanmoins vite fait de gâcher un voyage. Le tout facilement disponible, voyageant en bagage à main et non pas en soute, dans un simple sac de toile (pas dans une mallette, trop inconfortable). Il est important d'emporter :

  • Votre antalgique habituel : paracétamol (DOLIPRANE®, DAFALGAN®…).
  • Un pansement gastrique, utile en cas de gastro-entérite, de douleurs d’estomac.
  • Les médicaments éventuels que vous prenez au long cours : a priori n’espérez pas les trouver sur place.
  • Avoir sur vous les coordonnées de votre médecin et/ou du centre de médecine tropicale auquel vous avez eu recours avant le départ.
  • Pensez également à prendre vos médicaments avec vous : un anti-inflammatoire, un antalgique et un anti-spasmodique.

Assurance voyage

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Alimentation et hydratation

Dans les jours précédant le voyage, surveillez votre alimentation : éviter le sel, la viande, les charcuteries, les produits laitiers, les épinards, le chocolat les cornichons, autant d'aliments qui peuvent favoriser la fabrication de calculs rénaux.

Pendant le vol

Hydratation

En avion, l'atmosphère est extrêmement sèche (l’hygrométrie relative est inférieure à 10%) avec une altitude fictive de 1500 à 2500 m. La déshydratation est un facteur majeur de la formation de calculs. La règle numéro un est donc de boire. Boire de l'eau, beaucoup d'eau. «Au moins 2 litres d'eau par jour ! reprend le professeur Olivier Traxer, urologue spécialiste des calculs à l'hôpital Tenon (AP-HP). La quantité d'urine prévaut sur la qualité. Pour une bonne dilution, il faut en produire 2L par jour, ce qui équivaut à aller aux toilettes six à huit fois par jour.» Bien s'hydrater, est donc primordial.

Mouvement

Ne restez pas immobile pendant trop longtemps et levez-vous régulièrement pour marcher dans le couloir. Contre le risque de phlébite : desserrez vos vêtements (que vous aurez prévus amples), évitez les pantalons et chaussures serrés et déchaussez-vous en prévoyant une paire de sur-chaussette. Lorsque les déplacements fréquents sont impossibles, n’hésitez pas à pratiquer des exercices pour faire travailler successivement les différents groupes de muscles des membres inférieurs : ceux du pied, du mollet et de la cuisse, suivis de périodes de relâchement musculaire complet associées à une respiration lente et profonde.

Vêtements

Porter des vêtements amples et souples, le port de vêtements serrés au niveau du bassin et des hanches favorisant les infections urinaires.

Autres conseils

  • Éviter de consommer avant le vol des farineux, laitages ou boissons pétillantes.
  • Si vous êtes sujet au mal des transports : DRAMAMINE® (ou autre, NAUTAMINE®…) : 1 comprimé une demi-heure avant le départ, à répéter éventuellement 4 heures plus tard.

Après le vol

Dès votre arrivée, prévoyez un moment de repos, si possible avec les jambes surélevées.

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Alimentation et calculs rénaux : les recommandations générales

«Les calculs sont le résultat de la cristallisation de sels minéraux présents dans l'urine qui vont s'accumuler, grossir jusqu'à former un caillou. La douleur vient du fait que l'urine ne s'évacue plus et met en tension le rein, résume le professeur Michaël Peyromaure, chef du prestigieux service d'urologie de l'hôpital Cochin. La déshydratation est un facteur majeur de leur formation. La règle numéro un est donc de boire», insiste-t-il.

Calcium : ni trop ni pas assez

La majorité des calculs rénaux sont constitués d'oxalate de calcium. Faut-il donc supprimer le calcium de son alimentation pour les éviter ? «Surtout pas, répond Olivier Traxer. Car une restriction totale favorise aussi leur apparition. En clair, il n'en faut ni trop ni pas assez.» La bonne dose, «c'est 2 à 3 produits laitiers par jour, sous forme de lait, de fromage ou de yaourt», décrypte Michaël Peyromaure. Et si on déteste cela ? «Il faut dans ce cas chercher de l'eau minérale source de calcium. Boire 1 litre de Vittel, c'est l'équivalent d'un yaourt. La Contrex encore plus», relève Olivier Traxer.

Mollo sur le sel

Nous consommons en moyenne 10 g de sel par jour. C'est trop ! Six serait le grammage optimal pour rester en bonne santé. «Plus on en absorbe, plus il faut le rejeter. Or, pour éliminer le sel, le rein a besoin de calcium. Il élimine ainsi du calcium qui n'aurait pas dû l'être, qui va cristalliser et former des calculs», reprend l'urologue de Tenon. Il faut réduire sa consommation, éviter les bouillons dans l'eau de cuisson, la moutarde, les chips… De la même manière, il faut diminuer les aliments sucrés tels les sodas mais aussi les protéines animales qui doivent être consommées avec parcimonie. «Un seul repas par jour avec de la viande rouge, du poisson ou des oeufs», conseille Michaël Peyromaure.

Limiter certains aliments riches en oxalate

Autre recommandation : limiter (et non supprimer) les aliments riches en oxalate. Parmi eux, le chocolat noir mais aussi le thé, le poivre, la rhubarbe, les épinards, le chou. N'en déplaisent aux Alsaciens… «Le pire des plats est la choucroute, accuse Olivier Traxer. Vous avez du chou, des saucisses, du sel, tout pour former des calculs.»

Que faire en cas de crise pendant le vol ?

Si vous ressentez des douleurs intenses, typiques d'une colique néphrétique, pendant le vol, il est crucial d'agir rapidement :

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  1. Informez immédiatement le personnel de bord. Ils pourront vous fournir une assistance et, si nécessaire, contacter une équipe médicale au sol pour préparer votre prise en charge à l'atterrissage.
  2. Prenez les médicaments prescrits par votre médecin. Si vous avez des antalgiques, anti-inflammatoires ou antispasmodiques prescrits pour les crises, prenez-les selon les indications de votre médecin.
  3. Essayez de vous hydrater au maximum. Buvez de l'eau régulièrement pour aider à diluer l'urine et potentiellement faciliter l'évacuation du calcul.
  4. Adoptez une position confortable. Certaines positions peuvent aider à soulager la douleur. Essayez de vous pencher en avant ou de vous asseoir avec les genoux repliés.
  5. Évitez de paniquer. La panique peut augmenter la douleur. Essayez de vous détendre et de respirer profondément.

L'avion sanitaire : une option pour les cas complexes

Dans certains cas, notamment pour les personnes souffrant d'insuffisance rénale ou présentant un risque élevé de complications, un vol en avion sanitaire peut être la solution la plus sûre.

Qu'est-ce qu'un avion sanitaire ?

Un avion sanitaire est un appareil dédié au transport de patients nécessitant une prise en charge médicale continue ou complexe durant le vol. Il est équipé de matériel médical de pointe et pourvu d’un personnel soignant qualifié.

Avantages de l'avion sanitaire pour les patients souffrant de colique néphrétique ou d'insuffisance rénale

  • Cabine pressurisée réduisant les risques de déshydratation.
  • Civière permettant le transport allongé pour plus de confort.
  • Surveillance médicale constante par des professionnels de santé.
  • Présence d'équipements essentiels au bien-être du patient et matériel de soins intensifs à bord.

Quand envisager un avion sanitaire ?

  • Insuffisance rénale au stade terminal nécessitant une dialyse régulière.
  • Manque d'accès à des soins médicaux pendant le vol.
  • Difficultés à se déplacer en raison d'un œdème généralisé.
  • Voyages de longue durée causant une immobilisation prolongée.

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