La colique néphrétique, caractérisée par une douleur aiguë et intense, résulte souvent de la présence de calculs dans les voies urinaires. Ces calculs, ou lithiases urinaires, sont des masses solides formées de dépôts de minéraux et de sels présents dans l'urine. La lithiase rénale touche environ une personne sur dix et peut conduire à des douleurs dorsales intenses, s'étendant parfois jusqu'à l'intérieur des cuisses, lors de la migration des calculs. Heureusement, l'alimentation joue un rôle crucial dans la prévention et la gestion de ces crises douloureuses. Cet article explore en profondeur les liens entre colique néphrétique et alimentation, en fournissant des conseils pratiques pour prévenir la formation de calculs et gérer les crises.

Comprendre la Colique Néphrétique

Les coliques néphrétiques représentent 1 % des urgences hospitalières. Elles sont généralement causées par un blocage dans les voies urinaires, le plus souvent par un calcul rénal. Ce blocage empêche l'urine de circuler normalement, provoquant des spasmes dans l'uretère et une douleur intense. La douleur est souvent brutale et atteint rapidement son maximum d'intensité.

Les différents types de calculs rénaux

Il existe plusieurs types de calculs rénaux, chacun ayant des causes et des implications différentes :

  • Calculs de calcium : Les plus courants, ils sont formés de cristaux de calcium combinés à d'autres substances comme l'oxalate ou le phosphate. Environ 85 % des calculs sont composés de calcium.
  • Calculs d'acide urique : Ils se produisent lorsque l'urine est trop acide.
  • Calculs de struvite : Souvent associés à des bactéries productrices d'uréase qui modifient le pH de l'urine.
  • Calculs de cystine : Plus rares, ils sont causés par un trouble héréditaire appelé cystinurie.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer des coliques néphrétiques :

  • Facteurs génétiques : Un historique familial de calculs rénaux peut augmenter la susceptibilité. La génétique joue un rôle prépondérant, surtout chez ceux qui ont des niveaux d'acide urique élevés.
  • Hydratation insuffisante : Une faible consommation d'eau favorise la concentration des urines et la formation de cristaux.
  • Alimentation : Un régime riche en protéines animales, en sel et en sucres raffinés peut augmenter le risque.
  • Obésité et hypertension : La surcharge pondérale participe également au risque de développer des calculs rénaux.
  • Infections urinaires chroniques : Particulièrement chez les femmes et les individus avec une sonde vésicale.
  • Médicaments : La prise de certains médicaments peut créer la formation de cristaux.
  • Autres facteurs : Un long voyage, un séjour dans un climat chaud, une immobilisation prolongée ou une activité sportive sans hydratation adéquate peuvent également augmenter le risque.

Symptômes

Les symptômes des coliques néphrétiques incluent :

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  • Une douleur intense et soudaine, localisée généralement dans la région lombaire, au niveau des reins, et qui peut se propager vers le bas de l'abdomen et les organes génitaux.
  • Des nausées et des vomissements.
  • Des ballonnements.
  • Une fréquente envie d'uriner.
  • La présence de sang dans les urines (hématurie).
  • De l'anxiété et de l'agitation.

L'Alimentation : Un Pilier de la Prévention

L'alimentation joue un rôle prépondérant dans la prévention des calculs urinaires. Il est donc indispensable de faire attention à ce que l'on mange et à ce que l'on boit pour éviter que des calculs ne se forment. La courbe des lithiases urinaires évolue de façon parallèle au PIB d’un pays, signe que cette maladie est essentiellement due au mode de vie, et en premier lieu à l’alimentation.

Hydratation : La Règle d'Or

Plus l’urine est concentrée et plus le risque de fabriquer des cristaux est élevé. Boire suffisamment d'eau est essentiel pour prévenir la concentration des urines et éliminer les cristaux avant qu'ils ne deviennent volumineux.

  • Quantité : Buvez au moins deux litres d'eau par jour. Lorsqu’il fait chaud, ou lors d’activité sportive, il est nécessaire de boire davantage, au moins trois litres dans la journée. En tout cas assez pour excréter 2 litres par jour. Sachant qu’on urine environ 300 ml à chaque miction, cela veut dire, 6 à 8 passages aux toilettes par jour. Idéalement, les urines devraient rester pâles en toute circonstance.
  • Répartition : Ne négligez pas de boire le soir, afin d’éviter une concentration trop élevée des urines le matin. N’hésitez pas non plus à boire la nuit, si vous vous réveillez. En effet, on ne consomme pas d’eau la nuit et les urines se concentrent, favorisant la formation des calculs.
  • Type d'eau : Évitez les eaux minérales trop riches en sels minéraux (en particulier en calcium comme Contrex, Hépar ou Vittel). En cas de calcul d’oxalate de calcium, préférez des eaux à faible teneur en calcium (eau du robinet ou Volvic). Si c’est un calcul d’acide urique, choisissez plutôt une eau alcaline (comme Vichy St-Yorre). Les eaux pétillantes bicarbonatées sont bénéfiques en prévention des calculs uriques (urines acides).
  • Autres boissons : Un verre de jus d’orange tous les matins c’est presque un médicament. Vous pouvez également consommer des tisanes diurétiques pour vous hydrater.

Ajustements Alimentaires Généraux

Au-delà de l'hydratation, certains ajustements alimentaires peuvent réduire le risque de formation de calculs.

  • Protéines animales : Réduisez votre consommation de protéines. Plus la consommation de protéines animales (viande, poisson, œuf) est élevée, plus l’excrétion urinaire du calcium augmente. Cela acidifie en outre les urines. En pratique, 150 grammes quotidiens suffisent dans le cadre d’un régime équilibré. Un bon moyen pour respecter cette règle : prendre un seul repas carné par jour. Ne pas consommer de viande ou de poisson plus d’une fois par jour.
  • Sel : Réduisez votre consommation de sel. Le sel favorise l’excrétion de calcium dans les urines et donc la formation de cristaux d’oxalate de calcium. Ne resalez jamais un plat et évitez les charcuteries. Pas plus de 6 à 8 g par jour. Pour savoir si sa consommation est trop importante, il est possible de mesurer en laboratoire la quantité de sodium présente dans les urines de vingt-quatre heures.
  • Sucre : Limitez enfin la consommation de sodas, d’alcool et de sucres rapides. Les sucres raffinés peuvent également augmenter l’excrétion de calcium dans l’urine. Limiter les aliments riches en sucres raffinés et en acides gras saturés, car ils augmentent la production et la rétention d’acide urique.
  • Potassium : Privilégiez les aliments riches en potassium, qui réduit l’excrétion de calcium dans les urines et aide ainsi à prévenir les calculs. Banane, pomme de terre, avocat, concombre, tomate, abricot, poivron, pruneau et persil sont riches en potassium.
  • Magnésium : Le magnésium est un inhibiteur de la formation des cristaux. Si vous aimez les eaux magnésiennes, n’hésitez pas.

Conseils Spécifiques selon le Type de Calcul

L’analyse du calcul permet d’adapter le régime. Si vous avez des antécédents de calculs rénaux, l’analyse de ces derniers permet de connaître les substances à leur origine.

  • Calculs oxalocalciques : Si vous avez tendance à souffrir de calculs oxalocalciques, n'abusez pas des protéines (viandes et produits laitiers). Limitez les aliments riches en oxalate : cacao, chocolat noir, la plupart des fruits secs, asperges, rhubarbe, oseille, épinards et thé. En cas de calcul d’oxalate de calcium, préférez des eaux à faible teneur en calcium (eau du robinet ou Volvic).
  • Calculs d'acide urique : Si le calcul est composé d’acide urique, il faut alcaliniser les urines en buvant des eaux minérales riches en bicarbonates telles que Saint-Yorre, Vichy Célestins et Arvie, et réduire les apports en abats, protéines animales, haricots secs et poissons en boîtes. Limitez la consommation de charcuterie et de fruits de mer. Choisir plutôt une eau alcaline (comme Vichy St-Yorre).

Aliments à Surveiller

  • Oxalate : Le cacao et donc le chocolat noir figurent parmi les aliments les plus riches en oxalate. L’oxalate est la molécule qui, en se combinant avec le calcium, donne la majorité des calculs rénaux.
  • Calcium : Évitez aussi les eaux trop chargées en calcium, type Contrex ou Hépar. A contrario, il est inutile de suivre un régime trop restreint en calcium, car il y a un risque de déminéralisation osseuse.
  • Protéines animales : Si vous avez tendance à souffrir de calculs oxalocalciques, n'abusez pas des protéines (viandes et produits laitiers).

Gestion Médicale et Traitements

Au-delà des mesures diététiques, le médecin organise un suivi médical pour évaluer la croissance ou la formation de nouveaux calculs.

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Traitements Médicaux

  • Diurétiques : Certains diurétiques (notamment l’hydrochlorothiazide et l’indapamide) ont une efficacité démontrée dans la prévention des calculs oxalocalciques récidivants.
  • Allopurinol et fébuxostat : L’allopurinol (ZYLORIC et ses génériques) est un traitement de fond des lithiases urinaires chez les personnes qui ont tendance à avoir trop d’acide urique dans le sang. Le fébuxostat (ADENURIC et ses génériques) qui diminue les taux d’acide urique dans le sang peut également être utilisé dans certains cas.
  • Citrate de potassium et trométamol : Le citrate de potassium (FONCITRIL) est un alcalinisant urinaire utilisé pour diminuer l’acidité des urines dans le cas de calculs d’urate ou oxalocalciques. Le trométamol (ALPHACOR) est un autre alcalinisant urinaire utilisé pour prévenir les lithiases uriques.
  • D-pénicillamine : Les personnes qui souffrent de calculs composés de cystine peuvent bénéficier d'un traitement spécifique, la D-pénicillamine (TROLOVOL).

Effets Indésirables des Médicaments

Il est important de noter que certains médicaments peuvent avoir des effets indésirables :

  • Allopurinol : Peut exposer à des éruptions cutanées, parfois graves.
  • Fébuxostat : Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), cutanés et des maux de tête. Une récente étude montre que le traitement par fébuxostat expose à un risque accru de mortalité chez les patients ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires majeures.

Surveillance Médicale

Un mois après la crise de colique néphrétique, il est souhaitable de consulter un urologue ou un néphrologue pour faire un bilan plus complet. Il est également conseillé de se faire aider par un(e) diététicien (ne) pour mettre en œuvre des conseils alimentaires salvateurs.

Que faire en cas de crise ?

En cas de colique néphrétique, une prise en charge rapide est essentielle pour calmer la douleur.

  • Consultation médicale : Lorsque les mesures de base ne suffisent pas, une consultation médicale est nécessaire.
  • Médicaments : Le traitement pourra inclure des anti-inflammatoires non stéroïdiens pour réduire l’inflammation, ou, dans les cas les plus douloureux, une injection de morphine.
  • Hydratation : Bon à savoir : il est recommandé de ne pas trop boire durant la crise, afin de ne pas augmenter la pression dans le rein malade. En dehors de l’épisode de crise, il est conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour, voire davantage, pour faciliter l’élimination du calcul et prévenir les nouvelles formations.

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