La colique hépatique est une douleur abdominale aiguë, souvent intense, qui survient lorsque les voies biliaires sont obstruées, généralement par des calculs biliaires. Bien que la douleur puisse être alarmante, elle est généralement temporaire et, dans la plupart des cas, ne provoque pas de complications graves. Cet article vise à fournir une compréhension complète de la colique hépatique, y compris ses causes, ses symptômes, son diagnostic et ses options de traitement.

Introduction

Vous aimez les repas de famille et autres banquets agréables, mais un problème : une douleur vive vous empêche de profiter de la fin de journée. Votre corps vous signale qu'il ne parvient pas à suivre vos velléités en matière d'hédonisme culinaire. Pas de panique : si ces douleurs par leur intensité vous inquiètent, elles cesseront d'elles-mêmes et dans la majeure partie des cas n'engendrent pas de complications.

Qu'est-ce que la colique hépatique ?

La colique hépatique est une crise douloureuse due à l’obstruction transitoire du canal cystique ou du canal cholédoque par un calcul (ou lithiase) biliaire. Les cellules du foie produisent en continu un liquide jaunâtre : la bile. Il est acheminé par des canaux jusqu’à la vésicule biliaire où il est stocké. La bile participe à la digestion des graisses grâce aux acides biliaires qu’elle contient. La vésicule est la poche située sous votre foie, qui stocke la bile. Lorsqu’elle est stimulée, en particulier en postprandial, elle se contracte pour faire passer la bile et permettre la digestion des aliments. En cas de calcul biliaire, elle peut le pousser vers le canal cystique et l’obstruer temporairement, ce qui augmente la pression au sein de la vésicule et provoque la douleur.

Causes de la colique hépatique

La cause la plus fréquente de la colique hépatique est la présence de calculs biliaires. Ces calculs se forment à partir du cholestérol et des pigments biliaires. Ils sont très courants puisqu’on estime qu’une personne sur 4 après 50 ans développe ces lithiases biliaires. Ces calculs se forment plus fréquemment lorsque l’on vieillit car la vésicule biliaire se contracte moins bien avec le temps.

Plusieurs facteurs favorisent l’augmentation de la concentration biliaire en cholestérol avec une précipitation chimique sous forme de calculs insolubles. Il peut s’agir d’un excès de sécrétion biliaire de cholestérol (origine génétique, grossesse), d’un défaut de sécrétion biliaire des composés qui permettent de rendre le cholestérol soluble (diminution de certains lipides par exemple, dans le cadre d’une mutation génétique) ou des sels biliaires du fait d’une résection ou d’une maladie de l’iléon. Enfin, il peut s’agir également d’une rétention ou d’une motricité insuffisante de la vésicule biliaire du fait de facteurs favorisants (grossesse, obésité, perte de poids, jeûne, âge avancé).

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Les personnes à risque de colique hépatique sont celles sujettes aux calculs biliaires. Les femmes sont plus fréquemment touchées essentiellement en cas de surcharge pondérale et parfois en cas de prise de pilule contraceptive ou en cas d'antécédents familiaux de lithiase. Puisqu’il s’agit de caillot de cholestérol, le diabète, surpoids et obésité sont les principaux facteurs déclenchants. Les femmes sont plus touchées que les hommes en raison des œstrogènes et de leur impact sur le cholestérol. L’âge altère la faculté de la vésicule à se contracter donc à expulser la bile.

Types de calculs biliaires

Il existe différents types de calculs biliaires :

  • Calculs cholestéroliques: Ils représentent 80 % des calculs. Plusieurs facteurs favorisent l’augmentation de la concentration biliaire en cholestérol avec une précipitation chimique sous forme de calculs insolubles.
  • Calculs pigmentaires: 20 % des calculs biliaires sont dits pigmentaires, c’est-à-dire liés à une augmentation de la quantité des pigments biliaires (bilirubine) dans la bile, le plus souvent en raison d’une hémolyse chronique.
  • Lithiase biliaire mixte: Dans la lithiase biliaire mixte, les calculs biliaires sont de deux sortes : pigmentaires et cholestéroliques.

Symptômes de la colique hépatique

Le symptôme le plus typique est la colique hépatique. Elle est due à la mise en tension brutale des voies biliaires, par blocage transitoire d’un calcul, soit dans le canal cystique, soit dans la voie biliaire principale. La douleur d’une crise de colique hépatique est bien spécifique, brutale, violente, irradiant en hémi ceinture vers l’arrière de l’abdomen et/ou en bretelle vers l’épaule droite. La douleur est située en haut et à droite de l’abdomen, sous les côtes, pouvant irradier entre les omoplates ou dans l’épaule. Elle s’intensifie rapidement et devient constante, obligeant souvent à cesser toute activité. La colique hépatique dure de 30 minutes à quelques heures. Elle survient généralement après un repas copieux et souvent gras.

Le blocage passager de la vésicule biliaire se manifeste par une douleur abdominale soudaine crampiforme localisée à l’hypochondre droit, à l’épigastre ou dans la région sous-sternale irradiant jusqu’à l’omoplate. L’intensité douloureuse de la crise colique est plus ou moins forte selon la localisation du calcul : canal cystique ou canal cholédoque, et s’il est associé à une obstruction complète. Cette sensation de “coup de poignard” survient typiquement après un repas riche en graisse ou la nuit. Elle dure en moyenne une trentaine de minutes, voire quelques heures et s’accompagne parfois de nausées et/ou de vomissements.

La colique hépatique se présente sous la forme de douleur postprandiale, après les repas, en regard du foie, vers l'hypochondre droit. La douleur se transfixe en hémiceinture et peut irradier au niveau du dos et jusque dans les omoplates et au niveau des épaules.

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Diagnostic de la colique hépatique

C’est bien entendu le médecin qui pose le diagnostic. Même si vous pensez pouvoir vous passer de la consultation une fois la douleur disparue, il est important de consulter un médecin. Vous aurez le double bénéfice de pouvoir prévenir les récidives, ainsi que de vérifier que les cailloux n’ont rien endommagé.

En premier lieu, puisque la très grande majorité des lithiases vésiculaires sont asymptomatiques, nombre d’entre elles sont détectées par hasard lors d’un examen de routine ou effectué pour une autre raison. Certaines en revanche vous alerte par leur douleur brève mais aiguë.

Le diagnostic est suspecté à l'état clinique en raison des symptômes et des caractéristiques de la douleur. Une échographie permettra alors de mettre en évidence des calculs dans la vésicule biliaire ou une vésicule biliaire distendue. Afin de confirmer la colique par la présence de calculs, une échographie abdominale est nécessaire.

En cas de symptômes, il est urgent de prendre en charge la personne touchée. Tout d'abord, le médecin réalise un examen clinique par un interrogatoire du patient (concernant la nature des symptômes ainsi que ses antécédents personnels et familiaux). Le médecin palpe l'abdomen (au niveau de la région épigastrique et sous les côtes). Le diagnostic de la colique hépatique repose sur les symptômes et un examen par votre chirurgien avec une douleur provoquée de l’Hypocondre droit.

Traitements de la colique hépatique

Le traitement de la colique hépatique vise à soulager la douleur et à prévenir les récidives.

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Traitement symptomatique

Bien entendu, le médecin vous prescrira des antidouleurs (antalgiques et antiinflammatoires) et autres anti-vomitifs pour prendre en charge les symptômes et vous soulager. En cas de colique hépatique, le médecin prescrit des antalgiques, anti-inflammatoires et antispasmodiques. Pendant la crise, on essaie d'abord de rester à jeun. Un traitement à base d'antispasmodiques comme le Spasfon® est prescrit pour permettre de relâcher la musculature de la paroi de la vésicule.

Lorsqu’une crise de colique biliaire se déclenche, le traitement pour soulager la douleur repose sur des antalgiques (AINS) ou certains antispasmodiques. Si le soulagement est insuffisant, les antalgiques opiacés ou morphiniques peuvent être prescrits par le médecin.

Traitement des causes

Pour ce qui est des traitements des causes, cela se fera au cas par cas. En cas de symptômes, le médecin prescrit tout d'abord un médicament pour soulager la douleur. Un traitement chirurgical est ensuite envisagé, parfois en urgence en cas de complications.

  • Ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie): Enfin, si les coliques hépatiques deviennent chroniques, vous pouvez opter pour un retrait de la vésicule biliaire. Cela vous soulagera durablement, d’autant plus que vivre sans vésicule n’a pas un impact trop important sur votre corps (éventuellement des selles plus liquides, que le médecin pourra contrer à l’aide d’un médicament). L'ablation de la vésicule biliaire (cholécystectomie) est le seul traitement durablement efficace contre les crises de coliques biliaires. Ce traitement chirurgical nécessite généralement de faire trois petites incisions dans la paroi du ventre (technique laparoscopique). Cette intervention courante et peu traumatisante n’entraîne aucun trouble particulier car, en l’absence de vésicule biliaire, la bile continue à s’écouler dans l’intestin. Par la suite aucun régime spécial n’est requis, sauf chez de rares personnes qui ont tendance à avoir des selles molles. L'ablation de la vésicule biliaire pourra être indiquée quand les calculs se situent au niveau de la vésicule. Le traitement est chirurgical, il repose sur la cholécystectomie par laparoscopie (ablation de la vésicule biliaire). Ce traitement est non urgent et vise à supprimer les crises douloureuses. Les principaux risques de cette intervention sont l’infection post-opératoire, l’hématome, les plaies des voies biliaires. Il n’y a donc pas de régime à suivre après cette intervention.
    • Cholécystectomie sous cœlioscopie: Bonne nouvelle à ce propos : l’opération prioritaire est peu invasive puisqu’un s’agit de petites entailles par lesquelles le médecin passe des fibres optiques, réalisée en chirurgie ambulatoire. La cholécystectomie sous cœlioscopie permet d’ôter la vésicule biliaire avec une ouverture très limitée de l’abdomen. L’hospitalisation est alors de courte durée ( souvent en chirurgie ambulatoire) et le retour à domicile se fait le jour même. Les suites opératoires et la convalescence sont aussi très courtes.
    • Cholécystectomie par laparotomie: La cholécystectomie par laparotomie est plus invasive. Elle est pratiquée lorsque la cœlioscopie est contre-indiquée. La laparotomie consiste en ouverture de la paroi abdominale sous les côtes pour enlever les calculs. À la fin de l'intervention, une fois la vésicule biliaire enlevée, le chirurgien vérifie l’absence de calcul dans les canaux biliaires.
  • Cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE): La cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) permet de retirer un calcul bloqué dans le canal cholédoque. En effet, cette intervention, d’une durée de 30 à 60 minutes et sous contrôle radiographique, consiste à aller chercher le calcul à l’aide d’un petit tube en passant par les voies naturelles (par la bouche jusqu’au duodénum). Une autre intervention - la cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) - est une technique qui associe un endoscope aux rayons X pour observer et surtout traiter la lithiase et les maladies affectant les canaux biliaires et le canal pancréatique. Elle permet d’enlever des calculs à l’aide de ballonnets ou de paniers, après réalisation d’une sphinctérotomie dans le même temps de l’anesthésie générale.
  • Médicaments pour dissoudre les calculs: Lorsque le patient n'est pas opérable, le médecin peut proposer un médicament contenant de l'acide ursodésoxycholique, un acide biliaire. Ces médicaments visent à dissoudre les calculs de la vésicule biliaire. Ils ne sont efficaces que si les calculs sont de petite taille et seulement composés de cholestérol. En cas de contre-indication chirurgicale, on peut essayer de dissoudre les calculs à l’aide d’un médicament : l’acide ursodesoxycholique.

Prévention

S’ils vous occasionnent des douleurs abdominales, la première chose à mettre en place est de suivre un régime alimentaire sain qui sera le premier remède naturel : pauvre en graisses, sucre et sel, et riche en fibres. A éviter donc les aliments riches à chaque repas si vous êtes très gourmand. La pratique d’une activité sportive est aussi très efficace et recommandée. C’est le moment de tester la dernière activité à la mode ou ce sport dont vous rêviez depuis longtemps !

Complications possibles

Une lithiase biliaire peut entraîner plusieurs complications, dont deux principales, à commencer par l’inflammation de la vésicule biliaire (cholécystite aiguë). Celle-ci est due à une obstruction prolongée par un calcul du canal cystique (le canal d’évacuation de la vésicule biliaire), avec à la clé une forte fièvre, jusqu'à 40 °C avec frissons, ainsi que des douleurs de type colique hépatique. Lorsque la lithiase biliaire bloque les voies biliaires inférieures, l’évacuation des canaux pancréatiques peut être perturbée, à l’origine d’une inflammation du pancréas (pancréatite aiguë) et de vives douleurs. Complication moins fréquente de la lithiase biliaire, l’angiocholite est une infection des canaux biliaires. Une infection au-dessus d’un calcul coincé dans le canal cholédoque en est le plus souvent responsable.

La colique hépatique est davantage un symptôme qu’une maladie. Les complications de la colique hépatique sont celles du calcul biliaire qui en est la cause.

Vivre sans vésicule biliaire

On peut très bien vivre sans vésicule biliaire, qui n’est qu’un organe de stockage. Aucune restriction alimentaire n’est préconisée. En l’absence de vésicule biliaire, la bile continue à s’écouler dans l’intestin. Par la suite aucun régime spécial n’est requis, sauf chez de rares personnes qui ont tendance à avoir des selles molles.

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