Les coliques du nourrisson sont un sujet de préoccupation majeur pour de nombreux parents. Ces épisodes de pleurs intenses et inconsolables peuvent être déconcertants et épuisants. Cet article vise à fournir une information complète sur les coliques, leurs causes possibles, les moyens de les soulager et leur durée habituelle.
Définition et symptômes des coliques
Les coliques du nourrisson se manifestent par des crises de pleurs excessifs, d'irritabilité et d'agitation chez un bébé par ailleurs en bonne santé. Ces crises surviennent généralement quelques semaines après la naissance. Environ 20 % des nourrissons sont touchés par ce phénomène. Les symptômes typiques incluent :
- Pleurs intenses et prolongés : Les épisodes de pleurs peuvent durer plusieurs heures et se produisent souvent à la même heure chaque jour, généralement en fin d'après-midi ou en début de soirée, souvent après un repas (tétée ou biberon).
- Agitation et inconfort : Le bébé peut sembler agité et difficile à calmer. Il peut se tortiller, fléchir ses jambes, serrer ses poings et devenir tout rouge.
- Gaz et ballonnements : Le bébé peut montrer des signes de ballonnements, se tortillant ou pliant ses jambes vers le ventre. L'émission de gaz peut parfois le soulager.
- Difficulté à s'alimenter : Pendant les crises, le nourrisson peut sembler refuser de s'alimenter. Cependant, cet état doit rester temporaire et de courte durée. Si l'enfant ne retrouve pas son appétit en dehors des crises ou si la crise est trop longue, il est important d'en parler à un médecin.
- Sommeil perturbé : Les coliques peuvent perturber le sommeil du bébé, le faisant se réveiller plus fréquemment la nuit ou avoir du mal à s'endormir.
- Inconfort après les repas : Le bébé peut se sentir particulièrement mal à l'aise après avoir été nourri, pleurant et montrant des signes d'irritabilité.
Causes potentielles des coliques
Les causes exactes des coliques restent mal comprises, mais plusieurs facteurs peuvent y contribuer :
- Immaturité du système digestif : Le système digestif du nourrisson est encore en développement et peut avoir du mal à digérer certains nutriments, notamment le lactose. Cela peut provoquer gaz et ballonnements. L'immaturité intestinale est la cause la plus fréquemment évoquée. Durant les premiers mois, l'intestin produit moins d'enzymes digestives, ce qui peut ralentir la digestion du lait et provoquer des fermentations responsables de gaz et de ballonnements.
- Déglutition d'air : Une alimentation trop rapide peut amener le bébé à avaler trop d'air pendant la tétée, contribuant aux ballonnements et à l'émission de gaz douloureuse.
- Sensibilités ou intolérances alimentaires : Certains bébés peuvent être sensibles à des composants de leur alimentation, comme les protéines de lait de vache (allergie aux protéines de lait de vache). Pour les bébés allaités, certains aliments consommés par la mère (produits laitiers, choux de Bruxelles, légumineuses, aliments épicés) peuvent influencer la composition du lait maternel et déclencher des réactions chez le nourrisson.
- Surcharge émotionnelle et tension : Les nourrissons sont de véritables éponges émotionnelles. Un trop-plein de stimulations durant la journée, l'anxiété des parents, ou simplement le besoin d'évacuer les tensions accumulées peuvent se manifester par des pleurs intenses en fin de journée. Le système nerveux du bébé encore immature peine parfois à réguler ces surcharges sensorielles. La piste psychologique est parfois évoquée, les coliques étant la conséquence d’une tension nerveuse trop intense : le nouveau-né aurait emmagasiné trop d’émotions et d’informations durant la journée, durant laquelle il a été sollicité. Ses pleurs vespéraux seraient une façon pour lui de se décharger émotionnellement, de « vider son sac ».
- Déséquilibre de la flore intestinale : Des recherches récentes suggèrent qu'un déséquilibre de la flore intestinale pourrait jouer un rôle dans l'apparition des coliques.
Durée des coliques
Les coliques apparaissent généralement vers l'âge de 4 semaines et disparaissent spontanément vers l'âge de 3 à 4 mois dans la plupart des cas. Cependant, dans certains cas, elles peuvent durer jusqu'à 6 mois. Le pic des épisodes de pleurs intervient généralement autour de 6 à 8 semaines. La bonne nouvelle pour les parents est que ces épisodes s'estompent naturellement entre le 3e et le 4e mois. À ce stade, la flore intestinale du bébé arrive à maturité, son système digestif gagne en efficacité, et il gère mieux l'absorption et la digestion du lait. Les maux de ventre de bébé de 4 mois sont généralement en nette amélioration. Certains nourrissons peuvent connaître une disparition plus progressive des symptômes, s'étendant jusqu'au 6e mois, mais ce cas reste exceptionnel.
La durée d'une crise individuelle peut s'étendre sur 2 à 3 heures, parfois plus lors des pics d'intensité. Ces moments intenses surviennent généralement aux mêmes moments de la journée, particulièrement en fin d'après-midi ou en début de soirée. Ces crises se manifestent au moins 3 fois par semaine pendant plusieurs semaines consécutives. Du début des symptômes (vers 2-3 semaines) jusqu'à leur disparition (vers 3-4 mois), vous traverserez environ 2 à 3 mois d'épisodes coliques.
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Comment soulager les coliques de bébé ?
Bien qu'il n'existe pas de traitement médicamenteux miracle, plusieurs approches peuvent aider à soulager l'inconfort de votre bébé :
- Techniques d'alimentation :
- Assurez-vous que votre bébé tète correctement si vous allaitez ou qu'il prend le biberon de manière adéquate, c'est-à-dire avec la tétine bien en bouche, et le biberon incliné.
- Évitez de nourrir votre bébé trop rapidement pour réduire la quantité d'air qu'il avale.
- Faites faire un rot à votre bébé après chaque tétée ou biberon.
- Fractionnez les prises alimentaires en augmentant leur fréquence.
- Positions et mouvements :
- Allongez votre bébé sur le ventre (sur votre lit, la table à langer ou un coussin d’allaitement) après la tétée ou le biberon, si vous allaitez bébé. En bougeant les jambes, bébé va exercer une faible pression contre son ventre qui fera office de massage et pourra lui faire le plus grand bien.
- Portez votre bébé sur vos avant-bras : placez votre bébé le ventre posé sur vos avant-bras croisés, avec, d’un côté, la tête et, de l’autre, les jambes à califourchon.
- Bercez doucement votre bébé dans vos bras, dans un landau ou utilisez un siège à bascule pour apporter du réconfort.
- Utilisez une écharpe de portage pour garder bébé contre vous. La position physiologique adoptée par votre bambin dans l’écharpe (les jambes sont légèrement relevées) pourra l’aider à soulager ses douleurs intestinales et à expulser les gaz éventuels.
- Massages :
- Massez doucement le ventre de votre bébé dans le sens des aiguilles d'une montre.
- Pliez doucement une de ses jambes (puis étirez la jambe tout doucement) tout en massant l'abdomen de bébé.
- Chaleur : Appliquez une compresse chaude ou utilisez un coussin chauffant spécialement conçu pour les bébés sur le ventre de votre bébé. Assurez-vous que la chaleur n'est pas trop intense et surveillez attentivement votre bébé pendant le processus.
- Environnement :
- Créez un environnement paisible en réduisant les stimuli tels que les lumières vives et les bruits forts, surtout le soir.
- Mettez en place des journées bien structurées, avec des repas et des temps de sommeil à heures fixes.
- Autres :
- L’administration d’une tétine ou le fait de téter le petit doigt d’un parent (à condition qu’il ait été correctement lavé, savonné et rincé) peut aider à calmer bébé.
- Certaines études montrent que l’administration, au biberon et à température ambiante, d’une tisane à la camomille et au fenouil peut aider à réduire les coliques. Attention, le dosage de ces infusions est important. Rapprochez-vous de votre professionnel de santé si vous souhaitez en donner à votre enfant.
- Si vous n’allaitez pas : il existe des biberons anti-colique spéciaux qui évitent d’avaler trop d’air. Ceux de MAM, avec leur système breveté de base aérée, ont démontré scientifiquement leur bienfait : 80 % des mères utilisant les biberons anti-colique MAM ont noté une amélioration ou une diminution des pleurs et des coliques lors d’une étude.
- Dans le cas d’un enfant allaité, la mère peut temporairement diminuer tous les aliments qui ont tendance à fermenter et à provoquer des gaz et ballonnements (les légumes secs, les choux…). Dans le cas d’un enfant nourri au biberon, il ne faut pas entamer une valse de laits en multipliant les essais, ce qui n’aurait pour effet que de déstabiliser le tout-petit. En revanche, vous pouvez choisir un biberon et une tétine conçus pour diminuer l’aérophagie.
Quand consulter un médecin ?
Bien que les coliques soient généralement bénignes, il est important de consulter un médecin dans les cas suivants :
- Pleurs excessifs et inconsolables qui ne s'améliorent pas malgré vos efforts.
- Changement dans les habitudes alimentaires, difficultés à s'alimenter, vomissements, diarrhées ou sang dans les selles.
- Problèmes de sommeil importants.
- Signes de détresse physique tels que fièvre, selles anormales, vomissements fréquents ou ventre douloureux.
- Inconfort extrême et difficulté à calmer le bébé.
- Inquiétudes parentales concernant la santé ou le bien-être du bébé.
- Crises de pleurs incessantes qui commencent dès la première semaine de vie, ou ne s’arrêtent pas après le 5ème/6ème mois
N'hésitez pas à consulter un professionnel de la santé si vous avez des inquiétudes. Ils sont là pour vous aider à évaluer la situation, à écarter toute cause sous-jacente et à vous fournir des conseils pour gérer les coliques de votre bébé.
Importance du soutien aux parents
Les coliques peuvent être une source de stress et d'épuisement pour les parents. Il est crucial de rechercher un soutien émotionnel auprès de votre partenaire, de vos amis, de votre famille ou d'un groupe de soutien pour parents. N'hésitez pas à demander de l'aide pour prendre des pauses et vous reposer. Les centres de PMI sont des lieux d’accueil parfaits. On y trouve des puériculteurs diplômés qui connaissent les problèmes liés aux pleurs excessifs du nourrisson et offrent aux parents désemparés une aide et un soutien professionnels. Vous pouvez également faire appel à votre pédiatre dans cette situation éprouvante! L’important est de ne jamais secouer le bébé, car son cou/sa nuque et son cerveau sont très fragiles et cela pourrait provoquer, dans le pire des cas, une hémorragie cérébrale.
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