Le syndrome du côlon irritable (SCI), également appelé colopathie fonctionnelle ou intestin irritable, est un trouble fonctionnel courant qui affecte le système digestif. Il se caractérise par des douleurs abdominales récurrentes et des troubles du transit intestinal, tels que la diarrhée, la constipation ou une alternance des deux. Bien que le SCI ne mette pas la vie en danger, il peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie.

Qu'est-ce que le syndrome du côlon irritable ?

Le syndrome du côlon irritable (SCI), également connu sous le nom de syndrome de l'intestin irritable (SII), est un trouble gastro-intestinal chronique qui affecte le côlon (gros intestin). Il est caractérisé par une combinaison de symptômes, notamment des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz, de la diarrhée et de la constipation. Le SCI est un trouble fonctionnel, ce qui signifie qu'il n'y a pas d'anomalie structurelle ou biochimique détectable dans le côlon.

En France, une personne sur dix est atteinte du syndrome de l’intestin irritable. Aussi connu sous le nom de syndrome du côlon irritable, ou colopathie fonctionnelle, ce trouble est à l’origine de troubles digestifs particulièrement gênants au quotidien.

Symptômes du syndrome du côlon irritable

Les symptômes du SCI peuvent varier d'une personne à l'autre et peuvent fluctuer en intensité au fil du temps. Les symptômes les plus courants comprennent :

  • Douleurs abdominales : Les douleurs abdominales sont un symptôme central du SCI. Elles peuvent être ressenties comme des crampes, des spasmes, des torsions ou des brûlures. La douleur est souvent soulagée après la défécation. Les douleurs (spasmes, torsions, parfois brûlures) sont souvent au premier plan, d’intensité variable chez une même personne, très fréquemment associées aux ballonnements. Elles peuvent siéger partout dans l’abdomen, principalement autour du nombril (région péri-ombilicale, dans les flancs et les fosses iliaques, la région pelvienne…) ou même être une douleur en cadre c’est-à-dire qui suit le trajet du côlon.
  • Troubles du transit intestinal : Les troubles du transit intestinal sont également fréquents dans le SCI. Ils peuvent se manifester par de la diarrhée, de la constipation ou une alternance des deux.
  • Ballonnements et gaz : Les ballonnements et les gaz sont des symptômes courants du SCI. Ils peuvent être causés par une production excessive de gaz dans l'intestin ou par une sensibilité accrue aux gaz intestinaux. Les patients touchés décrivent aussi un inconfort (ballonnements, gaz en excès…) ou des douleurs abdominales (crampes, torsions, brûlures…). Lors de troubles du microbiotes, des gazs peuvent être produits en excès et être associés à une micro-inflammation viscérale.
  • Autres symptômes : D'autres symptômes peuvent également être associés au SCI, tels que la fatigue, les nausées, les maux de tête et les douleurs musculaires.

Causes du syndrome du côlon irritable

Bien que les causes exactes du SCI ne soient pas entièrement comprises, plusieurs facteurs peuvent contribuer à son développement. Ces facteurs comprennent :

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  • Anomalies de la motilité intestinale : Des anomalies dans la façon dont les muscles de l'intestin se contractent et se détendent peuvent entraîner des troubles du transit intestinal. Les troubles de la motricité au niveau de l’intestin grêle et du côlon sont à l’origine d’une accélération ou d’un ralentissement du transit.
  • Hypersensibilité viscérale : Les personnes atteintes du SCI peuvent avoir une sensibilité accrue aux sensations dans l'intestin, ce qui peut entraîner une perception accrue de la douleur et de l'inconfort. L’intestin est aussi souvent trop sensible à son contenu (gaz et selles), d’où des sensations désagréables et d’inconfort qui ne sont normalement pas perçues.
  • Inflammation : Une inflammation de bas grade dans l'intestin peut contribuer aux symptômes du SCI.
  • Facteurs psychologiques : Le stress, l'anxiété et la dépression peuvent aggraver les symptômes du SCI. L’anxiété, le stress ou une exposition régulière à des événements stressants, d’authentiques syndromes axio-dépressifs, une histoire d’évènement de vie douloureux (divorce, deuil, abus sexuel) peuvent déclencher le syndrome et/ou accentuer les symptômes.
  • Facteurs génétiques : Il existe des preuves que les facteurs génétiques peuvent jouer un rôle dans le développement du SCI. Des cas d’agrégations familiales ont été repérés, ce qui plaide en faveur d’une composante génétique. En effet, le SCI touche fréquemment des individus d’une meme famille, sous-tendant l’hypothèse d’une origine génétique (ainsi que celles concernant les facteurs environnementaux).
  • Troubles du microbiote (ou flore) intestinal. Les bactéries du colon semblent jouer un rôle important sur les troubles gastro intestinaux. Des études ont démontré que le microbiote fécal (présent dans les selles) des personnes atteintes du SCI diffère considérablement de celui des individus non atteints. On considère qu’il peut influencer le transit colique et contribuer ainsi à modifier les habitudes intestinales facilitant l’apparition des symptômes du syndrome du colon irritable. A ces troubles de la sensibilité intestinale retrouvés chez 60 % des malades, s’ajoutent parfois des anomalies des mécanismes de contrôle de la douleur viscérale au niveau du système nerveux central ainsi qu’un déséquilibre dans la composition de la flore bactérienne intestinale (microbiote). On parle alors de dysbiose, observée chez deux tiers des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.
  • Antécédents d’infections entérique aiguë. Les symptômes de ces infections peuvent durer de nombreuses années (parfois meme plus de 10 ans) et semblent associés aux autres facteurs ci-dessous. Des associations avec le SCI ont même été faites avec des infections à des virus particuliers . En effet, les infections gastrointestinales, même bénignes, multiplient par deux à trois le risque de syndrome de l’intestin irritable.
  • Le sexe. Les femmes sont deux (voire trois) fois plus touchées que les hommes. En France, en Europe et en Amérique du Nord, le syndrome de l’intestin irritable touche trois femmes pour un homme. Une particularité occidentale encore inexpliquée. Des pistes existent, comme un temps de transit colique plus lent chez elles, un seuil de sensibilité viscérale plus bas ou encore le fait que les femmes sont plus sujettes à conserver des symptômes séquellaires de gastroentérite ou « syndrome de l’intestin irritable post-infectieux ». Par ailleurs, la dépression est deux fois plus fréquente chez la femme.

Causes alimentaires

Le syndrome du côlon irritable peut être déclenché par certains aliments comme ceux riches en sucre et en graisses. Dans certains cas, il peut être recommandé de réduire les quantités d’oligosaccharides, de disaccharides, de monosaccharides et de polyols fermentescibles (FODMAP) dans l’alimentation, mais les preuves dans ce domaine sont actuellement de faible qualité… Les FODMAP (« Fermentable Oligo-, Di-, and Monosccharides, And Polyols« ) sont des sucres frementiscibles étant mal absorbés par le système digestif et entrainant des mécanismes de fermentation et de production de gazs causant des ballonnements et des douleurs abdominales. Parmi eux on retrouve le fructose, et divers édulcorants artificiels dont le nom se termine généralement par « -ol ».

Diagnostic du syndrome du côlon irritable

Le diagnostic du SCI est basé sur les symptômes du patient et sur l'exclusion d'autres affections médicales. Il n'existe pas de test spécifique pour diagnostiquer le SCI. Le médecin peut effectuer un examen physique et poser des questions sur les antécédents médicaux et les symptômes du patient. Des tests supplémentaires, tels que des analyses de sang, des analyses de selles et une coloscopie, peuvent être effectués pour exclure d'autres affections médicales.

Dans la majorité des cas, l’anamnèse (ensemble des renseignements fournis au médecin par le malade) ainsi que l’examen clinique permettent de poser le diagnostic du syndrome du côlon irritable. Des examens complémentaires comme des échographies abdominales, endoscopie digestive haute, coloscopie, bilans sanguins et analyse des selles sont habituellement inutiles. La prescription d’examens complémentaires peut être justifiée chez les patients qui ne sont pas soulagés par les traitements habituellement utilisés. Il faut parfois s’assurer que d’autres pathologies comme l’intolérance au lactose ou la maladie cœliaque ne sont pas à l’origine des symptômes.

Traitements du syndrome du côlon irritable

Il n'existe pas de remède contre le SCI, mais plusieurs traitements peuvent aider à soulager les symptômes. Les traitements du SCI comprennent :

  • Modifications du régime alimentaire : Les modifications du régime alimentaire peuvent aider à réduire les symptômes du SCI. Il peut être utile d'éviter les aliments qui déclenchent les symptômes, tels que les aliments riches en graisses, les aliments épicés, la caféine et l'alcool. Un régime pauvre en FODMAP peut également être bénéfique.
  • Médicaments : Plusieurs médicaments peuvent aider à soulager les symptômes du SCI, tels que les antispasmodiques, les antidiarrhéiques, les laxatifs et les antidépresseurs. Le traitement inclut aussi les régulateurs du transit (laxatifs en cas de constipation et antidiarrhéiques en cas de diarrhée) et des recommandations hygiéno-diététiques. Le traitement médicamenteux de première intention du syndrome de l’intestin irritable repose sur des médicaments antispasmodiques. Ils minimisent les contractions intenses et brutales de l’intestin et sont efficaces sur les ballonnements et les douleurs (citrate d’alvérine, mébévérine, bromure de pinavérium, trimébutine, phloroglucinol).
  • Probiotiques : Les probiotiques sont des bactéries bénéfiques qui peuvent aider à améliorer la santé intestinale. Ils peuvent être utiles pour réduire les symptômes du SCI chez certaines personnes. Les probiotiques jouent sur la composition bactérienne de l'intestin afin de lutter contre la dysbiose. Ils sont à tester en traitement d’appoint, de façon empirique au cas par cas. Chez certaines personnes, les symptômes digestifs sont améliorés. Tous les probiotiques commercialisés ne sont pas équivalents, certains n’ayant pas démontré leur efficacité.
  • Thérapies psychologiques : Les thérapies psychologiques, telles que la thérapie cognitivo-comportementale et la thérapie de relaxation, peuvent aider à réduire le stress et l'anxiété, ce qui peut améliorer les symptômes du SCI. L’hypnose peut contribuer à réduire les symptômes digestifs et l’anxiété, une composante prépondérante du syndrome de l’intestin irritable, avec chez certains malades résistant au traitement médical standard, des répercussions positives sur la qualité de vie, le bien-être psychologique et physique et les symptômes digestifs. D’autres techniques peuvent être envisagée comme les thérapies comportementales cognitives ou la méditation en pleine conscience mais leur intérêt et leur efficacité sont moins bien étayés par les études scientifiques.

Exercices pour soulager le syndrome du côlon irritable

En complément des traitements médicaux et des modifications du régime alimentaire, certains exercices peuvent aider à soulager les symptômes du SCI. Ces exercices visent à détendre les muscles abdominaux, à améliorer la circulation sanguine et à réduire le stress.

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On détecte ses tensions

Confortablement allongé sur le dos avec les genoux fléchis et un coussin sous la tête. Enfoncer délicatement les doigts dans l’abdomen, en conservant les mains à plat pour éviter les crispations musculaires reflexes, pour partir à la recherche de zones de tension (ou de masses palpables) et de points douloureux. Les tensions sont plus facilement perceptibles lors de l’expiration.

Durée : 5 min Bienfaits : Permet de détecter de potentielles contractions musculaires dues au syndrome du colon irritable, des matières fécales stagnantes et les régions douloureuses du colon (à droite, en haut et à gauche de l’abdomen) et de l’intestin grêle (au milieu). Cet exercice permet de se représenter une carte virtuelle des tensions de l’abdomen pour les traiter avec les exercices qui suivent. Variante : Pour avoir plus de force et aller plus profondément dans l’abdomen, palper avec les deux mains l’une sur l’autre.

On détend son abdomen

Confortablement allongé sur le dos avec les genoux fléchis et un coussin sous la tête. Poser les mains à plat en regard du foie, sur les dernières côtes à droite. Inspirer puis expirer lentement en appuyant progressivement sur la zone avec les mains. À la fin de l’expiration, faire “vibrer” les mains pendant 3 secondes. Relâcher pendant 15 secondes puis recommencer.

Répétitions : 2 à 3, à réaliser 1 à 2 heures après un repas lourd. Bienfaits : Stimule le fonctionnement du foie pour faciliter la digestion afin de limiter les effets du syndrome du colon irritable. Variante : Dans le cas ou la vibration serait douloureuse, la remplacer par un massage de la zone lors de l’expiration.

On se masse le ventre

Confortablement allongé sur le dos avec les genoux fléchis et un coussin sous la tête. Placer les mains l’une sur l’autre à proximité du nombril et masser délicatement le ventre en réalisant des mouvements circulaires avec la paume, dans le sens des aiguilles d’une montre. Démarrer par de petits cercles puis agrandir progressivement le mouvement. L’intensité du massage doit être progressive et sans douleur.

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Durée : 10 minutes 1 à 2 heures après un repas et/ou avant de se coucher. Bienfaits : Stimule le fonctionnement de l’appareil digestif en cas de constipation et permet d’évacuer les gaz en cas de ballonnements et soulage le syndrome du colon irritable. Variante : Pour faciliter le massage, appliquer une crème hydratante sur le ventre.

On relâche ses tensions abdominales

Confortablement allongé sur le dos avec les genoux fléchis et un coussin sous la tête. Gonfler au maximum le ventre en inspirant profondément par le nez. Bloquer la respiration et maintenir pendant 3 secondes. Expirer à fond par la bouche en creusant le ventre.

Durée : 5 min. Une à deux heures après les repas, surtout si on a des ballonnements, problèmes de constipations, épisodes de stress, ou des sentiments de respiration incomplète ou d’autres troubles digestifs. Bienfaits : Soulage les tensions abdominales, améliore le transit et diminue les rythmes respiratoire et cardiaque. Dès qu’on commence à le faire, le ventre se détend et gargouille ! Améliore les symptômes présents lors du syndrome du colon irritable. Variante : Ce massage de l’abdomen par la respiration peut être réalisé partout (chez soi, dans les transports, au bureau, au supermarché…), debout ou assis, en toute discrétion.

On détend son dos

Allongé sur le dos, bras écartés avec les mains à plat sur le sol, paumes vers le plafond, les genoux légèrement fléchis, pieds à plat. Inspirer en gonflant le ventre. Lors de l’expiration, abaisser les jambes progressivement d’un côté du corps à la vitesse d’une feuille qui tombe de l’arbre et tourner lentement la tête du côté opposé. Revenir à la position de départ à l’inspiration. Recommencer de l’autre côté.

Répétition : À réaliser pendant 5 cycles respiratoires. La mise en position ne doit pas être douloureuse. Bienfaits : L’expiration entraîne une détente musculaire qui relâche les contractures des muscles du dos créées par la douleur et permet de soulager les tensions et douleurs musculaires réflexes, souvent présentes lors des troubles digestifs (et notamment en cas de syndrome du colon irritable). Variante : Allonger la jambe du dessous. En cas de manque de souplesse, aider la rotation des jambes grâce à l’avant-bras ou la main.

Régime alimentaire en cas de syndrome de l’intestin irritable

Pour les soulager, l’alimentation a un impact significatif. Quelle régime alimentaire adopter en cas de syndrome de l’intestin irritable ? Quels aliments privilégier, lesquels éviter ?

Consommer des légumes à chaque repas garantit un apport suffisant en vitamines et nutriments. Mais si vos intestins sont fragiles, il est préférable d’éviter les crudités. Pour faciliter le travail de l’intestin, faites cuire vos légumes à la vapeur ou en cuisson douce afin de préserver leur goût mais aussi leurs vitamines et nutriments. Les protéines ont un rôle à jouer dans le renforcement de notre système immunitaire puisqu’elles participent à la production de nos anticorps. En cas de colopathie fonctionnelle, nous vous recommandons d’éviter les viandes grasses. Les fruits ont une forte teneur en fructose, un glucide qui fermente dans le côlon. Il est donc préférable de les consommer en petite quantité. Une étude menée par Jasper Kamphuis à l’INSERM a mis en lumière le lien entre syndrome du côlon irritable et FODMAPs. Sous cet acronyme se cache des catégories de glucides fermentescibles et difficiles à digérer. Ses produits sont à l’origine des gaz intestinaux et des ballonnements. Dans notre alimentation moderne, on constate un excédent de glucides. Ces aliments ont un effet irritant sur l’intestin. Ils produisent généralement une surstimulation de ce dernier pouvant déclencher des épisodes de diarrhées ou des sensations de brûlures. Pendant un temps, nous vous conseillons d’arrêter les produits laitiers. Ces derniers contiennent du lactose.

Vivre avec le syndrome du côlon irritable

Le SCI peut être une affection chronique et invalidante, mais il existe plusieurs façons de gérer les symptômes et d'améliorer la qualité de vie. Il est important de travailler en étroite collaboration avec un médecin pour élaborer un plan de traitement individualisé. En plus des traitements médicaux, il peut être utile d'adopter un mode de vie sain, de gérer le stress et de rechercher un soutien auprès de groupes de soutien ou de professionnels de la santé mentale.

Quand consulter un médecin ?

En cas de symptômes alarmants tels qu’une perte de poids involontaire, du sang dans les selles ou lors d’antécédents familiaux de maladie inflammatoire de l’intestin ou de maladie coeliaque, consultez votre médecin. Consultez depuis chez vous un médecin, décrivez lui vos symptômes et si besoin, recevez une prescription médicale.

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