La consommation de cocaïne pendant la grossesse représente un danger significatif pour la santé de la mère et le développement du fœtus. Cette substance, un puissant stimulant du système nerveux, traverse le placenta et circule dans le sang du bébé, entraînant des risques potentiellement graves. Il est donc impératif de comprendre les dangers associés à cette consommation et de rechercher un accompagnement médical adapté.

Cocaïne : un danger pour le fœtus

La cocaïne, en tant que puissant stimulant du système nerveux, traverse le placenta et circule dans le sang du bébé, ce qui fait courir de nombreux risques.

Risque accru de fausse couche et d'accouchement prématuré

La cocaïne augmente le risque de fausse couche, particulièrement si elle est consommée en début de grossesse. Comme le cannabis, cette drogue double le risque d’accouchements prématurés et augmente le risque d’hématome rétro-placentaire, avec les dangers que l’on connaît.

Hématome rétroplacentaire et mort in utero

La cocaïne augmente le risque d’hématome rétro-placentaire, avec les dangers que l’on connait. Quant au fœtus, la diminution d’apport en oxygène provoquée par ce décollement du placenta l’expose à une mort in utero.

Cocaïne et le placenta

Le placenta est un organe essentiel au déroulement harmonieux de la grossesse et au développement du fœtus. Seul lien entre la mère et le fœtus, il remplit de nombreuses fonctions, notamment le transport de nutriments, l'élimination des déchets et la régulation de l'oxygénation. Les médicaments et les substances psychoactives traversent le placenta.

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Comment la cocaïne traverse le placenta

La cocaïne traverse le placenta à l’aide de transporteurs actifs. Des méthodes d’analyse sophistiquées ont montré que la cocaïne apparaissait dans le sang fœtal quelques minutes après la prise par la mère. La quantité de cocaïne passant vers le fœtus est entre 1/3 et 2/3 inférieure à celle absorbée par la mère.

Pour franchir la barrière placentaire la cocaïne se lie aux transporteurs de la sérotonine et, à un degré moindre, à ceux de la noradrénaline. En conséquence, la concentration de sérotonine et de noradrénaline va augmenter, ce qui entraîne quasi immédiatement une vaso-constriction, c’est-à-dire une réduction du calibre des artères, phénomène bien démontré en imagerie par l’échographie-doppler. Il en résulte une hypertension chez la mère et une réduction du débit sanguin foetal. La prise régulière de cocaïne entraînera un retard de croissance du fœtus et une prématurité.

Autres drogues et grossesse

Outre la cocaïne, d'autres substances psychoactives présentent des risques significatifs pendant la grossesse.

Tabac

La cigarette dégage plusieurs milliers de produits dont les principaux sont : la nicotine, le monoxyde de carbone, le goudron et les métaux lourds.

Dans l’utérus, le fœtus reçoit de l’oxygène grâce au sang de la maman. Dans le cas d’une femme enceinte fumeuse, son sang se charge alors en monoxyde de carbone. De plus, la nicotine empêche une bonne circulation du sang. Résultat : le bébé ne reçoit donc pas assez d’oxygène et le bon déroulement de la grossesse peut être impacté.

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Fumer avant ou pendant la grossesse peut avoir des répercussions sur la santé du bébé à naître. Des risques qui sont proportionnels à la quantité de tabac fumé (y compris le tabagisme passif).

Les risques liés au tabac sont :

  • Problèmes de fertilité
  • Fausse couche
  • Complications placentaires
  • Grossesses extra-utérines
  • Accouchement prématuré
  • Mort fœtale in utero
  • Retard de croissance intra-utérine et petit poids de naissance (diminution du poids d’environ 200 grammes à la naissance).

Si vous avez du mal à arrêter, prenez contact avec une consultation d’aide au sevrage tabagique. Il n’est jamais trop tard pour s’arrêter de fumer pendant la grossesse.

Parmi les moyens thérapeutiques existants, le traitement nicotinique substitutif (patch, gomme…) est l’une des principales solutions (autorisé par les autorités sanitaires pour les femmes enceintes depuis 1997).

Deux raisons à cela : le passage de la nicotine dans le sang est moins rapide, moins important, plus régulier et plus modulable. En outre, la plus grande partie de la toxicité pour le bébé n’est pas à mettre sur le compte de la nicotine, mais sur celui des quatre mille substances toxiques associées présentes dans la fumée de cigarette.

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La nicotine traverse facilement la membrane placentaire. Elle peut alors se fixer sur les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine nAChR présents dans tout le placenta. En cas de tabagisme, la nicotine va prendre la place de l’acétylcholine et stimuler de façon régulière les récepteurs nAChR. Ceux-ci, pour tenter de réduire cette hyperstimulation vont progressivement se désensibiliser, c’est-à-dire qu’ils ne répondront plus à la stimulation ni par l’acétylcholine ni par la nicotine. En conséquence, la vascularisation et la prolifération cellulaire vont diminuer, entraînant une moindre oxygénation du placenta.

Le retentissement sur les fonctions physiologiques se manifeste par une diminution de transport des acides aminés, une réduction de la synthèse des protéines, ainsi qu’une réduction de nombreuses activités enzymatiques dont l’une concerne une enzyme jouant un rôle important dans la différenciation sexuelle. L’ensemble retentira sur la croissance et le développement du fœtus en entraînant une réduction du poids et un accouchement prématuré.

Alcool

De nombreuses femmes ne perçoivent pas l’impact de leur consommation d’alcool sur l’enfant qu’elles portent. L’alcool passe en effet directement du sang maternel vers le sang du fœtus, à travers le placenta.

Quel qu’il soit (vin, bière, cidre ou alcool fort), l’alcool constitue un véritable danger pour le bébé à naître. C’est un produit toxique et il n’y a pas de dose limite connue actuellement pour fixer un seuil de risque pour le développement du bébé. Ainsi, même la consommation d’un verre d’alcool pourrait avoir des répercussions sur le développement du fœtus notamment pour son cerveau et son développement neurologique. D’où cette interdiction totale d’alcool pour la femme enceinte.

Pour le bébé, les risques de cette consommation d’alcool (ou des ivresses épisodiques) sont :

  • Un retard de croissance (taille, poids, périmètre crânien)
  • Des atteintes de son système nerveux central
  • Des malformations

Ces effets sont irréversibles et peuvent se traduire par des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage et du comportement (impulsivité, distraction, difficultés à intégrer les règles sociales), ou encore par des troubles du développement psychomoteur…

Le syndrome d’alcoolisme fœtal est principalement dû à une action directe de l’alcool sur le fœtus. Peu d’études se sont intéressées à l’effet de l’alcool sur le placenta. La plupart ont été menées chez des rongeurs. Leurs résultats montraient des altérations nettes du placenta qui pourraient donc aussi participer à la survenue du syndrome d’alcoolisme fœtal. Le poids du placenta diminuait d’environ 20% par rapport aux animaux témoins. Le transfert du glucose vers le sang fœtal était réduit de 12% environ et celui des acides aminés de 30%.

Cannabis

Sans grande surprise, le cannabis arrive en tête au classement des substances illicites consommées par les femmes enceintes.

Plusieurs études scientifiques démontrent qu’une consommation régulière de cannabis expose la mère et l’enfant à plusieurs risques car le principe actif contenu dans cette substance traverse la paroi du placenta pour atteindre le sang du foetus.

La prise régulière de cannabis peut provoquer un retard de croissance intra-utérin. En effet, le fœtus est ainsi exposé, comme la mère, au monoxyde de carbone. De plus, le principe actif contenu dans le cannabis passe la paroi du placenta pour se retrouver dans le sang du foetus à doses variables. Ce qui peut occasionner un hématome rétro-placentaire. Ce dernier se caractérise par un décollement du placenta, lequel entraîne une diminution des apports en oxygène du fœtus, ce qui peut conduire à sa mort in utero. Cet hématome est souvent à l’origine d’hémorragies pour la mère, qui lui sont parfois fatales.

Le delta9-tetrahydrocannabinol (THC), molécule psychoactive contenue dans la plante Cannabis Sativa franchit la barrière placentaire. Des études menées chez le rat ont montré que la concentration fœtale de THC est de l’ordre de 10% de celle de la mère. De plus, le THC peut se lier à des récepteurs CB1 et CB2 présents à la surface du placenta.

Des études ont montré une augmentation du poids du placenta et du diamètre de la veine ombilicale, que ce soit chez la femme ou chez la rate. Des analyses détaillées effectuées sur des cultures de cellules placentaires ont conclu que le THC modifiait l’architecture du placenta en agissant sur le renouvellement des cellules. Les conséquences du THC sur le déroulement de la grossesse sont incertaines. Certaines études rapportent une diminution du poids de naissance et une augmentation d’accouchement prématuré mais d’autres études n’observent aucune de ces conséquences.

Héroïne

De nombreuses études scientifiques ont démontré les dangers potentiels de l’héroïne consommée par les femmes enceintes. En cas de dépendance, l’avis d’un médecin est impératif. En effet, il est parfois déconseillé d’arrêter l’héroïne une fois enceinte car l’état de manque pourrait se répercuter sur le bébé et entraîner des souffrances très dangereuses. Souvent le personnel médical préconise l’utilisation de la méthadone qui va permettre de stabiliser le taux de drogue dans le sang.

Le fœtus exposé à l’héroïne peut voir sa croissance limitée. Mais pas seulement. Les prématurés sont beaucoup plus nombreux chez les mères consommatrices de cette drogue. Enfin, il faut savoir que le risque d’enfants mort-nés augmente sensiblement selon l’ensemble des études effectuées sur le sujet.

Un bébé dont la mère a consommé de l’héroïne risque de connaître un certain nombre de problèmes. Au niveau respiratoire, il peut éprouver des difficultés pour respirer, ou pour se nourrir. Ce qui peut être dangereux durant les premiers mois car cela entraîne fatalement des soucis de développement. Par ailleurs, ces bébés sont souvent sujets à une grande agitation et une forte irritabilité. Enfin, comme pour la cocaïne, l’héroïne passe dans le lait maternel, donc l’allaitement doit aussi être exclu.

L’héroïne traverse facilement le placenta. Les grossesses survenant chez une femme dépendante de l’héroïne ont un risque élevé de complications comme une diminution du poids fœtal, un syndrome de sevrage du nouveau-né, une augmentation de la mort in utero et néo-natale.

Accompagnement et prise en charge

La consommation de drogues durant la grossesse comporte des risques. Ces risques sont accrus lorsque la femme est isolée et en situation de précarité. L’accompagnement dont elle pourra bénéficier durant et après sa grossesse est primordial pour sa santé ainsi que celle de l’enfant à naître.

Lorsqu’une femme enceinte consomme des drogues, il est primordial qu’elle puisse trouver un interlocuteur dans le corps médical avec lequel elle pourra évoquer ses consommations et qui pourra organiser le suivi de sa grossesse. Il a été démontré qu’un suivi des femmes enceintes consommatrices de drogues prenant en compte les dimensions médicales, sociales et psychologiques, améliore considérablement le déroulement de la grossesse et de la naissance et favorise la construction du lien entre la mère et l’enfant ainsi que leur devenir.

Devant ce constat, des professionnels de diverses disciplines (pédiatres, sages-femmes, gynécologues, infirmières, assistantes sociales, éducateurs, psychiatres, etc.) soucieux de mieux accompagner les femmes enceintes consommatrices de drogues, se sont regroupés en réseaux. Ces réseaux œuvrent pour une meilleure prise en charge de ces femmes et pour faire évoluer le regard que l’on pose sur elles.

Contacter l’un de ces réseaux permet une prise en charge globale et cohérente (médicale bien sûr mais aussi sociale, psychologique, etc.), avec la certitude de rencontrer des professionnels parfaitement informés et bienveillants.

Vous pouvez avoir recours au téléphone ou à Internet. « Drogues info service » est à votre disposition pour répondre à vos questions et pour vous aider dans votre réflexion.

Idées reçues

  • « J’ai besoin de boire (ou de fumer un joint) le soir pour me sentir bien. Je sais que je n’arriverai jamais à arrêter ! » FAUX : vous n’êtes pas seule.
  • « C’est ma femme qui est enceinte, pas moi ! » FAUX : tout l’entourage doit encourager et soutenir la femme enceinte qui souhaite arrêter ses consommations.
  • « Ok tu es enceinte, mais c’est ton anniversaire ! Allez ! Tu ne risques rien à boire une petite coupe de champagne ! » FAUX : la consommation occasionnelle d’alcool pendant la grossesse n’est pas exempte de risque.
  • FAUX : en cas de difficultés à être enceinte, il peut être utile de faire le point sur toutes ses consommations de substances psychoactives, en particulier le tabac (mais aussi l’alcool et le cannabis). Celles-ci peuvent avoir un impact sur la fertilité, chez l’homme comme chez la femme. Des études ont montré que le tabagisme était associé à un allongement du délai de conception (qui revient à la normale rapidement après l’arrêt du tabac), même chez des « petits fumeurs », et à une augmentation du risque d’infertilité.

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