L'infection à cytomégalovirus (CMV) pendant la grossesse, bien que relativement rare, suscite des inquiétudes en raison de ses potentielles conséquences graves pour le fœtus. Cet article vise à informer sur les symptômes, les risques et les mesures préventives associés à l'infection à CMV au deuxième trimestre de grossesse, en s'appuyant sur les données de sources fiables telles que le Service public d'information en Santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Association Stop CMV.
Qu'est-ce que le Cytomégalovirus (CMV) ?
Le cytomégalovirus (CMV) est un virus de la famille des Herpèsvirus, tout comme les virus de l'herpès génital, de la varicelle et du bouton de fièvre. Il est important de noter que le CMV n'existe que dans l'espèce humaine.
Prévalence et Transmission du CMV
En France, environ 46 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont déjà été en contact avec le CMV. Ce taux, appelé séroprévalence, varie fortement selon les régions et peut atteindre jusqu’à 90 % dans les départements et régions d’outre-mer. Le CMV est l’infection congénitale la plus fréquente en France.
La contamination par le CMV se fait par contact direct avec les liquides biologiques contaminés, tels que :
- Salive
- Sécrétions nasales
- Urine
- Larmes
- Sang
- Lait maternel
- Sécrétions génitales (rapports sexuels)
Dans les crèches, on estime qu'un enfant sur quatre excrète des virus dans ses urines et sa salive. Les femmes ayant un ou des enfants en bas âge ont donc plus de risques d’attraper le CMV.
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Symptômes du CMV chez l'Adulte
Dans la majorité des cas (plus de 60%), l’infection à CMV est asymptomatique, ce qui signifie qu'elle passe inaperçue. Dans certains cas, elle peut se manifester par :
- Fièvre prolongée
- Symptômes similaires à une pharyngite
Chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli (patients immuno-déprimés), le CMV peut entraîner des atteintes pulmonaires, de la rétine, de l'encéphale, du foie, etc., et constitue une cause majeure de morbidité et de mortalité.
Risques de l'Infection à CMV Pendant la Grossesse
Bien que l'infection à CMV soit le plus souvent bénigne, elle peut avoir des conséquences graves si elle est contractée pendant la grossesse, en particulier lors du premier trimestre. En effet, elle peut affecter le développement du fœtus et entraîner des séquelles durables et handicapantes, telles que :
- Retard mental
- Surdité
Selon les données publiées par le Service public d'information en Santé, les infections à CMV ne concernent qu'environ 1 % des grossesses. Le risque de transmission du CMV de la mère au fœtus est estimé entre 30 et 40 %. Parmi les fœtus contaminés, 90 % ne présenteront aucun symptôme à la naissance, mais 10% d’entre eux présenteront plus tard des séquelles nerveuses ou sensorielles. Elles apparaîtront avant 2 ans. Selon les chiffres publiés par la Haute Autorité de santé, des séquelles importantes d'une infection à CMV materno-fœtale sont constatées dans 1 à 6 cas pour 100 000 naissances.
Il a été très récemment démontré que l’infection contractée et transmise au fœtus aux 2ème et 3ème trimestres de la grossesse ne donnait pas lieu à des séquelles graves pour l’enfant à naître.
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Parmi les 10% des enfants qui présentent des séquelles, on peut observer :
- Mort in utéro ou naissance avec des lésions sévères
- Prématurité (30 à 50% des cas)
- Microcéphalie
- Calcifications périventriculaires
- Hydrocéphalies
- Hypotrophies, RCIU (Retard de Croissance Intra-Utérin)
- Hépatomégalie, hépato-splénomégalie
- Purpura
- Ictère (80% des cas)
- Chorio-rétinite (15 % des cas)
Il est important de noter qu'une femme infectée ne transmet pas nécessairement l'infection à son enfant. On estime que 1 à 3 % des femmes sont infectées (primo-infection) en cours de grossesse, et l'infection est ensuite transmise au fœtus dans 30 % des cas.
Dépistage du CMV Pendant la Grossesse
En France, le dépistage du CMV n’est pas systématique, et pas obligatoire, mais il est de plus en plus fréquemment réalisé. Les parents et la femme enceinte sont en droit de demander ce dépistage auprès du corps médical (gynécologue, généraliste, sage-femme). Une fois prescrit, il est remboursé par l’Assurance maladie.
La HAS recommande de mettre en place un dépistage systématique chez les femmes enceintes dont le statut sérologique est inconnu ou négatif. Cette mesure devra faire l’objet d’une réévaluation au terme de trois années de mise en œuvre, afin d’en apprécier la pertinence et d’envisager éventuellement sa reconduction. Le dépistage devra être réalisé au premier trimestre de grossesse chez les femmes enceintes séronégatives ou de statut sérologique inconnu. La séquence des examens sérologiques de dépistage recommandée s’intègrera dans la liste des examens proposés aux femmes enceintes au premier trimestre de grossesse. Dans ce cadre, la HAS préconise de ne recourir qu’à des tests d’avidité IgG avec des seuils minimaux de performance en matière de sensibilité et de spécificité de 95% dans le cadre de la séquence actuellement utilisée (IgM, IgG, avidité IgG).
Le dépistage repose sur une prise de sang (sérologie) pour détecter des marqueurs de l’infection et dater éventuellement cette dernière, afin de savoir à quel stade de la grossesse elle est intervenue. Cette sérologie pourra être complétée par un autre prélèvement (PCR), pour évaluer la charge virale à l’instant T de la femme enceinte infectée.
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En fonction des résultats de ces analyses, la grossesse pourra faire l’objet d’un suivi spécifique au sein d’un service de diagnostic anténatal. Des examens complémentaires pourront être prescrits en fonction du terme de la grossesse : biopsie du trophoblaste ou amniocentèse.
Traitement de l'Infection à CMV
À ce jour, il n’existe aucun traitement avéré permettant de soigner et guérir le fœtus, mais il existe un traitement à l’étude, notamment à l’hôpital Necker à Paris, qui a montré jusqu’alors des effets positifs, permettant de réduire l’impact du virus sur le fœtus.
Seul traitement médicamenteux actuellement disponible, le valaciclovir permet de limiter la transmission au fœtus en cas de séropositivité maternelle et les données disponibles sur ce traitement ne montrent aucun signal de tératogénicité (anomalie ou déformation fœtale) sur la période 2007-2023.
Pour le nouveau-né, il existe un traitement antiviral, mais celui-ci n’est délivré que sous étroite surveillance médicale, au sein de service de néonatologie et pédiatrie spécialisés.
Prévention de l'Infection à CMV
En raison des possibles conséquences durables et handicapantes pour l'enfant d'une contamination de la mère par le CMV, il est vivement conseillé de respecter certaines mesures de précaution, en particulier si vous êtes en contact avec des enfants en bas âge.
Le meilleur traitement dont nous disposons à l’heure actuelle est la prévention par des mesures d’hygiènes car celles-ci permettent de diminuer de 5 à 10 fois le risque de transmission au fœtus.
Voici quelques gestes barrières à adopter :
- Pendant le repas :
- N’utilisez pas les couverts des nourrissons
- Ne goûtez jamais leurs repas avec leur cuillère
- Ne goûtez jamais les biberons : déposer une goutte de lait sur le dos de la main suffit pour tester sa température.
- Ne mettez jamais leur tétine dans la bouche
- Pendant le change ou l'utilisation du pot :
- Bien se laver les mains après chaque change de couches (vous pouvez utiliser de l’eau, du savon, une solution hydro-alcoolique)
- Lavez le pot à grande eau, avec de l’eau bouillante par exemple
- Lavez-vous soigneusement les mains avant et après avoir changé un nourrisson
- Jetez rapidement les couches souillées d’urines
- Autres précautions :
- Évitez tout contact avec les sécrétions des nourrissons
- N’embrassez jamais un bébé sur la bouche
- Évitez de même le contact de votre bouche avec les sécrétions nasales
- Evitez le contact de votre bouche avec les larmes
Ces consignes doivent être respectées par les 2 membres du couple car le CMV se transmet lors des rapports sexuels lorsqu'un des deux parents est contaminé.
L'Association Stop CMV
L'Association Stop CMV a été créée par Anne-Helene Labissy, maman d’Hermance, lourdement handicapée à cause du CMV. Cette association a pour objectif de sensibiliser le public sur ce virus et accompagne les parents qui rencontrent le virus pendant la grossesse ou après l’accouchement. Elle regroupe des milliers de familles concernées par le CMV.
L'association milite pour que le dépistage du CMV soit systématiquement proposé aux femmes enceintes, afin de permettre aux médecins de dispenser dans le même temps les informations nécessaires de prévention de l’infection.
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