L'histoire des cloches est riche et complexe, remontant à des millénaires et traversant différentes cultures. Bien que l'origine exacte de leur invention fasse débat, leur présence est attestée en Asie il y a environ 4000 ans. Les annales chinoises mentionnent l'empereur Hoang-ti, qui aurait fait fondre douze cloches vers 2260 avant J.-C., et de petites cloches de bronze datant de 1000 avant J.-C. ont été découvertes. En Occident, la date d'introduction des cloches dans les églises est également sujette à controverse.

Origines et évolution des cloches

L'utilisation des grandes cloches est souvent considérée comme une particularité occidentale moderne, bien que cela ne soit pas certain. Une tradition populaire attribue l'invention des cloches à saint Paulin de Nole au Ve siècle (353-431). On prétend que c'est cette origine qui a donné aux cloches les noms de nolae et campanae, Nole étant une ville de Campanie. Cependant, dans la basse latinité, les cloches étaient également désignées par les termes cloccae, clocquae, gloccae, gloggae, à l'origine du mot français "cloche". Certains étymologistes y voient une onomatopée qui a laissé des traces dans de nombreuses langues d'origine germanique. En allemand, les cloches sont appelées glocken, et le diminutif glökchen désigne les petites cloches. Les termes schellen et singenkugel désignent les sonnettes et les grelots, c'est-à-dire la plus petite espèce de tintinnabula, les sonnailles.

Selon Strabon, campana désignait généralement une cloche plus grande que nola. Ce nom était principalement attribué aux grandes cloches enfermées dans des tours, d'où le mot campanarium, puis clocher. Les cloches utilisées pour donner des signaux étaient appelées sing (sin, sint), dérivé du latin signum (signe, signal). Comme l'indique de Brieux dans ses Origines de quelques coutumes et façons de parler (1672), les cloches servaient de signe ou de marque pour aller à l'église.

Au fil du temps, les cloches sont devenues de plus en plus grandes. Celles placées dans les beffrois, des tours d'abord portatives, puis érigées de manière permanente sur les places publiques des communes, en sont un exemple.

Le baptême de la cloche : une cérémonie symbolique

Dans les églises et les monastères, la cloche principale, la plus grosse, était celle qui appelait les fidèles aux offices divins. On pense qu'à l'origine, elle ne dépassait pas la taille d'une sonnette ou d'un tintinnabulum. Un moine ou un clerc la tenait à la main et la faisait tinter à la porte du temple ou du haut d'une plate-forme. L'une des plus anciennes cloches de paroisse connues est le Saufang de Cologne, datant du VIe siècle. Son nom singulier provient de sa découverte insolite par un animal plus friand de truffes que de cloches. La cloche de la tour de Bisdomini, à Sienne, est un autre instrument curieux.

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Lors de leur inauguration, ces grandes cloches de paroisse étaient soumises à une cérémonie particulière, appelée bénédiction ou baptême des cloches. Chaque cloche recevait un nom particulier et avait un parrain et une marraine. Tous les instruments destinés au culte dans l'église étant bénis, les cloches reçurent également une bénédiction avec des cérémonies particulières. La coutume de désigner un parrain et une marraine qui venaient frapper la cloche comme pour lui donner la parole, et qui lui imposaient un nom de leur choix, entraîna probablement des abus et fut considérée comme une profanation du baptême.

La bénédiction des cloches est mentionnée dans la Vie de saint Colomban, mort en 597. Certains écrivains font remonter cette coutume au pape Jean IV, qui occupait le siège apostolique au VIe siècle, et Alcuin, élève de Bède et précepteur de Charlemagne, en fait remonter l'origine à l'an 720, la qualifiant d'usage superstitieux. L'interdiction formelle de baptiser les cloches par Charlemagne en 789, dans ses Capitulaires (Cloccae non sunt baptizandae), témoigne de l'ancienneté de cette cérémonie, à laquelle plusieurs superstitions s'étaient déjà mêlées.

L'effet de la défense de Charlemagne fut limité. Des rituels du IXe siècle donnent la formule de la bénédiction des cloches avec ce titre : Ad signum Ecclesiam benedicendum. Une partie du clergé ne s'opposa pas à cette coutume, car elle encourageait les donations de cloches aux églises et aux couvents, un avantage précieux compte tenu des revenus limités des paroisses et des communautés à l'époque. Au lieu d'être abolie, la bénédiction des cloches devint obligatoire lorsque le pape Jean XIII, en 968, fit placer dans la tour de l'église Saint-Jean-de-Latran une cloche d'une belle grandeur, qu'il baptisa le 14 mars et nomma Jean.

Le cérémonial de la bénédiction des cloches, réglé par le pontificat romain et les rituels, est empreint de symbolisme et de poésie. Selon une narration du XIXe siècle de l'abbé Jules Corblet, la cérémonie comprend les étapes suivantes :

  • Lavage de la cloche : L'officiant lave la cloche à l'intérieur et à l'extérieur avec un aspersoir pendant que le chœur chante.
  • Essuyage de la cloche : L'officiant essuie la cloche avec un linge blanc pendant que le chœur chante le psaume Afferte Domino, célébrant la puissance de la voix du Très-Haut, dont la cloche est devenue l'image symbolique.
  • Onction et encensement : La cloche est ointe et bénite, puis encensée, la vapeur parfumée symbolisant les hommages qu'un cœur brûlant de charité doit faire monter vers le ciel.
  • Oraison : Le célébrant demande à Dieu que l'harmonie de la cloche répande le calme et la joie, comme le faisait jadis la harpe de David.
  • Imposition du nom : L'officiant demande à la marraine quel nom elle veut imposer à la cloche, et après l'avoir frappée de trois coups de battant en l'honneur de la sainte Trinité, le parrain et la marraine imitent cet exemple. C'est ce qu'on appelait, au Moyen Age, donner la parole aux cloches.

Une fois bénites, les cloches sont considérées comme la propriété du Seigneur et revêtues d'un caractère sacré. Le rituel recommande de les envelopper dans un linge blanc jusqu'à ce qu'elles soient montées dans leur tour. Autrefois, les parrains se contentaient de fournir les nappes de toile nécessaires à la cérémonie, mais avec le temps, ces offrandes sont devenues plus riches, souvent des étoffes de soie et de damas utilisées pour confectionner des vêtements sacerdotaux.

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L'assimilation de la bénédiction des cloches au baptême du chrétien est due à l'imposition d'un nom et au choix d'un parrain et d'une marraine. Cependant, à l'origine, et même encore au XIIIe siècle, elle ne faisait pas toujours partie intégrante de la liturgie. L'un des motifs de son utilité est qu'elle permet de distinguer chaque cloche par le nom du saint ou de la sainte désigné par le parrain ou la marraine. De plus, les autorités ecclésiastiques considèrent comme louable cette manière de convoquer le peuple à l'église au nom d'un saint ou d'une sainte.

Vertus et croyances associées aux cloches

L'une des principales vertus attribuées aux cloches baptisées est la capacité d'éloigner les mauvaises influences physiques et surnaturelles. On leur accordait même le pouvoir de conjurer la foudre. Selon une croyance populaire séculaire, les orages sont suscités par les démons malfaisants, toujours avides de nuire aux hommes. On faisait donc sonner les cloches pour les écarter, c'est-à-dire pour dissiper les nuages et rendre au ciel sa sérénité première. Si les cloches baptisées avaient de rares et divins privilèges, comme celui de s'envoler et de se rendre invisibles pour échapper aux mains des ennemis de la sainte Église, celles qui ne l'étaient pas avaient de nombreux inconvénients et occasionnaient toutes sortes de catastrophes. Elles se fondaient, se brisaient et tombaient sur la tête des sonneurs. Loin d'être un objet d'épouvante pour Satan, elles l'attiraient et devenaient facilement sa proie.

La cloche de naissance : une tradition locale

Aujourd'hui, une tradition locale consiste à offrir une cloche comme cadeau de naissance, de mariage ou d'anniversaire. Par exemple, à la clinique Sainte-Marie, il est de tradition de faire sonner la cloche à l'arrivée de chaque bébé. Cette tradition, vieille de plusieurs décennies, a été temporairement interrompue pendant le confinement, mais a repris depuis. Les sœurs de la clinique sonnent trois coups de cloche pour annoncer chaque naissance, symbolisant une bonne nouvelle, et six coups pour des jumeaux.

Symbolisme moderne et artistique

Les cloches en dôme de verre LED sont une idée cadeau originale et pleine de poésie pour célébrer la vie et les moments précieux. Elles symbolisent l'émerveillement, l'émergence de la vie et la beauté qui en découle. Offrir une cloche personnalisée pour une naissance ou un baptême, c'est offrir un souvenir unique et éternel, un témoignage d'amour et d'attention. Elles peuvent également être offertes lors de moments de tristesse et de deuil, pour honorer la mémoire d'un être cher.

Fabrication des cloches : un savoir-faire ancestral

La fabrication des cloches monumentales est un savoir-faire spectaculaire à découvrir, notamment en Normandie. Visiter la fonderie de cloches Cornille Havard, à Villedieu-les-Poêles, permet de plonger dans un passé lointain, où fondeurs de cloches et campanistes étaient légion. Fondée au XIXe siècle, Cornille Havard est l'une des trois dernières grandes fonderies de cloches en France, labellisée "Entreprise du Patrimoine Vivant".

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La création d'une cloche était un événement majeur, marqué par une fête communautaire. Chaque cloche était baptisée et bénite, devenant un véritable membre de la communauté. La cloche rythme la vie quotidienne des villageois, sonnant les grands moments religieux et les événements importants.

Chez Cornille Havard, la technique de fabrication d'une cloche monumentale n'a pas changé depuis des siècles. Les moules sont un empilement de couches d'argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre sur un noyau de briques. La modernisation s'est concentrée sur la conception et l'accordage des cloches, qui sont désormais conçues numériquement. Le bronze est fondu à une température de 1200 °C.

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