Michel Galabru, figure emblématique du cinéma et du théâtre français, a marqué plusieurs générations par son talent éclectique et sa présence chaleureuse. Son parcours, riche en succès populaires et en performances dramatiques, témoigne d'une carrière exceptionnelle de plus de soixante-dix ans.

Jeunesse et formation: des planches au Conservatoire

Né le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc, Michel Galabru est le fils de Paul Galabru (1892-1988), ingénieur et professeur à l'École nationale des ponts et chaussées, et d'Yvonne Payré (1895-1979). Les sept premières années de sa vie se déroulent à Safi, où son père participe à la construction du port. La famille s'installe ensuite en métropole, passant une grande partie de son enfance dans la maison familiale au Bousquet-d'Orb, dans l'Hérault.

Initialement attiré par le football, Michel Galabru rêve de devenir professionnel et supporte le Stade olympique montpelliérain. Cependant, il se découvre une passion pour le théâtre en écoutant des enregistrements de Sacha Guitry et Yvonne Printemps. Il est d'ailleurs renvoyé de sept écoles différentes, un point commun avec Guitry qui le conforte dans son désir de devenir artiste. "J'ai été mis dehors de sept écoles différentes. Remarquez, Guitry a été viré douze fois. Ça prouve bien qu'il avait plus de talent que moi."

Après des études au collège Saint-François-Régis et au lycée Pierre Rouge de Montpellier, puis au lycée jésuite Saint-Louis de Gonzague à Paris, il entreprend une année de droit pour satisfaire son père. En 1942, il est réquisitionné par le Service du travail obligatoire (STO) et envoyé dans un camp de travail à Klagenfurt en Autriche, puis en Yougoslavie comme forgeron. Accusé de sabotage, il est emprisonné dans un camp disciplinaire avant d'être libéré par les Partisans yougoslaves.

De retour à Paris après la guerre, Michel Galabru prépare le Conservatoire national d'art dramatique, où il rencontre sa première épouse, Annette Jacquot. Il y suit les cours de Denis d'Inès et obtient un premier prix en 1950.

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Débuts à la Comédie-Française et essor au théâtre de boulevard

Engagé à la Comédie-Française en 1950, Michel Galabru y interprète les classiques du répertoire, de Shakespeare à Molière. En 1972, il confie avoir souhaité jouer les valets et les personnages malins, mais son physique l'a cantonné aux rôles de "petits rondouillards".

En 1957, il quitte la Comédie-Française et se lance dans le théâtre de boulevard, trouvant sa voie dans la comédie. Il devient familier du grand public grâce à ses apparitions au théâtre et à la télévision, notamment dans un "Cyrano de Bergerac" de l'ORTF.

Le cinéma: entre succès populaires et rôles dramatiques

Acteur prolifique, Michel Galabru a tourné dans plus de 250 films et téléfilms. Il acquiert une notoriété au cinéma avec La Guerre des boutons d'Yves Robert, succès de l'année 1962. Le film Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault, sorti en 1964, le révèle au grand public. Interprétant l'adjudant Gerber, il retrouve Louis de Funès, qui l'engage régulièrement dans ses films. Le succès du Gendarme de Saint-Tropez, qui récolte 7 800 000 entrées, amorce la production de cinq suites, faisant de Galabru l'un des quatre membres du premier film présent dans chaque volet. Au total, la saga récolte 35 000 000 entrées en France.

Parallèlement à ses rôles comiques, Michel Galabru interprète des rôles dramatiques remarqués. En 1976, Bertrand Tavernier lui offre le rôle de l'assassin Joseph Bouvier dans Le Juge et l'Assassin, face au juge Rousseau joué par Philippe Noiret. Cette performance lui vaut le César du meilleur acteur en 1977. Il participe également à d'autres films dramatiques tels que Le Choix des armes, Subway et Uranus.

Malgré ses succès, Michel Galabru n'hésite pas à tourner dans des films qu'il qualifie lui-même d'"alimentaires". Il confie avoir entendu le producteur de la saga du Gendarme de Saint-Tropez déclarer au réalisateur : "Tu me prends Louis de Funès, et je ne veux que des ringards autour".

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Les années 1990 et 2000: consécration et diversification

Dans les années 1990, Michel Galabru se fait plus rare au cinéma, mais il continue de tourner dans des films notables tels que Uranus de Claude Berri et Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi, où il incarne Abraracourcix.

En 2008, il fait une apparition remarquée dans Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon, qui connaît un immense succès en salle. Il participe également à des films d'animation, prêtant sa voix à des personnages dans La Prophétie des grenouilles et Pollux : Le Manège enchanté.

Hommages et distinctions

Tout au long de sa carrière, Michel Galabru a reçu de nombreuses distinctions. En 1977, il est sacré meilleur acteur aux César pour son rôle dans Le Juge et l'Assassin. En 2008, il reçoit le Molière du comédien pour son rôle dans Les Chaussettes-Opus 124. En 2009, il est nommé "adjudant d'honneur de la gendarmerie nationale" par la brigade de Saint-Tropez. Par décret du 14 mai 2013, il est élevé à la dignité de grand officier de l'ordre national du Mérite.

Vie privée et décès

Michel Galabru a été marié à Annette Jacquot, avec qui il a eu deux fils, Jean et Philippe. Il a ensuite rencontré Claude Etevenon, ex-juge d'instruction, avec qui il a eu une fille, Emmanuelle.

Michel Galabru décède dans son sommeil le 4 janvier 2016, à l'âge de 93 ans, quelques mois après la disparition de sa seconde épouse, Claude Galabru, décédée des suites de la maladie de Parkinson. Ses cendres sont inhumées au cimetière de Montmartre, aux côtés de son épouse.

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Claude Galabru: une femme discrète mais essentielle

Claude Etevenon, connue pour avoir été l'épouse de Michel Galabru, était une juge d'instruction. Elle a débuté sa carrière en tant qu'avocate avant de devenir juge d'instruction à Sens et à Nanterre, puis présidente de l'association des magistrats instructeurs. Elle a travaillé avec Robert Badinter et a occupé des postes importants au ministère de la Justice.

Claude Etevenon a rencontré Michel Galabru sur le tournage de La honte de la famille en 1969. Ils ont entretenu une liaison clandestine pendant dix ans, avant de se marier et d'avoir une fille, Emmanuelle, née en 1976.

Claude Galabru est décédée le 13 août 2015 des suites de la maladie de Parkinson. Michel Galabru s'est montré très présent pour l'accompagner dans sa douleur.

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