Les coliques sont une source de détresse pour les bébés, perturbant leur sommeil et leur bien-être quotidien. Étant donné qu'elles sont souvent liées à des intolérances alimentaires, les mères allaitantes peuvent réduire ces coliques en surveillant leur alimentation. Cet article examine les aliments à éviter ou à limiter pendant l'allaitement pour prévenir les coliques chez le bébé, tout en démêlant les mythes des réalités.
Le café : un aliment à limiter avec prudence
Beaucoup de mamans ont besoin d'un bon café le matin, surtout lorsque bébé ne fait pas ses nuits. Le problème est que l’organisme de bébé n’est pas encore assez mâture pour assimiler la caféine.
La caféine passe dans le lait maternel, mais en faibles quantités. Une étude a montré que même les mamans qui buvaient 5 tasses de café par jour (avec un ratio de 100 mg de caféine par tasse) n’avaient pas de répercussions néfastes sur l’enfant. Les bébés recevaient moins d’un milligramme par kilo de café quotidien via le lait maternel.
Si vous buvez 2 à 3 tasses de café par jour, ce n’est pas dramatique. Cependant, il est préférable d’éviter de consommer plusieurs « excitants » le même jour, comme le café, le coca-cola, le thé, le chocolat et les boissons énergisantes. La caféine diminue le taux d’absorption du fer, ce qui peut entraîner des carences en fer ou une anémie si elle est consommée en excès (au-delà de 5 tasses par jour). Un bébé met en moyenne quatre jours pour éliminer complètement la caféine absorbée.
Certains bébés sont plus sensibles que d’autres à certains aliments, en raison de facteurs biologiques, génétiques et digestifs. Certaines mamans remarquent un changement dans le sommeil de leur enfant après avoir bu du café, tandis que d’autres ne voient aucun impact. Il n’y a pas de réaction universelle, donc c’est à la maman de juger si boire du café gêne son bébé. Si votre bébé est nerveux ou a du mal à s’endormir, vous pouvez arrêter le café pendant 10 jours pour voir s’il y a des résultats. Si vous êtes accro au café, pensez au décaféiné, en optant pour un décaféiné « sans solvants » pour éviter les risques cancérigènes de certains cafés décaféinés. Une autre alternative est la chicorée.
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Éviter les gros poissons : une question de mercure
Les eaux sont de plus en plus polluées, et les gros poissons sont de plus en plus riches en mercure. Le mercure est toxique et peut freiner le développement du cerveau du fœtus et du bébé, même à faible dose en cas d’exposition précoce. Il est conseillé de limiter la consommation de poisson à deux fois par semaine, voire une seule fois, en privilégiant les poissons situés en bas de la chaîne alimentaire, comme les sardines, les rougets, les harengs, les maquereaux et les anchois. Les principaux poissons à éviter sont le requin, le maquereau royal, le thon et l’espadon.
L’ANSES (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) recommande de limiter la consommation de poissons prédateurs sauvages (lotte-baudroie, loup-bar, bonite, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…) et d’éviter de manger de l’espadon, marlin, siki, requin et lamproie.
Le chocolat : pourquoi l’éviter avec modération ?
Le chocolat contient de la théobromine, un stimulant semblable à la caféine. En cas de coliques liées à la prise de chocolat, c’est elle la coupable. Plus vous consommez du chocolat noir fort en cacao, plus le taux de théobromine est élevé. Or, la théobromine est difficile à digérer pour un enfant de moins de 3 ans. Certains chocolats contiennent même de la caféine ajoutée pour apporter un peu d’amertume.
Une consommation raisonnable de chocolat n’a pas d’effets sur un bébé allaité, mais il faut être attentive à ne pas en abuser, surtout si vous buvez déjà du thé, du café ou des colas. La teneur en caféine est de 43mg pour 100 g de chocolat à 45-60% de teneur en cacao et de 20mg pour 100 g de chocolat au lait. Certaines mamans ont constaté que la consommation de chocolat provoquait des coliques chez leur bébé ou perturbait ses selles.
Il est conseillé de voir par vous-même s’il y a des répercussions sur votre bébé lorsque vous mangez quelque chose de particulier. Si ce n’est pas le cas, continuez d’en manger. Sinon, privilégiez le chocolat au lait ou à faible teneur en cacao. Le chocolat a des propriétés galactogènes, mais il est à éviter en cas de REF (réflexe d’éjection fort) ou de coliques de bébé.
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Le persil : à éviter en cas de lactation faible
Le persil est un aliment que l’on conseille à celles qui veulent arrêter d’allaiter ou faire chuter leur production de lait. Selon certaines études menées sur des animaux, le persil serait un anti-galactogène puissant. Cependant, il n’y a pas suffisamment de preuves scientifiques pour affirmer de manière certaine si le persil diminue ou non la lactation chez la femme.
Il est toujours conseillé de consommer le persil avec modération et de consulter un professionnel de santé si vous avez des inquiétudes concernant votre lactation. En France, on utilise le persil en très faible quantité, mais dans d’autres pays, il est l’un des ingrédients principaux du plat, comme au Moyen-Orient. Certaines femmes boivent régulièrement des tisanes au persil pour améliorer la régularité de leur cycle menstruel, car celui-ci contient de l’apiol, molécule qui aurait des propriétés équivalentes aux œstrogènes.
Si vous n’êtes pas concernée par une consommation importante de persil, passez à la section suivante. Comme pour le reste, il ne faut pas non plus diaboliser cet aliment. Si vous en mettez un peu, une fois, dans votre plat, ça n’aura pas de conséquences. Par contre, évitez de le consommer régulièrement.
Le blé : à éviter seulement en cas d’intolérance ou d’allergie
Le blé est un aliment contenant du gluten. Beaucoup de sensibilités au gluten sont recensées. Il ne faut pas confondre sensibilité, intolérance et allergie, qui sont trois degrés différents de réaction à un aliment donné. C’est la raison pour laquelle les produits sans gluten pullulent de plus en plus dans les rayons de supermarché.
Surveillez simplement votre alimentation en cas de coliques du nourrisson. Si votre bébé se plaint, a des maux de ventre ou pleure, essayez de voir s’il y a un lien avec votre alimentation. Cela peut être à cause du gluten ou autre chose. Pour savoir si votre enfant réagit à un aliment, il faut arrêter d’en manger pendant au moins 10 jours avant de voir des effets, parfois même 3 semaines. C’est en réintroduisant cet aliment petit à petit, par la suite, que vous pourrez voir si votre enfant a de nouveau des coliques ou des problèmes digestifs.
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L’ail : un goût apprécié par bébé ?
L’idée que l’ail donne un goût particulier au lait maternel qui déplairait à bébé est fausse. Une étude de 1993 a démontré qu’au contraire, les bébés allaités tétaient plus au sein de leur mère pendant et après qu’elles aient ingurgité de l’ail. Contrairement aux idées reçues, l’ail serait un aliment aimé par bébé.
Les cacahuètes : synonyme d’allergie ? Une nouvelle perspective
S’il y a un antécédent d’allergie aux cacahuètes dans votre famille, il était traditionnellement conseillé de les éviter. Cependant, une nouvelle étude montre le contraire. Exposer l’enfant plus tôt aux allergènes le rendrait moins susceptible d’avoir des allergies. Les anticorps étant moins « compétents » quand il est plus petit, la réaction allergique serait plus faible, et donc le mieux serait d’exposer bébé aux allergènes en petites quantité, mais tôt, pour habituer progressivement son organisme à ces molécules.
C’est d’ailleurs pour cette même raison que les pédiatres commencent à conseiller de démarrer la diversification plus tôt que ce que préconise l’OMS. Une étude a montré que les bébés des mamans ayant consommé des cacahuètes pendant l’allaitement puis fait consommer ces dernières à leur enfant avant l’âge de 12 mois ont eu la réaction allergique la plus faible (1,7%). Ceux dont les mères ont consommé des cacahuètes pendant l’allaitement mais ont repoussé l’introduction de cet aliment dans l’alimentation de leur bébé après 12 mois ont eu un taux de réaction allergique de 15,1%. Enfin, les bébés dont les mamans n’ont pas consommé de cacahuètes pendant l’allaitement, puis les ont fait consommer à leur enfant à l’âge de 12 mois ont réagi à 17,6%.
Si vous adorez les cacahuètes et qu’il n’y a pas d’antécédents familiaux de votre côté, ni du côté du papa, vous pouvez en manger un tout petit peu la première fois. Ensuite, analysez votre bébé lorsque vous l’allaitez. Voyez s’il a des réactions. S’il a des réactions, arrêtez d’en consommer et consultez votre pédiatre pour avoir son avis professionnel. Si votre bébé n’a pas de réaction allergique, continuez d’en manger, ce sera au contraire bénéfique pour la suite.
L’alcool : quand l’éviter si j’allaite ?
L’alcool a des effets dramatiques sur le développement cérébral et psychomoteur de l’enfant. Or, l’alcool passe dans le lait maternel. Cela dit, d’après le Dr Newmann, pédiatre renommé spécialiste de l’allaitement, la quantité d’alcool qui passe dans le lait maternel a un taux équivalent à celui présent dans le sang, soit un taux très faible pour une consommation d’alcool modérée (1 verre de vin ou de bière par exemple).
Fiez-vous donc à votre taux d’alcool dans le sang. Lorsque celui-ci est faible ou proche de zéro, celui présent dans votre lait aussi. Cela signifie que lorsque le taux d’alcool dans le sang baisse, l’alcool présent dans le lait repart dans le sang. Le lait revient à un état « sans alcool ». Il est donc inutile de tirer votre lait pour « enlever le lait contenant de l’alcool ».
Sur une courte durée, l’absorption d’une dose d’alcool inférieure à 1 g/kg d’alcool pur ne posera généralement aucun problème au bébé allaité. Cependant, peu d’études ont été faites sur les effets à long terme d’une consommation régulière d’alcool par la mère allaitante et ses conséquences sur le développement neurologique de l’enfant. Il est important de noter que je ne suis pas médecin et ne peux donc pas vous conseiller sur la prise d’alcool et l’allaitement.
Le citron : bon ou mauvais pour l’allaitement ?
L’appareil digestif d’un nourrisson est encore immature, et quelques composants du citron peuvent avoir des effets irritants. Est-ce que ces composants passent à travers le lait maternel ? Il est difficile de le savoir avec certitude.
Regardez si votre bébé a des coliques lorsque vous en mangez afin de savoir si la consommation de citron l’affecte ou non. Si vous aimez le citron et les agrumes de manière générale, n’hésitez pas à en consommer. Ils sont riches en vitamine C, ce qui est important pour la maman qui allaite autant que pour bébé. Beaucoup de sites vantent d’ailleurs les mérites du mélange jus de citron + eau chaude pendant l’allaitement.
Les produits laitiers (lait de vache) : à éviter en cas d’intolérance ou allergie
Les produits laitiers issus de vache sont souvent la source principale de réactions allergiques ou d’intolérance. Les bébés allaités peuvent également être affectés si leur mère consomme des produits laitiers de vache. Si votre bébé souffre de reflux, régurgite, a des coliques ou des réactions épidermiques, cela peut être lié à une intolérance ou une allergie aux protéines de lait de vache.
Il n’y a aucune raison d’interdire la consommation de lait de vache à toutes les mères allaitantes, mais il est important de surveiller les réactions de votre bébé et de consulter un professionnel de santé si vous avez des inquiétudes. La diversité du régime alimentaire maternel permet au bébé, grâce au lait, de découvrir de multiples saveurs de la table familiale, offrant une richesse gustative et préparant le terrain pour la diversification alimentaire.
Conseils supplémentaires pour gérer les coliques
Au-delà de l'alimentation, voici quelques astuces pour aider à soulager les coliques de votre bébé :
- Observer les signes de satiété : Une suralimentation peut causer des coliques. Les signes à surveiller sont le fait que bébé détourne la tête, que du lait s’écoule de sa bouche, qu’il semble réticent à téter, qu’il commence à bouger ses bras et ses jambes, ou qu’il s’endort.
- Espacer les tétées : Instaurez des repas réguliers toutes les 3 à 4 heures, plutôt que toutes les 1 à 2 heures.
- Faire le rot : Veillez à ce qu’il évacue tous les gaz présents dans son ventre avant qu'ils n'arrivent dans ses intestins. Positionnez votre bébé contre votre épaule ou asseyez-le sur vos genoux en le tenant bien à la verticale et tapotez-le dans le dos.
- Masser le ventre : Massez-lui doucement le ventre pour détendre ses muscles. Cette méthode est particulièrement efficace après un bain chaud.
- Utiliser une tétine : La succion peut aider à soulager la douleur.
- Essayer un biberon anti-colique : Si vous nourrissez votre bébé au biberon, choisissez un biberon à valve anti-colique testé cliniquement.
- Consulter un ostéopathe : En cas de coliques persistantes, un suivi ostéopathique peut être bénéfique.
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