Le choc anaphylactique est une réaction allergique soudaine et très grave qui affecte tout le corps. Chez le nourrisson, cette urgence médicale nécessite une reconnaissance rapide des symptômes et une intervention immédiate. Cet article vise à fournir une information complète sur les causes, les symptômes, le diagnostic et le traitement du choc anaphylactique chez le nourrisson, ainsi que les mesures préventives à prendre.

Qu'est-ce que le Choc Anaphylactique ?

Le choc anaphylactique est la manifestation la plus sévère de l’allergie, correspondant à une réaction généralisée, potentiellement mortelle, qui constitue une urgence médicale absolue. Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité systémique, généralisée, sévère, pouvant engager le pronostic vital. Les allergies ou les réactions d'hypersensibilité se manifestent généralement là où se produit le premier contact entre la substance allergène et le système immunitaire. En cas de choc anaphylactique, ces effets de la réaction immunitaire se propagent dans tout le corps.

Près de 5 % des allergiques sont concernés par ce type de réaction et sont à risque de récidive. En Europe, l’anaphylaxie concernerait chaque année entre 1,5 et 7,9 personnes sur 100 000. Toutefois, en France, le réseau d’allergovigilance (RAV) assure la veille sanitaire et épidémiologique en matière d’anaphylaxie sévère liée aux aliments, aux médicaments, au venin d’hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons…), ou sans cause identifiée (anaphylaxie « idiopathique »).

Causes du Choc Anaphylactique chez le Nourrisson

Chez l'enfant et chez le bébé, les principaux allergènes sont :

  • Les œufs
  • Les arachides
  • Les fruits à coque : noix, noisettes, amandes…
  • Le poisson
  • Les fruits de mer : crevettes…
  • Les graines de sésame
  • Les graines de moutarde
  • Le soja
  • Le blé : "l'enfant souffre alors d'une allergie au blé, à ne pas confondre avec l'intolérance au gluten"
  • Le lait de vache : "les protéines de lait de vache peuvent passer dans le lait maternel"
  • Les venins d'hyménoptères : "le choc anaphylactique peut alors survenir après une piqûre de guêpe, d'abeille ou encore de frelon"
  • Certains médicaments
  • Le latex : "l'anaphylaxie peut se manifester après que l'enfant a gonflé un ballon, par exemple".

Les aliments sont les premiers responsables d’anaphylaxie (60 % des cas). Toute protéine alimentaire est un allergène potentiel. Les plus fréquemment impliquées se trouvent dans les fruits à coque (arachide, noix de cajou, noix de pécan, pistache, amande), le lait de vache ou de chèvre, les œufs, le blé, le sésame, les crustacés et poissons, ou encore le kiwi. En tout, 175 aliments à l’origine d’anaphylaxie sont répertoriés par le réseau français d’allergovigilance. En 2020, sur les 131 cas d’anaphylaxie liés à une allergie alimentaire signalés au réseau, deux tiers concernaient des enfants (67 %).

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Comme avec les aliments, tout médicament peut provoquer une réaction d’hypersensibilité chez un patient. Les anti-inflammatoires, l’aspirine, les bêta-bloquants, les antibiotiques et les produits anesthésiques sont néanmoins les plus souvent impliqués dans les réactions allergiques et donc dans les cas d’anaphylaxie.

L’anaphylaxie peut survenir à tout âge, y compris chez le nourrisson, à partir du moment où il y a une allergie connue ou inconnue.

Mécanismes de l'Anaphylaxie

Les mécanismes de l’anaphylaxie sont ceux de l’allergie, mais avec une intensité majeure. Après une première exposition à une substance allergène (souvent passée inaperçue), le système immunitaire produit des anticorps, appelés immunoglobulines de type E ou IgE, qui reconnaissent cet allergène. Ces anticorps persistent dans l’organisme et se fixent sur des cellules immunitaires circulantes (basophiles) ou présentes dans les tissus (mastocytes).

En cas de nouvelle exposition à l’allergène, l’activation des basophiles et des mastocytes via les IgE est très rapide. Ces derniers libèrent alors massivement des molécules inflammatoires (histamine, cytokines, leucotriènes…) qui provoquent de façon brutale des phénomènes comme une dilatation des vaisseaux ou une contraction bronchique, entraînant des symptômes au niveau de différents organes : la peau, les voies respiratoires et digestives, le système cardiovasculaire… C’est pourquoi on parle de réaction généralisée.

Symptômes du Choc Anaphylactique chez le Nourrisson

En cas d’anaphylaxie, au moins deux de ces symptômes apparaissent dans les minutes qui suivent le contact avec l’allergène, et plus la réaction survient vite, plus le risque qu’elle soit sévère est élevé. La réaction allergique est une réponse allergique immédiate. Elle survient généralement quelques minutes après le contact avec la substance allergène.

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Chez l'enfant, un choc anaphylactique peut se manifester à travers plusieurs types de symptômes :

  • Symptômes cutanés: l'enfant se plaint de démangeaisons intenses (en particulier au niveau des lèvres, de la langue, de l'arrière-gorge, du palais… lorsqu'il s'agit d'une allergie alimentaire), il peut développer de l'urticaire (c'est-à-dire : des boutons sur la peau) ainsi qu'un œdème (c'est-à-dire : un gonflement au niveau des lèvres et/ou au niveau des yeux). Sur la peau et les muqueuses : Démangeaisons, notamment au niveau de la paume des mains et des pieds ainsi que sur les muqueuses de la bouche et de la gorge, parfois aussi au niveau des parties génitales. On note également des rougeurs, de l'urticaire, de la rétention d'eau (œdème), et éventuellement une sensation de chaleur. L’urticaire chez le nourrisson peut être ecchymotique (plaques violettes comme un « bleu ») ou œdémateuse (l'enfant gonfle).
  • Symptômes respiratoires: l'enfant a une respiration sifflante et/ou il "manque d'air", il semble "chercher son souffle", il peut faire une crise d'asthme. Il a l'impression que sa gorge "se resserre" : il a du mal à avaler, sa voix devient rauque et/ou étouffée… Les manifestations respiratoires sont retrouvées dans 60 à 72 % des cas et sont de gravité variable, d’une simple toux à un asthme sévère ou même une détresse respiratoire. Un gonflement du visage ou un œdème de Quincke peut survenir. Ce dernier se manifeste par un gonflement au niveau de la gorge/du cou, qui entraîne une gêne respiratoire qui peut être fatale (risque d’asphyxie).
  • Signes de malaise: l'enfant devient pâle, son pouls devient très rapide, il peut perdre connaissance voire tomber dans le coma… Système cardiovasculaire : hypotension artérielle et accélération du rythme cardiaque, parfois également des troubles du rythme cardiaque tels qu'un rythme cardiaque lent (bradycardie). Dans les cas extrêmes, l’essoufflement dû à un gonflement des voies respiratoires et à une insuffisance cardiovasculaire peut entraîner la mort. Des manifestations cardiovasculaires sont retrouvées dans environ 30 % des cas. Une hypotension artérielle (diminution de la tension de plus de 30 % par rapport à sa valeur habituelle, chez l’adulte) qui peut entraîner un malaise, une perte de connaissance, voire un coma. L’anaphylaxie peut aussi être à l’origine d’un syndrome coronarien aigu, voire d’un arrêt cardiaque.
  • Symptômes digestifs: Des manifestations digestives (douleurs abdominales, nausées ou vomissements, diarrhées) sont observées dans 25 à 44 % des cas. Chez le nourrisson, l’on remarquera essentiellement des démangeaisons et des rougeurs cutanées ; plus rarement apparaissent les vomissements.
  • Autres manifestations: D’autres manifestations peuvent être neurologiques, comme des céphalées, une confusion ou des vertiges, observés dans 8 à 15 % des cas.

Il est important de noter qu'un choc anaphylactique n'associe pas forcément des symptômes respiratoires, des symptômes cutanés et des signes de malaise : par exemple, il peut n'y avoir que des signes de malaise. Plus il y a de symptômes, plus il y a d'organes touchés, plus le choc anaphylactique est grave.

Diagnostic Différentiel

Il est important de différencier l’anaphylaxie des manifestations bénignes qui peuvent survenir lors ou au décours immédiat de l’injection d’un vaccin, la survenue de ces manifestations étant plus fréquente que les réactions d’anaphylaxie.

  • La réaction vagale: Rare chez l’enfant, elle survient surtout chez l’adolescent et l’adulte.
  • L’attaque de panique: Elle peut comporter une sensation de mort imminente, une dyspnée, un flush, une tachycardie ou des symptômes gastro-intestinaux, mais elle n’est pas associée à une urticaire, un angio-oedème, une dyspnée sifflante ou une hypotension.
  • Le spasme du sanglot: Le spasme du sanglot survient chez le nourrisson entre 6 mois et 2 ans. Alors qu’il pleure, l’enfant devient soudainement silencieux, avec une rougeur du visage et une cyanose péribuccale. Il peut se produire une brève perte de conscience. L’absence d’urticaire, de prurit, d’œdème et le caractère rapidement et spontanément réversible de l’épisode permettent de le différencier d’une anaphylaxie.

Diagnostic du Choc Anaphylactique

Le médecin pose généralement le diagnostic en fonction des symptômes observés. Si nécessaire, il peut obtenir des informations complémentaires grâce à un bref entretien avec la personne concernée ou ses proches, qui peuvent éventuellement fournir des informations sur des allergies connues ou des événements récents ayant conduit à un choc anaphylactique. Il sera par exemple utile de s’informer d’éventuelles piqûres d’insectes, de nouveaux médicaments ou des aliments récemment consommés.

Le contexte clinique suffit généralement à poser le diagnostic. Toutefois, le dosage d’une protéine appelée tryptase renseigne sur la richesse en mastocytes et leur degré d’activation, dès 15 minutes après le début de la réaction anaphylactique. En cas de doute, toute augmentation de ce taux confirme la nature anaphylactique de la réaction. Pour effectuer ce dosage, le prélèvement doit être réalisé dès que possible, puis une à deux heures après, et enfin au bout de 24 heures ou plus tard encore.

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Chez le nourrisson, le diagnostic est souvent plus difficile, avec des signes digestifs ou respiratoires non spécifiques, des signes cutanéomuqueux fugaces. Le tableau clinique peut aussi être un épisode de somnolence ou de léthargie par atteinte cardio-vasculaire.

Traitement du Choc Anaphylactique

En cas de suspicion, il convient donc de prévenir immédiatement les secours en composant le 15 (Samu) ou le 112 (numéro d’urgence européen), et de pratiquer les gestes de premiers secours : placer la personne en position latérale de sécurité, dégager ses voies respiratoires…

Une personne en choc anaphylactique étant en danger de mort, il faut agir le plus rapidement possible. En cas d'insuffisance cardiovasculaire, des tentatives sont faites pour réanimer le patient. Un cathéter veineux est également posé ou, si cela n'est pas possible, un accès à la moelle osseuse est créé (accès intra-osseux).

En cas d’anaphylaxie, la survie dépend de la vitesse d’a# Choc Anaphylactique chez le Nourrisson : Causes, Symptômes et Traitement

Le choc anaphylactique est une réaction allergique soudaine et très grave qui affecte tout le corps. Chez le nourrisson, cette urgence médicale nécessite une reconnaissance rapide des symptômes et une intervention immédiate. Cet article explore en détail les causes, les symptômes, les méthodes de diagnostic, le traitement et les mesures préventives du choc anaphylactique chez le nourrisson, en s'appuyant sur des informations médicales récentes et des recommandations de spécialistes.

Qu'est-ce que le Choc Anaphylactique ?

Le choc anaphylactique est la manifestation la plus sévère de l’allergie. Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité systémique, généralisée, sévère, pouvant engager le pronostic vital. Contrairement aux allergies localisées, où les réactions se manifestent généralement au point de contact initial avec l'allergène (par exemple, les muqueuses du nez et des yeux dans le cas du rhume des foins ou l'estomac et les intestins pour les allergies alimentaires), le choc anaphylactique se propage rapidement à tout le corps. Cette réaction généralisée peut entraîner des problèmes circulatoires, une insuffisance respiratoire et, dans les cas les plus graves, un arrêt circulatoire et respiratoire, pouvant être mortel.

Près de 5 % des allergiques sont concernés par ce type de réaction et sont à risque de récidive. En Europe, l’anaphylaxie concernerait chaque année entre 1,5 et 7,9 personnes sur 100 000, un nombre probablement sous-estimé.

Causes du Choc Anaphylactique chez le Nourrisson

Chez le nourrisson, plusieurs allergènes peuvent déclencher un choc anaphylactique. Les causes les plus fréquentes incluent :

  • Allergies alimentaires : Le lait de vache est souvent le premier aliment en cause chez les nourrissons, car il est souvent le seul aliment consommé par les bébés non allaités avant l’âge de 4 à 6 mois. D'autres aliments peuvent également déclencher des allergies lors de la diversification alimentaire, tels que les produits laitiers (yaourt, fromage), les œufs (surtout le blanc d'œuf), l'arachide, la moutarde, les noix (fruits à coque en général), le soja, le blé, les légumineuses (lentilles, haricots, pois cassés), les fruits de mer et le poisson. En France, les allergies alimentaires concernent entre 4 et 8 % des nourrissons.
  • Médicaments : Bien que moins fréquente chez les nourrissons, une réaction allergique à un médicament, comme un antibiotique, peut provoquer un choc anaphylactique.
  • Piqûres d'insectes : Les piqûres d'abeilles, de guêpes et de frelons peuvent provoquer une réaction allergique sévère chez certains nourrissons.
  • Vaccinations : Bien que rare, l’anaphylaxie est une complication possible de la vaccination, estimée à moins de 1 cas/100 000 doses. Tous les vaccins injectables peuvent potentiellement entraîner une anaphylaxie. Les additifs vaccinaux sont plus souvent en cause que l'antigène lui-même.
  • Latex : L'exposition au latex peut également provoquer une anaphylaxie chez les nourrissons sensibilisés.

Il est important de noter que dans 20 à 30 % des cas d'anaphylaxie, le facteur déclenchant n'est pas identifié.

Mécanismes de l'Anaphylaxie

Les mécanismes de l’anaphylaxie sont ceux de l’allergie, mais avec une intensité majeure. Après une première exposition à une substance allergène, le système immunitaire produit des anticorps, appelés immunoglobulines de type E (IgE), qui reconnaissent cet allergène. Ces anticorps persistent dans l’organisme et se fixent sur des cellules immunitaires circulantes (basophiles) ou présentes dans les tissus (mastocytes).

En cas de nouvelle exposition à l’allergène, l’activation des basophiles et des mastocytes via les IgE est très rapide. Ces derniers libèrent alors massivement des molécules inflammatoires (histamine, cytokines, leucotriènes…) qui provoquent des phénomènes comme une dilatation des vaisseaux ou une contraction bronchique, entraînant des symptômes au niveau de différents organes : la peau, les voies respiratoires et digestives, le système cardiovasculaire.

Ce mécanisme est bien documenté pour les allergies alimentaires ou aux venins. Pour d’autres allergies, notamment médicamenteuses, d’autres types d’anticorps peuvent être mobilisés, notamment les IgG.

Symptômes du Choc Anaphylactique chez le Nourrisson

Le choc anaphylactique se manifeste par une combinaison de symptômes qui apparaissent rapidement, généralement dans les minutes suivant l'exposition à l'allergène. Les symptômes peuvent varier en gravité, mais il est crucial de reconnaître les signes d'alerte pour agir rapidement. Les symptômes courants incluent :

  • Réactions cutanées : Démangeaisons intenses, urticaire (plaques rouges en relief sur la peau), rougeurs, œdème (gonflement) de la peau et des muqueuses, en particulier au niveau du visage, des lèvres et de la langue. Chez le nourrisson, l’urticaire peut être ecchymotique (plaques violettes) ou œdémateuse (gonflement).
  • Symptômes respiratoires : Difficulté à respirer, respiration sifflante, toux, sensation de gorge serrée, voix rauque ou étouffée, encombrement respiratoire. Un gonflement du visage ou un œdème de Quincke peut survenir, entraînant une gêne respiratoire potentiellement fatale.
  • Symptômes cardiovasculaires : Hypotension artérielle (chute de la tension artérielle), accélération du rythme cardiaque (tachycardie), pouls faible, pâleur, sueurs froides, malaise, perte de connaissance, voire arrêt cardiaque. Chez le nourrisson, le tableau clinique peut inclure un épisode de somnolence ou de léthargie par atteinte cardio-vasculaire.
  • Symptômes digestifs : Douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées. Chez le nourrisson, les vomissements sont un signe fréquent.
  • Autres symptômes : Confusion, vertiges, anxiété, agitation.

Il est important de noter que tous les symptômes ne sont pas toujours présents, et que la rapidité d'apparition et la gravité des symptômes peuvent varier. Plus la réaction survient vite après l'exposition à l'allergène, plus le risque qu'elle soit sévère est élevé.

Diagnostic du Choc Anaphylactique

Le diagnostic du choc anaphylactique repose principalement sur l'observation des symptômes cliniques. Le médecin peut également recueillir des informations auprès de la personne ou de ses proches concernant les allergies connues, les expositions récentes à des allergènes potentiels (aliments, médicaments, piqûres d'insectes) et les antécédents médicaux.

Dans certains cas, le dosage d’une protéine appelée tryptase peut être utile. La tryptase est une enzyme libérée par les mastocytes lors d'une réaction allergique. Un taux élevé de tryptase dans le sang, mesuré dès 15 minutes après le début de la réaction, peut confirmer la nature anaphylactique de la réaction. Pour effectuer ce dosage, le prélèvement doit être réalisé dès que possible, puis une à deux heures après, et enfin au bout de 24 heures ou plus tard encore.

Il est également crucial de différencier l'anaphylaxie d'autres conditions qui peuvent présenter des symptômes similaires, telles que :

  • Réaction vagale : Rare chez l'enfant, elle se manifeste par une pâleur, des sueurs, des nausées et une perte de connaissance, mais sans urticaire ni difficultés respiratoires.
  • Attaque de panique : Elle peut comporter une sensation de mort imminente, une dyspnée, un flush, une tachycardie ou des symptômes gastro-intestinaux, mais elle n’est pas associée à une urticaire, un angio-oedème, une dyspnée sifflante ou une hypotension.
  • Spasme du sanglot : Chez le nourrisson entre 6 mois et 2 ans, il se manifeste par un silence soudain pendant les pleurs, une rougeur du visage et une cyanose péribuccale, avec une brève perte de conscience. L’absence d’urticaire, de prurit, d’œdème et le caractère rapidement et spontanément réversible de l’épisode permettent de le différencier d’une anaphylaxie.

Traitement du Choc Anaphylactique

Le choc anaphylactique est une urgence médicale qui nécessite une intervention immédiate. La survie du patient dépend de la rapidité et de l'efficacité du traitement.

Premiers secours

En cas de suspicion de choc anaphylactique, les mesures suivantes doivent être prises immédiatement :

  1. Appeler les secours : Composer le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d'urgence européen) sans délai.
  2. Administrer de l'adrénaline : Si le nourrisson est connu pour être à risque d'anaphylaxie et dispose d'un auto-injecteur d'adrénaline (EpiPen, Anapen), l'injecter immédiatement dans la face antéro-externe de la cuisse, même à travers les vêtements. La dose d'adrénaline est calculée en fonction du poids de l'enfant. Il est crucial de vérifier régulièrement la date de péremption des stylos auto-injecteurs.
  3. Positionner le nourrisson : Allonger le nourrisson sur le dos, les jambes légèrement surélevées, sauf en cas de difficultés respiratoires où une position semi-assise peut être préférable. Les personnes inconscientes doivent être placées en position latérale de sécurité.
  4. Surveiller les signes vitaux : Surveiller attentivement la respiration, le pouls et l'état de conscience du nourrisson en attendant l'arrivée des secours.
  5. Administrer de l'oxygène : Si disponible, administrer de l'oxygène pour faciliter la respiration.

Traitement médical

À l'hôpital, le traitement du choc anaphylactique peut inclure :

  • Adrénaline : L'adrénaline est le traitement de première ligne du choc anaphylactique. Elle agit en contractant les vaisseaux sanguins, en relaxant les muscles des voies respiratoires, en stimulant le cœur et en réduisant la libération de substances chimiques allergiques. L'adrénaline peut être administrée par voie intramusculaire ou intraveineuse. Au besoin, répéter l’injection à intervalle de cinq à dix minutes selon la réponse clinique.
  • Oxygène : L'administration d'oxygène permet de maintenir une saturation en oxygène adéquate.
  • Antihistaminiques et corticoïdes : Ces médicaments peuvent aider à réduire l'inflammation et les symptômes allergiques, tels que l'urticaire et l'œdème.
  • Bronchodilatateurs : En cas de difficultés respiratoires persistantes, des bronchodilatateurs peuvent être administrés pour dilater les voies respiratoires.
  • Remplissage vasculaire : En cas d'hypotension sévère, un remplissage vasculaire avec des liquides intraveineux peut être nécessaire pour augmenter la pression artérielle.

Surveillance post-traitement

Après un épisode de choc anaphylactique, une surveillance étroite est nécessaire, car il existe un risque de réaction biphasique, c'est-à-dire une récidive des symptômes quelques heures après la réaction initiale. L'hospitalisation est généralement recommandée pour une observation d'au moins 24 heures.

Prévention du Choc Anaphylactique

La prévention du choc anaphylactique repose sur plusieurs stratégies :

  • Identification des allergènes : Il est essentiel d'identifier les allergènes responsables des réactions allergiques chez le nourrisson. Cela peut nécessiter des tests allergologiques, tels que des prick tests ou des patch tests, réalisés par un allergologue.
  • Éviction des allergènes : Une fois les allergènes identifiés, il est crucial de les éviter autant que possible. Cela peut impliquer des modifications du régime alimentaire, une lecture attentive des étiquettes des produits alimentaires et médicamenteux, et des précautions lors des activités de plein air pour éviter les piqûres d'insectes.
  • Trousse d'urgence : Les nourrissons à risque d'anaphylaxie doivent avoir une trousse d'urgence contenant un auto-injecteur d'adrénaline, des antihistaminiques et, si prescrit, d'autres médicaments. Les parents et les personnes en charge du nourrisson doivent être formés à l'utilisation de l'auto-injecteur et à la reconnaissance des symptômes d'anaphylaxie.
  • Information de l'entourage : Il est important d'informer l'entourage du nourrisson (famille, amis, personnel de la crèche ou de l'école) des allergies et des mesures à prendre en cas d'urgence. Un plan d'action écrit, détaillant les étapes à suivre en cas d'anaphylaxie, peut être utile.
  • Désensibilisation : Dans certains cas, une désensibilisation (immunothérapie allergénique) peut être envisagée pour réduire la sensibilité du nourrisson à un allergène spécifique. Cette approche consiste à administrer des doses croissantes de l'allergène sur une période prolongée, sous surveillance médicale étroite.

Allergies alimentaires chez le nourrisson : prévention

Plusieurs études récentes ont montré que l'introduction précoce des aliments allergènes lors de la diversification alimentaire peut réduire le risque de développer des allergies alimentaires chez les nourrissons. Il est désormais conseillé de faire goûter du poisson à l’enfant dès l’âge de 4/6 mois, et d’introduire les fruits à coque sous forme de purée d’oléagineux par exemple (dont les cacahuètes) vers les six mois de l’enfant (mais pas avant). Par ailleurs, il peut aussi être recommandé de ne pas faire de régime d’exclusion lors de la grossesse et de l’allaitement.

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