Introduction
L'histoire de l'imprimerie est un récit captivant d'innovation et de diffusion du savoir, façonnant le monde à travers les âges. En Chine, cette histoire remonte à des siècles avant Gutenberg, témoignant d'une civilisation où la tradition écrite a prospéré sous diverses formes. Longtemps, les études historiques ont mis l'accent sur les aspects techniques de l'imprimerie en Chine, qu'elle soit artisanale ou artistique.
Les Prémices de l'Imprimerie en Chine
Bien avant Gutenberg, des méthodes d'impression existaient, bien que différentes de celles que nous connaissons aujourd'hui. Environ 600 ans avant Gutenberg, les moines chinois utilisaient la gravure sur bois, une technique où des blocs de bois encrés étaient pressés sur des feuilles de papier. Des mots et des images étaient gravés dans des blocs de bois, encrés, puis le papier était pressé sur les blocs. Un exemple remarquable est "Le Soutra du Diamant", un ancien texte bouddhiste créé en 868 sous la dynastie Tang.
Dès le IXe siècle, en Extrême-Orient, les prémices de l’invention de l’imprimerie voient le jour. Ce sont les Chinois qui pressent des caractères en bois sur du papier, notamment pour produire le Sutra du diamant. La méthode pour fabriquer du papier de bonne qualité fut inventée en Chine à la fin de la Dynastie des Han de l’Est.
La première mention que nous ayons des sceaux en Chine date de 255 avant l’ère chrétienne. L’usage s’en généralise sous les Han ; on les fabrique en toutes sortes de matériaux. Entre 175 et 183 de notre ère, on grave sur pierre les Classiques et, aussitôt après, on en prend des estampages au moyen de l’encre. Il semble que ce soit au Ve siècle, à l’époque des Six dynasties, qu’on ait pour la première fois enduit les sceaux d’une encre rouge au cinabre, pour les imprimer sur papier.
Xylographie: La Gravure sur Bois
La xylographie est la méthode d’impression la plus ancienne en Chine. Elle consiste à graver des caractères sur des blocs de bois dur, généralement dans la direction des veines du bois. Les textes étaient composés en assemblant ces blocs gravés, puis encrés et pressés sur du papier ou de la soie. Cette technique a permis la diffusion d'ouvrages, dont certains étaient déjà profanes.
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L'Invention des Caractères Mobiles
Vers l'an 1000, une nouvelle idée venue d'Asie occidentale a émergé en Chine : la fabrication de livres au lieu de rouleaux. Les livres étaient plus faciles à copier et à utiliser. Au XIe siècle, un typographe chinois cherchant à gagner du temps et à éviter les erreurs d’écriture a inventé les caractères mobiles. Initialement en argile, ils ont évolué pour être en bois, devenant moins fragiles et plus résistants.
L'impression de types mobiles était une invention ingénieuse dans laquelle, au lieu de blocs, on utilisait de petites pièces d'argile où des caractères individuels étaient sculptés puis encrés. Chaque pièce était un caractère à imprimer, afin qu’elles puissent être combinées pour former les mots nécessaires, puis réutilisées autant de fois que nécessaire. L'impression de type mobile présentait plusieurs avantages par rapport à la gravure sur bois, réduisant considérablement le temps de production des blocs et permettant la réutilisation des caractères.
Entre 1040 et 1050, Pi Cheng invente le caractère mobile, en céramique, pris dans une forme de métal. Un peu plus tard encore, les caractères deviennent de métal et sont perforés puis tenus en place au moyen d’un fil de fer. Paul Pelliot découvrit à Touen-houang des caractères ouïgours fondus, qu’il a pu dater des environs de l’an 1300. En 1390, un roi de Corée ordonne la création d’un atelier où l’on fondra les caractères de métal. La deuxième fonte des caractères coréens date de 1420, la troisième de 1434.
Essor de la Culture Classique Grâce à l'Imprimerie
Dès lors, la nouvelle invention va permettre en Chine un essor de la culture classique. Au milieu d’atroces guerres civiles, et tandis que quatre dynasties se succèdent sur les cinq qui donnèrent leur nom à cette période d’anarchie, Fong Tao met au point la première grande édition classique du Canon confucéen entre 932 et 953. Entre 971 et 983, le Tripitaka bouddhiste, cent trente mille pages, sort des presses. On imprime également les soutra. Nous voici maintenant sous les Song, qui ont rassemblé la terre chinoise en 960 et qui, pendant trois siècles, vont favoriser l’éclosion d’un des plus beaux moments de la culture humaine. Tout ce qui compte en littérature est imprimé alors. Au reste, les nombreuses éditions originales qui sont venues jusqu’à nous en sont autant de preuves.
L'Influence de l'Imprimerie Chinoise sur le Monde
L'enthousiasme de Thomas Carter pour retrouver la filiation entre l'imprimerie chinoise et l'invention de Gutenberg a conduit les Chinois à prendre conscience de l'importance mondiale de l'invention de l'imprimerie et de l'influence de leur propre histoire sur l'origine de l'imprimerie occidentale. Bien que le lien irréfutable ou la preuve définitive restent encore à trouver, les indices ne manquent pas qui laissent raisonnablement supposer le rôle déterminant de la Chine dans la naissance de l'imprimerie et sa transmission jusqu'en Occident.
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Quand on sait que, durant tout le XIIIe et le XIVe siècle, Tourfan (Xinjiang), capitale du Turkestan, fut un centre important d’imprimerie ; quand on sait que des lettres portant de grandes inscriptions chinoises imprimées au moyen de sceaux sont envoyées au roi de France depuis la Perse ; quand on sait que, dès 1294, il existe à Tabriz, en Perse, une fabrique de papier-monnaie qui imprime en chinois et en arabe ; quand on sait que Rubruquis, ambassadeur de Saint Louis à Karakorum, auprès du Khan mongol, rapporte de sa mission non seulement une lettre altière du Khan, mais toutes sortes de nouvelles sur la Chine de 1254 (notamment, au chapitre XXXIX, une indication sur le papier-monnaie ; « La monnaie commune de Cathay est faite de papier de coton, grande comme la main, et sur laquelle ils impriment certaines lignes et marques faites comme le sceau du Khan ») ; quand on sait que Marco Polo, en 1298, divulgue cette même nouvelle qui jusqu’à lui était restée confidentielle puisque, à cette époque, le récit de Rubruquis était demeuré manuscrit (il le restera jusqu’au temps de Hakluyt), et qu’il s’émerveille au chapitre XCVII de ces feuilles imprimées : « Différentes marques sont imprimées selon la destination du billet.
Gutenberg et l'Imprimerie en Occident
C’est au XVe siècle que l’imprimerie fait son entrée en Europe, apportée par des commerçants et des érudits. Puis, vint Johannes Gutenberg, l’homme qui allait changer le cours de l’histoire. Ses caractères en plomb s’assemblèrent, formant des mots, des phrases, des histoires entières. Gutenberg, de son vrai nom Johannes Gensfleisch, inventa l’imprimerie à caractères métalliques mobiles dans son atelier de Mayence en Allemagne. C’est grâce à sa presse à bras qu’il apporte un gain de temps considérable dans la reproduction d'ouvrages écrits. Avant cette invention, les textes sont copiés à la main par des moines copistes.
L’imprimerie de Gutenberg fonctionne grâce à des caractères mobiles de même taille. Ils sont forgés en métal et moulés au poinçon. Gutenberg coule des milliers de ces caractères sur une matrice qu’il a également inventée. L’inventeur de génie place ensuite ses caractères dans une presse, qu’il imagine. Elle est dotée d’un chariot amovible et d’un socle sur lequel est posée la page à imprimer. Préalablement encrée, la forme de caractères mobiles placés dans sa presse à bras va permettre l’impression de données graphiques, de textes et d’illustrations, sur un support tel que le papier. La reproduction de livres par quantité est maintenant possible grâce au procédé de l’imprimerie de Gutenberg.
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