Si vous étiez enfant à la fin des années 80 et au début des années 90, il y a des films que vous avez obligatoirement vus plusieurs fois et qui restent cultes encore aujourd’hui. Parmi eux, on retrouve Chérie, j’ai rétréci les gosses, du grand Joe Johnston, sorti chez nous en 1990, et produit par le studio Disney. Une version familiale du légendaire L’Homme qui rétrécit dans laquelle les enfants d’un scientifique un peu fou se faisaient rapetisser par erreur et se retrouvaient perdus dans le jardin, transformé pour l’occasion en jungle hostile. Gros succès oblige, le film a connu une suite, Chérie, j’ai agrandi le bébé, en 1993, avant de se compromettre dans un troisième opus sorti directement en vidéo en 1997, Chérie, nous avons été rétrécis. Ah et on ne peut pas omettre aussi la série télé produite au même moment en parallèle et qui n’est pas restée dans les mémoires.

Contexte et Genèse

Le début des années 90 était une période passionnante pour le cinéma de divertissement même si notre jeune âge nous interdisait d’en avoir pleinement conscience. La technologie franchissait un cap décisif puisque les images de synthèse, enfin performantes, permettaient aux créateurs plus de libertés pour coucher sur pellicules leurs délires les plus intimes. Mais l’ancienne garde se battait encore pour survivre. Disney, qui remonte déjà à 1969, a connu une nouvelle direction qui s'installe à la tête des studios Disney. Touchstone Pictures a été créé en 1984.

L'Ère Szalinski : Un Mélange de Fantaisie et de Technologie

Chérie, j'ai rétréci les gosses rend hommage à deux genres qui lui étaient chers du temps de Walt. Le film met en scène un inventeur dont l'invention dégénère et met le désordre dans son voisinage. Le ton du film est clairement ancré dans l'air du temps, avec toutefois une vision bien plus positive.

Chérie, j'ai agrandi le bébé : Une suite à la loupe

Réalisé par Randal Kleiser en 1992, Chérie, j'ai agrandi le bébé est la suite directe de Chérie, j'ai rétréci les gosses. Trois ans après avoir accidentellement rétréci ses enfants, Wayne Szalinski met au point un rayon capable de dilater les molécules au énième degré. La famille Thompson a disparu, sans doute une conséquence du déménagement dans une banlieue de Las Vegas, et Amy est rapidement évacuée du scénario par un départ vers l’Université.

Synopsis

Wayne Szalinski, toujours interprété par Rick Moranis, a de nouveau gaffé. Lors d’une expérience, il bombarde de particules ioniques son dernier rejeton, Adam, âgé de deux ans. Qu’est-ce qui fait 15 m de haut, est en pleine croissance, adore les esquimaux glacés, les petites voitures et la guitare électrique de son frère aîné ? A dire vrai, le petit Adam, dernier né de la famille Szalinski n’est plus un bébé, même s’il reste un tout petit garçon. D’ailleurs le titre original évoque un enfant et pas un bébé. En tout cas ce roi de l’évasion ne reste pas petit très longtemps : un moment d’inattention de la part de son père et de son frère lors d’une visite au laboratoire et hop ! Voilà Adam Szalinski qui grandit au fur et à mesure qu’il accumule de l’énergie électromagnétique. Le problème est que pour lui rendre sa taille, Slazinski senior doit récupérer du matériel auquel il n’a plus accès car il a vendu le brevet de son réducteur à la compagnie Sterling. Adam grandit au fur et à mesure qu’il accumule de l’énergie électromagnétique.

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Analyse

La recette reste la même : le film familial délivre un message humaniste sur la différence. La réalisation profite d’une technologie assez bien maîtrisée des incrustations d’images, même si la perfection est loin, et a dû économiser les coûteux décors de Chérie, j’ai rétréci les gosses.

Points forts

  • Rick Moranis: Un Rick Moranis amusant, qui prend du plaisir à jouer et qui tient un personnage haut en couleurs et terriblement attachant. Ce père de famille un peu paumé est toujours aussi empathique, car malgré sa maladresse et son amour pour son travail, il aime aussi profondément sa famille.
  • Le fils: Son amourette est intéressante car elle soulève un problème d’ado, la timidité et le fait d’être geek et amoureux d’une personne qui nous ignore. La situation fait que cela évolue en permanence et c’est plutôt amusant.

Points faibles

  • Scénario: Le scénario ne va être qu’un prétexte pour faire une suite et engranger quelques deniers sur une franchise qui aurait pu devenir luxuriante. Ici, les enfants ne sont plus rétrécis, cela aurait fait redondant, mais c’est le bébé de la famille qui, par un concours de circonstances, va grandir dès qu’il s’approche de quelques rayons électromagnétiques.
  • Rythme: L’ensemble est très décousu, avec ce bébé qui prend la fuite, la romance adolescente entre le fils de la famille et la babysitter, le père toujours à l’ouest ou encore le grand méchant qui va prendre en chasse le bébé avec un hélicoptère.
  • Réalisation: Le réalisateur semble incapable de filmer autrement qu’en contre-plongée et de fournir des moments qui ne sont pas marquants. Le coup de Las Vegas, en fin de métrage, manque de panache, manque d’énergie et surtout de dramaturgie.

Accueil

Malheureusement, Chérie, j'ai agrandi le bébé est une vraie déception, incapable de tenir les promesses d'un scénario incroyablement lisse, et accumulant tous les poncifs du genre. Certes, cette suite joue la carte de la comédie familiale avec quelques sketches foireux. Au niveau visuel, le film n'est pas toujours convaincant. Certaines séquences frisent le grotesque, à l'image d'un Rick Moranis qui tente de réduire son rejeton à sa taille normale du haut d'une peluche de plus de cinq mètres. Bref, du vrai gros nanar, qui sera étrangement suivi d'un troisième chapitre, Chérie je nous ai rétrécis. Bref, pas grand chose à retenir de cette suite, totalement inutile.

L'Héritage de la Famille Szalinski

Malgré les critiques mitigées de ses suites, l'univers de Chérie, j'ai rétréci les gosses reste un classique des studios Disney.

Tentatives de Relance

Alors que l’on pouvait penser qu’il s’agissait d’une production destinée au service Disney +, le nouveau film devrait, si tout se passe bien, connaitre une exploitation en salles. Josh Gad devrait y interpréter Nick Szalinski, le fils de Wayne Szalinski (le père du premier film magistralement interprété par Rick Moranis), et qui devrait réduire ses propres enfants ce qui, avouons-le, n’est quand même pas de bol. Au casting, on aura le plaisir de retrouver Rick Moranis, qui campait Wayne Szalinski dans le film original. Devenu inventeur à son tour, il commet irrémédiablement les mêmes erreurs que son paternel, et rétrécit sa propre famille.

Impact Culturel Durable

Chérie, j'ai rétréci les gosses a marqué le monde du cinéma. Proposant une aventure originale et ambitieuse, la famille Szalinski a su traverser les âges pour rester, encore aujourd’hui, très présente dans la culture populaire. L’idée du scénario est en effet le point fort de cette aventure. Originale, en plus d’offrir un récit hors du commun, elle permet à Chérie, j’ai rétréci les gosses de proposer des décors et des effets tout aussi impressionnants qu’inhabituels. Et même si tout semble faux et fait de carton ou de mousse, l’ensemble représente finalement à merveille la vision que l’on pourrait avoir de ses choses si l’on était réduite à une taille de quelques millimètres.

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Les acteurs : Que sont-ils devenus ?

  • Thomas Wilson Brown: Il n'a pas joué dans les suites du film. Après Chérie, j'ai rétréci les gosses, Brown a multiplié les rôles dans les séries dans les années 90 (Côte Ouest, Incorrigle Cory…) Il est aussi apparu dans des épisodes de Beverly Hills, d'Urgences, des Experts.
  • Jared Rushton: Comme son grand frère dans le film, Jared Rushton a essentiellement tourné pour des séries après Chérie, j'ai rétréci les gosses, et n'a pas participé à la suite du film. Ses apparitions à l'écran ne vont pas au-delà de la fin des années 90.
  • Amy O'Neill: On a pu la voir dans la suite Chérie, j'ai agrandi le bébé. Puis, elle a donné une nouvelle orientation à sa carrière, en se concentrant sur les arts du cirque.
  • Robert Oliveri: C'est le seul des 4 jeunes comédiens de la bande de l'époque que Disney n'a pas réussi à faire revenir pour son documentaire révélant les secrets de tournage du film. Selon sa filmographie, Oliveri a assez rapidement mis un terme à sa carrière d'acteur, son dernier film étant Chérie, j'ai rétréci le public, court métrage dérivé de la saga, datant de 1994.
  • Joe Johnston: Son parcours a ensuite été jalonné de succès dans les années 90 : Rocketeer, Jumanji, c'est lui ! A partir des années 2000, le réalisateur a mis en scène des épisodes de franchise, comme Jurassic Park 3 et Captain America First Avenger. Récemment, il a réalisé Casse-noisette et les quatre royaumes.

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