Cet article se penche sur l'organisation de l'assistance médicale à la procréation (AMP) dans le contexte français contemporain, en se concentrant sur la question de "l'âge de procréer" des femmes comme critère d'accès à cette assistance. Il examine comment cette organisation est devenue un sujet de recherche dans les sciences humaines et sociales françaises et la source d'une vision critique des normes de l'AMP.
Introduction : L'Âge et la Procréation Médicalement Assistée
Nous apprenons chaque jour par voie de presse les prouesses qui rendent aujourd’hui possible la naissance d’un enfant en bonne santé, alors que le couple désireux de fonder une famille ne peut procréer sans assistance médicale, ou le peut, mais non sans mettre la vie de l’enfant en danger. Les progrès de la médecine font ainsi émerger des modalités de procréation considérées il y a peu comme impossibles, en dehors de toute considération au sujet de leur caractère légal ou légitime et de leur acceptation sociale. Par contraste, le lecteur de la presse quotidienne ne peut qu’être frappé par un phénomène qui s’apparente, lui, à une loi immuable : les limites d’âge, différentes pour les hommes et les femmes, que le corps humain impose à la capacité de procréer.
Aujourd’hui, certaines sociétés sont plutôt dominées par la problématique de repousser l’âge des unions afin de faire reculer l’âge du premier enfant pour les femmes, ainsi que le rappelle l’Organisation mondiale de la santé, qui documente les enjeux des grossesses à l’adolescence et des mariages forcées (OMS, 2013, 2014). À l’inverse, en France, l’enjeu de l’âge y est plutôt associé aux situations où l’on devient “trop âgé” pour avoir un enfant. Cela s’explique par tout un ensemble de facteurs. D’une part, les grossesses des adolescentes y sont rares (Le Van, 1998, 2006). D’autre part, au-delà des cas d’ “infécondité volontaire” encore mal connus (Debest, 2013), l’histoire de ce pays témoigne de comportements procréatifs visant à retarder l’âge au premier enfant (âge moyen élevé au premier mariage) et à contrôler le nombre total d’enfants par couple (baisse de l’âge au dernier enfant) dès la seconde moitié du 17ème siècle (Hajnal, 1965 ; Henry/Houdaille, 1979).
Perspective Historique de la Critique des Normes de Procréation
Dans un premier temps, ce sont le “destin maternel” des femmes et les normes de la procréation qui sont examinés. Ce premier temps ne s’est pas particulièrement intéressé à l’âge. Mais l’on peut dire que cette première phase a préparé le terrain pour la mise en question, plus récente, de l’âge des femmes comme critère d’accès à l’assistance médicale à la procréation.
Critique du "Destin Maternel" et des Normes de Procréation
Dans un travail antérieur, nous avons eu l’occasion de souligner la prégnance historique d’un discours qui associe le désir d’enfant au corps féminin. Nous y consacrerons ici seulement un bref moment. Selon ce discours, les caractéristiques corporelles de la femme sont mises en avant pour rendre compte de leur capacité procréative et comme des signes de ce qu’on peut appeler un destin maternel (Gaille, 2010). Une telle représentation est ancrée dans l’histoire de la médecine comme dans celle de la philosophie, dont les œuvres fondatrices étaient le fait d’auteurs tout aussi préoccupés de biologie que de métaphysique. Comme on le sait, cette idée d’un destin maternel a fait l’objet d’une discussion critique depuis les années 1970, notamment marquée, en France, par les travaux de l’anthropologue Fr. Héritier (1996, 2002), et ceux de l’historienne Y. Kniebielher (2001, 2002). Cette discussion critique s’est prolongée en direction de ce qu’aujourd’hui, dans notre société, l’on nomme “ménopause”, autrefois désigné comme “l’âge critique”, un âge perçu comme celui où la femme se libère de la maternité et peut accéder au statut de sujet (Diasio, 2010). Depuis ce moment, on a également produit la critique des mésusages de certains savoirs, notamment éthologiques, qui ont pu un temps étayer le discours sur le destin maternel des femmes (Guillaume, 1992).
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Critique de la Nature comme Norme dans la Procréation
Avec la mise en place de l’assistance médicale à la procréation, cette critique du destin maternel s’est doublée d’une seconde discussion qui se déploie dans une double direction notamment à partir des années 1990. D’une part, l’on constate que la mise en place technique, légale et médicale de l’assistance médicale à la procréation a fortement contribué à alimenter la discussion sur la nature de la maternité et de la parentalité, en France comme ailleurs (Bateman, 1999 ; Mehl, 1999 ; Mathieu, 2013 (pour le contexte français) ; Strathern, 1992 :5 (pour le contexte anglais)). D’autre part, l’organisation de l’assistance médicale à la procréation fait elle-même l’objet d’une critique sur laquelle nous allons ici concentrer notre attention. Sont dénoncés le fondement “naturaliste” de l’institution socio-juridique et, au-delà, l’attribution d’une dimension normative à “la nature” (ici, incarnée par l’acte sexuel reproducteur d’un couple hétérosexuel) : il s’agit de montrer, dans cette perspective critique, « comment des valeurs incorporées dans les techniques, dans les règlements, et dans les procédures contribuent à la reproduction des normes sociales et à la ‘fabrication du naturel’« (Löwy, 2000 :76) et de souligner la différence de traitement entre les hommes et les femmes dans cette « fabrication » (Ibid.). Si l’assistance médicale à la procréation est considérée comme “artificielle”, au sens où elle convoque des compétences médicales et un appareillage technique qui favorisent la fécondation et le bon déroulé de la grossesse, cette perspective critique souligne que le droit français l’a qualifiée à partir du modèle dit “naturel” de la procréation. On entend par là que la procréation assistée est pensée sur le modèle de l’acte sexuel reproducteur d’un couple hétérosexuel, et caractérisée ce faisant par le principe mater semper certa est : celui qui fonde l’acte procréateur et parental sur l’union d’un homme et d’une femme, pas un de plus, pas un de moins.
Aujourd’hui, même si l’on rencontre en philosophie une claire expression de la critique de la nature comme norme dans le champ de la procréation (Ogien, 2007, 2009, 2013 ; Gaille, 2010), d’autres disciplines que la philosophie sont aux avant-postes de cette critique. L’anthropologie sociale a notamment contribué à cette discussion, en rejetant les visions de la nature comme arrière-plan immuable des choses, et ce qui, de façon spécifique, apparaît comme “naturel” en matière d’engendrement et de filiation. Elle a dénoncé le fait, manifeste dans diverses cultures, que la dimension “naturelle” semble conférer aux règles instituées plus de légitimité (Douglas, 1986). Selon M. Strathern, la culture occidentale illustre bien ce phénomène : tout en favorisant l’idée d’un travail sur la nature visant à la transformer, elle conserve une forme de fidélité à ses (supposées) lois et entend les imiter (Strathern, 1992 :3). Contre ce phénomène, M. Strathern promeut une anthropologie décentrée, qui permet de prendre ses distances avec telle ou telle conception de ce qui est “naturel”, en réalité un fait de culture variable selon les sociétés. Dans le même sens, l’anthropologue E. l’apport de l’ethnographie amazoniste a été fondamental pour révéler le biais qui consiste à considérer le monde naturel et le monde social comme des domaines séparés et à rechercher le naturel là où il n’existe pas.
L'Âge de Procréer des Femmes comme Critère d'Accès à l'AMP
Cette seconde phase d’analyse et de critique, nourrie par les approches de genre, met en évidence, notamment au moyen de comparaisons internationales, la relativité du seuil fixé à 43 ans et souligne que le dispositif ne se fonde que sur l’âge des femmes (III). À notre sens, cette seconde phase d’analyse et de critique doit être complétée par une réflexion élargie et multifactorielle sur le recours à l’âge comme critère d’accès : en effet, “l’âge de procréer” des femmes dont il est ici question n’a rien d’un phénomène absolu. Il est appréhendé à travers un savoir constitué au sujet des capacités procréatives des corps féminins et il joue un tel rôle du fait d’une décision socio-politique de faire de ce savoir le fondement du seuil d’accès à l’assistance médicale à la procréation (IV).
Limites d'âge et FIV à Londres : ce qu'il faut savoir
La question de savoir s’il convient d’appliquer une limite d’âge supérieure à tous les traitements et à tous les pays divise les communautés médicales et scientifiques depuis un certain temps. La FIV pour les femmes plus âgées devrait-elle être limitée en raison des chances de succès plus faibles et des risques plus élevés de problèmes médicaux liés au traitement ? L’âge de procréation avancé pour les femmes est généralement défini à 37/38 ans et nous avons vu qu’à mesure qu’une femme vieillit, la quantité d’ovocytes disponibles diminue.
Bien qu’il n’y ait pas encore de limite d’âge légale pour les traitements de FIV au Royaume-Uni, les cycles financés par le NHS sont limités en fonction de l’âge. Le NHS est guidé par les directives de la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) qui stipulent que les femmes de moins de 40 ans peuvent bénéficier de trois cycles complets de FIV financés, tandis que les femmes âgées de 40 à 42 ans répondant à certains critères d’éligibilité ne peuvent bénéficier que d’un seul cycle complet financé. Il n’y a pas de loi sur l’âge maximum pour un traitement de fertilité, mais la grande majorité des cliniques ne traitent que les femmes âgées de 50 ans au maximum.
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Options et Alternatives pour les Femmes de Plus de 40 Ans
La FIV après 50 ans reste possible, mais elle dépend fortement de la santé de la patiente, de l’état de sa fertilité et du recours quasi systématique au don d’ovocytes. Le nombre de femmes ayant un enfant à plus de 40 ans a quadruplé au cours des 30 dernières années. Au Royaume-Uni, par exemple, les naissances chez les femmes de plus de 35 ans représentent aujourd’hui un cinquième de l’ensemble des naissances.
La FIV à 50 ans n’est pas impossible, mais vous devez vous assurer que vous êtes en bonne santé afin de mettre toutes les chances de votre côté pour que la procédure de FIV soit couronnée de succès. Il est exceptionnellement difficile de concevoir à cet âge, et il est donc impératif de surveiller sa santé si l’on souhaite tomber enceinte.
Don d'ovocytes à Londres
Le don d’ovocytes d’une personne connue est autorisé au Royaume-Uni. Il est par conséquent possible de suivre un traitement de fertilité avec des ovocytes donnés par une personne connue de la patiente qui peut être une amie, une parente ou une connaissance. Le don d’ovocytes, dit altruiste ou « inconnu », est également possible au Royaume-Uni même si les lois en matière d’anonymat diffèrent de celles des autres pays. Tandis que le don d’ovocytes est totalement anonyme dans la plupart des pays européens, ce n’est pas le cas au Royaume-Uni. Cela signifie que, même si la donneuse et le couple receveur restent anonymes l’un vis-à-vis de l’autre, l’enfant conçu à partir de ce don peut accéder aux informations relatives à la donneuse, dès l’âge de 18 ans.
Considérations Éthiques et Médicales
La fourniture d’un traitement de FIV aux femmes de plus de 50 ans est arbitraire et les pays ont tous des points de vue différents. Certains sont limités par la loi, d’autres sont guidés par des directives réglementaires.
Les taux de réussite de la FIV avec don d’ovocytes sont beaucoup plus élevés que les traitements utilisant les ovocytes des patientes dans la cinquantaine. Un certain nombre de pays déclarent explicitement qu’ils envisagent de traiter les femmes de plus de 50 ans avec don d’ovocytes. Ces pays comprennent la Grèce, Chypre du Nord, la Lettonie, la Russie et les États-Unis, tandis que dans d’autres, les cliniques individuelles auront leurs propres politiques et pratiques comme le Royaume-Uni.
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Coûts et Programmes de Financement
Les traitements de fertilité sont chers, quelque soit le pays. Et la Grande-Bretagne ne fait pas exception. Les citoyens britanniques peuvent exercer leur droit à un traitement de fertilité gratuit sous forme d'insémination artificielle par l'intermédiaire du National Health Service. Cependant, ce service n'est pas disponible pour les résidents d'Écosse, d'Irlande du Nord et du Pays de Galles. Mais, même les résidents d'Angleterre doivent être personnellement choisis et reconnus comme des candidats appropriés pour une thérapie gratuite. Le critère le plus important est l'âge jusqu'à 40 ans.
Dans la plupart des cas, le prix varie de 1 500 £ à 5 000 £ (1 700 € - 6 000 €) par cycle. Et ce n'est qu'une procédure sans médicaments ni services supplémentaires. C'est pourquoi il est conseillé de trouver une clinique de reproduction où des services complets seront fournis, y compris tous les besoins émergents. En conséquence, le coût de la procédure sera beaucoup moins cher. Parfois, cela peut signifier un voyage dans une autre partie de l'Angleterre, voire dans un autre pays.
Cliniques de Fertilité à Londres : IVI London comme Exemple
IVI London reçoit des patients qui viennent du monde entier et une grande partie de notre personnel parle plusieurs langues. Plusieurs médecins et infirmiers ou infirmières parlent français, dont le directeur médical d’IVI London, le Dr Cesar Diaz-Garcia.
IVI London est située en plein centre de Londres et vous pourrez vous y rendre sans problème en transports en commun. De même, la clinique est idéalement située pour les patient(e)s arrivant avec l’Eurostar depuis Paris. Elle est en effet située à moins de trois kilomètres de la gare de St. Pancras International et il vous suffira de 15 minutes en taxi ou en transports en commun pour rejoindre la clinique.
La clinique est située 83 Wimpole Street en plein centre du prestigieux quartier médical de Londres. Il s’agit d’un établissement moderne, à la pointe de la technologie, situé dans un bâtiment historique de style édouardien.
Destinations Alternatives pour la FIV avec Don d'Ovocytes
En 2026, les destinations les plus souvent choisies pour une FIV avec don d’ovocytes à l’étranger sont l’Espagne, la Grèce, la République tchèque et Chypre du Nord, suivies du Portugal, de la Lettonie, de l’Estonie, de la Pologne et du Danemark. Le choix de la destination dépend principalement des préférences personnelles, des restrictions légales sur le don d’ovocytes, des processus de “matching” des donneuses et du coût de la FIV avec don d’ovocytes, car ces éléments peuvent tous varier d’un pays à l’autre.
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