De tous temps, les parents ont bercé leurs enfants avec des chansons douces, un rituel apaisant du soir. Mais les comptines sont bien plus que de simples berceuses. Elles sont de précieuses alliées pour l'éveil et le développement des bébés, surtout lorsqu'on y associe les gestes à la parole. Pour les enfants plus grands, ces chansons permettent d'approfondir les acquis et d'expérimenter de nouveaux apprentissages. Découvrons ensemble quelques idées de comptines à explorer avec votre enfant à la maison.

L'éveil Musical et Gestuel : Les Bienfaits des Comptines Signées

Les comptines gestuelles ne sont pas de la langue des signes (LSF) à proprement parler, qui répond à une complexité grammaticale et syntaxique spécifique. Elles soutiennent l'acquisition du langage du tout-petit en joignant le geste à la parole, favorisent sa capacité de mémorisation, développent son éveil corporel, son attention, sa créativité et son imagination. Rythmées, douces, esthétiques et ludiques, elles participent surtout au renforcement du lien d'attachement.

Sandrine Higel, pédagogue et formatrice, fondatrice de Signe2mains, centre de formation qui accompagne parents et professionnels dans la communication gestuelle, encourage à s'approprier les comptines, les modifier, les remanier. L'important étant que la joie circule !

L'impact Multiculturel et Universel de la Musique

La musique fait appel à un autre registre que celui de la parole du quotidien, elle dépasse les barrières de la langue, elle permet la relation là où les mots manquent.

En tant que musicienne formatrice à l’association Enfance et Musique depuis plus de quinze ans, la transmission de la culture et des arts en général, puis plus particulièrement aux jeunes enfants, est un sujet autour duquel se sont articulées ma vie professionnelle et personnelle. Très jeune, ces questions m’ont entraînée à aller voir « ailleurs », dans d’autres lieux et d’autres cultures. En ma qualité de formatrice à Enfance et Musique, je travaille dans différents lieux et quartiers, à la rencontre de familles de cultures et d’origines diverses. À chaque fois, il s’agit d’un projet original, imaginé avec les professionnels, pour rejoindre les familles dont les enfants ne sont pas scolarisés : musique dans la salle d’attente d’une consultation de PMI ou « rencontre musicales parents-enfants » dans une Maison de quartier, un Accueil parents-enfants ou un Centre d’hébergement d’urgence. Les familles viennent pour chanter et jouer avec des instruments proposés aux parents comme aux tout-petits ; ces moments musicaux prennent différentes formes, selon le lieu et les objectifs des professionnels. Mon objectif est toujours de transmettre aux familles le plaisir et le désir de chanter, jouer des sons, retrouver les chansons de leur enfance pour les transmettre à leur tour à leurs enfants, et de donner aux professionnels les compétences pour continuer eux-mêmes ces propositions musicales. L’association étant implantée en Seine-Saint-Denis, la plupart des actions ont été menées dans ce département particulièrement multiculturel, ainsi qu’en Ile de France.

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Le tout-petit est avide « d’amour, de lait mais aussi de signes, d’échanges de signes et de contacts porteurs de sens » nous rappelle Tony Lainé. Ces signes peuvent être des sensations et des émotions partagées, des regards échangés, des paroles adressées à l’enfant. Le langage musical fait partie de ces signes porteurs de sens. Le chant est une forme musicale universelle. Même si les textes et les mélodies s’expriment différemment selon les langues, il y a des formes que l’on retrouve presque partout : la forme « berceuse » pour une relation ou un moment particulier avec l’enfant ; la forme « couplet /refrain » que l’enfant va rapidement repérer ; la forme « comptine » basée sur le rythme et la sonorité de la langue. Dans la plupart des cultures, la chanson aussi se fait jeu à partager entre l’adulte et l’enfant : jeux de petites bêtes et de chatouilles, jeux de doigts, de mains et de toucher (Minette, chatounette ), jeux corporels (Bateau sur l’eau , À cheval ) où l’enfant expérimente son corps dans l’espace, la peur, sa confiance en l’adulte, la perte et les retrouvailles.

Chanter pour un enfant, c’est s’adresser à lui en particulier, le considérer comme une personne. Les jeunes mères sont souvent émerveillées quand elles découvrent leur tout petit bébé à l’écoute, les yeux fixés sur celui qui chante. Lorsque, pour différentes raisons, il est difficile de s’adresser à un enfant, ou lorsque celui-ci n’a pas accès à la parole, la chanson a cet avantage qu’elle n’attend pas de réponse ; c’est une « parole » offerte pour le plaisir. « Avant même de naître, l’enfant perçoit, sous une forme musicale, la rumeur du monde et les messages qui lui sont adressés. Un embryon de chanson, serait-on tenté de dire : sur la rythmique du cœur murmure la ligne de basse de la voix paternelle et, flottant sur cet accompagnement comme une invitation au sens, se développe la mélodie de la voix maternelle. Lorsqu’enfin, l’enfant voit le jour, ses parents déposent tout naturellement, sur cette portée déjà en place, leurs paroles accueillantes et lui adressent la première chanson de son histoire, une chanson d’amour.

Les chansons aident le petit enfant à mettre en forme et à exprimer ses émotions : leurs textes mettent des mots sur ce qu’il ressent pendant que la mélodie de la voix et les bras de l’adulte qui chante l’aident à contenir et à donner sens à tout ce qui le traverse. Bain de sons et de langage, elles font entrer l’enfant dans la langue avec des paroles autres que le langage utilitaire. Chantées et rechantées à l’infini, dans des constructions qui laissent une large place à la répétition, l’enfant puise dans ce qu’elles racontent les éléments de repères qui l’aident à affronter une situation. - Lors d’une berceuse (qui peut être aussi bien une chanson élaborée qu’un « lalala » improvisé), l’adulte module sa voix : il en ajuste spontanément l’intonation, le volume, la dynamique, le rythme pour se mettre au diapason de la tonicité et de l’état émotionnel du bébé à qui elle est adressée. - Une chanson comme la famille tortue, qui peut sembler bien anodine pour un adulte : « Jamais on n’a vu, jamais on ne verra la famille tortue courir après les rats, le papa tortue et la maman tortue et les enfants tortue iront toujours au pas » donne l’image de la famille et de la stabilité familiale. Pour l’avoir beaucoup chantée, dans de nombreux contextes, je me suis rendue compte que cette image archétypale de la famille occidentale, papa, maman, les enfants derrière, bien « rangés », parle à tous les enfants même à ceux dont la famille, n’est pas à cette image. - La chanson Le Petit chat triste, qui évoque la séparation, peut être demandée par un enfant dont la mère est absente ; même si au début, il lui arriver de pleurer quand on la lui chante, il la redemande souvent, encore et encore, et petit à petit, finit par s’apaiser. La chanson lui permet de contenir son émotion, car il construit inconsciemment, avec elle, une pensée autour de l’absence, mais aussi du retour assuré, de sa mère.

Mais nombre de jeunes parents, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, disent ne pas connaître de chansons. La dimension du groupe permet aussi de redonner vie et valeur à ce qui est transmis. Combien de fois des parents chantent quelque chose sans avoir pleinement conscience de la beauté de la mélodie ou de la poésie du texte. Ces petites perles se révèlent lorsque d’autres, adultes ou enfants, s’émerveillent et adoptent la chanson. Dans un accueil parents-enfants, une maman nous livre, de manière anodine, ce jeu de doigts : « le bœuf, la vache, celui qui les détache, celui qui les mène aux champs et le tout-petit qui sauce la bouillie dans la sente du lit… sauce, sauce petit, sauce, sauce petit ». La poésie du final, avec un texte un peu énigmatique a frappé tout le monde. Il y a comme un « effet révélateur » du groupe. Retrouver une chanson de notre propre enfance, découvrir la place qu’a, en chacun de nous, ce qui nous a été transmis, ce qui a été « engrangé » pendant ce temps de la petite enfance et qui est toujours présent et encore actif, en retrouver l’émotion, donne souvent envie aux adultes de la transmettre à leur tour.

Dans une salle d’attente de PMI, je chante une chanson en soninké pour une mère et son bébé. Le soninké est la langue maternelle de cette maman ; elle est très émue et touchée d’entendre cette chanson dans ce lieu. Dans la discussion qui s’ensuit, elle me précise que son mari est bambara et me demande si j’ai aussi des chansons en bambara ; je lui chante alors la berceuse bambara que je connais. Et lorsqu’un parent donne une chanson, c’est souvent l’occasion de rechercher, de dire, d’où elle vient, comment cette chanson est arrivée jusqu’à lui, qui la lui chantait et dans quelles circonstances. En avançant dans ces collectes de chansons, je me suis aperçue qu’une partie du répertoire se retrouve dans de nombreuses langues comme Frère Jacques qui se chante en français, arabe, swahili, tamoul, créole, chinois, turc… sur un texte à l’identique ou totalement différent. Ou la mélodie de Ah, vous dirais-je maman, sur laquelle vient aussi Quand trois poules vont aux champs ; elle donne en anglais : Twinckle, twinckle little star et toujours sur le même air, bien d’autres chansons en turc, tamoul, coréen… Il y a aussi tous les parallèles que l’on peut faire avec les jeux de doigts, jeux de petites bêtes, comptines, sauteuses. Ce répertoire commun permet de faire des ponts, de passer d’une langue à l’autre, ou même de chanter en canon à plusieurs langues.

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La question de la langue et du répertoire des familles est d’ailleurs à aborder avec délicatesse pour ne pas prendre le risque d’assigner les personnes à une langue, une culture, une « origine ». Lorsque l’on demande à des parents s’ils ont des chansons de leur répertoire familial, cela doit rester ouvert, aussi bien au dernier disque qu’ils auraient emprunté à la médiathèque et écouté avec leur enfant, qu’à une chanson transmise par leur grand-mère. Lorsque cela est possible, c’est souvent moi, qui commence à chanter dans la langue d’un parent, il est alors plus facile pour lui de me rejoindre, ou de chanter ensuite une autre chanson de son répertoire dans sa langue. Au départ, devoir apprendre des chansons dans des langues inconnues peut sembler difficile ou inquiétant pour les professionnels qui se lancent dans ces projets ; mais les appréhensions tombent souvent, lorsque l’on prend conscience qu’il est surtout question de plaisir des sons, de mélodie des langues, de jeux partagés et non de l’apprentissage d’une langue. Il n’est pas forcément très grave de ne pas chanter parfaitement le texte car les personnes sont sensibles à ce que l’on ait fait l’effort d’apprendre la chanson dans leur langue, elles qui, parfois, peuvent aussi avoir des difficultés à maîtriser notre langue. Grâce à cette atmosphère d’écoute, de confiance et de respect, les enfants prennent tranquillement ce qu’ils ont à glaner dans ces jeux de passage d’une langue à l’autre, ils expérimentent pour eux-mêmes la valeur de chaque langue et peuvent aussi se prendre de passion soudaine pour une chanson dans une langue inconnue, langue familiale d’un petit copain par exemple. Ainsi, dans une école maternelle de la Courneuve, où un travail sur le répertoire dans les diverses langues des familles a pu se faire dans quelques classes, un petit garçon pakistanais a transmis une chanson en soninké à toute l’école à force de la chanter dans les escaliers et dans la cour de récréation.

Dans une salle d’attente de PMI, une grand-mère, une mère et deux enfants attendent. Quand la mère et les enfants sont dans le cabinet médical, je vois que la grand-mère, restée seule, est très tendue ; elle est cambodgienne et ne parle pas du tout français. Je chante alors pour elle une courte chanson cambodgienne, n’osant pas trop insister car je ne sais quels souvenirs cela peut faire remonter en elle. Lorsque, à l’occasion de « rencontres musicales », un groupe de parents et d’enfants se constitue, le partage de chansons est généralement l’élément constitutif du lien entre les familles. Parfois venues de milieux sociaux extrêmement divers, des familles qui auraient eu peu de chance de faire connaissance ont noué des relations fortes. Comme le disait une mère participant à des rencontres musicales : « Le fait que l’on échange des chansons de notre famille, avec d’autres, je trouve cela super ; nous sommes ici avec nos petits, et le chant nous permet de nous ouvrir aux autres naturellement ; il n’y a pas de difficulté à aller vers l’autre. » ou une autre mère des mêmes rencontres renchérit « on se connaît « malgré » nous, on se parle ». Dans un monde où les adultes sont très absorbés par le quotidien, souvent pressés, il est bon de retrouver ensemble le goût et le plaisir de chanter avec et pour son enfant, de se donner le temps de partager avec lui des chansons de sa propre enfance, de l’observer et de jouer. Le temps de s’émerveiller devant l’écoute d’un tout petit bébé buvant les sonorités et les paroles d’une chanson.

Comptines et Développement de l'Enfant : Un Guide par Tranche d'Âge

Vers 12 mois, ne soyez pas surpris.e de le voir commencer à se dandiner à l’écoute d’une mélodie… En accompagnant ces chansons de gestes, vous capterez l’attention de votre bébé, qui y sera de plus en plus attentif.

1 à 3 ans : Mémorisation et Motricité

Entre 1 et 3 ans, votre enfant développe tout particulièrement ses capacités de mémorisation. Pour l’encourager, privilégiez les chansons qui lui permettront petit à petit de bien apprendre et retenir les différentes parties de son corps (tête, épaules, genoux, pieds, coudes…).

Exemple : Mains en l'air

Les signes et les paroles de la comptine “Mains en l’air” constituent un très bon exercice de motricité !

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Mains en l’airSur la têteAux épaules et en avantBras croisésSur les côtésMoulinets et on se tait… Chut !

3 à 5 ans : Langage, Imaginaire et Coordination

Entre 3 et 5 ans, votre enfant maîtrise de mieux en mieux le langage grâce à votre attention quotidienne et les apprentissages reçus depuis son entrée à l’école maternelle. Vous pouvez donc choisir des comptines avec une histoire un peu plus longue, avec de plus en plus de vocabulaire. Ce n’est plus seulement de la répétition, il comprend maintenant ce qu’il raconte et est capable de l’imaginer. L’imaginaire occupe une place essentielle dans le développement des enfants tant il peut les aider à faire face à une situation nouvelle au quotidien, tout en forgeant leur personnalité.

Exemple : Savez-vous planter les choux ?

La comptine, “Savez-vous planter les choux”, a l’avantage de faire travailler la motricité fine de l’enfant en jouant avec les mains et les doigts pendant le refrain, ainsi que la coordination de certains mouvements (main/coude, par exemple), tout en lui permettant de réviser les différentes parties du corps !

RefrainSavez-vous planter les choux, à la mode à la modeSavez-vous planter les choux, à la mode de chez nousOn les plante avec les pieds, à la mode à la modeOn les plante avec les pieds, à la mode de chez nous !On les plante avec les mains, à la mode à la modeOn les plante avec les mains, à la mode de chez nous !RefrainOn les plante avec le coude, à la mode à la modeOn les plante avec le coude, à la mode de chez nous !On les plante avec le nez, à la mode à la modeOn les plante avec le nez, à la mode de chez nous !Refrain

5 ans et Plus : Autonomie et Apprentissage

A partir de 5 ans, un enfant a d’ordinaire acquis une aisance suffisante pour apprendre à lacer ses chaussures. Pour le guider dans ce tout nouvel apprentissage, vous, parents, pouvez lui proposer de suivre les gestes et paroles de la comptine “Faire ses lacets”. Entrainante et motivante, la mélodie de cette chanson l’aidera à retenir plus facilement les différentes étapes menant au nœud final !

Exemple : Faire ses lacets

Sais-tu faire tes lacetsÀ la mode, à la modeÀ la mode, à la modeSais-tu faire tes lacetsÀ la mode des serpents ?

Un serpent dans chaque mainTu les croises, tu les croisesPuis l’un passe sous son copain,Et chacun suit son chemin.

Refais ça encore une foisUn second nœud, un second nœud,Mais surtout ne le serre pasForme un gros rond comme ça.

Un serpent y glisse sa têteEt l’autre aussi, et l’autre aussiTire alors sur leurs fesses.Bravo, tu as réussi !

6 ans : Comprendre les Étapes de la Vie

A partir de 6 ans, les enfants commencent généralement à perdre leurs dents de lait. Une situation aussi intrigante que déstabilisante pour les plus jeunes. Grâce à cette comptine, vous pourrez lui expliquer que cette toute nouvelle étape de vie est normale lorsque l’on grandit et que vous-même avez perdu les vôtres pendant votre enfance. Vous pourrez facilement y associer des gestes (montrer le trou dans les dents, mimer le brossage de dents…). Cette perte de dents sera également l’occasion de lui présenter votre bonne amie, la petite souris !

Exemple : J'ai perdu mes dents

Aujourd’hui j’ai une questionJ’ai perdu une dentC’est une dent de devantVa-t-elle repousser maman ?

RefrainPourtant maman je ne comprends pasJe les ai brossées si souventJe les brossaisJe les brossaisOui tous les joursRefrain

7 ans : Encourager l'Apprentissage Musical

A partir de 7 ans, s’il le souhaite, votre enfant peut commencer à apprendre à jouer d’un instrument de musique. En fonction de celui qui est choisi, cet apprentissage peut demander du temps et de l’investissement. Il est important qu’il soit partant pour cette initiation, ne le forcez pas ! Les comptines demeurent un excellent moyen pour encourager cette pratique, tout en stimulant la sensibilité musicale des jeunes enfants.

Exemple : J’ai perdu le do de ma clarinette

J’ai perdu le do de ma clarinetteJ’ai perdu le do de ma clarinette

Refrain : Ah !

Conseils Pratiques pour Intégrer les Comptines Signées

Les bébés et les jeunes enfants adorent les comptines. Celles-ci ont de multiples intérêts. Elles peuvent calmer l’enfant. Elles l’aident à développer son langage, sa musicalité, son rythme, son écoute. En tant que parents, on utilise donc souvent des comptines enregistrées. Et si vous chantiez vous-même quelques-unes de ces comptines à votre enfant ? Vous n’osez pas, vous pensez chanter faux ? Osez, entraînez-vous, respirez, au pire, utilisez le support musical en fond, mais lancez-vous ! Vous allez passer un moment intense avec votre enfant. Et pour faire de cet instant, une activité captivante, ajoutez des signes à vos comptines !

Pourquoi Signer les Comptines ?

Interpréter vous-même des comptines pour votre enfant va vous permettre de tisser des liens forts avec lui. L’ajout d’une gestuelle à une comptine permet de la théâtraliser, de lui donner une présence pas seulement auditive, mais également visuelle. Le français signé ouvre les portes de la communication. Nous ne parlons donc pas de langue des signes, puisque les comptines signées ne sont pas exprimées en LSF. Le français signé vient emprunter des mots à la LSF, créant un pont vers les personnes malentendantes et rendant ce temps de comptines inclusif. Le français signé contribue ainsi au développement du langage et de la communication de tous les jeunes enfants. Ceux qui en éprouvent le besoin s’en emparent sans que cela retarde l’apparition du langage verbal.

Comment Apprendre et Intégrer les Signes ?

  1. Ressources en ligne: Commencez par regarder les nombreuses vidéos de comptines signées qui existent sur le web.
  2. Jeux de doigts: Entraînez-vous à dire/chanter avec une gestuelle grâce à des jeux de doigts, sans que cela soit forcément du français signé.
  3. Identifier les mots clés: Repérez les mots à signer dans la comptine choisie.
  4. Apprendre les signes: Utilisez des ressources fiables comme Dico LSF, les comptes Instagram de Lyla Signes, Little Bun bao, Typhaine Ler, Comment ça se signe, Makaton France, etc.
  5. Associer voix et signes: Chantez vous-même, en décomposant la comptine au début.
  6. Théâtraliser: Utilisez l'expression du visage pour communiquer les émotions.

Conseils Supplémentaires

  • Cohérence des signes: Pour que tout le monde utilise les mêmes signes : les parents, les amis, la crèche, la nounou 1, la nounou 2, la nounou 3…Bébé sera plus enclin à reproduire un signe s’il est signé de la même manière par tout le monde.
  • Passerelle vers la LSF: De plus, en connaissant quelques signes vous pourrez les signer avec les personnes pratiquant la Langue des Signes Française (LSF) telles que les personnes sourdes signantes ou d’autres personnes avec un handicap (mutisme, autisme, dysphasie…) et qui utilisent des signes au quotidien.
  • Pas un apprentissage de la LSF: Attention, vous n’apprendrez pas la Langue des Signes Française (LSF) qui est, comme son nom l’indique, une langue. Mais seulement des signes de son vocabulaire. Car la LSF possède sa propre syntaxe, sa grammaire et sa propre logique de langue visuelle. Les mots ne suivent donc pas le même ordre que ceux de la langue française. C’est pour cela qu’on l’appelle la Langue des Signes Française (LSF) et non pas le « Langage des Signes ».
  • Bébé Signe: Les ateliers Bébé Signe « s’inspirent » de la Langue des Signes Française (LSF) en reprenant les signes du vocabulaire de la LSF mais en conservant la syntaxe et la grammaire de la langue française. Nous parlons donc en français à voix haute et signons en même temps des mots clés. Ainsi, l’enfant associe rapidement le signe et le mot prononcé. Ces signes sont imagés et très prégnants. De la même façon qu’un bébé est capable de comprendre plusieurs langues étrangères, il sera aussi capable de comprendre plusieurs signes pour un même mot.
  • Ne retarde pas l'acquisition de la parole: Pas du tout ! La communication gestuelle est associée à la parole. Comme on continue de parler, signer ne ralentit pas l’acquisition de la parole.
  • Communique plus tôt: Signer avec votre enfant va vous permettre de communiquer avec lui beaucoup plus tôt car il sera capable de vous demander plus précisément ce qu’il veut. Par exemple, la nuit l’enfant pourra vous signer qu’il a eu peur ou qu’il veut boire de l’eau. Et surtout, vous allez le comprendre plus facilement !
  • Quand commencer ? Dans le ventre, à la naissance, à 3 ans… dès que vous êtes prêt·es ! À partir de ses 2 mois, bébé commence à observer l’environnement et à voir un peu plus distinctement. Il peut donc commencer à s’intéresser aux signes.
  • Pas seulement pour les bébés: Pas du tout ! L’enfant va utiliser les signes pour les mots qu’il a encore du mal à prononcer. Cela va lui permettre de se faire comprendre du 1er coup ! De plus, je connais des enfants qui ont découvert la Langue des Signes à 7 ans et 10 ans et ils adorent ! Et enfin, même à 30 ans j’utilise le français signé tous les jours. Alors certes, je suis sourde donc mon cas est différent mais mes proches entendants connaissent tous quelques signes et cela nous est toujours très utile pour : communiquer avec d’autres personnes sourdes signantes, amuser les enfants en signant une comptine, demander discrètement où sont les toilettes, répondre à une question la bouche fermée quand on mange, dire discrètement à mon Homme que je n’aime pas du tout ce T-shirt sans que le vendeur ne me comprenne, aider une personne étrangère à mieux comprendre le français, et ce même si elle ne connaît pas la langue des signes ! Bref, les signes sont utiles tout au long de la vie !
  • Une passerelle entre les langues: Oui, car les signes peuvent servir de passerelle entre les langues parlées. Quelle que soit la langue dans laquelle il est prononcé, chaque mot correspond à un signe précis. Ils permettent aussi bien de découvrir que d’enrichir sa palette de signes.

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