Le plateau de Champlieu, bien que paraissant désert aujourd'hui, recèle un passé riche et diversifié. De l'époque romaine à la Première Guerre mondiale, en passant par le Moyen Âge, ce lieu a été témoin de moments clés de l'histoire française.
Campilocus : L'Héritage Gallo-Romain
Avant même l'arrivée des Romains, un temple gaulois se dressait sur ce site. Après la conquête, les Romains y tracèrent une voie reliant Soissons à Senlis et fondèrent au Ier siècle l'agglomération de Campilocus, qui deviendra Champlieu. De cette époque subsistent trois édifices publics : un temple, un théâtre et des thermes, reliés par l'ancienne voie romaine, aujourd'hui appelée chaussée Brunehaut.
Le Temple : Vestiges Dispersés
Du temple, il ne reste que les fondations, l'emplacement de l'antique podium étant marqué par un monticule. Les sculptures, mosaïques et enduits peints découverts lors des fouilles archéologiques ont été transférés au musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye et au musée Vivenel à Compiègne. Seuls quelques vestiges subsistent sur place : un bloc de pierre à l'angle du podium, quelques pierres éparses, une rigole de pierre pour les eaux pluviales, un mur en bordure de champ et une pierre dressée du côté de l'escalier d'accès disparu.
Le Théâtre : Une Vision Spectaculaire
Le théâtre, visible de loin au milieu d'arbres, est le monument le plus impressionnant du site. Toujours apparent en raison de sa hauteur, il a également fait l'objet de fouilles. Constitué d'un talus de terre rapportée, il dessine au sol un demi-cercle outrepassé, d'où son surnom de "Fer à cheval". Il s'appuie à l'arrière sur un mur de soutènement renforcé par des contreforts.
La galerie circulaire, d'où partaient autrefois les escaliers menant au sommet de l'édifice, est accessible aux visiteurs. On peut emprunter cette galerie puis gagner l'emplacement des gradins disparus par l'un des six couloirs rayonnants, encore en place avec leurs murs empierrés. En escaladant le talus, on profite d'une vue imprenable sur le site. En contrebas, on peut observer les seuls gradins conservés, ceux de l'orchestre, en pierre, tandis que les gradins des parties supérieures étaient en bois. Devant eux s'avance la scène, de forme quadrangulaire. À l'arrière, on distingue toujours le mur de fond de scène.
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Les Thermes : Un Voyage dans le Passé
Derrière le théâtre, une cour avec portique desservait les thermes. Seules quelques bases de colonne y sont encore visibles. Les vestiges les plus importants se trouvent au-delà d'une sorte de vestiaire, l'apodyterium. On découvre d'abord le frigidarium ou salle froide, constitué de deux petites pièces dont la première conserve une partie de son dallage d'origine. Ensuite, on peut observer deux autres salles de plan presque ovale : le tepidarium ou salle tiède et le caldarium ou salle chaude.
À leur jonction, six blocs verticaux, implantés à distance régulière, supportent une succession de blocs disposés horizontalement. Les espaces entre ces blocs permettaient à l'air chaud, produit par les foyers attenants, de circuler en sous-sol d'une pièce à l'autre. On peut également remarquer la vasque du caldarium, conçue pour favoriser le jaillissement de l'eau par un système de siphon.
Champlieu : Berceau des Chars d'Assaut Français
Trois cents mètres à droite des vestiges gallo-romains, une borne de pierre coiffée d'un casque sculpté témoigne du souvenir de la Première Guerre mondiale. On y trouve les initiales RF de la République française et un insigne militaire représentant un heaume et deux fûts de canon croisés. Une double date (1916-1918) encadre les mots "Camp des chars d'assaut".
C'est à Champlieu que l'armée française a testé ses premiers chars de combat, sous la direction du général Estienne, et formé leurs premiers équipages. Le 501e régiment d'artillerie d'assaut y fut cantonné entre décembre 1916 et avril 1918, et ses chars entrèrent en action sur le front le 31 mai 1918. Le lieutenant de char F. D. Orens, natif de Ressons-sur-Matz, tué le 17 juillet 1918, repose à quelques pas sous une stèle.
L'Église du Prieuré Notre-Dame : Un Témoin Médiéval
Sept cents mètres plus à gauche, l'église du prieuré Notre-Dame, abandonnée depuis 1806, nous ramène au Moyen Âge. Bien que fortement ruinée, elle demeure un exemple intéressant d'art roman avec son chœur du XIe siècle à chevet plat, autrefois voûté en berceau, son transept et les arcades de sa nef, appuyées sur de massifs piliers.
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