Cet article vise à explorer les bienfaits de la contraction du ventre, en particulier à travers la pratique des Bandhas, en mettant l'accent sur Mula Bandha et Uddiyana Bandha. Il s'agit d'un complément d’information pour les personnes initiées ou en complément d’apprentissage. Les Bandhas s’apprennent idéalement avec un professeur.

Mula Bandha : Le verrou du Muladhara Chakra

Mula Bandha, qui signifie « verrou du Muladhara », est une pratique yogique qui implique la contraction du plancher pelvien. Le Muladhara Chakra, ou Chakra racine, se trouve à la base de la colonne vertébrale et est lié à la force de vie, à l'énergie vitale, aux instincts de survie, au besoin de sécurité, au rapport aux choses matérielles, à la sexualité et au lien avec la terre. Mula Bandha sert entre autres à contrer les tendances négatives liées à ce chakra et participe à privilégier l’élévation de la conscience.

Effets énergétiques de Mula Bandha

Globalement, on peut dire que l’effet recherché, avec Mula Bandha, est essentiellement énergétique: Mula Bandha induit une montée de l’énergie. Mula Bandha permet de contrecarrer la tendance d’Apana (l’énergie vitale qui a tendance à aller vers le bas). En stimulant cette zone, il est possible d’inverser les courants d’énergie et de faire remonter l’énergie. En faisant bandha et mudra dans cette zone on élimine et « colmate » les fuites d’énergie.

Comment pratiquer Mula Bandha

Il existe différentes écoles et interprétations de la pratique de Mula Bandha. Selon Christine Campagnac-Morette, Mula Bandha ne nécessite pas la contraction de l’anus, contrairement à Ashwini Mudra. D'autres descriptions incluent la contraction du sphincter anal et l'aspiration de l'Apana Vayu vers le haut.

Swami Vishnu précise de pratiquer simultanément Mula Bandha et Jalandhara Bandha. Dans certaines écoles on n’envisage pas l’un sans l’autre, notamment pour l’inspiration: comme l’énergie monte avec Mula Bandha, il faut la canaliser en haut, pour éviter que Prana ne se perde par le haut, à cause de la montée d’Apana, via Mula Bandha (et, le cas échéant, avec Uddiyana Bandha).

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Pour une pratique optimale, il est conseillé de maîtriser Mula Bandha sur la durée, ce qui nécessite une répétition constante.

Exercices de prise de conscience pour Mula Bandha

  1. Posture immobile : Dans cette posture immobile, goûter et ressentir, explorer ce qui est donné de vivre. Conscientiser ensuite le triangle que forme la base au sol. Visualiser et ressentez intérieurement le lieu du Mula Bandha, SANS le contracter. Le visualiser comme un point lumineux. Puis, à partir de ce point, ressentir la colonne vertébrale qui s’élève, la visualiser comme éclairée de l’intérieur. La suivre, jusqu’au point entre les sourcils.
  2. Pression des pieds : Sur une lente inspiration, pousser progressivement les pieds contre le sol. Soulever légèrement le pubis tout en contractant les fessiers (le creux du dos disparaît). Rester une ou deux secondes poumons pleins et observez comment Mula Bandha s’est installé automatiquement. Sur l’expiration redéposer doucement le bassin au sol. Le dos se creuse légèrement, naturellement.
  3. Baddha Konasana : Prendre Baddhakonasana: assis, plantes des pieds l’une contre l’autre, attraper les pieds, se redresser en déployant le tronc dans toute sa longueur. Prise de conscience de la base. Puis, bascule légèrement et très lentement en arrière à partir de l’appui du bassin au sol, « la base » (les ischions roulent légèrement vers l’avant). Respirer quelques fois ainsi, en prenant conscience de la région du périnée et de la force subtile qui entre en action pendant ce mouvement. Localiser la zone du Mula Bandha et accentuer sa contraction que la position a déjà esquissée. Puis relâcher la contraction. Puis reprendre Baddha Konasana, en se campant bien sur le sommet des ischions, dos redressé, poitrine en avant. Pratiquer Mula Bandha une dernière fois, les yeux fermés. Visualisez mentalement comme un point lumineux, et ressentir intérieurement, le lieu du Mula Bandha. Puis, à partir de ce point, visualiser la colonne vertébrale qui s’élève, comme éclairée de l’intérieur. La suivre jusqu’au point entre les sourcils.

Uddiyana Bandha : L'ascension de l'énergie vitale

Uddiyana bandha, souvent appelé le « verrou du ventre », est un des 3 principaux bandhas utilisés en yoga. Uddiyana bandha consiste à installer une contraction subtile de l’abdomen vers l’arrière et vers le haut, créant une sensation de légèreté, d’envol intérieur. En Hatha Yoga, bandha désigne une contraction musculaire qui modifie la circulation ordinaire de l’énergie. Autrement dit, en contractant ou comprimant une partie du corps, la pression interne se modifie, ainsi que la circulation sanguine et la circulation de prana.

Bienfaits d'Uddiyana Bandha

Pour reprendre les termes de R. « Uddiyana bandha est une bénédiction pour l’humanité. Ce bandha procure la santé, la force et la longévité à qui la pratique. Uddiyana et Nauli sont sans équivalent dans aucun système d’éducation physique occidental ou oriental » nous dit Swami Sivananda.

Uddiyana bandha corrige tout cela en massant en profondeur les organes et en accélérant la circulation dans l’abdomen. Le brassage puissant permis par cet exercice décongestionne le foie (vous pouvez d’ailleurs avoir une sensation désagréable à cet endroit si vous êtes un peu « encombré »), masse la vésicule biliaire et le pancréas.

En plus d’aider à la digestion, uddiyana bandha étire aussi le diaphragme, le rend plus souple et fait arriver l’oxygène (lorsque l’on reprend sa respiration) dans des zones des poumons qui ne sont que rarement utilisées (les alvéoles du bas notamment qui se déploient alors vigoureusement). Uddiyana bandha stimule l’élément du feu (ce que l’on sent avec l’augmentation de notre température corporelle) et s’il active Agni -le feu digestif, il augmente aussi Pitta.

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Comment pratiquer Uddiyana Bandha

  1. Placement du corps : Debout, les jambes sont écartées de la largeur du bassin, les genoux sont légèrement fléchis. Le tronc est incliné vers l’avant et les mains sont posées sur les cuisses (pour trouver la bonne position de dos, vous pouvez partir accroupi, remonter doucement sans modifier ni la courbure, ni l’inclinaison du dos).
  2. Expiration et rétention : Une fois tout vidé, on reste poumons vides, on détend complètement la sangle abdominale et sans laisser entrer d’air on ouvre les côtes sur une « fausse inspiration » (ce que vous maîtrisez parfaitement après avoir travaillé les exercices préparatoires ;-). Quand les côtes s’ouvrent, le diaphragme monte et le ventre est aspiré vers le haut et l’intérieur. Tenir quelques secondes, vous augmenterez de façon progressive - et si vous tenez plus de 10s., pensez à prendre Jalandhara Bandha, c’est-à-dire à fermer la gorge.
  3. Sortie de la posture : Pour sortir d’Uddiyana Bandha, laissez la cage thoracique reprendre sa forme, le ventre revenir à la normale et seulement à ce moment là, inspirez. L’air entrera délicatement dans vos poumons, sans créer de succion dans l’œsophage et sans vous gratter la gorge.

Préparation à Uddiyana Bandha

Pour préparer Uddiyana bandha, commencez d’abord par Thataka Mudra qui permet, allongé de sentir l’absorption du ventre vers l’intérieur. Cet exercice est une mudra à part entière qui remet en santé le système digestif et qui engage un travail énergétique subtil. Pour aller un peu plus loin vous pourrez intensifier l’exercice, augmenter les changements de pression dans l’abdomen grâce à des postures qui utilisent la gravité. Ce sont des postures où le bassin est plus haut que le cœur, de façon à ce que les organes « glissent » vers le haut plus facilement (en pensant bien sûr à relâcher les abdos sinon ça ne marche pas).

Le lien entre le ventre et les émotions

Vous avez sûrement, comme moi, entendu ou lu des articles sur les recherches du Professeur Gershon, de l’Université de Columbia à New York. Je pressentais l’importance de cette découverte dans ma propre existence, ayant déjà perçu que mon état mental et émotionnel avait un impact sur mon ventre et que mon ventre avait lui aussi un impact considérable sur mes émotions, mes états d’âme… Notre ventre agit sur notre mental, notre psychisme et réciproquement.

Ce professeur du laboratoire d’anatomie et biologie cellulaire, dont on dit qu’il a réhabilité notre ventre, explique que le cerveau est composé de milliards de neurones. Les intestins contiennent eux aussi environ 200 millions de neurones, ce qui équivaut à ceux contenus dans le cerveau d’un chien ou d’un chat. Via les neurotransmetteurs, ou neuromessagers, il s’établit une communication entre les « deux cerveaux », l’un et l’autre transmettant des informations, prenant la relève, prêts à intervenir !

Ainsi, il est intéressant de constater que « tous » nos maux ne prennent pas leur source, comme on l’imagine bien souvent, dans le cortex. Comme le cerveau qui est un lieu complexe, de gestion d’informations aussi diverses que variées, la zone du ventre est un lieu de digestion et d’assimilation. Symboliquement, c’est le lieu où nous digérons, assimilons le monde externe, avec nos aliments, mais aussi avec nos perceptions sensorielles.

Le stress et le système digestif

En situation de stress, l’organisme active trois grands systèmes liant le cerveau aux intestins, ce qui va aboutir à leur inflammation. L’activité de l’amygdale stimule le système nerveux sympathique, qui provoque une activation du système immunitaire (en jaune) : des molécules inflammatoires, comme les cytokines, sont libérées par différents tissus comme les ganglions lymphatiques. Cette inflammation engendre des douleurs intestinales.

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La kinésiologie : un outil pour la santé intestinale et émotionnelle

La kinésiologie, une approche holistique du bien-être, considère le corps, l’esprit et l’énergie comme interconnectés. Au cœur de cette approche, se trouve le test musculaire de précision, qui détecte les déséquilibres énergétiques du corps. Ainsi, la kinésiologie contribue à soulager le stress, améliore la performance physique, soulage les blocages émotionnels et optimise la santé globale.

En kinésiologie, nous croyons que « Tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime »[26]. Le corps cherche ainsi à mettre en lumière que quelque-chose ne va pas. La somatisation est la conversion d’une détresse émotionnelle en symptômes physiques sans cause médicale identifiable.

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