Le céphalhématome est une collection sanguine sous-périostée, limitée par les sutures crâniennes, survenant fréquemment chez le nouveau-né. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète du céphalhématome, de ses causes à son traitement, en passant par sa prise en charge.

Introduction

Les traumatismes obstétricaux, résultant de forces mécaniques pendant le travail, peuvent entraîner diverses complications chez le nouveau-né, notamment des lésions de l'extrémité céphalique. Parmi ces lésions, on distingue la bosse séro-sanguine, le céphalhématome et, plus rarement, les fractures du crâne et les hémorragies intracrâniennes. Le céphalhématome, bien que généralement bénin, nécessite une attention particulière pour identifier les causes sous-jacentes et assurer une prise en charge adéquate.

Définition et caractéristiques du céphalhématome

Le céphalhématome est un saignement sous-périosté, limité par les sutures des os du crâne. Sa fréquence varie de 0,4 à 2,4 % des naissances. Il témoigne d’un traumatisme, généralement bénin, mais qui doit être identifié et peut nécessiter des explorations. Il est important de s’assurer au préalable de l’absence de trouble sous-jacent de l’hémostase.

Contrairement à la bosse séro-sanguine, qui est une effusion de sérum chevauchant les sutures, le céphalhématome est limité par les sutures crâniennes. La topographie la plus fréquente est temporale droite (65 %), les céphalhématomes occipitaux étant rares (5 %). Seulement 10 % des céphalhématomes sont bilatéraux. Dans de rares cas néonataux, l’hématome peut être infecté, possiblement par contamination par les électrodes de monitoring.

Causes et facteurs de risque

Un tiers des cas de céphalhématome sont dus à l’utilisation de forceps. Cependant, ce n’est pas tant le type de forceps que les situations avec extraction difficile qui favorisent cette pathologie. On retrouve ainsi un céphalhématome pour 3 % des forceps de descente contre 5 % en cas de forceps de dégagement.

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Les facteurs de risque de traumatisme crânien identifiés incluent la durée du travail, la primiparité, l’utilisation de forceps ou de ventouses, la macrosomie, la voie basse et un score d’Apgar bas. Une étude a mis en évidence des facteurs de risques indépendants pour le céphalhématome, tels que la taille maternelle inférieure à 1m54 et l’extraction instrumentale.

Diagnostic

Le diagnostic du céphalhématome est généralement clinique. Il repose sur l'observation d'une tuméfaction limitée par les sutures crâniennes. Dans la majorité des cas, les céphalhématomes évoluent favorablement, la collection sanguine se calcifiant et laissant longtemps une image anormalement calcifiée. On recommande d’ailleurs d’inscrire la survenue et les précisions de localisation du céphalhématome dans le carnet de santé afin d’expliquer l’observation d’une calcification à ce niveau si une radiographie devait être réalisée pour une autre raison.

Il est important de différencier le céphalhématome de la bosse séro-sanguine, qui ne respecte pas les sutures. Dans 10 à 25 % des cas, les céphalhématomes sont associés à des fractures du crâne, ce qui modifie alors le pronostic.

Complications possibles

Dans la majorité des cas, les céphalhématomes évoluent favorablement. Cependant, des complications peuvent survenir :

  • Calcification : Dans environ 5 % des cas, la calcification entraîne une déformation du crâne.
  • Fracture du crâne : 10 à 25 % des céphalhématomes sont associés à des fractures du crâne.
  • Infection : Dans de rares cas, l’hématome peut être infecté, possiblement par contamination par les électrodes de monitoring.
  • Hématome sous-galéal (HSG) : L’hématome sous-galéal (HSG) ou hématome sous-aponévrotique est un épanchement sanguin péri-crânien, souvent lié à un traumatisme obstétrical ou un accouchement instrumental. Son pronostic est beaucoup plus sévère que le céphalhématome et la bosse sérosanguine.

Traitement et prise en charge

Dans la plupart des cas, le céphalhématome ne nécessite aucun traitement spécifique. La collection sanguine se résorbe spontanément en quelques semaines à quelques mois. Cependant, une surveillance est nécessaire pour détecter d'éventuelles complications.

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La prise en charge de tout nouveau-né présentant des lésions de l’extrémité céphalique doit comporter un programme efficace de prévention de la douleur et prévoir des traitements pharmacologiques et non pharmacologiques. Pour réduire les perturbations douloureuses, on recommande de mobiliser le nouveau-né le moins possible et de lui placer la tête sur un oreiller d’eau s’il est dans son lit. Le positionnement en peau à peau sur la mère ou le père a des vertus apaisantes. Avant les mobilisations lorsqu’elles sont nécessaire, on peut proposer du saccharose aux doses habituelles recommandées administré avec une tétine.

Le paracétamol à la dose de 15mg/kg/jr administré par voie orale ou IV peut être renouvelé 4 fois par jour en espaçant les administrations d’au moins 4 heures. Le contrôle de l’efficacité du traitement est assuré en suivant un score de douleur du nouveau-né.

Dans certains cas, l’ostéopathie peut être envisagée pour faciliter le drainage de la bosse séro-sanguine, en libérant les espaces au pourtour.

Hématome sous-galéal : une complication rare mais grave

L’hématome sous-galéal (HSG) ou hématome sous-aponévrotique est un épanchement sanguin péri-crânien, souvent lié à un traumatisme obstétrical ou un accouchement instrumental. Son pronostic est beaucoup plus sévère que le céphalhématome et la bosse sérosanguine.

Une étude rétrospective a analysé 7 dossiers de nouveau-nés hospitalisés pour un HSG. Une notion d’accouchement dystocique ou d’asphyxie périnatale était retrouvée chez tous les patients. Il n’y avait pas de manœuvres instrumentales, mais une notion d’expression abdominale était retrouvée chez 4 patients. Tous avaient présenté une encéphalopathie anoxo-ischémique de stade variable. L’hématome était passé inaperçu en maternité dans les sept cas et le diagnostic était tardif, après quelques heures de vie. Chez tous les patients, l’hématome avait un aspect étendu, recouvrant tout le vertex et diffusant au cou, au front et décollant les oreilles latéralement. Le périmètre crânien moyen à l’admission était 40cm. Les principales complications observées étaient la détresse respiratoire (7 cas), l’anémie (6 cas), le choc hémorragique hypovolémique (6 cas), la coagulation intravasculaire disséminée avec thrombopénie (5 cas) et l’hypertension artérielle pulmonaire persistante (2 cas). Malgré les moyens de réanimation, quatre nouveau-nés sont décédés.

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L’hématome sous-galéal est une lésion grave mais largement méconnue dans notre contexte. Une meilleure surveillance des nouveau-nés après accouchement dystocique ou instrumental pourrait permettre leur diagnostic plus précoce et l’amélioration de leur pronostic. L’expression abdominale pour aider à l’accouchement devrait être abandonnée.

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