Introduction
Céline Amaudruz est une figure politique suisse, connue notamment pour son rôle au sein de l'Union Démocratique du Centre (UDC). Cet article explore sa biographie, ses engagements politiques et les controverses auxquelles elle a été confrontée, notamment en lien avec le négationnisme et les débats sur le droit international.
Parcours et Engagement Politique
Vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz s'est exprimée sur des sujets variés allant des retraites à la souveraineté nationale. Son positionnement politique s'inscrit dans la ligne de son parti, souvent axé sur la défense des intérêts suisses et une certaine méfiance envers les institutions internationales.
Réforme des Retraites et Positionnement Féminin
Lors du vote sur la réforme de l'AVS (Assurance Vieillesse et Survivants), Céline Amaudruz a commenté le résultat défavorable à la réforme. L'AVS est le premier pilier du système de protection sociale des personnes âgées en Suisse. La stabilité financière de l’AVS est menacée parce que les baby-boomers arrivent à l’âge de la retraite et que l’espérance de vie augmente. Les cantons romands de Fribourg (bilingue, majoritairement romand), Genève, Jura, Neuchatel et Vaud se sont majoritairement opposés à la réforme. Pour entrer en vigueur en 2024, la réforme devait aussi inclure un relèvement progressif de l’âge de la retraite de 64 à 65 ans pour les femmes (65 ans comme pour les hommes). Selon le sondage de la Tribune de Genève, les hommes étaient favorables à la réforme à 56 % et les femmes opposées à 59 %. Elle a reconnu que l'argument du sacrifice demandé aux femmes n'avait pas suffi à convaincre l'électorat féminin.
Initiative pour l'Autodétermination et Droit International
Céline Amaudruz a été impliquée dans les débats autour de l'initiative pour l'autodétermination, qui visait à affirmer la primauté du droit suisse sur le droit international. Elle a qualifié de "grosse défaite" le rejet de cette initiative par le peuple suisse. "Il faut savoir gagner avec modestie et perdre avec le sourire, c'est une occasion perdue, nous devons en prendre acte et continuer à nous battre, c'était clairement une mauvaise campagne", a-t-elle ajouté. Cette initiative, proposée par l'UDC, prévoyait d'adapter voire de dénoncer les "obligations de droit international" si elles n'étaient pas conformes à la Constitution helvétique.
Controverses et Négationnisme
Céline Amaudruz a été confrontée à des controverses, notamment en lien avec le négationnisme. Après le vote contre l'initiative pour l'autodétermination, elle a fait référence au "dubitationnisme". Ce terme, souvent utilisé comme une forme euphémisée de négationnisme, suggère un doute quant à la réalité de certains faits historiques, notamment la Shoah.
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Le Négationnisme : Définition et Enjeux
Le négationnisme peut être défini comme l’entreprise intellectuelle, d’apparence et de prétention scientifique, qui consiste à nier la réalité matérielle de l’extermination massive des Juifs par les nazis et leurs alliés pendant la seconde guerre mondiale. Les négationnistes développent également, en conséquence de leur croyance dans la non-réalité du génocide, l’argument selon lequel celui-ci a été inventé de toutes pièces, après 1945, par les Alliés et les Juifs, afin de justifier la mise en œuvre d’une justice d’exception à l’encontre des vaincus, de culpabiliser le peuple allemand et de rendre légitime la création de l’Etat d’Israël. Parce qu’il recourt constamment à la théorie du complot, parce qu’il réactive les vieux clichés de la fourberie, de l’avidité et de la manipulation juives, le négationnisme est intrinsèquement antisémite. Toutefois, il est aisé de comprendre que cet antisionisme là n’est qu’une euphémisation de l’antisémitisme racial, qui permet, entre autres à la falsification négationniste, d’être entendue, reprise et valorisée en dehors des cercles de l’extrême-droite, notamment au sein de l’ultra-gauche et aussi dans le monde arabo-musulman, dans ce cas, soit sous couvert d’un discours religieux, soit dans le cadre d’un nationalisme arabe qui refuse à Israël tout droit à l’existence. Les négationnistes sont, par leur déconnexion totale du réel et leur fonctionnement de groupe reposant sur l’affirmation quasi-théologique et la délégitimation absolue de l’adversaire, une secte. Un des problèmes majeurs posés par le négationnisme est son apparence pseudo-scientifique. Partant du postulat selon lequel la science historique invite en permanence à réviser les acquis antérieurs à la lumière de documents, de témoignages et d’interprétation nouveaux, les négationnistes tentent de faire accroire qu’ils sont une école historique s’opposant à une autre, qu’ils nomment « exterminationniste », c'est-à-dire croyant en la réalité du génocide des Juifs par les nazis. Cette pseudo-scientificité se traduit par l’intitulé de certaines de leurs revues et officines (Annales d’Histoire révisionniste ; Institute for Historical Review), par la tenue de colloques, par l’obsession des titres universitaires. Pourtant, il est aisé de voir que les principales figures de la secte négationniste, si certains sont effectivement universitaires, ne sont pas des historiens : Arthur Butz est informaticien ; Robert Faurisson spécialiste de littérature française ; Germar Rudolf est chimiste ; Ernst Zündel est graphiste et Ahmed Rami est un ancien officier. Toujours soucieux de respectabilité, les négationnistes ont donc travesti le sens de leur entreprise en s’intitulant « révisionnistes ». La secte négationniste est obsédée par le génocide des Juifs. Elle remet également en question l’extermination d’autres catégories de population, Tsiganes, déportés politiques, malades mentaux ou homosexuels. Il existe effectivement d’autres formes de négation d’un génocide que celle relative à l’extermination des Juifs. En Turquie en particulier, l’historiographie officielle nie le fait que les Arméniens, en 1915, aient été victimes d’un génocide. Le Code Pénal turc considère d’ailleurs la reconnaissance du génocide comme un délit.
Histoire et Progression du Négationnisme
L’histoire du négationnisme a été établie, du moins en France et aux Etats-Unis. Il est fondamental de bien comprendre que, chronologiquement, le négationnisme naît à l’extrême-droite et migre vers l’ultra-gauche, et non l’inverse. Lorsque Bardèche entreprend de contester les crimes nazis, sa motivation première est de délégitimer la justice des vainqueurs de la guerre (les Alliés), en faisant le procès de ce qu’il estime être une justice de vengeance et d’exception, telle qu’elle vient de se manifester au procès de Nuremberg, où a été utilisée pour la première fois la notion juridique de « crimes contre l’humanité ». Collaborateur de seconde zone lui-même, Bardèche vise la réhabilitation de la Collaboration, du régime de Vichy et, in fine, des fascismes européens. De son côté, Paul Rassinier (1906-1967) vient d’un tout autre horizon politique : celui de l’aile pacifiste et anarchisante de la SFIO, le parti socialiste français, dont il fut député en 1946 avant d’en être exclu en 1951 en raison de ses idées, rejoignant ensuite le courant libertaire-pacifiste intégral. Il a été résistant et déporté au camp de travail forcé de Dora. Ses ouvrages traduisent à la fois une expérience personnelle et une idéologie. D’une part, en tant qu’ancien déporté, il concentre sa haine contre ses anciens codétenus communistes, qu’il accuse d’avoir protégé les leurs au détriment des autres déportés, dans les camps. et les conseillistes, mais aussi, paradoxalement, les marxistes orthodoxes, il estime que le nazisme n’est au fond qu’une variante du capitalisme honni, et que l’antifascisme est une sorte d’écran de fumée propagé par la bourgeoisie afin d’endormir les vélléités de révolte des classes opprimées. Pour Rassinier, ainsi que pour ses continuateurs ultérieurs de « la Vieille Taupe », autour de Pierre Guillaume et Serge Thion, l’horreur nazie et ce qu’ils considèrent comme étant l’horreur quotidienne de l’oppression capitaliste, sont de même nature. Il s’appuie également sur une autre tradition du milieu rationaliste et libre-penseur, consistant à tout soumettre, à commencer par les certitudes et les dogmes, à la critique de la Raison. Pour ces hyper-critiques, puisque la Shoah est, à proprement parler, un événement historique extra-ordinaire, irréductible aux autres massacres de masse connus jusqu’alors, et de surcroît accompli dans un secret voulu, organisé par les bourreaux, puisque enfin et par principe même, ceux qui sont morts ne peuvent témoigner de la manière dont il furent tués et que les témoins directs peuvent être disqualifiés pour leur supposé manque d’objectivité, alors, c’est forcément qu’elle n’a pas existé. Les négationnistes d’extrême-gauche prendront toujours appui sur les inévitables incohérences, voire les erreurs factuelles, des récits des survivants, pour en discréditer le fond. Ils sont finalement persuadés aussi que la Shoah n’a pas eu lieu parce qu’elle est irrationnelle : si le nazisme n’est en fin de compte qu’une variante du capitalisme bourgeois, il se devait d’exploiter les juifs déportés comme force de travail prolétaire au service de sa machine de production, non de les anéantir en se privant ainsi d’une main d’œuvre à bon marché. Toutefois, Rassinier s’éloigne vite du simple révisionnisme qui consiste à revoir le nombre des victimes à la baisse : dès le milieu des années 50, il est devenu acquis aux thèses négationnistes pures et à la théorie du complot juif, et est édité par des militants d’extrême-droite, en l’occurrence par Henry Coston (1910-2001), qui fut, du début des années 30 jusqu’à sa mort,le principal propagandiste en France de la thèse du complot judéo-maçonnique inspirée par les Protocoles des Sages de Sion. Valérie Igounet comme Nadine Fresco démontrent, de manière totalement convaincante, comment, dès cette époque, Rassinier se rapproche même des néo-nazis, par exemple de l’ex-officier SS allemand, Karl-Heinz Priester qui devient son éditeur et réussit, comme Bardèche d’ailleurs, l’agrégation des trois traditions négationnistes d’ultra-gauche, d’extrême-droite et anti-sioniste arabe, puisque les deux hommes entretiennent une correspondance régulière entre eux, ainsi qu’avec un ancien adjoint de Goebbels devenu responsable du service de propagande vers l’étranger du régime égyptien de Nasser, Johann Von Leers (1902-1965), lequel assure leur traduction en arabe. La même configuration se retrouvera en 1967, aux obsèques de Rassinier, où l’éloge funèbre sera prononcé tour à tour par un anarchiste, Emile Bauchet, puis par Bardèche. Le mouvement négationniste, à cette date, n’a pas pris l’ampleur qui est la sienne depuis le début des années 80. Il reste confiné principalement aux cercles restreints, de par leur impact politique et leur influence sociale, du néo-nazisme militant, éventuellement instrumentalisé par la propagande arabe, mais une propagande arabe qui, soulignons-le, n’est ni religieuse, ni a fortiori islamiste, mais bien au contraire plutôt nationaliste laïque. Reste à comprendre et décrire ce qui a permis son développement.
Contexte et Progression du Négationnisme
La progression du négationnisme, en Europe et aux Etats-Unis, dans les décennies 50 ; 60 et 70, se produit dans un contexte que caractérisent, d’abord la guerre froide, ensuite la multiplication des conflits au Moyen-Orient entre Israël et ses voisins (1956 ; 1967 et 1973) et l’émergence du mouvement national palestinien. La guerre froide a plusieurs conséquences. D’une part, elle conduit à relativiser les crimes du national-socialisme, mis en parallèle avec ceux du communisme, voire à recycler, dans les services de renseignements occidentaux, des hommes au passé nazi ou collaborateur. D’autre part, à partir notamment de l’expédition de Suez (1956), elle renforce, dans un monde arabe appuyé par l’URSS, l’identification entre Israël et l’Occident, entre Israël et l’impérialisme et le colonialisme. La France est d’abord l’épicentre du milieu négationniste. Celui-ci, après la mort de Rassinier, perdure avant tout dans le petit monde du néo-fascisme, autour de la revue Défense de l’Occident, dirigée par Bardèche et qui durera jusqu’en novembre 1982, et autour de la personne de François Duprat, professeur d’histoire qui est l’un des animateurs des groupes ultra-nationalistes de l’époque (Occident ; Ordre Nouveau), puis à partir de 1972, du Front National, et qui édite sa propre publication, les Cahiers européens. C’est lui qui traduit en français et publie, en 1976 la brochure de Thies Christophersen, Le Mensonge d’Auschwitz puis, en 1978, la brochure de Richard Verrall, alias Richard Harwood, dirigeant du National Front britannique : Six millions de morts le sont-ils réellement ? La médiatisation du négationnisme va cependant passer par un autre homme, Robert Faurisson. Ce professeur à l’université de Lyon, spécialiste de poésie française, s’intéresse à la question des chambres à gaz depuis les années 60. Il ne milite pas activement à l’extrême-droite, mais donne, dès juin 1978, un article à Défense de l’Occident. Sa soudaine notoriété vient avec la publication d’un article de lui dans le quotidien de référence Le Monde, le 29 décembre 1978, lequel met en branle, pendant les trois années qui vont suivre, tout un mécanisme d’exposition médiatique du négationnisme et de ripostes d’historiens qui le dénoncent pour l’imposture qu’il est. et que l’icône de la gauche alternative américaine, le linguiste Noam Chomsky, préface en décembre 1980 le Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, publié par Faurisson à la Vieille Taupe. Dès cette époque, en fait, les méthodes des négationnistes, l’attitude de la communauté scientifique à leur égard, les enjeux idéologiques même, sont et demeureront fixés jusqu’à nos jours.
Évolution et Conséquences du Négationnisme
En conséquence, on voit bien ici que le négationnisme cesse très vite de reposer sur une pseudo-démonstration technique du caractère invraisemblable des gazages de masse, pour évoluer vers une posture purement idéologique, à la jonction de l’antisémitisme et de la réhabilitation du national-socialisme, et ce même si certains négationnistes connus continuent à se prévaloir de titres scientifiques (le plus souvent inexistants) pour tenter de démontrer que les chambres à gaz sont un « montage » des Alliés après 1945. Ainsi, des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, peu de choses ont changé dans l’univers clos de la secte négationniste. Des personnalités nouvelles sont apparues et le champ géographique d’expression de leurs idées s’est étendu, notamment à l’Europe de l’est après la chute du communisme, où le discours de négation oscille entre négation pure et simple et relativisation par comparaison avec les crimes du communisme, souvent doublée d’une réhabilitation des mouvements ultra-nationalistes d’avant 1945. Des formes « exotiques » de négationnisme sont même apparues, comme au Japon avec l’auteur Aiju Kimura. Politiquement, la secte négationniste est pratiquement privée de débouchés par l’existence de lois qui interdisent l’expression du racisme, de l’antisémitisme et de la négation de crimes contre l’humanité. Cela est particulièrement vrai en Europe occidentale, y compris en Grande-Bretagne, pourtant attachée à une conception large de la liberté d’expression, de sorte que le néo-nazisme ne s’exprime plus guère librement qu’en Scandinavie, où ont élu domicile (en Suède) le marocain islamiste Ahmed Rami, fondateur de Radio Islam, et le russo-israélien Israël Shamir, désormais converti à la religion grecque-orthodoxe et passé de l’antisionisme « gauchiste » à une situation d’alliance avec les néo-nazis. Cependant, le négationnisme n’est pas absent des publications d’extrême-droite et des déclarations publiques d’hommes politiques de cette famille de pensée : il s’exprime désormais sous la forme, prudente car euphémisée, du « dubitationnisme ».
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