La ceftriaxone est un antibiotique de la famille des céphalosporines, utilisé pour traiter diverses infections bactériennes. Cet article détaille la posologie pédiatrique de la ceftriaxone, ses indications, son mode d'administration et les précautions à prendre lors de son utilisation chez l'enfant.

Indications de la Ceftriaxone chez l'Enfant

La ceftriaxone est indiquée dans le traitement de diverses infections bactériennes chez l'enfant, notamment :

  • Otite moyenne aiguë
  • Pneumonie communautaire et nosocomiale
  • Infections intra-abdominales
  • Infections des os et des articulations
  • Infections compliquées de la peau et des tissus mous
  • Méningites bactériennes
  • Maladie de Lyme disséminée (phase précoce [stade II] et phase tardive [stade III]) chez le nouveau-né à partir de l’âge de 15 jours, l'enfant et l'adulte.
  • Syphilis (y compris la neurosyphilis, bien que les données posologiques soient limitées)
  • Gonorrhée
  • Poussées aiguës de bronchopneumopathie chronique obstructive chez l’adulte.
  • Bactériémie associée ou suspectée d’être associée à l’une des infections listées ci-dessus.

La ceftriaxone peut également être utilisée en prophylaxie pré-opératoire des infections du site opératoire.

Dans les cas d'infections polymicrobiennes ou en cas de suspicion de bactéries résistantes à la ceftriaxone, une co-administration avec d'autres antibactériens peut être envisagée.

Posologie Pédiatrique de la Ceftriaxone

La posologie de la ceftriaxone chez l'enfant dépend de plusieurs facteurs, notamment :

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  • La sévérité de l'infection
  • La sensibilité bactérienne
  • Le site et le type d'infection
  • L'âge et le poids de l'enfant
  • La fonction hépatique et rénale du patient

Les doses recommandées ci-dessous sont généralement utilisées, mais dans les cas particulièrement sévères, les doses maximales recommandées peuvent être envisagées.

Posologie Générale

  • Nouveau-nés (jusqu'à 14 jours) : 20 à 50 mg/kg de poids corporel une fois par jour, injecté par voie intraveineuse. La dose maximale ne doit pas dépasser 50 mg/kg de poids corporel.
  • Enfants (15 jours à 12 ans, pesant moins de 50 kg) : 20 à 80 mg/kg de poids corporel une fois par jour, injecté par voie intraveineuse.
  • Enfants pesant 50 kg ou plus : La dose habituellement recommandée chez l'adulte doit être utilisée.

Posologies Spécifiques

  • Otite moyenne aiguë : Une seule dose de 50 mg/kg de ceftriaxone par voie intramusculaire peut être administrée pour le traitement initial. Des données limitées suggèrent que 50 mg/kg/jour pendant 3 jours par voie intramusculaire peuvent être efficaces en cas de symptomatologie sévère ou d'échec d'un traitement antérieur.
  • Maladie de Lyme (phases II et III) : 50 mg/kg, avec un maximum de 2 g, une fois par jour pendant 14 jours.
  • Syphilis (y compris la neurosyphilis) : Les recommandations posologiques sont basées sur des données limitées. Les doses généralement recommandées sont de 50 à 80 mg/kg une fois par jour pendant 10 à 14 jours.
  • Prophylaxie pré-opératoire : Dose unique de 20 à 80 mg/kg, administrée 30 à 90 minutes avant la chirurgie.

La durée du traitement dépend de l'évolution de la pathologie et doit être poursuivie 48 à 72 heures après la disparition de la fièvre ou l'obtention de l'éradication bactérienne.

Mode d'Administration

La ceftriaxone peut être administrée par voie intraveineuse (IV) ou intramusculaire (IM). La voie intraveineuse est généralement privilégiée.

  • Perfusion intraveineuse : La ceftriaxone peut être administrée par perfusion intraveineuse pendant au moins 30 minutes. Les doses administrées par voie intraveineuse de 50 mg/kg ou plus, chez le nourrisson et l'enfant jusqu'à 12 ans, doivent être administrées en perfusion. Chez les nouveau-nés, les doses administrées par voie intraveineuse doivent être injectées pendant 60 minutes afin de réduire le risque possible d'encéphalopathie bilirubinique.
  • Injection intraveineuse lente : La ceftriaxone peut être administrée par injection intraveineuse lente pendant 5 minutes, de préférence dans les veines de plus gros calibre. L'injection intraveineuse intermittente doit être administrée pendant 5 minutes.
  • Injection intramusculaire : L'administration intramusculaire doit être envisagée lorsque la voie intraveineuse n'est pas possible ou est moins appropriée pour le patient. Pour des doses supérieures à 2 g, la voie intraveineuse doit être utilisée. Les injections intramusculaires doivent être injectées dans une masse musculaire importante et sans dépasser 1 g dans un même site.

Lors de l'administration intramusculaire, il est important de noter que le solvant utilisé contient de la lidocaïne. La solution obtenue ne doit jamais être administrée par voie intraveineuse. Il convient de respecter les contre-indications à la lidocaïne avant d'envisager une administration par injection intramusculaire de ceftriaxone.

Précautions d'Emploi et Contre-Indications

Contre-indications

La ceftriaxone est contre-indiquée dans les cas suivants :

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  • Hypersensibilité à la ceftriaxone, à une autre céphalosporine ou à un autre antibiotique de la famille des bêta-lactamines (pénicillines, monobactames et carbapénèmes).
  • Antécédent d'hypersensibilité sévère (par exemple réaction anaphylactique) à une autre classe d'agent antibactérien de la famille des bêta-lactamines.
  • Nouveau-nés prématurés.
  • Nouveau-nés à terme (jusqu’à 28 jours) présentant une jaunisse ou un risque d'encéphalopathie bilirubinique, car la ceftriaxone peut déplacer la bilirubine de ses sites de liaison à l'albumine sérique.
  • Nouveau-nés qui nécessitent (ou risquent de nécessiter) un traitement par calcium administré par voie intraveineuse ou des perfusions de solutions contenant du calcium, en raison du risque de précipitation d'un sel calcique de ceftriaxone.
  • Lorsque le solvant utilisé est une solution de lidocaïne, les contre-indications à la lidocaïne doivent être respectées avant d’envisager une administration par injection intramusculaire de ceftriaxone.

Précautions d'Emploi

  • Réactions d'hypersensibilité : Des réactions d'hypersensibilité graves et parfois fatales ont été rapportées avec la ceftriaxone. En cas de réactions d'hypersensibilité sévères, le traitement doit être immédiatement arrêté et des mesures d'urgence adéquates doivent être instaurées.
  • Précipitation de ceftriaxone calcique : Des cas de réactions fatales, avec présence de précipités de ceftriaxone calcique dans les poumons et les reins, ont été décrits chez des nouveau-nés prématurés et nés à terme âgés de moins d'un mois. La ceftriaxone ne doit pas être mélangée ou administrée simultanément avec des solutions intraveineuses contenant du calcium, même par des tubulures de perfusion ou sur des sites de perfusion différents. Chez les patients âgés de plus de 28 jours, la ceftriaxone et des solutions contenant du calcium peuvent être administrées séquentiellement de manière consécutive, à condition d'utiliser des tubulures de perfusion sur des sites différents ou à condition que les tubulures de perfusion soient changées ou soigneusement rincées entre les perfusions à l'aide de solution saline physiologique.
  • Anémie hémolytique : Une anémie hémolytique à médiation immunitaire a été observée chez des patients recevant des antibactériens de la classe des céphalosporines, incluant la ceftriaxone. Pendant un traitement prolongé, il convient de réaliser une numération formule sanguine à intervalles réguliers.
  • Colite pseudomembraneuse : Des cas de colite liée à l'administration d'un produit antibactérien et de colite pseudomembraneuse ont été rapportés avec presque tous les agents antibactériens, y compris la ceftriaxone. Il est important de prendre en compte ce diagnostic chez les patients qui présentent des diarrhées pendant et après l'administration de ceftriaxone.
  • Surinfections : Des surinfections par des micro-organismes non sensibles peuvent survenir, comme avec tout agent antibactérien.
  • Insuffisances hépatique et rénale : En cas d'insuffisances hépatique et rénale sévères, il est conseillé de procéder à une surveillance clinique étroite de la tolérance et de l'efficacité. En cas d’insuffisance rénale préterminale (clairance de la créatinine < 10 ml/min), la dose de ceftriaxone ne doit pas dépasser 2 g par jour.
  • Interférence avec les tests de laboratoire : La ceftriaxone peut interférer sur les tests de Coombs et de galactosémie, et peut donner lieu à des faux-positifs pour les tests de glucose urinaire non-enzymatiques. La présence de ceftriaxone peut faussement abaisser les valeurs de glycémie sanguine obtenues avec certains appareils de mesure de glycémie.
  • Précipités de ceftriaxone calcique dans la vésicule biliaire et les reins : Si des ombres sont observées à l'échographie, la possibilité d'une présence de précipités de ceftriaxone calcique doit être envisagée. Des cas de pancréatite et de lithiase rénale ont été rapportés.
  • Réaction de Jarisch-Herxheimer (RJH) : Certains patients ayant une infection à spirochètes peuvent présenter une réaction de Jarisch-Herxheimer (RJH) peu de temps après le début du traitement par la ceftriaxone.
  • Encéphalopathie : Des cas d’encéphalopathie ont été rapportés lors de l’utilisation de la ceftriaxone, en particulier chez des patients âgés présentant une insuffisance rénale grave ou des troubles du système nerveux central.
  • Lidocaïne : La lidocaïne (contenue dans le solvant pour l’injection par voie intramusculaire) doit être utilisée avec prudence chez les patients atteints de myasthénie, d’épilepsie, de troubles de la conduction cardiaque, d’insuffisance cardiaque congestive, de bradycardie ou de dépression respiratoire. Il a été démontré que la lidocaïne est porphyrinogène chez les animaux et elle doit être évitée chez les personnes présentant une porphyrie.
  • Sodium : Ce médicament contient du sodium. Il faut en tenir compte chez les personnes suivant un régime hyposodé strict.

Interactions Médicamenteuses

Les diluants contenant du calcium (par exemple solution de Ringer ou solution de Hartmann) ne doivent pas être utilisés pour la reconstitution des flacons de ceftriaxone, ni pour la dilution d'un flacon reconstitué pour administration intraveineuse, en raison de la possibilité de formation d'un précipité. La ceftriaxone ne doit pas être administrée en même temps que des solutions intraveineuses contenant du calcium, y compris les perfusions continues contenant du calcium, telles les poches de nutrition parentérale, dans un site d'injection en Y.

Un contrôle plus fréquent de l'INR est recommandé chez les patients recevant des anticoagulants oraux en association avec la ceftriaxone.

Grossesse et Allaitement

L'utilisation de la ceftriaxone peut être envisagée au cours de la grossesse si besoin. La ceftriaxone s'accumule dans le lait maternel. L'allaitement est possible si le traitement est de courte durée (7 jours). Toutefois, le risque de diarrhée et d'infection fongique des membranes muqueuses ne peut être écarté chez le nourrisson allaité. La possibilité d'une sensibilisation doit aussi être prise en compte.

Reconstitution et Conservation

Les solutions doivent être utilisées immédiatement après reconstitution. Ne pas utiliser CEFTRIAXONE si la solution n’est pas limpide après reconstitution. Ne pas utiliser comme diluants des solutions contenant du calcium comme la solution de Ringer ou la solution de Hartmann pour reconstituer la ceftriaxone. Les solutions contenant de la ceftriaxone ne doivent pas être mélangées avec d’autres agents.

Ce médicament ne requiert pas de température particulière de conservation. Les médicaments ne doivent pas être jetés au tout à l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien ce qu’il faut faire des médicaments inutilisés.

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