La carence en fer est l'une des carences nutritionnelles les plus courantes dans le monde, touchant particulièrement les enfants et les adolescents. Elle peut avoir des conséquences importantes sur leur croissance, leur développement cognitif et leurs performances physiques. Cet article explore les causes, les symptômes, le diagnostic et les options de traitement de la carence en fer chez l'enfant, en mettant l'accent sur les approches pratiques et les recommandations actuelles.

Importance du Fer pour l'Enfant

Le fer est un oligo-élément essentiel qui joue un rôle crucial dans de nombreuses fonctions biologiques, notamment :

  • Transport de l'oxygène : Le fer est un composant essentiel de l'hémoglobine, la protéine présente dans les globules rouges qui transporte l'oxygène des poumons vers les tissus du corps.
  • Formation du sang : Le fer est nécessaire à la production de globules rouges sains.
  • Fonction musculaire : Le fer permet la constitution de la myoglobine, protéine responsable de l'oxygénation des muscles.
  • Développement cognitif : Le fer est important pour le développement et le fonctionnement du cerveau.
  • Système immunitaire : Les sels minéraux, dont le fer, contribuent au bon fonctionnement du système immunitaire.

Pendant les trois premières années de vie, la croissance et le développement de l'enfant sont rapides, ce qui augmente ses besoins en fer. Une étude sur l'évolution de l'alimentation en France a démontré qu'un déficit d'apport en fer est particulièrement fréquent chez les bébés âgés de 6 mois à 2 ans (29,2 % selon l'étude "Val-de-Marne").

Causes de la Carence en Fer chez l'Enfant

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à une carence en fer chez l'enfant :

  • Apports alimentaires insuffisants : Un régime alimentaire pauvre en aliments riches en fer, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants qui dépendent du lait maternel ou infantile, peut entraîner une carence.
  • Besoins accrus : Les périodes de croissance rapide, comme pendant la petite enfance et l'adolescence, augmentent les besoins en fer. Les femmes enceintes ont également des besoins accrus en fer pour fournir du sang et de l'oxygène à l'utérus, au placenta et à l'embryon. Le corps des femmes enceintes doit produire 30 à 40 pour cent de sang en plus, doublant ainsi les besoins quotidiens, passant de 15 à 30 milligrammes par jour.
  • Malabsorption du fer : Certaines conditions médicales, telles que les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) comme la maladie de Crohn, peuvent réduire l'absorption du fer dans l'intestin. Des études ont montré qu'environ deux tiers des personnes atteintes de MICI développent une anémie ferriprive. La maladie cœliaque peut également entraîner une malabsorption du fer.
  • Pertes de sang : Des saignements chroniques, même minimes, peuvent entraîner une perte de fer. Cela peut être dû à des saignements menstruels abondants chez les adolescentes, des saignements gastro-intestinaux occultes ou des dons de sang fréquents. Chaque fois que vous perdez du sang, vous perdez aussi du fer. Ceci est valable pour les blessures, les saignements menstruels, les dons de sang, la dialyse et les hémorragies internes.
  • Facteurs liés à l'alimentation du nourrisson : Les bébés naissent avec du fer stocké dans le corps. On considère que jusqu’à 6 mois, la quantité essentielle de ce nutriment (0,27 mg/jour) est normalement présente dans le lait maternel. Du fait que ce minéral n’est pas synthétisé par l’organisme, la quantité nécessaire de fer doit ensuite être apportée par l’alimentation. À partir de 7 mois, le développement constant du bébé épuise ses réserves en fer.

Symptômes de la Carence en Fer chez l'Enfant

Les symptômes de la carence en fer peuvent varier en fonction de la gravité de la carence. Les symptômes courants comprennent :

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  • Fatigue et faiblesse : Le manque d'oxygène dans les tissus peut entraîner une fatigue persistante et une sensation de faiblesse.
  • Pâleur : Une diminution du taux d'hémoglobine peut entraîner une pâleur de la peau, des lèvres et des ongles.
  • Irritabilité : La carence en fer peut affecter l'humeur et entraîner une irritabilité accrue.
  • Difficultés de concentration : Un apport insuffisant d'oxygène au cerveau peut entraîner des difficultés de concentration et des problèmes de mémoire.
  • Retard de croissance et de développement : Chez les nourrissons et les jeunes enfants, une carence en fer non traitée peut entraîner un retard de croissance et de développement.
  • Chute de cheveux : Le fer joue un rôle décisif dans la formation du sang, et les cheveux ont un besoin élevé en sang. Si la formation de sang dans le corps ne se déroule pas correctement, le corps réduit d'abord le flux sanguin vers les parties du corps qui ne sont pas essentielles à la survie, ce qui inclut les cheveux.
  • PICA : Ce trouble des conduites alimentaires est caractérisé par le désir compulsif d'ingérer des substances non alimentaires (terre, papier…).
  • Performances physiques réduites : La performance physique est impactée par le fer. Il existe une augmentation de la prévalence d’anémie chez les athlètes et une baisse des performances physiques a été décrite chez les adolescent·e·s avec carence en fer, qu’il y ait ou non anémie.
  • Essoufflement : Une diminution de la capacité de transport de l'oxygène peut entraîner un essoufflement, surtout pendant l'activité physique.
  • Maux de tête et vertiges : Un manque d'oxygène au cerveau peut provoquer des maux de tête et des vertiges.
  • Ongles cassants ou concaves (koïlonychie) : Bien que moins courant, ce symptôme peut survenir en cas de carence en fer sévère.

Il est important de noter que certains de ces symptômes peuvent être non spécifiques et peuvent être causés par d'autres conditions médicales. Il est donc essentiel de consulter un médecin pour un diagnostic précis.

Diagnostic de la Carence en Fer chez l'Enfant

Le diagnostic de la carence en fer repose sur une évaluation clinique et des analyses de sang. Les examens suivants sont généralement effectués :

  • Numération formule sanguine (NFS) : Cet examen mesure le taux d'hémoglobine, le volume globulaire moyen (VGM), la concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH) et l'hématocrite. Une diminution du taux d'hémoglobine et du VGM peut indiquer une anémie ferriprive. Le diagnostic ne doit comporter que les examens suivants : NFS (Hb, VGM, CCMH, TCMH, hematocrite…), reticulocytes et ferritine.
  • Dosage de la ferritine sérique : La ferritine est une protéine qui stocke le fer dans le corps. Un taux de ferritine bas indique une diminution des réserves de fer. Les dosages de ferritine sérique sont fiables d’un laboratoire à l’autre et la normale basse est à interpréter suivant l’âge, le sexe, et l’existence de comorbidités.
  • Dosage du fer sérique et de la capacité totale de fixation du fer (CTFF) : Ces examens mesurent la quantité de fer dans le sang et la capacité de la transferrine (la protéine qui transporte le fer) à se lier au fer. Un coefficient de saturation de la transferrine (CST) inférieur à 20 % peut aider au diagnostic, mais son calcul est réalisé d’après les dosages de la transferrine et du fer sérique.
  • Dosage des réticulocytes : Les réticulocytes sont de jeunes globules rouges. Leur nombre peut être augmenté en cas d'anémie, car la moelle osseuse essaie de compenser la perte de globules rouges.

Il est important de noter qu'il existe un piège important à connaître : la présence d’une thrombocytose (plaquettes ≥ à 400 giga/L - 400 000/mm3) ou d’une splénomégalie nécessitent un avis hématologique avant tout traitement d’une carence en fer sans anémie.

Traitement de la Carence en Fer chez l'Enfant

Le traitement de la carence en fer chez l'enfant vise à reconstituer les réserves de fer et à corriger l'anémie, le cas échéant. Les options de traitement comprennent :

  • Modifications alimentaires : L'augmentation de la consommation d'aliments riches en fer est une première étape importante. Les aliments riches en fer comprennent :

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    • Viandes rouges : Le bœuf et le porc sont d'excellentes sources de fer héminique, qui est facilement absorbé par l'organisme.
    • Volaille : Le poulet et la dinde contiennent également du fer héminique.
    • Poisson : Le poisson, en particulier les poissons gras comme le saumon et le thon, est une bonne source de fer.
    • Légumineuses : Les lentilles, les haricots et les pois chiches sont de bonnes sources de fer non héminique.
    • Légumes verts à feuilles : Les épinards, le chou frisé et la bette à carde contiennent du fer non héminique.
    • Céréales enrichies en fer : De nombreuses céréales pour petit-déjeuner sont enrichies en fer.

    Il est important de noter que le fer provenant des aliments d'origine animale (fer héminique) est mieux absorbé que le fer provenant des aliments d'origine végétale (fer non héminique). Pour améliorer l'absorption du fer non héminique, il est recommandé de consommer ces aliments avec des aliments riches en vitamine C, comme les agrumes, les fraises et les poivrons. L’absorption du fer peut être augmentée par l’adjonction d’acide dans la nourriture tel que : acide ascorbique (orange, citron, pamplemousse) ou non ascorbique (pomme, raisin, pêches, framboises).

    Certains aliments peuvent inhiber l'absorption du fer, notamment le thé, le café, le lait et les produits laitiers. Il est donc préférable de les éviter pendant les repas. Les acides phytiques (céréales complètes), les polyphénols (thé, café, vin rouge), le calcium (lait, produits laitiers) et certaines protéines (œufs) inhibent significativement l’absorption du fer.

  • Suppléments de fer : Dans de nombreux cas, les modifications alimentaires seules ne suffisent pas à corriger une carence en fer. Des suppléments de fer peuvent être prescrits par un médecin. La dose et la durée du traitement dépendent de la gravité de la carence et de l'âge de l'enfant.

    Le FE2+ (fer ferreux) : donner 2 à 3 mg/kg de fer élémentaire en une ou deux doses quotidiennes, en dehors des repas. À prendre avec un peu d’eau ou de jus de fruit. Le Fe3+ (fer ferrique) : donner 3 à 5 mg/kg de fer élémentaire en une ou deux doses quotidiennes, pendant le repas.

    Les suppléments de fer peuvent provoquer des effets secondaires tels que des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, de la constipation ou de la diarrhée. Pour minimiser ces effets secondaires, il est recommandé de prendre les suppléments de fer avec de la nourriture et de commencer par une faible dose, en augmentant progressivement jusqu'à la dose recommandée. Il est également important de noter que les suppléments de fer peuvent interférer avec l'absorption de certains médicaments. Diminution de l’absorption digestive de la pénicillamine par formation de complexes peu absorbés. Pour le bictégravir, diminution de deux tiers de l'absorption du bictégravir en cas d’ingestion simultanée ou à jeun.

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    Il est crucial de respecter les recommandations du médecin concernant la posologie et la durée du traitement. Un surdosage de fer peut être dangereux, en particulier chez les jeunes enfants. Des cas de surdosage avec des sels de fer ont été rapportés, en particulier chez l’enfant. Le risque de toxicité lié à un surdosage commence à la dose de fer élémentaire de 20 mg/ kg et augmente à partir de 60 mg/kg. Le traitement symptomatique est essentiel, et dans les cas graves, un traitement chélateur de fer peut être nécessaire.

    Des inhalations accidentelles lors de l’administration de la solution buvable à base de sulfate de fer peut provoquer des granulomes, des lésions et une nécrose de la muqueuse bronchique pouvant entraîner toux, hémoptysie, bronchosténose et /ou infection pulmonaire (même si l'inhalation a eu lieu plusieurs jours à plusieurs mois avant l'apparition de ces symptômes). Les patients âgés et ceux ayant des difficultés à avaler sont particulièrement à risque d’inhalation.

Prévention de la Carence en Fer chez l'Enfant

La prévention de la carence en fer chez l'enfant est essentielle pour assurer une croissance et un développement sains. Les mesures préventives comprennent :

  • Alimentation riche en fer : Encourager la consommation d'aliments riches en fer dès le plus jeune âge.
  • Supplémentation en fer pour les nourrissons : Les nourrissons allaités exclusivement peuvent avoir besoin d'une supplémentation en fer à partir de 6 mois, car le lait maternel seul peut ne pas suffire à couvrir leurs besoins.
  • Dépistage de la carence en fer : Un dépistage régulier de la carence en fer est recommandé chez les enfants à risque, tels que les nourrissons prématurés, les enfants ayant des problèmes d'alimentation et les adolescents ayant des règles abondantes.
  • Conseils nutritionnels : Fournir des conseils nutritionnels aux parents et aux adolescents sur l'importance du fer et les meilleures façons de l'intégrer dans leur alimentation.
  • Surveillance de l'apport en fer chez les femmes enceintes : Les femmes enceintes doivent être surveillées pour détecter une éventuelle carence en fer et recevoir une supplémentation si nécessaire.

Carence en Fer sans Anémie

Il est important de noter que la carence en fer peut exister même en l'absence d'anémie. La carence en fer sans anémie peut être définie par une ferritinémie basse associée à un taux d’hémoglobine (Hb) normal : Hb ≥ 12 g/dL chez les femmes ou ≥ 13 g/dL chez les hommes ou ≥ 11 g/dL pendant la grossesse (10,5 g/dL au deuxième semestre).

La carence en fer sans anémie a été beaucoup moins étudiée que l'anémie ferriprive. Elle peut se manifester par des symptômes tels que la fatigue, les troubles de la concentration et la diminution des performances physiques.

En l’absence de signe fonctionnel ou général ou de grossesse programmée, il n’est pas utile de prescrire un traitement par fer. La ferritinémie basse reflète des réserves en fer épuisées, mais si l’alimentation est équilibrée, les besoins en fer peuvent être couverts. Les régimes végétariens, qui excluent le fer héminique, favorisent les carences en fer chez les femmes réglées, mais pas de façon très significative si la diététique reste équilibrée. A contrario, recommander une alimentation riche en viande est délicate du fait du risque associé de cancers colorectaux, sans parler des émissions de CO2 liées à la production de viande.

Quand prescrire une supplémentation ? diminution des capacités physiques, particulièrement chez les femmes sportives. On prescrit en première intention un traitement par fer oral, de préférence un jour sur deux. En effet, il a été démontré qu’une prise orale de fer augmente les taux d’hepcidine (hormone régulatrice du métabolisme du fer), inhibant pendant 48 heures l’absorption du fer qui reste dans la lumière intestinale, ce qui peut déclencher ou aggraver les effets indésirables digestifs (bénins, mais parfois gênants). La prise un jour sur deux (2 comprimés à la fois pour atteindre au moins 100 mg) peut ainsi être tout aussi efficace et mieux tolérée.

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