Introduction
Cet article explore le parcours et les engagements d'un cardio-pédiatre universitaire, de ses motivations initiales à ses contributions significatives dans le domaine de la cardiologie pédiatrique et de l'aide humanitaire. Il met en lumière les influences personnelles, les expériences formatrices et les projets novateurs qui ont façonné sa carrière.
Les Racines d'une Vocation : Influences Familiales et Judaïté
La décision de s'orienter vers la médecine a été initialement motivée par le désir de répondre aux attentes parentales. Issu d'une famille juive immigrée fuyant les pogroms, le protagoniste a été élevé dans l'idée de devenir médecin, une aspiration commune parmi les familles immigrées. L'histoire de son père, dont la carrière hospitalo-universitaire a été interrompue par les lois de Vichy, a également joué un rôle important.
La judaïté a été un élément important de son parcours. Elle lui a permis de rencontrer des professeurs juifs qui l'ont aidé et pris sous leur coupe en raison de ses origines.
Rôle Crucial de la Vie Personnelle : Soutien Conjugal et Esprit de Compétition
Sa femme, Barbara Kugel, a joué un rôle majeur dans sa nomination. Fille unique très active dans la communauté libérale juive, concertiste de piano, passionnée de peinture et pratiquant la restauration de tableaux dans un milieu d’antiquaires, elle lui a donné six enfants et l'a libéré de toutes ses contraintes domestiques et éducatives, lui permettant de se consacrer entièrement à sa carrière médicale.
Animé depuis son enfance par l'esprit de compétition, en particulier dans le cadre de la passion pour le bridge transmise par son père champion de France en 1936, il a su transposer cet esprit dans sa carrière. Le bridge lui a permis d'établir un contrat et un plan de jeu pour le réaliser, une approche qu'il a appliquée tout au long de sa carrière. Le bridge aide également beaucoup pour les questions à choix multiples (QCM) dans lesquelles il excelle, alors que sa dysorthographie l’handicape pour les réponses rédigées. Ceci lui permettra d’être très bien classé au concours d’entrée (4/15 000) qui à l’époque regroupait tous les CHU et ensuite d’avoir été major dans le CHU Lariboisière pour les années 67, 68 et 69 ce qui constitue un avantage considérable car on choisit son service en premier et le staff du service a un a priori très favorable sur vous.
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Passion pour la Biologie et Premiers Stages
Cette période jusqu’à son internat en 1970 a surtout été marquée par une passion pour la biologie. En particulier son stage chez Jean Bernard avec le Pr Maxime Seligmann dans le domaine de l’immunohématologie. C’est lui qui l’a poussé à faire en même temps que ses études de médecine des certificats de biochimie et d’immuno-génétique à Jussieu (faculté de science), sous la direction des prix Nobel Jacob et Monod. Il était également fasciné par un stage de recherche en hépatologie auprès du Pr Benhamou à l’hôpital Beaujon. Enfin il était passionné de cardiologie et d’hémodynamique dans le service du Pr Bouvrain avec Robert Slama qui lui a appris à lire un ECG et à raisonner sur les troubles du rythme et par le Pr Gourgon qui l’a initié à l’hémodynamique et à la physiologie et physiopathologie cardiaque. À 19 ans, en 2ème année d’externat, il montait sa première Swan Ganz pour calculer les résistances pulmonaires d’un patient hospitalisé aux soins intensifs. A l’inverse, il avoue qu’il avait du mal à s’intéresser au côté humain et médical des adultes et vieillards hospitalisés qui lui racontaient leurs histoires de guerre ou de maternité.
L'Éveil de la Pédiatrie : Concilier Médecine et Science
C’est finalement son dernier stage, en pédiatrie, qui lui a permis, grâce au Pr de Paillerets, de pouvoir concilier la médecine et la science.
Expérience Humanitaire : Volontariat et Décomplexion Technique
Pas réformé, il est parti comme volontaire à l’aide technique à l’île de la Réunion et à Madagascar. Cette période a été très importante dans sa vie car il a pu se décomplexer sur les gestes techniques grâce à un chirurgien malgache, le Dr Pinel, qui lui a appris à faire césariennes, appendicites, réductions de fracture, intubations et trachéotomies. Ainsi libéré de l’acquisition de ces gestes, il a pu se consacrer à la réflexion médicale qui est évidemment l’élément essentiel de notre métier. Il a pu réaliser l’importance de l’approche clinique : celle-ci permet à elle seule de guérir « gratuitement » 90% des maladies curables. Pour passer à 95 %, le coût est multiplié par 10 ; à 97 %, par 20.
Spécialisation en Cardiologie Pédiatrique : Un Choix Stratégique
En revenant en 1972, interne à Louis Mourier chez François de Paillerets, les perspectives de carrière hospitalo-universitaire se compliquent : il n’y aura pas de poste pour lui en pédiatrie générale. Il lui faut choisir une spécialité. Son externat l’avait poussé vers 3 disciplines : l’immunologie, l’hépatologie et la cardiologie. Les carrières dans les deux premières disciplines sont bloquées, car chacune a déjà un « poulain ». Il se tourne donc vers la cardiologie pédiatrique : le Pr Kachaner, avec qui il s’entend bien, devrait avoir un poste d’agrégé vers 1986, soit 15 ans plus tard.
Séjour à San Francisco : Immersion dans la Cardiologie Fœtale et Néonatale
La lecture du livre rouge d’Abraham Rudolph en 1973 sur l’hémodynamique des cardiopathies congénitales va le convaincre de tenter sa chance chez lui à l’institut cardio-vasculaire de San Francisco, Mecque de la cardiologie pédiatrique. Abraham Rudolph était vraiment un grand bonhomme : c’est lui qui a introduit le cathétérisme cardiaque dans l’équipe de Boston ; c’est ensuite lui qui, chef de service d’Albert Einstein à New York dès 1966, va mettre au point des techniques permettant d’étudier in vivo, sur des brebis enceintes, le développement de tous les aspects de la circulation et de la cardiologie. Il devient l’homme du fœtus ! Ses travaux vont permettre de mieux comprendre le développement du cœur et les cardiopathies congénitales.
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Ses chances de décrocher un fellowship chez Rudolph sont maigres, mais une lettre de motivation bien ficelée, accompagnée d’une recommandation en Yiddish de sa mère, lui fera décrocher cette opportunité exceptionnelle ! Dans cette lettre, sa mère, comme toute mère juive, insiste sur ses qualités exceptionnelles mais aussi sur l’importance de valider un diplôme qui lui permette d’exercer aux États Unis ou en Israël (le fameux plan B qui obsède les juifs qui ont connu les pogroms et la shoah). Les conditions sont claires : un engagement de sa part pour 3 ans, une 1ère année financée par lui-même. Le Pr Rudolph ne s’engageait de son côté à le garder que la 1ère année ! Mais c’est une réponse positive. Et les voilà donc partis pour San Francisco avec sa femme Barbara et ses deux premiers enfants.
Le pied intégral, la grande chance de sa vie, ses meilleurs souvenirs. Il était donc parti pour 3 ans de recherche, mais, après avoir validé les équivalences pour la Californie (3500 QCM pendant 3 jours d’examen sur tous les sujets, optique, physique, statistiques, pharmacologie, psychiatrie etc, représentant 3 h de travail quotidien pendant 6 mois), il obtient le diplôme qui lui permettra de faire aussi de la clinique pendant ses deux dernières années en Californie (cathétérisme, gardes, réanimation, aides chirurgicales). Ce diplôme donne également la possibilité d’exercer aux États-Unis, en Israël et au Canada (le fameux plan B de sa mère qui lui a permis d’être tranquille sur son avenir au cas où…). Il a pu bénéficier de toute la formation académique qu’offrait l’institut cardio-vasculaire de San Francisco avec, en début de fellowship, 3 mois d’enseignement théorique et en particulier statistique pendant qu’on peaufinait son projet de recherche. Il y avait aussi des cours pour apprendre à enseigner, à faire des articles et des abstract, des présentations… Bref on nous préparait à une destinée académique.
Il était devenu spécialiste de la circulation fœtale, de la transition néonatale (HTAP, canal artériel, prostaglandine etc), de l’appréciation de la fonction cardiaque chez le nouveau-né. Il était également familier de l’hémodynamique non invasive par écho Doppler, enseigné par le Pr Norman Silverman. C’était une période extraordinaire pour la cardiologie pédiatrique et la néonatologie, avec l’enseignement de Julien Hoffman sur l’ischémie myocardique, de Michael Haymann sur la circulation pulmonaire et sur le canal artériel qu’on pouvait pharmacologiquement manipuler (fermer chez les prématurés ou maintenir ouvert chez les cardiopathies congénitales avec atrésie pulmonaire ou aortique et certaines transpositions des gros vaisseaux). On vivait en temps réel ce qui a bouleversé la cardiologie pédiatrique avec les réflexions toujours passionnantes de Rudolph qui avait anticipé l’avenir de la discipline. Il a aussi vécu les premiers diagnostics prénatals de cardiopathie congénitale grâce au staff quotidien de Norman Silverman qui lui avait d’ailleurs confirmé que ses deux enfants américains Gabriel et Deborah avait un cœur normal in utero.
Retour en France et Transmission du Savoir
Le Pr Rudolph lui a proposé un poste d’assistant professeur s'il ne pouvait pas obtenir son poste en France. Il semblait cependant plus intéressant pour lui de rentrer et de délivrer un enseignement pointu en cardiologie pédiatrique. Il l’avait assuré de l’aider pour cette tâche et pour sa nomination. Ce qu’il fit deux ans plus tard en voyant le doyen lors d’une visite à Paris. Plus tard, après sa nomination à l’agrégation, il a obtenu sa nomination comme docteur honoris causa de la Sorbonne. Cérémonie très émouvante au cours de laquelle il a pu raconter sa vie et ses qualités humaines. Ça a été le discours le plus stressant de sa vie.
Au début de ce fellowship au CVRI de San Francisco en 1978, il a vécu une expérience très intéressante qui lui servira plus tard au Mozambique. Elle concerne la couverture de santé : deux systèmes s’affrontaient : l’assurance via de grandes compagnies pour des coûts exorbitants et celle proposée par la Kaiser Fondation : pas de confort, pas de choix des médecins mais un bon niveau médical pour 100$/mois.
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À son retour des Etats-Unis, il va donc s’atteler à transmettre tout ce qu’il avait appris pendant ce fellowship. Cette période de son clinicat chez Jean Kachaner a été marquée par une énorme quantité de travail effectué (14h par jour de 6 à 22h). Avec le Dr Laurent Fermont, qui était l’autre chef de clinique, ils ont assuré la surveillance cardio pédiatrique des différentes réanimations et la marche complète du service. Cette énorme charge clinique ne les a pas empêchés de pratiquer un enseignement de la cardiopédiatrie à tous les niveaux : formation des pédiatres à la cardiologie pédiatrique courante, formation des cardiologues aux malformations cardiaques et à la surveillance des cardiopathies de l’adulte, et formation d’une nouvelle génération de cardiopédiatres pour les deux tiers de la France.
Engagement Humanitaire : Vietnam, Cambodge et Mozambique
En 1988, nommé agrégé de Jean Kachaner, il passait l’habilitation à diriger la recherche et décidait précisément d’arrêter la recherche sur l’animal (charge de travail considérable avec peu de résultats en termes de publications). C’est à cette période qu’il a été contacté par le Pr Carpentier pour s’occuper de la formation cardiopédiatrique de l’institut du cœur du Vietnam à Saigon et il a intégré alors la Chaîne de l’Espoir. Il a participé aux missions d’enseignement en particulier au Cambodge où il a assuré à la faculté de médecine francophone, l’enseignement de la physiologie cardiaque, de la cardiologie et de la cardiologie pédiatrique. Au Cambodge il a pu également observer d’autres O.N.G. en particulier celle de Suisse de Beat Richner, Kantha Bopha. Toutes ces expériences asiatiques lui ont beaucoup appris en termes de médecine humanitaire. Il a été également très impressionné au moment du tsunami par les O.N.G.
C’est en 1991 qu’il rencontre pour la première fois Beatriz Ferreira une des deux cardiologues exerçant au Mozambique. Elle parle français et a ainsi obtenu un stage à l’hôpital Beaujon. Elle souhaite également se former à la cardiologie pédiatrique puisque la moyenne d’âge dans son pays est inférieure à 20 ans. Le Pr Gourgon me l’adresse. Il est impressionné par les qualités professionnelles et humaines de Beatriz. Ils discutent bien sûr des problèmes de son pays et, à l’occasion d’une consultation où il voit un enfant du Cameroun qui a une maladie particulière qui s’appelle la fibrose endomyocardique, elle lui raconte que cette maladie est à l’état endémique dans une des provinces mozambicaines qui a pour particularité de manger presque exclusivement du manioc. En étudiant un peu plus profondément la question on s’aperçoit qu’il y a effectivement un lien entre le manioc et cette maladie, avec le Pr Haddad de l’UNESCO, et ils débuteront rapidement un Twin programme entre la faculté Necker et la faculté Eduardo Mondlane à Maputo pour essayer d’approfondir les causes de cette maladie avec l’espoir de trouver une prévention. Beatriz va faire une thèse de sciences sur le sujet qui lui permettra d’avoir un PhD et de devenir Pr de médecine. Ceci sera crucial pour le futur institut car il lui permettra d’accueillir les étudiants et de former les médecins. Ce programme UNESCO leur donne 25 000 euros, ce qui leur a permis de débuter la recherche, mais a aussi beaucoup servi comme carte de visite pour obtenir des aides de l’Union Européenne et d’autres fondations.
Il se trouve que le mari de Beatriz Ferreira, João, était une figure très importante au Mozambique puisqu’il été secrétaire général du Frelimo (Mouvement de libération du pays) puis ministre de l’agriculture et ami proche du président Chissano. A la suite d’une longue discussion avec João, ils entrevoyons la possibilité de créer une véritable structure médicale à Maputo à condition que le gouvernement et le président y soient favorables. Cette structure ne doit pas être publique ou gouvernementale mais émaner de la société civile mozambicaine sous la forme d’une O.N.G. ou d’une fondation à but non lucratif, ce qui lui permettra de ne pas payer de taxe et d’impôts tout en l’autorisant à exercer la médecine, à former des médecins (collaboration avec la faculté) et à avoir une activité de recherche. Et cela sans qu’il y ait de représentant du gouvernement dans son conseil d’administration pour éviter le risque d’appropriation étatique de la structure une fois celle-ci équipée et devenue rentable.
Avec le soutien d’Alain Deloche, qui préside la Chaîne de l’Espoir, il propose à Beatriz et Joâo de créer une association (Amigo del Coracao) en étroite collaboration avec la Chaîne de l’Espoir. Ils élaborent un programme qui ressemble un petit peu à celui de l’Institut du Cœur du Vietnam avec une obligation locale de créer un bel institut que la Chaîne de l’Espoir pourrait équiper, tout en assurant la formation du personnel suivant le modèle du Vietnam et du Cambodge. Avec des missions rapprochées pendant 5 ans, ils avaient l’espoir de convaincre la population et en particulier la classe moyenne qu’elle pouvait recevoir des soins de qualité sur place. Le modèle économique serait de faire payer les soins des adultes pour avoir les moyens de soigner gratuitement les enfants cardiaques. Pour réaliser tout cela, il faudra du temps, du courage et de la sueur. Beatriz est enchantée de ce projet et lorsqu’elle retournera au Mozambique, elle montrera son efficacité, sa fiabilité et son humanité. Rapidement, ils progressent dans l’étude de la fibrose en faisant venir une diza…
Formation Continue et Diplômes Universitaires
Le diplôme inter-universitaire · DIU Accueil des urgences en service de pédiatrie a pour objectif de donner une formation complémentaire aux médecins, notamment généralistes, anesthésistes réanimateurs, urgentistes et pédiatres afin de leur permettre de prendre en charge les enfants dans les services d’accueil des urgences des hôpitaux. Lille 2 - Pr A. Amiens - Dr G. Rouen - Pr C. Caen - Dr P.
Depuis 2016, l'université de Caen Normandie met en œuvre une démarche qualité et d’amélioration continue pour la formation professionnelle. Elle a notamment été certifiée pour l’activité de formation continue de 2019 à 2022 selon la certification de services FCU « La Formation Continue à l’Université » validée par le CNEFOP.
Médecin étranger qualifié en pédiatrie 3ème cycle. Si votre candidature est retenue, une contractualisation sera mise en place avec votre employeur ou directement avec vous. Pour en savoir plus sur les procédures, découvrez comment vous inscrire en formation continue à l’université de Caen Normandie. Année universitaire 2025-2026 : 19€/h. . soit des vacataires : des personnes recrutées selon leur expertise professionnelle. Possibilité de cumuler 1 jour et ½ garde si la garde se déroule de 8h30 à 00h. . Les stagiaires dans des situations particulières peuvent bénéficier d’aménagement dans l’organisation et le déroulement de leurs études. Prendre contact en amont avec la composante. Le Relais handicap santé apporte un accompagnement personnalisé aux personnes en situation de handicap durant toute leur formation afin de faciliter leur intégration pédagogique. Prendre en charge les enfants dans les services des urgences pédiatriques. Autres diplômes universitaires.
Opportunités Professionnelles en Réanimation Pédiatrique
Le service de réanimation pédiatrique médico-chirurgicale de recours et de soins intensifs de Tours propose un poste de CCA-HU de novembre 2026 à novembre 2028. Situation stable dans l’ensemble.
Le service de réanimation pédiatrique spécialisé de Toulouse propose un poste de PH. Le service présente une activité très polyvalente (Tout types de chirurgie dont chirurgie cardiaque, néonatale, pathologies médicales, toutes spécialités, nombreux centres de références). L’activité est répartie sur 22 lits dont 10 de réanimation néonatale. Le recrutement est de 1000 admissions annuelles. L’équipe est composée de 7 PH, de 2 assistants spécialistes et d’une chef de clinique. 3 à 4 gardes par mois, astreinte de semaine toutes les 6 semaines.
Le GFRUP a récemment soumis des propositions concernant les soins critiques dans le cadre des Assises de Pédiatrie. Précision du lieu : Lieu de formation partagé entre : Lille, Amiens, Rouen et Caen.
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