La période des deux ans est une étape cruciale dans le développement de l'enfant, souvent marquée par des comportements d'opposition et des crises émotionnelles intenses. Cette phase, communément appelée « terrible two », peut être déroutante et éprouvante pour les parents. Cet article explore les causes de ces comportements et propose des solutions pour aider les parents à gérer cette étape délicate.
Introduction
Aux alentours de 2 ans, de nombreux enfants traversent une phase de forte opposition, communément appelée « terrible two ». Cette période de transition, qui se caractérise par des colères répétées et des sautes d’humeur, est souvent difficile à gérer pour les jeunes parents. Bien que souvent impressionnantes, les crises du terrible two font partie intégrante du développement psycho-affectif du jeune enfant. Il est essentiel de comprendre que cette phase est une étape normale du développement et que les enfants ne manifestent pas ces comportements dans le but de manipuler ou de provoquer leurs parents.
Les Causes des Caprices à 2 Ans
Développement de l'autonomie et de l'identité
Entre 18 mois et 4 ans, l'enfant est en pleine construction de son ego. Au départ, le très jeune bébé ne se perçoit pas séparément de ses parents, et principalement de sa maman, qui est sa première figure d'attachement. Petit à petit, l’enfant va construire son ego et comprendre qu’il est une personne distincte. Cette prise de conscience s'accompagne d'un fort besoin d'autonomie. L’enfant veut alors tout faire par lui-même, prenant des décisions qui vont impacter sa vie, comme choisir de se déplacer à tel endroit ou de s’habiller de telle façon. C’est à ce moment-là que surviennent les pleurs, les cris et la colère, qui se transforment parfois en véritable crise de terreur.
L’enfant découvre sa toute nouvelle identité et, pour permettre à l’enfant de la développer, il est important de lui proposer des choix pour des sujets qui le concernent. Par exemple, lui demander s'il préfère enfiler d’abord son pantalon ou ses chaussettes, ou s'il veut prendre sa petite voiture ou son chien en peluche pour aller chez mamie.
Développement du cerveau et gestion des émotions
Le cerveau de l'enfant n'est pas encore complètement développé entre 2 et 4 ans. Le néocortex, la partie du cerveau responsable du raisonnement et de la prise de décision réfléchie, ne se développe pas au même rythme que le cerveau limbique, le siège des émotions. Ce déséquilibre explique en partie l'incapacité de l'enfant à contrôler ses émotions et à gérer la frustration.
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L'enfant de 2 ans est en phase d'apprentissage de ses émotions. Son cerveau n'est pas encore assez mature, sur le plan de la gestion émotionnelle, pour être capable de gérer des frustrations. Il est rare qu’un enfant soit en capacité de nommer, d’identifier et d'auto contrôler ses émotions avant 4 ans. Honte, frustration, agacement : le tout-petit est simplement submergé par diverses émotions qui lui sont difficiles à appréhender.
Frustration liée au langage
Le langage est souvent une très grande source de frustration, surtout chez les très jeunes enfants. Les enfants ont plein de choses à exprimer, aimeraient parler, mais n’arrivent pas à prononcer les mots, ils n’ont pas le vocabulaire. Si aucun de vos enfants n’a jamais mordu un autre enfant pendant le terrible two, vous avez beaucoup de chance. C’est extrêmement fréquent mais ce n’est pas grave, même si c’est malheureux pour celui qui a été mordu.
Dans ce cas, il est important de parler avec son enfant, de le plonger dans un bain de langage. Si l’enfant montre des choses, donnez leur nom et essayez de comprendre ce qu’il veut dire. Pour ceux qui parlent un peu plus tard et qui ne peuvent pas encore formuler des phrases entières, il peut être très utile d’insérer des signes issus de la langue des signes française (LSF).
Néophobie alimentaire
Aux alentours de 2 ans, apparaît l’une des périodes les plus redoutées des parents : la phase d’opposition ! Bébé a appris à dire « non » et il en use et abuse… Notamment à table. S’ajoute potentiellement une forme de néophobie alimentaire, qui touche 75 % des enfants entre 18 mois et 3 ans.
La néophobie alimentaire se manifeste par le refus de tous les aliments nouveaux. L’enfant peut se mettre à pleurer car il est effrayé devant les aliments qu’il ne connaît pas. Il est utile, sans le forcer, de continuer à lui offrir la possibilité de goûter : 20 repas peuvent s’avérer nécessaires pour qu’un bébé accepte de manger un aliment nouveau.
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Solutions et Stratégies pour Gérer les Caprices
Adopter une attitude calme et compréhensive
Il est particulièrement important de prendre en considération les émotions de votre enfant lors de ses crises de colère. Mettre des mots sur ce qu’il ressent et ne pas minimiser son ressentiment sont des démarches qui peuvent contribuer à réduire l’intensité de la crise. « Je comprends ton émotion, mais il y a d’autres façons de réagir ». Les colères de votre enfant lors du terrible two ne sont généralement pas des caprices. Les crises résultent avant tout de l’incapacité de son cerveau à contrôler ses émotions. Dans la plupart du temps, votre bout de chou n’a pas l’intention de vous provoquer, mais subit lui-même sa propre frustration. Il est donc fortement déconseillé de le punir, tout simplement car il n’a pas encore la maturité nécessaire pour changer son comportement par lui-même.
En premier lieu, conservez autant que possible votre calme. Ne cédez pas à son « caprice » et ne culpabilisez pas. Céder lui montrerait votre faiblesse, le déstabiliserait en le faisant s’interroger sur la cohérence de vos décisions, lui donnerait un sentiment d’insécurité. Céder lui permettrait également de prendre un pouvoir qui ne doit pas être le sien et lui laisserait croire qu’il lui suffit de hurler pour voir ses désirs exaucés.
Anticiper et prévenir les crises
S’il n’est pas toujours possible d’éviter la contestation de votre enfant, vous pouvez cependant anticiper certaines crises de colère. Il peut par exemple être recommandé, lorsque vous vous rendez dans un endroit susceptible de déclencher son opposition, de lui expliquer au préalable ce que vous allez faire.
Vous le savez, certaines situations se terminent presque systématiquement par une crise. Par exemple, tous les soirs, il refuse d'interrompre ses jeux pour aller se coucher. Ou il exige des bonbons à chaque fois que vous l'emmenez dans les magasins. Autant déminer le terrain tout de suite en le préparant : « Après ce jeu, tu ranges tes affaires et tu vas au lit. » Ou en posant les règles d'emblée d'un ton ferme et convaincu : « Viens, on va faire les courses.
Détourner l'attention
Détourner l’attention de votre enfant peut être un bon moyen pour limiter l’intensité de la crise. Dès que vous sentez la colère poindre le bout de son nez, essayez de reporter l’attention de votre enfant sur un sujet qui pourrait l’empêcher de penser à la chose qui le frustre. Certains parents proposent à leur enfant de boire un petit verre d’eau, par exemple, ou lui montrent un objet susceptible d’éveiller sa curiosité.
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Pour éviter qu'il ne reste crispé sur sa frustration, l'idéal, c'est de lui proposer tout de suite autre chose. « Non, on n'achète pas de bonbons, tu reposes ce paquet. Parlez d'autre chose, de vous lorsque vous étiez petite, par exemple.
Communiquer clairement et simplement
Expliquez clairement vos attentes à votre enfant. Restez le plus calme possible avec lui : si vous en avez assez de ses terribles caprices, demandez à votre conjoint(e) de prendre le relais. Lui aussi doit justifier pourquoi il soutient votre décision.
Il est très dur voire impossible de raisonner avec un enfant de 2 ans. À cet âge, on n’est ni rationnel ni logique et les bébés font souvent mal la distinction entre le réel et l’imaginaire. Essayez d’éviter les phrases telles que « si tu fais trop la grimace tu vas rester bloqué(e) », parce que votre enfant n’arrivera possiblement pas à comprendre qu’il ne s’agit que d’une blague. Essayez d’expliquer les choses le plus simplement possible, particulièrement lorsque vous lui faites la leçon sur son comportement.
Encourager l'expression verbale et non verbale
Le plus simple et le plus efficace c’est de parler avec son enfant, de le plonger dans un bain de langage. Si l’enfant montre des choses, donnez leur nom et essayez de comprendre ce qu’il veut dire. Pour ceux qui parlent un peu plus tard et qui ne peuvent pas encore formuler des phrases entières, il peut être très utile d’insérer des signes issus de la langue des signes française (LSF).
Aidez votre enfant à s’exprimer avec des mots. Parlez-lui régulièrement et aidez-le à décrire ses émotions avec des mots. Le fait de disposer des bons outils pour s’exprimer pourra peut-être éviter des crises futures.
Favoriser l'autonomie
Au lieu de toujours décider pour lui, favorisez son indépendance en lui laissant le choix entre quelques options qui vous conviennent. Par exemple, au lieu de lui demander « comment veux-tu t’habiller ? » et ensuite de devoir batailler parce qu’il a choisi des shorts en plein hiver, demandez-lui plutôt « est-ce que tu veux ton t-shirt bleu ou le rouge ? ». À l’heure du déjeuner, demandez-lui « est-ce que tu veux des bâtonnets de carotte ou de concombre ? ».
Offrir du réconfort et de l'affection
Il hurle, il est tout rouge, il n'arrive pas à reprendre son souffle… Il doit se calmer, mais le lui répéter dix fois ne servira à rien. Prenez-le contre vous. Des bras accueillants peuvent être la meilleure solution pour passer à autre chose. Il refuse de se laisser approcher ? Continuez à parler doucement, avec des phrases courtes, et poursuivez ce que vous étiez en train de faire comme si de rien n'était.
Soyez câlins. La tendresse et le contact physique sont très importants à cet âge tout comme à n’importe quel moment du développement de votre enfant. Montrez-lui que vous vous intéressez à lui. Essayez de l’écouter et de répondre avec plus que de simples « oui oui » ou « mh mh », car votre enfant saura que vous ne l’écoutez pas vraiment.
Être un modèle
Bien sûr qu’il peut se mettre en colère, mais ce n’est pas une raison pour tout fracasser dans sa chambre. Observons-nous nous-mêmes : lorsque nous nous mettons en colère, comment réagissons-nous ? Est-ce que nous poussons des cris ? Est-ce que nous cassons des choses ? Avons-nous des gestes de violence envers nous-mêmes, quelqu’un d’autre ou envers des objets ? Évidemment, nous allons servir de modèle à nos enfants et ils vont essayer de se construire en nous observant.
Consulter un professionnel si nécessaire
Dès que les parents en ressentent le besoin, qu’ils n’arrivent plus à gérer la situation, qu’ils s’emportent ou cèdent, ou s’ils constatent que leur enfant commence à perdre du poids, il ne fait pas hésiter à se tourner vers un ou une pédiatre. Il ou elle pourra les conseiller sur l’attitude à adopter face à leur enfant et saura également les rassurer et leur rappeler qu’il n’y a rien de catastrophique si l’enfant saute quelques repas.
Si vous remarquez que votre enfant a des comportements particulièrement difficiles à gérer, n’hésitez pas à consulter un pédiatre ou un psychologue pour enfants.
Durée de la Crise des 2 Ans
La durée de la crise des 2 ans varie considérablement d’un enfant à l’autre. La variabilité de la durée de cette période peut être influencée par divers facteurs, tels que le tempérament de l’enfant, son environnement familial et l’interaction parent-enfant. Il est important de noter que chaque enfant est unique et que la transition peut être plus ou moins rapide selon les individus.
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