La question de la consommation de cannabis pendant la grossesse est un sujet complexe et entouré d'inquiétudes légitimes. Des études récentes mettent en lumière des risques potentiels, notamment des troubles du sommeil chez l'enfant, tandis que des témoignages de femmes enceintes révèlent des situations variées et des motivations diverses quant à leur consommation de cannabis. Cet article vise à explorer les connaissances scientifiques actuelles, les témoignages de femmes concernées, et les recommandations de prudence.
Impacts Potentiels de la Consommation de Cannabis Pendant la Grossesse
Des chercheurs alertent sur le fait qu'une consommation, même occasionnelle, de cannabis pendant la grossesse n'est pas sans conséquence pour le sommeil de l'enfant à naître des années plus tard. A l'instar du tabac mais aussi de l'alcool, le fait de consommer du cannabis pendant la grossesse expose le futur enfant à un certain nombre d'effets néfastes pour sa santé. Et ce dès sa naissance mais aussi au cours de son enfance et de son adolescence. Une étude menée par des chercheurs de l’Université du Colorado Boulder affirme ainsi que cette habitude est susceptible de provoquer des problèmes de sommeil chez l'enfant jusqu'à une décennie plus tard. « Il nous a fallu un certain temps pour comprendre que fumer et boire de l'alcool ne sont pas recommandés pendant la grossesse, mais cela est désormais considéré comme du bon sens . », explique le Pr John Hewitt dont l'étude a été publiée dans « Sleep Health : The Journal of The National Sleep Foundation ».
Dans ce cadre il a été demandé aux mères des enfants participants si elles avaient déjà consommé du cannabis (fumé ou par ingestion) pendant leur grossesse et à quelle fréquence. Ces dernières ont aussi été invitées à remplir un questionnaire concernant les habitudes de sommeil de leur enfant selon 26 éléments : facilité à s'endormir, durée de leur nuit, ronflements, réveils nocturnes, somnolence diurne… Les réponses au questionnaire ont montré que 700 mères ont déclaré en avoir consommé pendant la grossesse, dont 184 de manière quotidienne et 262 au moins deux fois par jour. « Les mères qui ont consommé du cannabis pendant la grossesse étaient plus nombreuses à déclarer que leur enfant avait des problèmes cliniques liés au sommeil. » explique le co-auteur de l’étude le Pr Evan Winiger. Plus en détail, les femmes qui en consommaient fréquemment étaient plus susceptibles de signaler des troubles du réveil le matin et une fatigue excessive pendant la journée chez leurs enfants.
Les auteurs notent toutefois que l'étude a ses limites. Bien que l'étude ne prouve pas que la consommation de cannabis pendant la grossesse cause des problèmes de sommeil, elle s'appuie sur un ensemble de preuves, petit mais croissant, indiquant un lien. Par exemple, une petite étude a révélé que les enfants qui avaient été exposés à la marijuana in utero se réveillaient plus la nuit et avaient une qualité de sommeil inférieure à l'âge de 3 ans. Une autre étude a aussi constaté que la consommation prénatale de cannabis affectait le sommeil pendant la petite enfance. Les chercheurs n'ont pas été en mesure d'expliquer exactement comment l'exposition au cannabis pendant le développement du fœtus pouvait façonner son sommeil futur. Mais ces derniers attestent que de précédentes études chez l'animal ont suggéré que le THC (Tétrahydrocannabinol, le principal composant du cannabis) et d'autres cannabinoïdes peuvent se fixer à des récepteurs dans le cerveau en développement, et de fait impacter les zones cérébrales qui réguleront le sommeil.
Outre les effets dommageables sur le sommeil de l'enfant, les chercheurs indiquent que de plus en plus d'études scientifiques ont démontré d'autres dommages potentiels, y compris un faible poids de naissance et des problèmes cognitifs ultérieurs. D'autant qu'en raison des niveaux de THC plus élevés contenus dans le cannabis vendu sur le marché aujourd'hui, ses impacts sur le cerveau fœtal sont probablement plus importants qu'ils ne l'étaient autrefois. « Cette étude est un autre exemple des raisons pour lesquelles il est conseillé aux femmes enceintes d'éviter la consommation de substances, y compris le cannabis.
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Co-consommation de Cannabis et de Tabac : Un Risque Accru
Une revue de la littérature, publiée dans Drug and Alcohol Dependence Reports, révèle que l’exposition simultanée au cannabis et au tabac pendant la grossesse peut entraîner des risques plus importants pour le développement de l’enfant que l’exposition à une seule de ces substances. Alors que la légalisation du cannabis progresse dans de nombreux pays et que les perceptions de sa dangerosité diminuent, la co-consommation avec le tabac pendant la grossesse devient plus fréquente. En effet, dans les pays à revenu élevé, jusqu’à 22% de femmes enceintes rapportent consommer du cannabis, et 45% d’entre elles consomment aussi du tabac. La co-consommation des 2 substances est le deuxième pattern de consommation le plus répandu pendant la grossesse, après la consommation de tabac seul.
L’analyse de 46 études scientifiques révèle un constat préoccupant : la combinaison cannabis-tabac amplifie les risques associés à chaque substance. À la naissance, ces enfants souffrent plus fréquemment de retards de croissance physique. Leur poids, leur taille et leur tour de tête sont moins développés. Les malformations congénitales sont également plus fréquentes. Les effets persistent au-delà de la naissance, sur le plan comportemental. Les enfants exposés aux deux substances montrent davantage de difficultés d’internalisation (anxiété, dépression) et d’externalisation (troubles du comportement, agitation). Du côté physiologique, les perturbations pourraient notamment toucher le système de réponse au stress. Les enfants présentent des niveaux anormaux de cortisol, l’hormone du stress, suggérant un dérèglement durable de leurs mécanismes d’adaptation. En effet, les récepteurs du cannabis et de la nicotine sont présents dès le premier trimestre de grossesse au niveau du placenta. Enfin, le système hormonal qui régule le stress pourrait également subir un double impact.
Il existe évidemment des limites dans l’état actuel des connaissances. La plupart des études se basent sur des auto-déclarations de consommation de substance, qui peuvent parfois sous-estimer la consommation réelle. De plus, peu d’études considèrent les quantités consommées ou la puissance du cannabis utilisé. Ces résultats appellent à repenser les approches de prévention et d’accompagnement, afin de mieux cibler les risques liés à cette co-consommation encore largement négligés. L’urgence est d’autant plus grande que les tendances sociétales évoluent rapidement. La banalisation du cannabis, couplée à l’essor des cigarettes électroniques, pourrait accélérer les phénomènes de co-consommation pendant la grossesse. Il est également important de savoir que même si dans cette étude, l’exposition au cannabis et au tabac venait principalement de la consommation de femmes enceintes, il a été montré que les expositions indirectes aux mêmes substances pourraient seraient aussi porteuses de risques.
Marijuana Médicale et Grossesse : Un Débat Complexe
Les mamans défoncées sont des membres actifs de la communauté pro-cannabis - en conséquence, l’industrie légale de l’herbe veille à bien capitaliser sur les femmes. La marijuana médicale est de plus en plus acceptée aux États-Unis. 23 États, en plus de Washington D.C, légalisent cette drogue pour ceux qui auraient besoin de ses propriétés thérapeutiques. Au cours d’une grossesse, les femmes subissent de nombreux problèmes de santé pour lesquels la marijuana médicale est souvent prescrite : nausées matinales, perte d’appétit et anxiété en font notamment partie. Mais pour beaucoup, consommer de l’herbe en attendant un enfant est assimilable à de la maltraitance prénatale et certains médecins (ou législateurs) peuvent même en venir à considérer que la consommation de marijuana par une femme enceinte vaut un appel aux services de protection de l’enfance.
Les effets avérés de l’herbe sur les fœtus demeurent flous. Un rapport publié par le Département de la santé publique du Colorado et de l’environnement plus tôt cette année a établi que le THC passe en effet dans le placenta et le lait maternel. Parmi les conclusions du rapport se trouvaient des preuves « variées » du lien entre weed et faible poids à la naissance, et des preuves « modérées » du fait que la consommation de marijuana durant la grossesse était associée aux troubles de l’attention ainsi qu’à des troubles cognitifs ou des faibles QI chez les enfants. Il y a deux semaines, l’American Medical Association a décidé de durcir le règlement qui stipule que les différentes formes de cannabis médical et récréatif comportent le message « Attention : l’utilisation de la marijuana au cours de la grossesse et de l’allaitement peut éventuellement causer des effets nocifs ». Ces avertissements sont moins lourds que ceux qui figurent sur le tabac ou l’alcool, mais cette initiative est néanmoins déconcertante pour ceux qui pensent que ce message est prématuré. D’un autre côté, les partisans du cannabis aiment à souligner une étude datant de 1994 qui se focalise sur les nouveau-nés de Jamaïque pour prouver que joints et bébés ne sont pas forcément une mauvaise combinaison. Malgré tout, du fait de recherches limitées et du manque d’études à long terme concernant les effets du cannabis sur les fœtus, nous ne savons toujours pas grand-chose sur le sujet.
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Témoignages de Femmes et Consommation de Cannabis Durant la Grossesse
Fumer de l’herbe pourrait être moins dommageable que boire de l’alcool, mais c’est sans aucun doute plus tabou. Pourtant, même avec le stigmate qui y est attaché, certaines futures mamans persistent à consommer du cannabis.
Shauna : Soulagement des Nausées Sévères
Shauna est tombée enceinte en avril 2014, après avoir perdu un bébé au bout de 10 semaines en mars. J’ai accouché d’une petite fille en bonne santé neuf mois plus tard. Lors des quatre premiers mois de ma grossesse, nous vivions dans un État où le cannabis n’était pas légal - qu’il soit utilisé à des fins médicales ou récréatives. Au cours de cette période, j’ai tellement vomi que j’ai dû aller aux urgences au moins une fois par semaine (et ça pouvait aller jusque trois fois par semaine) pour me faire réhydrater en intraveineuse. Mon médecin m’a prescrit du Zofran, mais durant la majeure partie de ma grossesse, ma compagnie d’assurance ne le remboursait pas et la pilule coûtait environ 11 dollars. Pour le cannabis, c’était 20 dollars le gramme et ça me permettait enfin de manger. Les seules fois où j’ai mangé au cours de ces mois-ci, c’était quand j’ai pu trouver quelqu’un en mesure d’acheter du cannabis pour moi. Lors de mon quatrième mois, j’ai déménagé au Colorado et tout est devenu bien plus simple - nous étions à cinq minutes d’un dispensaire. Elle utilisait donc le cannabis pour traiter ses nausées matinales et cela l'a beaucoup aidée. Le terme médical pour désigner ce dont je souffrais est « hyperémèse gravidique », ce qui est une manière élégante de dire que je vomissais tellement que ça devenait dangereux pour ma santé et celle de mon bébé. La marijuana m’a beaucoup aidée. Je ne pense pas que j’aurais tenu le coup sans elle. Après son déménagement dans le Colorado, elle en a parlé à sa sage-femme. Elle m’a recommandé de le faire, mais elle n’avait pas le pouvoir de me prescrire d’ordonnance pour de la marijuana médicale - du coup je suis allée en acheter dans un dispensaire « récréatif ». Elle utilisait un vaporisateur parce que la toux me faisait vomir encore plus. Quant aux produits comestibles à base de cannabis, je les vomissais également avant qu’ils aient le temps de faire effet.
Nora : Appétit et Stabilité Émotionnelle
Nora vit en Caroline du Nord, où la weed est totalement illégale. La plupart des infractions qui y sont liées sont des crimes, et en posséder jusqu’à 35 grammes contitue un délit. Je suis mariée, j’ai une fille d’un an ainsi qu’un autre bébé en route, prévu pour mai 2016. Je travaille pour le propriétaire d’une franchise de fast-food. Je fais de tâches administratives et opérationnelles. Avant que je ne fume de l’herbe, j’avais tendance à mépriser ceux qui le faisaient, surtout les futures mamans. Je me disais « comment peut-on fumer de la drogue alors que l’on est enceinte ? » Je suis ensuite allée à l’université et j’ai appris par moi-même que la marijuana n’était pas une « drogue » au sens conventionnel du terme. J’ai commencé à fumer régulièrement et je suis devenue très amie avec plusieurs femmes qui fumaient au cours de leur grossesse. J’ai complètement changé d’opinion sur le sujet, car je savais que ces femmes se souciaient de leurs enfants - et il ne semblait pas y avoir d’effets à long terme sur leur progéniture. Durant la plus grande partie de sa première grossesse, elle fumait tous les matins avant le travail et quelques fois de plus au cours de la journée. J’avais des nausées matinales et je sais qu’il est normal que cela fasse perdre du poids aux femmes, mais je n’aimais pas du tout l’idée que mon bébé se développe sans avoir suffisamment de nutriments. J’ai donc fumé pour préserver mon appétit et m’assurer que je ne vomissais pas tout ce que je mangeais. Mon pire symptôme était cependant mon émotivité. Au début de ma première grossesse, je gérais un restaurant et la plupart des interactions avec les clients me faisaient fondre en larmes. C’était horrible, mais fumer m’aidait à me détendre et à faire avec. Je pouvais faire mon boulot sans avoir envie de pleurer en permanence. Son mari l’encourageait à continuer. Nous pensons tous les deux que ce n’est pas nocif. Certains de mes amis l’auraient probablement mal vu, je ne le leur ai donc rien dit. Ma meilleure amie et moi étions enceintes en même temps. Elle était femme de militaire et a fumé tout du long, jusqu’à l’accouchement. J’ai toutefois été très critiquée par les membres de mon cabinet médical. Ils n’ont pas arrêté de me dire que si j’étais testée pour cela à l’hôpital et que le résultat était positif, les services de protection de l’enfance interviendraient et je ne ramènerais pas mon bébé à la maison. Elle a arrêté de fumer aux alentours de son 7ème mois. Ça se passait plutôt bien, mais mon appétit en a vraiment pris un coup. Les nausées matinales étaient particulièrement horribles au cours de sa seconde grossesse. Si j’avais eu la possibilité de fumer, je l’aurais fait. Elle a été testée à l’hôpital où elle a accouché et, à ce que je sache, seuls les tests des huitième et neuvième mois ont été négatifs. Mais quand j’étais à l’hôpital, ils n’en démordaient pas. Ils ont essayé de récupérer mon urine quand je suis arrivée, sans prendre la peine de vérifier si j’allais bien d’abord. J’étais dilatée de huit centimètres donc c’était juste hors de question. Il n’y a pas eu la moindre complication, mais entre le moment où ma fille est née et celui où ils m’ont laissé me lever et marcher, ils m’ont finalement inséré un cathéter, dans l’unique but pour tester mon urine. Alors qu’ils le posaient mon médecin m’a demandé si le test allait revenir positif, j’ai dit que non. Il a répondu : « Vous êtes sûre » ? C’était franchement insultant. À ce stade, j’ai déjà arrêté car je veux éviter le harcèlement que cela induit. Je pense vraiment que c’est ridicule. Ma fille était en parfaite santé et bien que les médecins fassent peu de cas des expériences anecdotiques du style « oui mais mon enfant s’en est très bien sorti », je persiste à penser que je devrais avoir la possibilité de prendre cette décision moi-même. Je comprends que cela les préoccupe, mais ce n’est pas comme boire de l’alcool. Ils ne me testent pas pour l’alcool à chaque visite alors que cela serait effectivement nocif. Je trouve que c’est très hypocrite.
Danielle : Maintenir l'Appétit et Réduire les Vomissements
Danielle : Le bébé a été conçu aux alentours de Noël, en 2014, bien que je ne l’ai su que cinq semaines plus tard - en vomissant, youpi ! Il est finalement né en septembre 2015. J’étais initialement contre, surtout à cause des préjugés qui entouraient le sujet. Pourtant, après trois semaines passées avec presque rien dans le ventre et une terrible envie de sandwichs… J’ai fumé pour la première fois. Juste quelques taffes. Je me suis assise, j’ai mangé la moitié d’un sandwich, et ce n’est pas remonté ! Je crois que j’ai ensuite fait la sieste. J’ai continué à fumer de temps en temps après ça parce que je vomissais toutes les 20 à 40 minutes, et ce de ma quatrième semaine de grossesse à ma quinzième. J’ai perdu près de 9 kilos. Lorsque je fumais, je pouvais manger et faire la sieste. Cela m’aidait à garder la nourriture dans mon estomac et c’était bien mieux que le Zofran. Honnêtement, ça m’a sauvé la vie. À partir du troisième semestre de ma grossesse, je m’en suis sortie assez bien pour ne plus en avoir besoin. Elle n’a pas demandé conseil à son gynécologue à ce sujet, principalement parce que je n’avais pas ce lien fort avec elle que beaucoup de gens semblent avoir. Elle était juste là pour s’assurer que le bébé allait bien et me prescrire des médicaments. Elle n’était même pas présente lors de l’accouchement. La plupart de ses amis la soutenaient beaucoup. C’est d’ailleurs mon mari qui m’a encouragée à fumer. Ils savaient tous que je ne faisais pas ça pour me défoncer. Je prenais quelques bouffées juste pour être en mesure de garder de la nourriture dans mon estomac. Elle pense que ça n’a pas eu d’effet du tout. Mon enfant est comme n’importe quel petit de 1 an. Il adore escalader, il adore qu’on le fasse sauter sur les genoux. Il court partout pour attraper les animaux. Il chante et il danse.
Nicole : Nausées Matinales et Appétit
Nicole a un peu plus de 30 ans, un garçon de neuf ans et une fille de sept ans avec mon ex. J’ai aussi une fille de trois ans avec mon mari actuel. Nous sommes ensemble depuis six ans, et je suis mère au foyer. Avant de tomber enceinte pour la première fois, je fumais plusieurs fois par jour. Quand elle a découvert qu’elle était enceinte, elle a immédiatement arrêté de fumer. Mais une semaine après, les nausées matinales sont arrivées. Tout me rendait nauséeuse. Je me suis principalement nourrie de crackers au cours de ces premières semaines. Au bout d’un moment, j’ai commencé à prendre quelques bouffées le soir, afin d’avoir suffisamment d’appétit pour dîner. Je ne crois pas avoir fumé après le début du deuxième trimestre de ma grossesse. Lors de l’un de mes rendez-vous prénatals, j’ai dit à mes médecins que je fumais de temps en temps. Ils m’ont répondu que ce n’était pas génial, mais que c’était tout de même mieux que de ne rien manger du tout. Son enfant est né en assez bonne santé. Il est grand et remarquable. Je l’ai nourri au sein pendant près de 11 mois avant qu’il ne se sèvre tout seul. Elle a décidé de ne pas consommé de marijuana au cours de sa deuxième grossesse car elle n’y avais plus accès. Tout simplement. C’est mon ex qui avait les contacts pour l’herbe, pas moi. Je l’ai quitté trois jours après m’être rendue compte que j’étais enceinte de mon deuxième enfant. Je suis allée dans un abri pour les victimes de violences domestiques, un lieu hautement sécurisé, et je ne voulais pas me faire prendre avec de l’herbe au risque de perdre mon toit. Les nausées matinales étaient particulièrement horribles au cours de sa seconde grossesse. Si j’avais eu la possibilité de fumer, je l’aurais fait.
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Témoignages de Culpabilité et de Recherche de Solutions
Plusieurs femmes enceintes partagent leurs témoignages de culpabilité et de recherche de solutions pour arrêter ou diminuer leur consommation de cannabis pendant la grossesse. Elles expriment leurs inquiétudes quant aux effets potentiels sur le développement de leur bébé et recherchent des conseils pour arrêter sans effets de sevrage.
Anxiété et Insomnie
Une femme enceinte de 24 semaines, suivie pour de fortes crises d'angoisse depuis son adolescence, témoigne de sa difficulté à arrêter le cannabis, qu'elle consomme depuis 8 ans pour dormir et se détendre. Elle a réussi à diminuer sa consommation à deux joints par jour, mais n'arrive pas à arrêter complètement. Elle culpabilise énormément, d'autant plus que son bébé bouge beaucoup même lorsqu'elle fume. Elle recherche des astuces pour arrêter définitivement sans effets de sevrage, et exprime sa honte de ne pas en avoir parlé à sa sage-femme et à son gynécologue.
Habitudes Ancrées et Peur des Conséquences
Une autre femme, grosse fumeuse de cannabis depuis ses 14 ans, enceinte de 26 semaines, exprime sa panique à l'idée que cela joue sur les capacités intellectuelles de sa fille et qu'elle soit "débile" voire carrément malade (autisme, dégénérescence, …). Elle a réussi à diminuer sa consommation, mais craque et fume finalement au moins quelques taffs par jour. Elle a très honte de soi et culpabilise vraiment de la situation mais n'arrive pas à faire autrement. Elle n'en parle pas aux médecins de peur d'être jugée ou pire, qu'on lui enlève son enfant.
CBD et Grossesse : Une Question en Suspense
Le CBD est connu pour ses effets thérapeutiques, mais il n’en demeure pas moins une substance particulière. Pas un stupéfiant, loin de là, mais tout de même un produit aux effets intenses. Alors qu’en est-il de l’idée de consommer du CBD pendant la grossesse ? Bonne ou mauvaise idée ? Cannabis Sativa. Voici le nom à retenir. Il s’agit de l’appellation latine de la célèbre plante de chanvre. CBD et THC sont bel et bien issus de la même plante, toutefois, il ne faut pas les confondre. Le THC va de pair avec euphorie et effets psychotropes, tandis que le CBD est vanté pour ses bienfaits sur la santé sans effets secondaires à déplorer. Détail de la plus haute performance : le CBD a été légalisé en France, ainsi que dans la majorité des pays européens. Cette légalisation a été rendue possible suite à de longues années de débats et d’études scientifiques de toute nature. De nombreux bienfaits sur la santé sont ainsi attribués au CBD, faisant sa réputation. Les plus notables sont ses effets anti-inflammatoires, antalgiques, anti-dépresseurs et relaxant.
Une grossesse est loin d’être une étape anodine pour le corps d’une femme. C’est plutôt tout l’inverse. Les hormones sont sans nul doute le sujet le plus fréquemment abordé en matière de grossesse. Il faut savoir que lorsqu’une femme est enceinte, son équilibre hormonal est considérablement modifié. Les hormones sont avant tout des molécules ayant une influence directe sur l’ensemble des organes. Deux semaines après le début d’une grossesse, le taux d’hormone atteint un pic, avant d’entamer une descente brutale. Le placenta se charge alors de produire de la progestérone et de l’oestrogène, deux hormones indispensables au bon développement du foetus. Pendant ce temps, la femme enceinte est sujette à des variations incontrôlées de son appétit, de sa qualité de sommeil ainsi que de son humeur. Plus globalement, les poumons et le coeur sont fortement stimulés durant la grossesse. Le volume sanguin d’une femme enceinte passe de 2600 ml à 3400 ml, et sa tension artérielle diminue significativement. D’un point de vue respiratoire, une grossesse peut rapidement s’accompagner d’hyperventilation ou encore de vertiges.
Si vous êtes enceinte, la première habitude à radicalement proscrire est de fumer. Peu importe la substance. Tabac, e-liquide vapoté, cannabis, CBD, il n’y a aucune distinction. Des conséquences telles qu’une fausse-couche, un accouchement prématuré ou un retard de développement peuvent survenir. Il est ainsi formellement déconseillé à toute femme enceinte de fumer.
High Society a développé différentes gammes de produits à base de CBD, afin que chaque profil de consommateur puisse trouver chaussure à son pied. Huiles, cosmétiques, infusions, fleurs, extractions … Le choix est vaste. Mais qu’en est-il pour une femme enceinte ? La réponse est non. Tous les produits n’auront pas le même impact sur l’organisme, et il en va de même pour les différentes concentrations en CBD. Par exemple, plus une huile CBD sera hautement concentrée, plus ses effets seront intenses. C’est notamment le cas de l’huile CBD 10%. Ainsi, le risque pris pour la grossesse en consommant du CBD directement par ingestion ou par simple application cutanée locale n’est pas le même. Dire que le CBD ne comporte aucun risque pour la grossesse serait faux. Pour l’instant, nous n’avons pas encore suffisamment de recul scientifique sur cette question. La molécule de cannabidiol n’est étudiée que depuis quelques années. Ce laps de temps a permis d’analyser les effets du CBD sur la santé, ou encore sa capacité à soulager stress, arthrose, et même symptômes de la maladie de Parkinson. Cependant, le cas de la consommation de CBD durant la grossesse n’a pas encore été beaucoup étudié jusque-là.
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