Les calculs rénaux, bien que plus fréquemment associés aux adultes, peuvent également affecter les nourrissons. Comprendre les causes, les symptômes et les options de traitement est essentiel pour assurer une prise en charge rapide et efficace. Cet article explore en détail les aspects liés aux calculs rénaux chez les nourrissons.
Introduction
Les calculs rénaux chez les nourrissons sont des agrégats solides de cristaux qui se forment dans les reins. Lorsqu'elles sont en concentration excessive dans l’urine, certaines substances éliminées forment des cristaux dans les reins ou dans la vessie. Ceux-ci peuvent s’agréger et former des petites particules solides, les calculs urinaires ou calculs rénaux, qui bouchent les canaux par lesquels l'urine est évacuée ou s'accumulent dans la vessie. Bien que relativement rares, leur présence peut entraîner des complications significatives. La lithiase urinaire est une maladie récidivante : chez la moitié des personnes qui ont connu une crise de colique néphrétique, une deuxième crise est observée dans les cinq années suivantes.
Causes des Calculs Rénaux chez le Nourrisson
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la formation de calculs rénaux chez les nourrissons :
Facteurs métaboliques : Un déséquilibre entre les promoteurs (calcium, oxalate, acide urique, cystine, bactéries) et les inhibiteurs (citrate, magnésium, phosphate, uromoduline) de la cristallisation peut favoriser la formation de calculs. La survenue d’une lithiase est la conséquence d’un déséquilibre entre promoteurs (calcium, oxalate, acide urique, cystine, bactéries…) et inhibiteurs (citrate, magnésium, phosphate, uromoduline…) de la cristallisation, le tout dans un environnement dépendant du volume urinaire (seuil de cristallisation) et du pH (lithogénèse majorée des lithiases cystiniques en milieu acide ou a contrario des lithiases infectieuses à germes uréasiques en milieu alcalin par exemple).
Infections urinaires : Les infections urinaires bactériennes chroniques ou récidivantes peuvent entraîner la formation de calculs de struvite (ou de phosphate ammoniaco-magnésien). Les calculs de struvite (ou de phosphate ammoniaco-magnésien) : ils représentent environ 10% des cas de calculs et sont la conséquence d'une infection urinaire bactérienne chronique ou récidivante.
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Anomalies anatomiques : Des anomalies des voies urinaires peuvent perturber le flux normal de l'urine, favorisant ainsi la formation de calculs.
Facteurs génétiques : Une prédisposition génétique peut augmenter le risque de développer des calculs rénaux, notamment les calculs à base de calcium. Enfin, il existe une prédisposition génétique à la formation de calculs à base de calcium.
Déshydratation : Un apport insuffisant en liquides peut concentrer l'urine, augmentant la probabilité de cristallisation des sels minéraux. Les calculs à base de calcium représentent la majorité des calculs rénaux (8 cas sur 10). Il peut s'agir d'oxalate de calcium ou de phosphate de calcium ou d'un mélange de ces deux minéraux. Ces calculs sont causés par : la déshydratation, un excès de vitamine D, une alimentation trop riche en oxalates, certaines maladies ou certains médicaments.
Régime alimentaire : Bien que moins fréquent chez les nourrissons, un régime alimentaire déséquilibré, notamment un excès de vitamine D ou d'oxalates, peut contribuer à la formation de calculs. De limiter les apports journaliers en calcium (< 1g/jour). "Les apports en sel doivent aussi être limités (< 7g/jour), de même pour les aliments riches en oxalate (comme le chocolat), la vitamine C : ne pas dépasser 500 milligrammes à 1 gramme de vitamine C par jour, en acides uriques (comme la charcuterie).
Symptômes des Calculs Rénaux chez le Nourrisson
Les symptômes des calculs rénaux chez les nourrissons peuvent varier, mais certains signes sont plus fréquents :
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Douleur : La colique néphrétique est, dans 80% des cas, une complication de la lithiase urinaire. Les nourrissons peuvent manifester une irritabilité accrue, des pleurs excessifs et une agitation, surtout pendant la miction. La colique du nourrisson se manifeste par de longues périodes de pleurs, à la suite de la tétée ou du biberon, chez le bébé de 1 à 4 mois. Ces pleurs surviennent sans cause apparente, sont difficiles à calmer puis disparaissent spontanément, ce qui génère de l’inquiétude chez les parents. La colique du bébé se manifeste par des pleurs, qui paraissent survenir sans raison.
Hématurie : La présence de sang dans les urines (hématurie) est un signe courant, bien qu'il puisse être microscopique et difficile à détecter sans analyse. Lorsqu'ils sont minuscules, les calculs rénaux peuvent être éliminés par les voies naturelles et parfois entraîner la présence de sang dans les urines. La plupart du temps, on retrouve du sang dans les urines.
Infections urinaires récurrentes : Les calculs peuvent obstruer les voies urinaires, augmentant le risque d'infections urinaires. En effet, dans la série turque d’Alpay et al. de 162 enfants avec lithiase entre 2 mois et 16 ans, 57 % des enfants de moins de 1 an rentraient dans la maladie lithiasique par une infection urinaire ou une découverte fortuite lors d’une échographie réalisée pour une autre cause.
Troubles urinaires : Les nourrissons peuvent présenter des difficultés à uriner, une augmentation de la fréquence des mictions ou une incontinence.
Fièvre : En cas d'infection associée, une fièvre peut être présente. Exceptionnellement, la colique néphrétique risque de se compliquer en pyélonéphrite (infection du rein). Le patient présente alors de la fièvre.
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Vomissements : Les coliques néphrétiques provoquent des douleurs très intenses, voire insupportables, se propageant du milieu du dos vers l’aine, parfois accompagnées de nausées et de vomissements.
Il est crucial de consulter un médecin si votre nourrisson présente ces symptômes, car un diagnostic précoce et une intervention rapide peuvent prévenir des complications graves.
Diagnostic des Calculs Rénaux chez le Nourrisson
Le diagnostic des calculs rénaux chez les nourrissons repose sur plusieurs examens :
Analyse d'urine : Elle permet de détecter la présence de sang, de cristaux ou de signes d'infection. En cas de symptômes évocateurs, le médecin mène un examen clinique. une échographie abdomino-pelvienne est systématiquement effectuée. Généralement, les calculs de petite taille s'éliminent d'eux-mêmes.
Échographie rénale : C'est souvent le premier examen d'imagerie réalisé pour visualiser les reins et détecter la présence de calculs.
Radiographie abdominale : Elle peut être utilisée pour identifier les calculs radio-opaques (visibles aux rayons X).
Uroscanner (TDM) : Cet examen est plus précis pour localiser et déterminer la taille des calculs, mais il est généralement réservé aux cas complexes en raison de l'exposition aux radiations. Si le médecin a besoin de vérifier la présence d’obstacles dans les voies urinaires de manière plus précise, il demande un uroscanner sans produit de contraste (ou TDM spiralée). Une simple radio de l’abdomen peut aussi être réalisée pour localiser un calcul rénal calcique.
Traitement des Calculs Rénaux chez le Nourrisson
Le traitement des calculs rénaux chez les nourrissons dépend de la taille, de la localisation et de la composition des calculs, ainsi que de la présence de complications :
Hydratation : Assurer une hydratation adéquate est essentiel pour aider à dissoudre les petits calculs et faciliter leur expulsion. Boire 2,0L d’eau par jour, voir plus si il fait chaud ou si vous faites du sport : "il faut boire tous les jours, en répartissant régulièrement les boissons sur toute la journée, incluant le soir au coucher, et la nuit si vous vous réveillez. Au début de la crise, la consommation de liquides doit être normale afin de limiter la production d’urine.
Médicaments : Des antalgiques peuvent être prescrits pour soulager la douleur. En cas d'infection, des antibiotiques sont nécessaires. La première complication, c'est la douleur. Pour calmer la douleur, on débute un traitement par anti-inflammatoire non stéroïdien (plus efficace en injection). Si ce traitement n’est pas suffisant on a alors recours à des antalgiques plus forts comme la morphine et si la douleur persiste malgré le traitement médical bien conduit, la colique néphrétique est dite « hyper-algique ».
Interventions non invasives : La lithotritie extracorporelle (LEC) utilise des ondes de choc pour fragmenter les calculs, facilitant ainsi leur expulsion. La plus utilisée : la lithotritie extracorporelle fait éclater les calculs par ultrasons. Une fois les calculs réduits en petits morceaux, ils peuvent s'éliminer par le système urinaire.
Interventions chirurgicales : Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour retirer les calculs. Cela peut inclure l'urétéroscopie (passage d'un endoscope dans l'uretère pour retirer le calcul) ou, plus rarement, la néphrolithotomie percutanée (incision dans le dos pour accéder au rein et retirer le calcul). En cas de douleurs persistantes malgré un traitement optimal, la pose d’une double JJ (sonde entre le rein et la vessie) chez votre enfant sera discutée. A distance de l’épisode douloureux et/ou de l’infection, le traitement du calcul sera proposé avec comme objectif de fragmenter le calcul pour faciliter son extraction ou expulsion. En cas de très nombreux calculs ou macrocalcul, une néphrolithitomie percutanée est réalisée. Une caméra est introduite directement dans le rein par voie percutanée au travers d’un petit trou dans le dos, permettant un meilleur accès aux calculs.
Régimes spéciaux : Une fois le calcul expulsé, il est important de l'analyser pour déterminer sa composition et adapter le régime alimentaire en conséquence. Une fois que le calcul a été expulsé, il faut le faire analyser, ainsi le néphrologue ou l'urologue établiront, en fonction de sa composition, des règles hygiéno-diététiques à suivre".
Prévention des Calculs Rénaux chez le Nourrisson
La prévention des calculs rénaux chez les nourrissons repose principalement sur :
Hydratation adéquate : Assurer un apport suffisant en liquides pour maintenir une urine diluée. Il faut boire suffisamment, au moins 2 litres d’eau par jour. Cela permet de diluer les urines, et, ainsi, de diminuer la concentration en sels minéraux. Il faut privilégier l’eau comme boisson et ne pas oublier de boire avant le coucher.
Régime alimentaire équilibré : Éviter les excès de calcium, d'oxalates et de vitamine D, en suivant les recommandations du médecin ou du nutritionniste.
Traitement des infections urinaires : Prendre en charge rapidement et efficacement les infections urinaires pour prévenir la formation de calculs de struvite.
Surveillance médicale : Les nourrissons ayant des antécédents familiaux de calculs rénaux ou des anomalies métaboliques doivent être suivis régulièrement par un médecin.
Complications Possibles
Si un calcul rénal n'est pas traité, plusieurs complications peuvent survenir :
Infection rénale (pyélonéphrite) : Elle peut entraîner des lésions rénales permanentes.
Insuffisance rénale aiguë : C'est lorsque les reins arrêtent de fonctionner, surtout s’il y a un calcul de chaque côté. En effet, le patient arrête d’uriner. L’insuffisance rénale aiguë sera liée à un calcul obstructif sur rein unique, un calcul obstructif vésical ou urétral, ou de manière plus rare un calcul obstructif bilatéral.
Douleur chronique : Les coliques néphrétiques récurrentes peuvent entraîner une douleur chronique.
Hydronéphrose : L'accumulation d'urine dans le rein due à une obstruction peut endommager le tissu rénal.
Importance du Suivi Médical
Un suivi médical régulier est crucial pour les nourrissons ayant eu des calculs rénaux. Cela permet de surveiller la fonction rénale, de prévenir les récidives et de détecter rapidement toute complication.
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