La colique néphrétique, une pathologie de l’appareil urinaire, peut survenir pendant la grossesse. Bien que rarement grave, elle nécessite une prise en charge médicale pour atténuer les douleurs parfois importantes. Cet article explore les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives liés aux calculs rénaux et à la colique néphrétique pendant la grossesse.

Qu'est-ce que la colique néphrétique ?

La colique néphrétique est une pathologie de l’appareil urinaire, provoquée dans la grande majorité des cas par le blocage d’un calcul rénal dans l’uretère, le conduit entre le rein et la vessie. Les coliques néphrétiques sont la conséquence du blocage d'une lithiase dans les voies urinaires. La lithiase urinaire est issue de la sécrétion de calculs urinaires, qui se forment lorsque des minéraux ou d'autres substances s'accumulent, s'agglomèrent et créent des cristaux. Il peut s'agir de calculs de calcium, de calculs d'acide urique, de calculs de cystine, etc. Ces calculs peuvent obstruer n'importe quelle partie de votre système urinaire comme vos reins (calculs rénaux), votre vessie (calculs vésicaux) ou vos uretères (calculs urétéraux).

Causes et facteurs de risque pendant la grossesse

Une colique néphrétique ne s’attrape pas comme un virus. Cependant, une femme ayant fait une ou plusieurs crises de colique néphrétique dans sa vie sera davantage prédisposée à en refaire une, plus particulièrement lors d’une grossesse. Plusieurs facteurs liés à la grossesse peuvent favoriser l'apparition de coliques néphrétiques :

  • Poids de l’utérus gravide : L'utérus en croissance exerce une pression sur les conduits urinaires, pouvant entraîner un blocage.
  • Hormones de grossesse : Certaines hormones, telles que la progestérone, agissent sur les cellules musculaires lisses du rein et de la vessie, favorisant leur dilatation. Cette dilatation diminue leur capacité de contraction, augmentant ainsi la stase urinaire et le risque de blocage d’un calcul. Cette dilatation physiologique, en général à droite, est liée à la compression mécanique de l’uretère par l’utérus dont la taille augmente avec la progression de la grossesse et aux modifications hormonales (effet de la progestérone) qui entraîne un relâchement musculaire et diminue le péristaltisme de l’uretère.
  • Déshydratation: Les calculs sont plus susceptibles de se former sous les climats chauds ou pendant l'été quand les pertes liquidiennes peuvent entraîner une déshydratation qui augmentera la concentration des minéraux dans l'urine. Il est alors plus facile pour les petites particules minérales de se déposer dans l'urine et de commencer à former un calcul.
  • Facteurs de risques généraux: Le risque de souffrir de coliques néphrétiques augmente à la suite de modifications dans notre alimentation et nos habitudes de vie, notamment : avoir une alimentation riche en nutriments favorisant la formation de calculs, comme les protéines ; avoir des antécédents familiaux ou médicaux de calculs ; souffrir de déshydratation due au fait de ne pas boire suffisamment ou de perdre trop de liquide par la transpiration (par exemple en cas de travail dans une ambiance surchauffée), les vomissements ou la diarrhée ; être en surcharge pondérale ; souffrir de troubles métaboliques pouvant augmenter la quantité de substances produisant des calculs ; avoir des infections urinaires.

Symptômes chez la femme enceinte

Les symptômes d’une colique néphrétique chez une femme enceinte peuvent être difficiles à identifier, car pendant une crise, d’autres troubles peuvent être associés : nausées, vomissements, ballonnements… qu’il est possible de confondre avec ceux d’autres pathologies. La colique néphrétique se manifeste le plus souvent par une douleur soudaine et intense dans le dos, puis dans le bas du ventre, au niveau des organes génitaux. Vous pouvez aussi remarquer la présence de sang dans les urines. La colique néphrétique se caractérise par une douleur intense dans la région lombaire et abdominale. La douleur, intense, se manifeste fréquemment d'une manière brutale, localisée d'abord derrière, au niveau des dernières côtes, d'un seul côté, celui où la petite pierre (calcul rénal ou lithiase) est en train de migrer. Puis, elle peut migrer vers l'abdomen et irradier vers les organes génitaux externes. Cette douleur parfois violente, évoluant par crise, s'accompagne souvent d'envies fréquentes d'uriner, de nausées et vomissements, d'une constipation, d'une anxiété et d'une agitation. Il peut y avoir du sang dans les urines. Mais, il n'y a habituellement pas de fièvre. D’autres symptômes sont possibles comme de la fièvre, des sueurs, des frissons et une douleur à la miction (décrite comme une brûlure). La fièvre est un symptôme qui peut indiquer une complication donc une urgence médicale.

Diagnostic pendant la grossesse

La difficulté chez la femme enceinte est de mettre en évidence un obstacle sur les conduits urinaires car des examens radiologiques (avec émissions de rayons X) sont proscrits compte tenu du risque d’irradiation du fœtus. L’examen de référence est donc l’échographie des voies urinaires qui permet de rechercher une dilatation des cavités rénales, signant ainsi un obstacle en aval sur l’uretère. L’interprétation de cette échographie est néanmoins souvent difficile, en particulier du coté Droit, car il existe souvent en cours de grossesse une dilatation physiologique du tractus urinaire. C’est pourquoi l’existence d’une dilatation du rein droit au cours de la grossesse n’est pas synonyme d’obstacle par un calcul et rend difficile l’évaluation. Le recours à l’IRM ou au scanner (avec des doses faibles) est réservé aux cas complexes.

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La présence d’un calcul dans le conduit urinaire n’est retrouvé que dans un cas sur 1000 grossesses environ. Si la présence d'un calcul rénal est découverte, un médecin pourrait demander un bilan métabolique qui lui permettrait d'évaluer l'ensemble des réactions du corps et d'identifier un trouble du métabolisme. Ce processus peut faire appel à des analyses de sang et des échantillons d'urine excrétée sur 24 heures (comme des analyses d'urine, du pH de l'urine et d'une culture d'urine).

Traitement pendant la grossesse

En cas de douleurs rebelles dans le dos et si vous êtes sujette aux coliques néphrétiques, vous ne devez surtout pas vous automédiquer. En allant à la maternité, vous obtiendrez donc un diagnostic précis et serez prise en charge de manière complète. La prise en charge de la crise de colique néphrétique fait appel à des antalgiques autorisés en cours de grossesse (paracétamol, phloroglucinol, nalbuphine). Les Anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être parfois proposés avant le 6ème mois de grossesse. Les corticoïdes sont peu efficaces contre la douleur. Une fois que les médecins auront la certitude qu’il s’agit d’une colique néphrétique, vous serez aussi prise en charge du point de vue de la douleur, avec prescription d’antidouleurs adaptés. Nous pourrons adapter le traitement et donner des médicaments contre la douleur de palier 2 ou 3 même, si cela est nécessaire, associés à des anti-spasmodiques. Nous pourrons aussi adapter la manière de les donner : par voie orale ou en perfusion. Le traitement de la colique néphrétique simple est la prise en charge de la douleur, c’est elle qui nous dicte la marche à suivre. C’est d’ailleurs l’indicateur que suivent gynécologues-obstétriciens et sages-femmes, pour juger de l’amélioration de la crise.

Lorsqu'il y a complication, ce qui est relativement rare, il faut hospitaliser la patiente pour lui faire subir d’autres examens. La sonde urétérale dite double J a pour but de dériver l’urine et éviter une infection du rein concerné par le blocage lithiasique, en attendant l’accouchement. Il est parfois indiqué de dériver les urines par la mise en place d’une sonde urétérale dite double J qui permettra à l’urine de contourner l’obstacle, déchargera le rein et évitera le risque de septicémie. Un avis urologique est alors sollicité pour décider d’avoir recours à cette dérivation qui doit parfois être réalisée en urgence. Combinée au traitement antalgique et éventuellement antibiotique, elle permettra d’attendre l’accouchement pour secondairement faire les explorations nécessaires pour visualiser le calcul et procéder à son extraction éventuelle.

Dans de très rares cas, la colique néphrétique peut perdurer, avec douleurs persistantes et blocage complet de l’écoulement des urines. Si la patiente présente de la fièvre en plus de ses douleurs, il faut alors suspecter une pyélonéphrite, une infection du rein. Un examen des urines doit être pratiqué en urgence pour vérifier la présence de bactéries, car une infection associée peut être une cause d’accouchement prématuré. L’association d’une crise de colique néphrétique avec de la fièvre fait évoquer une pyélonéphrite et impose la mise en route d’une antibiothérapie après avoir prélevé un ECBU. Les antibiotiques autorisés sont alors le plus souvent une céphalosporine de 3ème génération, remplacée par les pénicillines, furanes ou macrolides en cas d’allergie.

La majorité des calculs sont éliminés d'eux-mêmes dans les 6 semaines. Les autres peuvent être dégradés en petits morceaux ou être extraites chirurgicalement. Lors d'une néphrolithotripsie extracorporelle par ondes de choc, des ondes de choc qui traversent des sacs d'eau sont placées sur la peau et orientées directement sur le calcul. Elles désagrègent le calcul en plus petits morceaux pour lui permettre d'être éliminé par l'urètre. Si le calcul est dans la vessie ou une partie plus haute de l'urètre, il peut être broyé par cystoscopie. Lors de cette intervention, le médecin installe un tube d'observation et un dispositif de trituration dans la vessie ou la partie inférieure de l'urètre. Les calculs qui sont trop gros pour être extraits peuvent être désagrégés par lithotripsie percutanée. Un tube d'observation est inséré par une incision pratiquée dans le côté. L'extraction chirurgicale n'est pratiquée que lorsque les autres procédés ont échoué. Elle est habituellement nécessaire quand les calculs sont gros ou difficiles à atteindre. L'intervention chirurgicale s'effectue sous anesthésie générale. Le médecin pratique une incision dans le côté de l'abdomen, et une autre dans l'urètre ou le rein afin de retirer le calcul.

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Risques et complications

Le risque d’une crise de colique néphrétique en cours de grossesse, surtout en cas d’infection associée, est la menace d’accouchement prématuré qui est présente dans environ 30% des cas. Les calculs rénaux pendant la grossesse augmentent le risque d'infections des voies urinaires, et les femmes enceintes souffrant de coliques néphrétiques présentent un risque accru d'accouchement prématuré par rapport aux femmes qui n'ont pas de calculs rénaux. Si l'écoulement urinaire est obstrué, le rein peut être rapidement endommagé. Une infection grave appelée pyélonéphrite peut également survenir en raison de l'obstruction de l'écoulement urinaire.

Prévention

En matière de prévention, il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire. Bien sûr, boire beaucoup d’eau est toujours recommandé, on préconise environ 2 litres par jour. Mais il n’y a pas grand-chose de plus à faire en pratique, hormis lorsque la pathologie est liée à trait familial et qu’elle touche plusieurs membres d’une famille, qui suivent alors un régime spécial. Il est possible de prévenir les calculs rénaux en ingérant quotidiennement 8 à 12 verres d'eau et en buvant pendant les repas. Vous saurez que vous buvez suffisamment lorsque vous évacuerez une urine presque incolore. Si le calcul s'est formé en raison d'un trouble du métabolisme, le médecin peut prescrire une alimentation spéciale et des médicaments visant à régler le métabolisme. Par exemple, la prise d'allopurinol, médicament qui réduit la production d'acide urique, peut prévenir l'apparition de calculs composés d'acide urique. Ce même médicament est prescrit contre la goutte. Les diurétiques thiazides peuvent prévenir la formation des calculs composés de calcium. L'organisme de certaines personnes manque d'un élément chimique appelé citrate.

Quand consulter ?

Comme le dit l’adage, la douleur de la colique néphrétique est frénétique. Le bon réflexe est alors de consulter votre médecin. Rester couchée ne servira à rien, la patiente va au contraire s’épuiser. Il est donc essentiel de consulter rapidement son gynécologue obstétricien en cas de crise de colique néphrétique. Première chose à faire : téléphoner au service d'urgence (le 15). On vous orientera soit vers un médecin de garde, soit vers les services d'urgences.

Spécialistes à consulter

Les spécialistes à consulter en cas de calcul rénal sont le néphrologue ou l’urologue.

Types de calculs rénaux

Il y a 4 principaux types de calculs rénaux, et leur classification est établie en fonction des substances chimiques qui les composent : les sels de calcium (l'oxalate de calcium, le phosphate de calcium, un mélange d'oxalate de calcium et de phosphate de calcium), les phosphates ammoniaco-magnésiens (la struvite), l'acide urique ou la cystine. Il arrive, mais rarement, que certains médicaments soient à l'origine de calculs après une solidification en cristaux dans l'urine.

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Récidives

La lithiase urinaire est une maladie récidivante : chez la moitié des personnes qui ont connu une crise de colique néphrétique, une deuxième crise est observée dans les cinq années suivantes. Oui, les récidives sont fréquentes, car le calcul peut se reformer ultérieurement (50 % de récidives à 5 ans).

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