Dans le contexte d'une grossesse, les employées bénéficient d'un congé de maternité, quel que soit leur contrat de travail. La durée de ce congé varie en fonction du nombre d'enfants à venir et de la situation familiale. Cet article vise à expliquer en détail le congé de maternité, sa durée, les possibilités de prolongation, et le calcul des IJSS (Indemnités Journalières de la Sécurité Sociale) par l'Assurance Maladie.

Qu'est-ce que le congé maternité ?

Le congé de maternité permet aux femmes enceintes de cesser leur activité professionnelle pendant leur grossesse, tout en continuant à percevoir une rémunération. Ces aides, délivrées par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM), sont accordées lorsque la mère est en activité, mais aussi si elle perçoit du chômage. Contrairement au congé paternité, le congé maternité se décompose en deux périodes distinctes :

  • Le congé prénatal, qui se déroule avant l'accouchement.
  • Le congé postnatal, qui suit l'accouchement.

Pour informer son employeur de son départ en congé maternité, la salariée est tenue d'envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception. Ce courrier doit être accompagné d'un certificat médical précisant la date prévue de l'accouchement.

Pendant cette période, la salariée continue à percevoir une rémunération sous certaines conditions :

  • Avoir cotisé à la Sécurité sociale depuis au minimum 6 mois avant la date prévue de l'accouchement (ou 10 mois lorsque le congé est pris avant le 20 août 2026).
  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois précédant la grossesse. Ce plafond est réévalué à 600 heures au cours des 12 derniers mois précédant la grossesse dans le cadre d'un CDD, d'une activité saisonnière ou discontinue.
  • Avoir perçu 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois ou 2 030 fois le SMIC horaire au cours des 12 mois précédant la grossesse.

Il est important de noter qu'une proposition de loi prévoit de mettre en place un congé menstruel, octroyé aux femmes dans la limite de 13 jours par an. Les femmes pourraient bénéficier de ces aides supplémentaires sans délai de carence.

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Il est crucial de distinguer le congé de naissance du congé maternité, car ils ne peuvent se substituer l'un à l'autre. Le congé de naissance est exclusivement destiné au père, lui permettant d'assister à la naissance de son enfant et de partager les premiers moments de sa vie de famille.

Dans le cadre d'une adoption, la salariée pourra également bénéficier d'un congé d'adoption. Les conditions d'ouverture de ce droit et les aides correspondantes sont identiques au congé parental.

Durée du congé maternité

La durée du congé maternité dépend du nombre d'enfants à charge avant la naissance prévue et du nombre d'enfants à naître. Sa durée légale minimale est de 16 semaines, partagées entre la période prénatale et la période postnatale. La salariée peut demander le report des dates de son arrêt de travail si son congé maternité doit s'adapter à ses éventuelles difficultés. Par exemple, s'il s'agit d'une première grossesse, elle peut prendre son congé prénatal 8 semaines avant l'accouchement. En revanche, son congé postnatal sera réduit de 2 semaines. Le total de l'arrêt maternité ne doit pas dépasser 16 semaines.

Il est essentiel de vérifier si des accords de branches applicables à l'entreprise prévoient des durées plus importantes et donc plus favorables à la salariée.

Au retour du congé maternité, la salariée conserve l'intégralité de ses droits à congés payés acquis avant son départ. Certaines conventions collectives prévoient même l'octroi d'avantages supplémentaires pour les salariés ayant des enfants. Ainsi, un congé supplémentaire par enfant à charge peut être accordé aux parents d'enfants de moins de 15 ans au 30 avril de l'année en cours, s'ajoutant aux 30 jours de congés payés légaux. Ce jour additionnel permet aux parents de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale après la naissance de leur enfant.

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Calcul des IJSS maternité et paternité

L’Indemnité Journalière de la Sécurité sociale (IJSS) de maternité ou de paternité est une allocation versée au salarié bénéficiant d’un congé maternité ou paternité. L’Assurance Maladie se charge de verser cette allocation pour compenser la perte de salaire du nouveau parent. Les plafonds varient d’une année à l’autre, mais les méthodes de calcul de ces droits restent inchangées. Pour calculer les droits dont vous pouvez bénéficier, rendez-vous sur le simulateur d’indemnités journalières proposé par le site internet gouvernemental Ameli.

Les salaires de référence sont pris en compte dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale en vigueur, soit 4 005 € en 2026. Contrairement à l’arrêt maladie, aucun délai de carence n’est appliqué dans le calcul des droits. Qu’il s’agisse des aides pour la maternité ou pour la paternité, leurs montants dépendent de la périodicité de la rémunération, ainsi que du type de contrat :

  • Si le salaire brut est mensuel, les indemnités journalières sont égales à 79 % des 3 derniers salaires / 91,25.
  • Si le salaire brut est versé par quinzaine, les indemnités journalières sont égales à 79 % des 6 derniers salaires / 84.
  • Si le salaire brut est hebdomadaire, les indemnités journalières sont égales à 79 % des 12 derniers salaires / 84.
  • Si le salarié ou la salariée occupe un poste saisonnier ou discontinu, les indemnités journalières sont égales à 79 % des 12 derniers salaires / 365.

Dans le cadre d'un arrêt de travail pour maternité, une attestation de salaire maternité devra être transmise par l'employeur à la Caisse primaire d'assurance maladie.

Si le bénéficiaire est allocataire de France Travail, il pourra bénéficier d’indemnités journalières pour un congé maternité. Dans ce cas, le calcul des aides repose sur les 3 derniers salaires bruts du dernier emploi occupé avant le début du chômage. Cette référence est relevée aux 12 derniers mois de rémunération si l’activité avant le début du chômage était saisonnière ou discontinue. Quel que soit le cas de figure, cette somme de salaires est multipliée par 79 % et divisée par 91,25.

Pour connaître précisément le montant de vos futurs congés, n’hésitez pas à remplir les champs du simulateur d’aides disponible sur le site Ameli. En renseignant précisément vos périodes d’activité ou de chômage, vous estimerez précisément le montant de vos indemnités de congé maternité.

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Au 1er janvier 2026, le montant maximum de l'indemnité journalière de maternité est de 104,02 euros par jour. Cette allocation est calculée à partir des derniers salaires, déduction faite des 21 % de charges CSG (Contribution Sociale Généralisée) et CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale). Parce que ces indemnités doivent être suffisantes pour accueillir et soigner un enfant nouveau-né dans les meilleures conditions, le montant de l'IJSS maternité ne peut pas être inférieur à 11,02 € brut.

Prolongation du congé maternité

En principe, il est impossible de prolonger le congé maternité standard. Si la naissance n’a pas lieu à la date présumée d’accouchement, la durée du congé maternité sera reportée sur l’arrêt post-natal. Si l’enfant né prématurément, ou si sa naissance a lieu après la date présumée, la durée du congé postnatal ne pourra pas être allongée. Cependant, il existe certaines exceptions en cas de souci de santé pour la mère ou son enfant, notamment à travers les congés pathologiques.

Congé pathologique prénatal

Le médecin généraliste ou le gynécologue peut prescrire un congé pathologique prénatal si la grossesse présente des risques. Des complications telles que l’hypertension ou le diabète gestationnel peuvent en effet entraîner un risque d’accouchement prématuré. Dans ce cas, l’arrêt pathologique s’ajoute au congé maternité classique : il peut s’étendre jusqu’à 14 jours s’il s’agit du premier enfant. Le montant des indemnités journalières est alors identique à celui des indemnités de congé maternité. Le site de l’Assurance maladie permet d’estimer le montant de votre indemnisation. Le calcul s’effectue à partir des derniers salaires précédant la date de votre arrêt de travail.

Congé pathologique post-natal

Le médecin généraliste ou le gynécologue peuvent également prescrire un congé pathologique post-natal. Cet arrêt de travail rallonge le congé maternité sur une période de 4 semaines maximum, en cas de problème de santé :

  • L’enfant qui vient de naître doit subir une hospitalisation pour diverses raisons (prématurité, pathologies, complications lors du travail de la maman…).
  • L’hospitalisation de la mère est nécessaire pour soigner différents problèmes de santé après l’accouchement (infections, complications, dépression post-partum…).

Parce qu’il n’existe pas de congé d’allaitement pour les salariées, l’entreprise ne peut pas légalement proposer ce congé parental. Certaines dispositions conventionnelles permettent toutefois d’en bénéficier. Ce congé pour nourrir son enfant peut fonctionner comme un arrêt maladie, avec un certificat délivré par le médecin. Certains secteurs professionnels, comme le travail dans le bois ou dans la télédiffusion, autorisent également un congé sans solde sous conditions d’ancienneté. Si l’arrêt de travail n’est pas possible, alors les horaires d’activité peuvent être aménagés.

Indemnités journalières et arrêt maladie pendant la grossesse

Pathologie de grossesse, menace d’accouchement prématuré, ou simplement virus qui vous cloue au lit : parfois, un arrêt de travail s’impose avant le congé maternité. Mais comment est-il indemnisé ? Arrêt maladie avant le congé maternité et perte de salaire vont-ils forcément de pair ? La réponse dépend de l’arrêt : même enceinte, un arrêt maladie classique n’ouvre pas les mêmes droits qu’un congé pathologique prénatal.

Toute salariée enceinte ne peut pas bénéficier d’un congé pathologique avant son congé maternité. Le médecin vous prescrira un arrêt de travail classique si :

  • Votre état de santé n’est pas lié à votre grossesse.
  • Votre état de santé est lié à votre grossesse, mais nécessite un arrêt de travail de plus de deux semaines (durée maximale du congé pathologique prénatal).

Contrairement au congé pathologique, l’arrêt maladie implique trois jours de carence avant le déclenchement de l’indemnisation. Il limite aussi le montant des indemnités journalières à 50 % du salaire journalier de base (SJB). Enfin, calculé à partir de la moyenne de vos derniers salaires, le SJB fait lui-même l’objet d’un plafond, qui s’élève à 53,31 EUR (chiffre pour 2025).

Cependant, si vous avez au moins un an d’ancienneté, votre employeur doit compléter l’indemnisation par la Sécurité sociale après sept jours de carence :

  • Jusqu’à 90 % de votre rémunération brute (indemnités journalières incluses) pendant 30 jours.
  • Jusqu’à 66 % de votre rémunération brute pendant les 30 jours suivants.

La durée de chaque période s’étend à :

  • 40 jours dès six ans d’ancienneté
  • 50 jours dès 11 ans d’ancienneté
  • 60 jours dès a 16 ans d’ancienneté
  • 70 jours dès a 21 ans d’ancienneté
  • 80 jours dès 26 ans d’ancienneté

Arrêt maladie avant le congé maternité et perte de salaire ne vont donc pas toujours ensemble ! Pour limiter l’impact sur votre rémunération au maximum, recherchez aussi l’existence d’une convention collective ou d’un accord d’entreprise favorable aux congés au cours de la grossesse. Certaines sociétés permettent à la salariée enceinte de conserver l’intégralité de son salaire pendant toute sa période d’absence.

Démarches administratives

En tant que salarié, vous n'avez aucune formalité à accomplir, c'est à l'employeur de prévenir l'assurance maladie de votre congés maternité et de faire parvenir une attestation de salaire à la CPAM dès le début du congé prénatal. Assurez-vous qu'il a bien fait cette démarche.

Vous avez droit aux indemnités journalières si vous êtes assurée sociale depuis au moins 6 mois, en tant que salarié, à la date prévue de votre accouchement.

Vous pouvez également bénéficier des indemnités de l'assurance maladie si vous êtes dans l'une des situations suivantes :

  • Vous avez travaillé au moins 150 h au cours des 3 derniers mois précédents votre grossesse (équivalent d'un tiers temps).
  • Vous avez travaillé au moins 600 h au cours des 12 derniers mois précédant votre grossesse (intérim, CDD, activité saisonnière ou discontinue).
  • Vous avez perçu 1 015 fois le smic horaire au cours des 6 mois ou 2 030 fois le smic horaire au cours des 12 mois précédant votre grossesse.

L’indemnité journalière est calculée sur les 3 mois de salaires qui précèdent votre congé maternité ou celui des 12 mois précédents, en cas d’activité saisonnière ou non continue. La rémunération du congé maternité est versée tous les 14 jours par la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie). Aucun délai de carence n'est appliqué : le versement démarre dès le premier jour du congé prénatal. Les paiements incluent les samedis, dimanches et jours fériés.

Si votre médecin vous a prescrit un arrêt de travail, l'assurance maladie vous verse les indemnités journalières pour compenser votre salaire pendant votre arrêt. Vous pourrez les percevoir, sous certaines conditions, après un délai de carence de 3 jours. Ce calcul est fait à partir de vos salaires bruts.

L'indemnité journalière dans le cadre d'un arrêt de travail est égale à 50 % de votre salaire journalier de base. Ce calcul se base sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois précédant votre arrêt de travail (12 mois en cas d'activité saisonnière). Votre salaire est pris en compte dans la limite de 1,4 fois le Smic mensuel, soit 2 552,24 € bruts (sur la base du Smic en vigueur au 1er janvier 2026 et pour les arrêts de travail débutant à compter du 1er février 2026).

Le délai de carence de 3 jours signifie qu'aucune indemnité journalière ne vous est versée pendant les 3 premiers jours de votre arrêt de travail.

Indemnisation des travailleuses indépendantes

Si vous êtes indépendante : profession libérale, micro-entrepreneur ou tout autre cas de travailleuse non salariée, vous bénéficiez d’un régime de protection différent de celui des salariées. Votre congé maternité est de 16 semaines, et peut monter jusqu’à 46 semaines si vous avez déjà des enfants à charge ou en cas de grossesse multiple.

Les travailleuses indépendantes peuvent également bénéficier du versement d’une allocation forfaitaire de repos maternel. Son montant est égal à la valeur mensuelle du plafond de la Sécurité sociale, soit 3 428,00 euros au 1er janvier 2022. Une première moitié de l’allocation vous est versée au début de votre congé maternité et la seconde à la fin de la période obligatoire d’arrêt de 8 semaines.

L’indemnité journalière versée par la Sécurité sociale est basée sur vos revenus bruts des 3 mois précédents (ou les 12 mois précédents en cas d’activité saisonnière). La somme est divisée par 91,25. La CPAM retire à ce salaire journalier de base un taux forfaitaire de 21 %. Ces indemnités sont soumises à l’impôt sur le revenu.

Maintien de salaire et conventions collectives

Lorsqu'une salariée part en congé maternité, cette dernière a droit à des indemnités journalières de sécurité sociale venant indemniser la période durant laquelle elle ne peut plus travailler. Certaines conventions collectives prévoient également un maintien de salaire versé par l’employeur. Si le maintien est à 100%, dans ce cas, les deux mécanismes ne sont pas cumulables. Si le maintien est inférieur à 100%, le pourcentage de rémunération restant est indemnisé par les indemnités de Sécurité sociale.

Article 75 de la convention collectiveArticle 86 c de la convention collectiveTexte de base : Convention collective nationale des sociétés d'assurances du 27 mai 1992Sous-section 3 : Autorisations d'absence et congé de maternité. (Articles L1225-16 à L1225-28)Chapitre 3 : Droit aux prestations (maladie, maternité, invalidité, décès) (Articles L313-1 à L313-6)Section 3 : Prestations en espèces (Articles L331-3 à L331-7) Chapitre 3 : Droit aux prestations (maladie, maternité, congé de paternité, invalidité, décès). (Articles R313-1 à R313-17)Section 3 : Prestations en espèces. (Articles R331-5 à R331-7)Consultez les questions-réponses fréquentes pour la convention collective Sociétés d'assurances.

Ces informations sont issues de l’analyse des règles prévues par votre convention collective de branche étendue et par le Code du travail. Elles s’appliqueront sauf si une convention ou un accord d’entreprise (ou de groupe, ou d’établissement) existant dans votre entreprise prévoit également des règles sur le même sujet. En effet, dans ce cas, cette convention ou accord s’appliquera, qu’il soit plus ou moins favorable que la convention de branche, sous réserve d’être au moins aussi favorable que le Code du travail. Dans tous les cas, reportez-vous à votre contrat de travail car s’il contient des règles plus favorables, ce sont ces dernières qui s’appliqueront.

Garantie de rattrapage salarial

Par ailleurs, si des augmentations salariales ont été décidées en votre absence, vous bénéficiez d’une garantie de rattrapage salarial.

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