L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Cette méthode, qui consiste à provoquer une fausse couche à l'aide de deux médicaments différents, nécessite un suivi médical rigoureux pour s'assurer de son efficacité et de l'absence de complications. Le dosage de l'hormone bêta-HCG (Hormone Gonadotrophine Chorionique Humaine) joue un rôle crucial dans ce suivi.
Qu'est-ce que l'IVG médicamenteuse ?
L'IVG médicamenteuse est pratiquée par un médecin ou une sage-femme dans un cabinet de ville, un centre de santé ou un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé. La méthode consiste à prendre deux médicaments :
- Mifépristone (MYFEGINE) : Interrompt le développement de la grossesse.
- Misoprostol (GYMISO) : Provoque l'expulsion de la grossesse.
La prise de misoprostol est toujours nécessaire, car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.
Le déroulement de l'IVG médicamenteuse
- Première consultation : Informations claires et précises sur la procédure d’IVG et remise de documents écrits.
- Deuxième consultation : Consentement écrit de la pratique de l’IVG.
- Troisième consultation : Conditions de réalisation de l’IVG à domicile : compréhension, distance domicile - centre hospitalier référent (ouvert 24/7) de maximum 1 heure. Laisser le choix du lieu : domicile ou hôpital.
Saignements après l'IVG médicamenteuse
Les saignements peuvent survenir entre 30 minutes et 3 jours après la prise de médicament, mais dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du misoprostol. Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements. S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le médecin ou la sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.
Importance du contrôle post-IVG
Le contrôle de l'efficacité de l'IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d'échec et/ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie ou par une prise de sang pour doser les hormones de grossesse (bêta-HCG).
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Le rôle du dosage de la Bêta-HCG
Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG.
- IVG réussie : Lorsque le taux de Bêta HCG est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG, cela signifie que l’avortement a fonctionné.
- Échec de l'IVG : Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial, la grossesse est évolutive et l’IVG par médicament n’a pas fonctionné.
Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser cette prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg. Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles.
Complications possibles et quand s'inquiéter
Des complications peuvent parfois survenir jusqu’à un mois après l’IVG si la consultation de contrôle n’a pas été réalisée dans de bonnes conditions ou pas faite du tout. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38° qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
Impact psychologique et fertilité
Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Le test sanguin Bêta-HCG : un outil de diagnostic précis
Le test sanguin bêta-HCG représente indéniablement la méthode de référence pour confirmer une grossesse avec un niveau de fiabilité optimal. Au-delà de sa sensibilité remarquable, c’est surtout la précision quantitative qu’il offre qui en fait un outil diagnostique précieux.
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Comment interpréter les résultats du test Bêta-HCG ?
- Taux normal au début de la grossesse : Les valeurs normales varient considérablement selon l’âge gestationnel. À 4 semaines d’aménorrhée (jour présumé des règles), le taux se situe généralement entre 50 et 500 UI/L. À 5 semaines, il atteint 500 à 10 000 UI/L. L’important est surtout l’évolution de ce taux, qui doit approximativement doubler toutes les 48-72 heures durant les premières semaines.
- Évolution anormale du taux : Une augmentation inférieure à 66% en 48 heures est généralement considérée comme anormale et peut suggérer une grossesse non évolutive, une grossesse extra-utérine, ou une fausse couche en cours. Cependant, l’interprétation doit toujours être faite par un médecin en tenant compte de l’ensemble du contexte clinique et des autres examens.
Quand la Bêta-HCG est-elle révélatrice d’une fausse couche ?
Après une fausse couche précoce, un taux négatif, inférieur à 5 ou à 1, ou « indosable » (la norme diffère selon les laboratoires) est signe qu’a priori la totalité de la grossesse a été totalement expulsée, et que l’utérus est vide. En cas de fausse couche spontanée, c’est-à-dire lorsque l’embryon se décroche naturellement et sans intervention médicale ni médicament, le taux d’HCG sera ainsi un indicateur intéressant, bien qu’il ne se substitue pas à l’échographie.
Facteurs pouvant influencer le taux de Bêta-HCG
- Grossesse môlaire ou œuf clair : Un taux de bêta-HCG qui évolue de façon exponentielle, avec une valeur très largement supérieure aux normes selon le stade de la grossesse, peut être le signe d’une grossesse môlaire, ou môle hydatiforme. Il s’agit d’un développement anormal de cellules du futur placenta dans l’utérus, formant ce que l’on peut considérer comme une tumeur bénigne. L’œuf clair est un autre cas de figure qui peut se traduire par un taux de bêta HCG qui stagne ou qui augmente lentement. Dans ce cas-là, l’ovule a bien été fécondé par un spermatozoïde mais la division cellulaire devant conduire à la formation d’un embryon n’a pas eu lieu.
Contraception après une IVG
Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est très fréquent que le cycle menstruel soit perturbé et notamment les règles. Il faut développer l’information des femmes à qui l’on ne parle pas assez de contraception. Suite à un avortement, on ne sait jamais vraiment quand les règles vont refaire leur apparition.
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