Burt Lancaster, une figure emblématique de l'âge d'or d'Hollywood, a marqué le cinéma par sa présence athlétique, son talent d'acteur diversifié et son engagement personnel. Sa carrière prolifique, s'étendant sur plusieurs décennies, témoigne d'un parcours unique, allant du cirque aux plus grands succès cinématographiques.
Jeunesse et Débuts : Du Cirque à Broadway
Né le 2 novembre 1913 à New York, Burt Lancaster révèle très tôt des aptitudes exceptionnelles pour le sport. Adolescent, il intègre une chorale grâce à son timbre de soprano. Il excelle dans le basket-ball, l'athlétisme et la gymnastique. Avec son ami Nick Cravat, il monte un numéro de cirque qu'ils présentent de ville en ville, menant une vie de saltimbanque. Cependant, une blessure l'éloigne du trapèze, le contraignant à exercer divers petits boulots pour assurer sa subsistance.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Burt Lancaster est affecté au théâtre des troupes et monte des spectacles pour soutenir le moral des soldats. À son retour aux États-Unis, il se lance dans une carrière d'acteur, bien qu'initialement sceptique. Sa prestation dans la pièce à Broadway, A Sound of Hunting, attire l'attention du producteur Hal Wallis, qui lui offre son premier rôle au cinéma.
L'Ascension à Hollywood : Star du Film Noir et Producteur Indépendant
Son entrée à Hollywood est fracassante. En 1946, il est la vedette du film Les Tueurs, réalisé par Robert Siodmak. Ce rôle le propulse au rang de star. Les années suivantes, Burt Lancaster devient l'une des figures phares du film noir. On peut citer Raccrochez, c'est une erreur! (1948), Pour toi, j'ai tué (1949).
Dès 1948, il crée sa propre maison de production, Hecht-Hill-Lancaster, avec Harold Hecht, pour gérer sa carrière en toute indépendance. Cette société jouera un rôle significatif dans le monde du cinéma jusqu'à sa dissolution en 1960. Cette initiative témoigne de son désir de contrôle artistique et de son ambition de produire des films qui lui tiennent à cœur.
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Son physique d’athlète lui permet d’être engagé dans des films d’époque comme La Flèche et le flambeau (1950), Le Corsaire rouge (1952) ou le western La Vallée de la vengeance (1951) et d’incarner Jim Thorpe, l’athlète métis du Chevalier du stade (1951), réalisé par Michael Curtiz.
Diversification des Rôles et Reconnaissance Critique
Burt Lancaster ne se contente pas des films d'action et d'aventure. Il recherche des rôles plus ambigus et complexes. Il apparaît dans le drame Tant qu'il y aura des hommes, face à Montgomery Clift, et dans les deux premiers westerns de Robert Aldrich, dont l'anticonformiste Vera Cruz (1954), qui l’oppose à Gary Cooper. Le film est un succès, qui encourage Lancaster à passer à la réalisation pour un film du même genre : L' Homme du Kentucky (1955), qui lui vaut une nomination au Festival de Venise.
Il n'hésite pas à incarner des personnages antipathiques. Par exemple, J.J. Hunsecker dans le très noir Grand chantage d'Alexander Mackendrick, ou Elmer Gantry dans Le charlatan, pour lequel il reçoit l'Oscar du meilleur acteur en 1960.
Les Années 1960 : L'Apogée d'un Talent Éclectique
Les années 1960 consacrent Burt Lancaster comme un acteur à part entière. Il enchaîne des rôles très différents et démontre toute l'étendue de son talent. Il est successivement le cow-boy raciste du Le Vent de la plaine, le collaborateur nazi dans Jugement à Nuremberg, le prisonnier rédempteur du Le Prisonnier d'Alcatraz.
En 1963, il atteint le paroxysme de son talent dans le chef-d'œuvre de Visconti : Le Guépard, où il incarne le Prince Don Fabrice de Salina. Ce rôle, aux côtés d'Alain Delon et Claudia Cardinale, marque un tournant dans sa carrière et lui vaut une reconnaissance internationale.
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En 1966, il tourne The Swimmer, dans lequel son personnage met à bas les conventions et l'hypocrisie des États-Unis de l'époque. L'acteur considèrera toujours ce film comme son préféré et même son meilleur. Échec commercial à sa sortie tardive (1968), Swimmer est désormais considéré comme un classique du film politique.
Il consacre essentiellement la fin des années 60 au western et aux films de guerre. Notamment sous la direction de John Frankenheimer pour Sept jours en mai (1964). Ses westerns s’appellent Les Professionnels (1966) ou Les Chasseurs de scalps (1969) de Sydney Pollack, réalisateur que Lancaster a lancé, et épaulé tout au long de sa carrière.
Les Années 1970 et 1980 : Maturité et Rôles Mémorables
En 1971, Lancaster joue dans L' Homme de la loi, un western de Michael Winner, et annonce qu’il s’agira là de son dernier film. Il reviendra dès l’année suivante sur cette décision pour son ami Robert Aldrich avec lequel il signe Fureur Apache (1972).
Sa carrière au cinéma continue de plus belle, avec des rôles moins physiques et plus mûrs. Lancaster est un nom de plus au casting faramineux de 1900 (1976) de Bertolucci. Il participe à un film de Louis Malle Atlantic City (1980), qui lui vaut plusieurs récompenses de « meilleur acteur ». Il s’illustre également dans Local Hero (1983), qui le présente en représentant d’une compagnie pétrolière.
Dans les années 80, il apparait dans beaucoup de films, sans plus avoir de premier rôle jusqu’à son dernier film La Boutique de l'orfèvre (1989), qui lui permet une dernière fois de tenir le haut de l’affiche. Quelques apparitions dans des téléfilms de prestige, jusqu'à l'année 1991 où il met fin à sa carrière, clôtureront une filmographie aussi riche que variée.
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En 1986, il retrouve pour la septième et dernière fois son complice Kirk Douglas dans le film d'action, teinté d'ironie, Coup double.
Engagement Politique et Vie Privée
Opposé à la guerre au Vietnam et au maccarthysme, Burt Lancaster s'est fortement engagé contre les injustices tout au long de sa vie. Il a cependant réussi à préserver sa vie privée.
Sur le plan personnel, Burt Lancaster a été marié trois fois, avec June Ernst, Norma Anderson, et Susan Martin.
Décès et Héritage
Burt Lancaster décède le 20 octobre 1994 à Los Angeles, à l'âge de 80 ans, des suites d'une crise cardiaque. Il laisse derrière lui un héritage cinématographique immense, marqué par des rôles emblématiques et une carrière diversifiée.
Filmographie Sélective
- Les Tueurs (1946)
- Raccrochez, c'est une erreur! (1948)
- Pour toi, j'ai tué (1949)
- La Flèche et le flambeau (1950)
- Le Chevalier du stade (1951)
- Le Corsaire rouge (1952)
- Vera Cruz (1954)
- Trapèze (1956)
- Règlement de comptes à O.K. Corral (1957)
- Le Charlatan (1960)
- Le Guépard (1963)
- Sept jours en mai (1964)
- Les Professionnels (1966)
- The Swimmer (1968)
- Fureur Apache (1972)
- 1900 (1976)
- Atlantic City (1980)
- Local Hero (1983)
- La Boutique de l'orfèvre (1989)
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