Le tennisman allemand Alexander Zverev, figure de proue du sport mondial, se trouve actuellement au centre d'une tempête médiatique mêlant des joies personnelles et de graves accusations. Alors qu'il s'apprête à embrasser la paternité, des allégations de violence conjugale portées par d'anciennes compagnes jettent une ombre sur sa carrière et sa réputation. Cet article se propose d'examiner en détail les différents aspects de cette affaire complexe, en s'appuyant sur les déclarations des protagonistes, les réactions des médias et les enjeux éthiques qu'elle soulève.
Une paternité annoncée dans la tourmente
C'est dans les colonnes du média allemand Bild que l'ancienne compagne d'Alexander Zverev, le mannequin Brenda Patea, a révélé qu'elle attendait un enfant de lui. « Je suis enceinte de vingt semaines et j'attends un enfant d'Alex », a-t-elle déclaré, tout en précisant qu'elle n'envisageait pas une garde partagée. Le couple avait rompu durant l'été, et Brenda Patea a expliqué : « Il y avait une crise avant parce que nous avons des points de vue différents sur la vie. Quiconque vit à côté d’un athlète doit se soumettre ».
Alexander Zverev a confirmé qu'il allait être papa dans un communiqué. « Les derniers jours ont été assez difficiles pour moi. Je serai père à 23 ans. Et j'ai vraiment hâte de voir l'enfant. Même si Brenda et moi ne sommes plus ensemble, nous avons une bonne relation et je serai à la hauteur de ma responsabilité de père », a-t-il exprimé.
Accusations de violence conjugale : le témoignage d'Olga Sharypova
Dans la foulée de cette annonce, une autre ex-compagne d'Alexander Zverev, la Russe Olga Sharypova, a évoqué sur son compte Instagram des violences conjugales qu'elle aurait subies. Sans jamais nommer Alexander Zverev tout au long de son récit, la jeune femme a raconté son histoire et notamment une soirée douloureuse vécue à New York, en amont de l'US Open lors de l'été 2019, période où elle accompagnait alors l'Allemand.
« J'ai été victime de violence domestique ! La première fois que cela s'est produit, au début de la relation, il y a eu une dispute et il m'a cogné la tête contre le mur avec une telle force que je me suis assise par terre », raconte Sharypova, qui détaille ensuite un peu plus la scène : « En août de l'année dernière, je suis sortie de l'hôtel en courant pieds nus, battue. Je me tenais dans une rue de New York et je ne savais pas où aller ni quoi faire. Il a essayé de m'étrangler avec un oreiller, de me cogner la tête contre le mur, de me tordre les bras et à ce moment-là, j'avais vraiment peur pour ma vie. Ce n'était ni la première ni la dernière situation où une main a été levée contre moi dans une relation », écrit-elle, entre autres, dans son message.
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Peu de temps après, dans un entretien accordé au site russe Championat, elle a confirmé ses dires en nommant Zverev cette fois. « Nous étions un peu en retard et ''Sasha'' s'est fâché à cause de cela. […] Il m'a poussé contre le mur et a dit qu'il ne serait pas puni pour cela. Et que personne ne se soucie de moi, peu importe ce qu'il me fait. À ce moment-là, des gens sont apparus et je me suis précipitée avec eux dans la rue. Heureusement, j'avais un téléphone et j'ai pu contacter un ami qui m'a emmenée dans sa famille. Cette correspondance a été conservée par mon ami », précise Sharypova qui n'a, semble-t-il, à ce jour, pas porté plainte ni engagé de démarche judiciaire. « Je ne lui demande rien, je veux juste le faire savoir », dit-elle encore.
La défense d'Alexander Zverev
Quant aux faits dont il serait l'auteur, l'Allemand a nié les allégations avancées. « Il y a des accusations infondées de mon ex-petite amie, Olga Sharypova, que j'ai lues dans les médias aujourd'hui. Cela me rend très triste. On se connaît depuis que l'on est enfants, on a partagé plein de choses ensemble. Je regrette beaucoup qu'elle fasse de telles déclarations. Parce que ces accusations ne sont tout simplement pas vraies. On a eu une relation, mais cela est terminé depuis longtemps. Pourquoi Olga fait ces accusations maintenant, je ne sais pas. J'espère vraiment que nous trouverons tous les deux un moyen de nous traiter à nouveau de manière raisonnable et respectueuse », a notamment conclu Alexander Zverev.
Le procès en appel et les accusations de Brenda Patea
Par ailleurs, Alexander Zverev est poursuivi pour avoir, en mai 2020 à Berlin, « maltraité physiquement une femme dans le cadre d’une dispute et d’avoir porté atteinte à sa santé ». Concrètement, Brenda Patea l’accuse d’une tentative d’étranglement, illustration d’une relation déséquilibrée dans laquelle elle se sentait « rabaissée » constamment.
L’avocat de Zverev lui-même, un certain Alfred Dierlamm, a souhaité faire le rapprochement entre les deux jeunes filles, dans un mémo de 12 pages présenté au tribunal vendredi après-midi, jour de repos pour « Sascha » à Roland-Garros. Selon cette célébrité des prétoires allemands en matière criminelle, qui dit s’appuyer sur l’avis d’un expert en communication, Brenda Patea « a copié les accusations et la stratégie médiatique de Sharypova. Les recherches à ce sujet sont très claires ». Dierlamm a aussi promis des preuves confondantes « grâce à des nouveaux témoignages, des messages échangés, et des communications enregistrées », lesquelles permettront de dresser « un tableau objectif des événements ».
La réaction des médias et des instances sportives
Face à ces accusations, les médias et les instances sportives se trouvent dans une position délicate. Faut-il dissocier l’homme de l’artiste quand celui-ci est sous le coup d’accusations relevant du pénal ? La révolution féministe Me Too et les débats de société qui l’ont accompagnée ont apporté une réponse assez catégorique à la question, avec une nette préférence pour le « non ».
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Amélie Mauresmo s’est réfugiée derrière la justice : « Zverev est présumé innocent, je n’ai pas à me prononcer tant que l’affaire n’est pas jugée. » L’ATP continue de promouvoir l’image du n°7 mondial sur ses réseaux sociaux comme n’importe quel autre joueur.
Les enjeux éthiques et la présomption d'innocence
La question éthique autour du cas d’Alexander Zverev s’inscrit dans un cadre complexe. Il est essentiel de respecter la présomption d'innocence, tout en reconnaissant la gravité des accusations portées contre lui. Comme le rappelle Giuseppina Sapio, maîtresse de conférences à l’université Paris 8, « le rôle des médias dans la lutte contre les violences masculines contre les femmes est reconnu d’un point de vue institutionnel. C’est même inscrit dans l’article 17 de la convention d’Istanbul [sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique]. »
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